Peu le savent, mais il émane indéniablement des grille-pains une aura aussi singulière que mystérieuse, un magnétisme qui exalte avec véhémence l'imagination comme les envolées lyriques... Grâce à vous, je fais désormais partie de cette fine élite détentrice de la vérité, au point que je me retrouve aujourd'hui moi-même à écrire la suite de mon roman devant cet appareil diabolique... Pour cela, je vous en remercie une nouvelle fois infiniment... ^^^
C'est toujours une réelle joie de vous lire, vous et les pincées d'humour salées et relevées dont vous saupoudrez avec finesse chacune de vos phrases... ^^^
Au plaisir de vous lire, encore.
Bien amicalement,
Amandine
Quel commentaire… vous venez de transformer mon satané ego en grille-pain incandescent. Merci pour ces mots qui me touchent et me rassurent presque : j’écris donc bien pour déranger les certitudes du petit-déjeuner. Voilà une vocation inattendue.
Savoir que mes Petites philosophies du désordre ont accompagné vos cafés matinaux ne peut que me me réjouir. Être lu avec cette attention-là, et recevoir en retour une lecture si fine et si sensible, c’est un cadeau rare.
J’ai souri en lisant que vous avez été “retournée, malmenée”… au risque d’être dénoncé pour troubles volontaires à l’esprit public. J’assume les faits.
Votre regard sur mon écriture - joliment décrite comme une alliance entre dérision, poésie, insolence et petite dramaturgie - me touche d’autant plus qu’il dit exactement ce que j’essaie, maladroitement parfois, de poursuivre.
Alors merci, sincèrement, pour votre enthousiasme, votre générosité, et cette manière si belle de parler d’un livre. Des lecteurs comme vous donnent envie de recommencer toutes les espiègleries possibles… et d’en inventer de nouvelles.
Promis, les prochaines (les quotidiennes) arriveront avec encore un peu plus de désordre mais, je l’espère, avec la même tendresse.
Cher @Michel Laurent 2
Je viens de terminer la dernière page de vos petites philosophies du désordre, dont je me délecte, je peux bien vous l'avouer maintenant, chaque matin, depuis quelques jours, devant ma tasse de café et mon satané grille pain...
Lorsque je me penche sur un nouveau manuscrit, j'aime être surprise et bousculée, prise au dépourvue et un brin dérangée, dans tout ce que je croyais avant de l'ouvrir, dans ce que je pensais être ou savoir avant de le parcourir...
En posant mes yeux sur vos lignes, j'ai été retournée. Malmenée. Par votre style et votre unicité.
Votre plume est rare, incarnée, aussi provoquante et criante de vérités que désinvolte et empreinte de légèreté. J'ai aimé cette dérision mêlée d'une douce poésie, j'ai apprécié infiniment cet humour relevé d'une note de dramaturgie.
Il me tarde déjà de lire vos prochaines espiègleries...
Bien amicalement.
Amandine
@Michel Laurent
Vous avez raison. Opuscule est plus juste. j'avais simplement à l'esprit l'idée de recueillir. Quelques restes peut-être de chasseurs cueilleurs que nous avons été.
@Michel Laurent
Bonjour,
Je reviens vers vous suite à votre dernier retour, auquel bien sûr je m’attendais par rapport à ce paragraphe dont le contenu me dérangeait.
J’ai hésité un moment avant de vous faire part du malaise ressenti. Il m’a fallu du courage (aidé d’une honnêteté légèrement suicidaire), pour vous exposer mes griefs envers ce passage, car déjà, soyez sûr que j’apprécie vos textes ainsi que la personne que je crois entrevoir à travers eux. C’est toujours plus difficile dans ce cas.
Les arguments que vous évoquez, je les avais envisagés avant de formuler mon commentaire. J’ai douté un temps. (« Et si l’homme était l’Homme, en tant que l’Humain, la femme, en tant que genre, sexe, dans le sens général? »). Hélas, pour moi cela ne changeait rien, peut-être à cause de ce « pendant que », laissant entrevoir la vie d’un couple à un instant T et dans des moments ultimes. De fait, j’y ai vu un vrai couple. De même, le mot « dignité » me paraissait étrange, même si j’en comprenais l’idée. Malgré tout, la phrase m’a fait sourire. Amertume ? (Nous avons tous un jour eu des désillusions).
« Elle...qui mourra épuisée d’avoir trop voulu vivre ». Après coup, en se détachant de l’hyperbole, voyez-vous ce que l’on pourrait comprendre ? L’homme qui meurt épuisé par le labeur, et à l’inverse, la femme qui s’amuse. La perception n’est pas unique, même si je suis convaincue d’une maladresse. Cette évocation ne colle que très partiellement à la vie de femme, et les années en plus ou en moins n’y changent pas grand-chose. Valable pour les rentières, les nanties, elle ne s’applique pas à Madame tout le monde, qui travaille, gère le quotidien, les innombrables tâches domestiques. Donc ce passage m’a semblé injuste, même si l’intention était toute autre au départ, je veux bien le croire. Comme quoi, les mots peuvent être sujets à bien des interprétations, même si l’on n’en a pas conscience. De fait, le passage tel quel me dérange toujours.
Une possible incompréhension initiale de ma part, ainsi qu’ une « ambiguïté maladroite » que vous reconnaissez, sont sans doute les expressions les mieux appropriées pour expliquer le quiproquo, j’en suis à présent convaincue. Le débat aura au moins eu le mérite d’éclaircir les choses, ce qui, vous en conviendrez, cher ami, est plus sain que de laisser rancir en soi une gêne, y compris éventuellement pour d’autres lecteurs(trices). Sans rancune ?
Bien cordialement,
Laurance.
@Laurance Tallergé
Permettez-moi, chère Laurance, d’essayer de plaider ma cause, à propos du passage qui vous a choqué, ce en quoi vous m’en voyez très sincèrement désolé. Essayons de lever l’incompréhension ou peut-être l’ambiguïté maladroite.
Le passage incriminé ne distribue pas des vérités sociologiques à la louche, il joue avec les chiffres comme avec des accessoires de théâtre.
D’abord, le mot “l’Homme”. Il est immédiatement défini comme l’humanité. Le texte signale donc d’emblée qu’il travaille sur un terrain linguistique glissant, celui du masculin générique. Ce n’est pas une exclusion, c’est une mise en scène du mot lui-même. Une façon de montrer que la langue est une vieille demeure dont certaines portes grincent encore.
Ensuite, l’affirmation que “la femme joue le rôle principal” parce qu’elle vit plus longtemps. Voilà une causalité volontairement absurde. Comme si l’espérance de vie était un critère de distribution des rôles. C’est précisément là que réside l’humour : transformer une donnée statistique froide en hiérarchie dramaturgique. Je fais dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas en les habillant d’un costume bien trop grand. L’effet comique naît de ce décalage.
La phrase sur l’homme qui “s’éteint avec dignité” pendant que sa compagne “repeint la salle à manger et enchaîne les séances de cinéma” n’est évidemment pas un portrait de femmes. C’est une caricature à double face. D’un côté, l’image romantique et pompeuse de la mort masculine “avec dignité”. De l’autre, une veuve soudain rendue à une vitalité presque triviale. Le contraste crée l’ironie. Il ne s’agit pas de dire que les femmes profitent de la disparition des hommes, mais d’exagérer l’écart d’espérance de vie jusqu’à l’absurde domestique. La salle à manger repeinte devient un gag visuel. Un décor qui continue pendant que le rideau tombe ailleurs.
Puis vient le retournement final. L’homme “rattrape son retard”. Le vocabulaire emprunte au monde scolaire ou sportif, comme si la longévité était une compétition olympique. Et la conclusion pousse l’absurde jusqu’au bout : il “mourra après elle, qui finira épuisée d’avoir trop voulu vivre”. Ici, l’hyperbole est flagrante. Je feins d’attribuer la mortalité à un excès de volonté. C’est évidemment faux, et c’est précisément ce faux assumé qui constitue le ressort comique.
Le passage repose donc sur trois procédés classiques :
1. Le détournement des statistiques vers la fiction.
2. L’anthropomorphisation des chiffres comme s’ils avaient une intention.
3. L’hyperbole, qui gonfle le réel jusqu’à ce qu’il devienne manifestement irréaliste.
L’humour ne vise ni les femmes, ni les hommes. Il vise notre manière de commenter les chiffres, de fabriquer des récits à partir de courbes, de transformer des données démographiques en saga presque mythologique.
Je me permets à l’occasion de vous rappeler que de nombreux passages de l’ouvrage jouent ainsi sur le second degré, l’exagération, la mise en scène théâtrale des faits. Isoler ce fragment en lui retirant le climat ironique qui l’entoure revient à enlever la musique d’une scène de comédie et à n’en garder que les gestes figés. Sans la partition, on perd le rythme.
Se sentir blessée est un sentiment respectable. Mais l’intention ici n’est ni de minorer les femmes ni de les réduire à un rôle domestique. Au contraire, la phrase “la femme joue le rôle principal” inverse ironiquement des siècles de discours centrés sur l’homme. C’est un clin d’œil, et même un retournement satirique.
En réalité, le passage fonctionne comme un miroir déformant. Il ne prétend pas décrire le monde. Il le caricature pour mieux rappeler que les statistiques, aussi sérieuses soient-elles, deviennent risibles dès qu’on leur prête une dramaturgie.
Ce n’est ni un jugement sur les femmes., ni un pronostic sur l’avenir. C’est une petite fable ironique sur notre tendance à transformer la biologie en épopée. Et si l’on veut bien sourire avec elle, on découvre que le véritable objet du texte n’est ni l’homme ni la femme, mais notre irrésistible manie de faire raconter des histoires, même aux chiffres.
@Michel Laurent
Lecture terminée.
J’y retrouve un style proche de Philippe Delerm, écrivain minimaliste célébrant les petites choses du quotidien. Dans ce livre, vous nous montrez des curiosités presque invisibles - ou invisibilisées par une profusion d’exigences et de diktats d’ordre sensationnel - et vous les écrivez. Ces riens que beaucoup ne voient pas, vous les disséquez, les détournez de façon drôle, recélant parfois une pointe d’amertume.
C’est tellement savoureux de vous lire, de rire en s’instruisant, grâce à votre connaissance du corps humain et de son âme. Vos considérations souvent si vraies, l’humour décapant...impossible de tout commenter, mais on est tentés.
Un bémol, ce passage qui me dérange : ( Comment prolonger la vie) :
« Quand je dis...à ...d’avoir trop voulu vivre ». Passage qui m’a blessée pour nous toutes. Il y aurait tant de choses à dire à ce sujet ! Je suis adepte de votre écriture, de votre humour, mais là...il y a eu un froid. C’est dommage car votre livre est vraiment excellent.
Allez ! la suite, magnifique, nous offre un moment suspendu grâce au rituel ancestral du thé et l’« esprit » japonais. Après, tout devient vertigineux, prodigieux même, suite à votre visite au musée et à ce tableau fauteur de troubles. On est en Absurdie et tenté par l’expérience des étiquettes, « pour voir ».
« A force de vouloir tout expliquer, les mots se sont chargés d’un poids insoutenable ».
Pour terminer, une émouvante aventure entre cette fille « blanche » et le « garçon noir ».
Un ensemble à l’écriture chirurgicale, telle une intervention où le moindre geste a son importance ; des sujets servis par des mots faisant mouche au plus près de l’âme. Sous-jacentes, les blessures de vie, remaquillées d’humour, de dérision, émeuvent et questionnent notre propre condition d’humains. Essentielle, une curiosité bienvenue, servie par une certaine connaissance du monde, alimente ce texte par ailleurs souvent poétique. Trois cœurs bien mérités.
L.T
Merci infiniment @Laurance Tallergé pour ce festin de mots : si mes fantômes vous ont ouvert l’appétit, mes poches tiré une larme et mon drap-housse empêtré fait rire, alors je peux dormir tranquille — à condition bien sûr de survivre à la baleine de la housse de couette !
@Michel Laurent2
« Us, coutumes et maux d’estomac »
La part de plus : « L’homme ne sait pas manger sans une ombre à sa table...»
« La Part-Dieu », « la Part du Revenant », « la Part des Morts », la « Fête des fantômes affamés », le gavage de l’invité au Maghreb...je ne connaissais pas toutes ces coutumes, surprenantes.
Truculente évocation des diktats d’une hospitalité à géométrie variable, à travers le temps et le monde. En vous lisant, je mange, je ris, me régale, je suis à table moi aussi et dévore...vos pages, sans me forcer.
« La mort avait des poches sous les yeux » :
Philosophique, magnifique, j’ai failli pleurer…
On se retrouve, avec les poches ! Mes « Poches des hommes » ont été écrites il y a pas mal d’années. Les vôtres sont d’un autre registre, c’est très beau.
Le drap housse m'a bien fait rire, je vous imaginais entortillé dans cet élément de literie censé faciliter la vie domestique... Quant à la housse de couette, je ne peux pas l'enfiler seule, cela m'épuise. Pour moi, sa « cheminée » est la grande bouche d' une baleine qui avale tout ce qui se trouve près d' elle au lavage...
Enfin, et j’arrête là pour aujourd’hui, « le jogging » m’a encore bien fait rire, ainsi que le compte-rendu et l’ordonnance.
Bonne soirée à vous !
L.T
@Michel Laurent2
Reprise de ma lecture après quelques jours d'indisponibilité.
"Grammaire chromatique ou la philosophie du marron". Irrésistible de malice, une réjouissante réflexion sur les particularités de la langue française où le "s" vient jouer les trublions dans les accords -ou pas- des adjectifs de couleurs. Happy end : liberté de notre langue, que vous aimez comme telle, avec ses caprices.
"Beurre salé et café sans sucre" : Dé-li-cieux ! Drôle et parfois instructif, un régal. Je recommande sans modération.
Bien à vous, à bientôt M.L2
L.T
@Laurance Tallergé
Quel bonheur de lire un retour aussi sensible… Merci, vraiment, Laurance. On sent que vous avez lu ces textes avec ce regard rare qui laisse de la place aux nuances et aux ombres, précisément.
Votre manière de relever ces mots effleurés me touche particulièrement. Le texte respire en effet dans ce fragile équilibre entre la douceur et l’ironie, entre la légèreté apparente et ce qui se glisse dessous, sans bruit.
J’aime aussi que vous ayez perçu cet « imparfait libérateur » — cette idée qu’on peut avancer sans masquer les fissures, et même s’y reconnaître un peu. Et votre lecture a su saisir un humour, parfois boudeur en effet, qui nous fait heureusement échapper à la désespérance.
Quant au grille-pain et aux trous… je suis ravi qu’ils aient trouvé en vous une alliée ! Je prolonge actuellement ces réflexions avec de « Petites philosophies du quotidien » que je mets, à mesure de leur production, sur le site et que j’ai bon espoir, d’ici quelques semaines, de réunir en un recueil.
Merci encore pour ces mots chaleureux — ils donnent à l’écriture une seconde vie, celle qui naît dans le regard du lecteur.
@Michel Laurent
Comme prévu j’ai commencé ce livre, sur lequel il y a beaucoup à dire. Ҁa commence fort. (Cela n’engage que moi bien sûr). Il démarre par une franchise inhabituelle : « Ce premier texte n’a pas été écrit pour vous aider ». « Il ne coche aucune case ».
J’adore le ton, je pense me régaler, être surprise. Déjà, toujours ce don pour retourner doucement au scalpel les états d’âme, avec des mots choisis pour effleurer, atténuer, exprimer en douceur. (« suite d’humeurs », « frissons d’esprit », « soupirs », « fatigue noble »), rien de tapageur et ça change. « Ici, on préfère les ombres aux projecteurs ». Rien ni personne n’est parfait, on le savait, mais grâce à vous, ce n’est pas grave, c’est même une entrée discrète mais réelle vers un imparfait libérateur. C’est poétique, aussi. Délicieux.
« Moi, je » (ça rappelle quelque chose mais tout apparaîtra à l’envers). Joyeuse et tendre énumération, parfois désabusée, de tout ce qu’un chacun voit, ou croit voir, touche, ressent au quotidien ; décrit avec tendresse, parfois nostalgie, mais aussi tellement d’humour ! Un humour boudeur, des paroles parfois enfantines, parfois aussi l’humour du croque-mort, lui insufflant du courage... déconnexion mentale. Connexion, d’ailleurs : les gens dans le métro : « leur âme est en mode avion ».
Je suis fan de votre façon de voir les choses « insignifiantes », et de leur prêter une âme, une pensée, voire pire : de mauvaises intentions.
Derrière certains objets, en effet, il peut y en avoir, surtout ceux connectés. Et votre grille-pain m’a fait mourir de rire. Le passage des « trous » aussi, désopilant et d’une évidence que personne, à ma connaissance, n’avait étudiée. « J’aime les trous parce qu’ils sont honnêtes. Ils ne prétendent rien remplir et sont les anti-héros du marketing ». Qu’opposer à cela ?
Je vais savourer doucement ce livre plein de surprises, le commenter pas à pas.
A bientôt, et merci pour ce moment...
Laurance
@Michel Laurent Bonjour à tous vous trouverez dans la rubrique " Les dernières nouveauté " mon autobiographie " Entre Chaume et Rails - COMPLET - enfin terminée. Beaucoup on mentionné qu'ils avaient hâte de lire la suite, c'est pourquoi je me permets de vous prévenir. Bonne lectures - Merci beaucoup.
Je vous remercie très sincèrement pour ce message d’une générosité et d’une acuité qui dépassent largement le simple encouragement. Vous n’avez pas seulement lu ce livre : vous l’avez habité, parcouru, mis en musique, relié à d’autres voix, d’autres chansons, d’autres sensibilités — et c’est sans doute le plus beau destin qu’un texte puisse espérer.
Votre lecture attentive, précise, joyeuse, parfois espiègle, parfois émue, me touche d’autant plus qu’elle s’attarde sur les détails, les respirations, les fragments qui font l’ossature intime d’un livre. Voir ces textes ainsi reconnus, cités, reliés à Anne Sylvestre, à Voulzy, à Pierre Perret (Lily est pour moi une œuvre indépassable), c’est à la fois vertigineux et profondément rassurant : cela signifie qu’ils ont trouvé leur fréquence, leur écho, leur juste place. C’est étonnant : votre référence à Anne Sylvestre rejoint celle faite par un ami, alors qu’en écrivant je ne pensais pas à cette artiste, dont les textes sont aujourd’hui, malheureusement, devenus plus confidentiels.
Vous avez raison sur ce point essentiel : écrire, c’est souvent douter. Douter de la légitimité, du geste, du moment. Et votre message, par sa liberté, son enthousiasme et sa sincérité, vient rappeler pourquoi l’on continue malgré tout. Non pour convaincre, mais pour partager. Non pour avoir raison, mais pour toucher juste.
Merci aussi d’avoir défendu ce livre avec tant de conviction. Savoir qu’il peut être pour certains un « bonbon », pour d’autres un frisson, un rire, une émotion ou une réflexion silencieuse, suffit à justifier toutes les heures passées à chercher la phrase exacte.
Votre message restera, quoi qu’il advienne (je n’envisage pas, pour le moment, de retirer l’ouvrage de mBL, même si c’est finalement très bien que les lecteurs de mBS puissent y accéder gratuitement) comme une des plus belles réponses possibles à ce livre.
Merci infiniment pour votre soutien, votre regard et votre confiance.
Je vous souhaite à mon tour une très belle année 2026, riche de lectures, de musique et de ces émotions rares qui donnent envie d’écrire — et de lire.
@Michel Laurent : Michel je vous en prie, laissez-moi, laissez-nous acheter votre livre sur @monBestLibraire ! (je suis sûr que @Vanessa Michel pense comme moi)
J'ai lu d'une traite vos textes avec joie, ravissement, envie (jalousie je l'avoue, vous écrivez "trop bien" Michel comme disent ceux qui ont du mal à trouver leurs mots), tour à tour ému, amusé, charmé, intrigué, soufflé... Je comprends votre déception, votre colère mais ne nous privez pas du plaisir d'avoir votre bouquin entre nos mains, car enfin c'est un p..... de bon livre.
"Moi je" : un délice, un bonbon d'humour, de délicatesse, de justesse d'esprit, de légèreté et de profondeur à la fois. Ça pourrait ressembler à une chanson d'Anne Sylvestre, je verrais bien Voulzy en écrire la musique : "J'aime les gens qui doutent, ils respirent à ma fréquence".
"Grammaire chromatique..." : je vous avez déjà dit dans ces colonnes tout le plaisir que j'avais eu à lire ce texte,
J'ai beaucoup ri à la lecture de "Comment j'ai failli aimer le jogging", j'ai été frappé par l'étrangeté, la maestria de "ceci n'est pas une histoire" et touché par le récit "Un noir et une blanche" (sans manichéisme ni dogmatisme vous traitez le sujet du racisme et de la différence avec tact et poésie, j'ai pensé à la chanson "Lily" de Pierre Perret).
Pour conclure et convaincre ceux qui hésiteraient encore à lire (et pouvoir acheter j'espère bientôt) votre livre, quelques pépites extraites de vos textes "Théorie générale du frisson durable" et "comment prolonger la vie ?" :
_ "L'amour n'est pas ce qui fait battre le coeur plus fort, c'est ce qui lui apprend à battre plus longtemps"
- "L'infarctus du premier baiser"
- sur la différence d'espérance de vie entre l'homme et la femme : "pendant que celui-ci s'éteint avec dignité, sa compagne repeint la salle à manger et enchaîne les séances de cinéma"
- "Le sushi est au japonais ce que la prière est au moine : une manière de s'incliner sans tomber"
- "Vieillir c'est mijoter doucement, à feu doux humain"
Encore merci, bravo, portez-vous bien et passez une très belle année 2026.
Votre lecture me touche profondément — par sa finesse, sa justesse, et cette attention rare que vous portez aux nuances, aux respirations, aux zones fragiles du texte. Vous lire, c’est avoir le sentiment que les mots ont trouvé une demeure, quelqu’un qui les écoute vraiment, jusque dans leurs silences.
Que vous parliez de « billets doux adressés à l’existence » me va droit au cœur : c’est sans doute là, modestement, l’élan premier de ces humeurs : dire le monde sans le dominer, l’approcher avec tendresse, ironie parfois, mais toujours avec le désir de ne rien écraser. Vous avez saisi le fil invisible qui relie ces textes, ce plaisir obstiné de chercher l’épure, le mot juste, celui qui ne ferme pas mais ouvre.
Votre regard sur l’équilibre, sur la coexistence de l’humour et du grave, de l’infime et de l’absurde, est un très beau cadeau. Il dit mieux que je ne saurais le faire ce travail patient de composition, de rythmes, d’espaces laissés à chaque forme pour respirer. Savoir que cette diversité reste lisible, accueillante, et surtout habitée, est une joie immense.
Et je suis particulièrement touché que « Moi je » vous ait ainsi rencontrée. Cette nouvelle est née d’un endroit très intime, joueur et fragile à la fois. La savoir lue avec tant de sensibilité lui donne une seconde vie.
Merci, sincèrement, pour cette lecture engagée, généreuse, et si finement écrite. Elle accompagne le livre bien au-delà de ce que j’aurais pu espérer.
Ayant eu le privilège d’être édité par Monsieur Pierre Berès — cet homme capable de s’arrêter des heures durant sur un adjectif, une inflexion, une nuance patiemment arrachée à la phrase, et qui, d’un regard à la fois malicieux et lumineux, vous laissait entendre que vous pouviez encore aller plus loin — on se forge inévitablement une idée exigeante du rôle et du travail de l’éditeur. Dès lors, lorsque ailleurs l’on se heurte à des pratiques d’une indélicatesse manifeste, la chute est rude. Mais le monde est ainsi fait : l’édition n’échappe pas davantage que le reste à ses accommodements.
Merci pour votre lecture bienveillante et votre élégance intellectuelle — deux qualités qui ne courent pas les rues, surtout quand elles marchent ensemble. J’aime beaucoup votre manière de rappeler qu’une idée n’est pas un ordre de mobilisation générale, mais une proposition : on la regarde, on lui tourne autour, on la contredit parfois, et on repart sans se fâcher.
Vous avez parfaitement résumé l’esprit de ces philosophies : elles n’attendent ni adhésion ni révérence, seulement un peu de jeu et de curiosité. Quant à l’idée de « mourir en bonne santé », je me réjouis qu’elle vous ait fait sourire — c’est sans doute la seule performance sportive que je revendique encore.
Je vous souhaite une année légère, malicieusement pensée, et surtout vivante… quitte à la commenter sans la partager.
@Vanessa Michel
Merci beaucoup, Vanessa, pour votre commentaire chaleureux. Vous avez raison : les nombreux retours positifs recueillis ici et ailleurs sur ce travail dépassent largement ce type de désagrément. D’autant que publier implique naturellement d’accepter la critique, y compris lorsqu’elle est négative, dès lors qu’elle est sincère et personnelle.
La situation présente est toutefois d’une tout autre nature. Le commentaire en question n’émane pas d’un lecteur indépendant : il a été commandé par l’éditeur lui-même, monbestlibraire.com. Or cet éditeur ne cesse d’appeler ses auteurs à faire preuve de solidarité entre eux. Voir paraître, sous son égide, un texte de présentation dénigrant est donc pour le moins surprenant, voire même sidérant.
Ayant été publié par le passé par près d’une dizaine de maisons d’édition (Hermann, Ellipses, Eyrolles, Quae, L’Harmattan, Le Lys Bleu, Elsevier, Macmillan…), je n’ai jamais été confronté à une telle pratique. Cela me semble dépasser l’entendement. D’autant plus que monBestlibraire, qui a fait le choix d’accepter de publier mon ouvrage, n’a pas jugé utile de m’apporter depuis la moindre explication. Je saurai bien sûr en tirer les conclusions. Cela reste néanmoins fort décevant.
Recevez, chère Vanessa, tous mes vœux de bonheur et de réussite, pour vous et vos proches, en cette nouvelle année.
Bonjour Michel. Vos philosophies sont drôles, disruptives et tendres, mais ne prêtent en aucun cas à une critique acerbe. Je les ai toutes aimé sans forcément les partager. Le fondement une idée c'est qu'elle appartient à celui qui la soumet. Elle peut-être commentée, expliquée ou approfondie, sans méchanceté. C'est le principe même de la philo. En attendant grâce à vous je sais que l'on peut mourir en bonne santé. Cela me changera de la vie.
Bonne année à vous. Alain.
Publié le 02 Janvier 2026
Michel Laurent
Biographie
Auteur de romans, nouvelles, fictions brèves et pièces de théâtre, je suis passionné par les formes d’écriture mêlant absurde, onirisme,...
Ce livre est noté par
Cher @Michel Laurent ,
Peu le savent, mais il émane indéniablement des grille-pains une aura aussi singulière que mystérieuse, un magnétisme qui exalte avec véhémence l'imagination comme les envolées lyriques... Grâce à vous, je fais désormais partie de cette fine élite détentrice de la vérité, au point que je me retrouve aujourd'hui moi-même à écrire la suite de mon roman devant cet appareil diabolique... Pour cela, je vous en remercie une nouvelle fois infiniment... ^^^
C'est toujours une réelle joie de vous lire, vous et les pincées d'humour salées et relevées dont vous saupoudrez avec finesse chacune de vos phrases... ^^^
Au plaisir de vous lire, encore.
Bien amicalement,
Amandine
Chère @Amandine D'AILLEURS ,
Quel commentaire… vous venez de transformer mon satané ego en grille-pain incandescent. Merci pour ces mots qui me touchent et me rassurent presque : j’écris donc bien pour déranger les certitudes du petit-déjeuner. Voilà une vocation inattendue.
Savoir que mes Petites philosophies du désordre ont accompagné vos cafés matinaux ne peut que me me réjouir. Être lu avec cette attention-là, et recevoir en retour une lecture si fine et si sensible, c’est un cadeau rare.
J’ai souri en lisant que vous avez été “retournée, malmenée”… au risque d’être dénoncé pour troubles volontaires à l’esprit public. J’assume les faits.
Votre regard sur mon écriture - joliment décrite comme une alliance entre dérision, poésie, insolence et petite dramaturgie - me touche d’autant plus qu’il dit exactement ce que j’essaie, maladroitement parfois, de poursuivre.
Alors merci, sincèrement, pour votre enthousiasme, votre générosité, et cette manière si belle de parler d’un livre. Des lecteurs comme vous donnent envie de recommencer toutes les espiègleries possibles… et d’en inventer de nouvelles.
Promis, les prochaines (les quotidiennes) arriveront avec encore un peu plus de désordre mais, je l’espère, avec la même tendresse.
Bien amicalement.
@Michel Laurent
Vous avez raison. Opuscule est plus juste. j'avais simplement à l'esprit l'idée de recueillir. Quelques restes peut-être de chasseurs cueilleurs que nous avons été.
@Jean-René CESSINAS
Merci pour votre lecture et votre commentaire sympathique. Moins qu’un recueil, il s’agirait alors d’un opuscule ! -)
@Michel Laurent
Bonjour,
J'aime bien vos 'J'aime et " J'aime pas", vous pourriez en faire un recueil de poésie.
cordialement.
@Michel Laurent
Bonjour,
Je reviens vers vous suite à votre dernier retour, auquel bien sûr je m’attendais par rapport à ce paragraphe dont le contenu me dérangeait.
J’ai hésité un moment avant de vous faire part du malaise ressenti. Il m’a fallu du courage (aidé d’une honnêteté légèrement suicidaire), pour vous exposer mes griefs envers ce passage, car déjà, soyez sûr que j’apprécie vos textes ainsi que la personne que je crois entrevoir à travers eux. C’est toujours plus difficile dans ce cas.
Les arguments que vous évoquez, je les avais envisagés avant de formuler mon commentaire. J’ai douté un temps. (« Et si l’homme était l’Homme, en tant que l’Humain, la femme, en tant que genre, sexe, dans le sens général? »). Hélas, pour moi cela ne changeait rien, peut-être à cause de ce « pendant que », laissant entrevoir la vie d’un couple à un instant T et dans des moments ultimes. De fait, j’y ai vu un vrai couple. De même, le mot « dignité » me paraissait étrange, même si j’en comprenais l’idée. Malgré tout, la phrase m’a fait sourire. Amertume ? (Nous avons tous un jour eu des désillusions).
« Elle...qui mourra épuisée d’avoir trop voulu vivre ». Après coup, en se détachant de l’hyperbole, voyez-vous ce que l’on pourrait comprendre ? L’homme qui meurt épuisé par le labeur, et à l’inverse, la femme qui s’amuse. La perception n’est pas unique, même si je suis convaincue d’une maladresse. Cette évocation ne colle que très partiellement à la vie de femme, et les années en plus ou en moins n’y changent pas grand-chose. Valable pour les rentières, les nanties, elle ne s’applique pas à Madame tout le monde, qui travaille, gère le quotidien, les innombrables tâches domestiques. Donc ce passage m’a semblé injuste, même si l’intention était toute autre au départ, je veux bien le croire. Comme quoi, les mots peuvent être sujets à bien des interprétations, même si l’on n’en a pas conscience. De fait, le passage tel quel me dérange toujours.
Une possible incompréhension initiale de ma part, ainsi qu’ une « ambiguïté maladroite » que vous reconnaissez, sont sans doute les expressions les mieux appropriées pour expliquer le quiproquo, j’en suis à présent convaincue. Le débat aura au moins eu le mérite d’éclaircir les choses, ce qui, vous en conviendrez, cher ami, est plus sain que de laisser rancir en soi une gêne, y compris éventuellement pour d’autres lecteurs(trices). Sans rancune ?
Bien cordialement,
Laurance.
@Laurance Tallergé
Permettez-moi, chère Laurance, d’essayer de plaider ma cause, à propos du passage qui vous a choqué, ce en quoi vous m’en voyez très sincèrement désolé. Essayons de lever l’incompréhension ou peut-être l’ambiguïté maladroite.
Le passage incriminé ne distribue pas des vérités sociologiques à la louche, il joue avec les chiffres comme avec des accessoires de théâtre.
D’abord, le mot “l’Homme”. Il est immédiatement défini comme l’humanité. Le texte signale donc d’emblée qu’il travaille sur un terrain linguistique glissant, celui du masculin générique. Ce n’est pas une exclusion, c’est une mise en scène du mot lui-même. Une façon de montrer que la langue est une vieille demeure dont certaines portes grincent encore.
Ensuite, l’affirmation que “la femme joue le rôle principal” parce qu’elle vit plus longtemps. Voilà une causalité volontairement absurde. Comme si l’espérance de vie était un critère de distribution des rôles. C’est précisément là que réside l’humour : transformer une donnée statistique froide en hiérarchie dramaturgique. Je fais dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas en les habillant d’un costume bien trop grand. L’effet comique naît de ce décalage.
La phrase sur l’homme qui “s’éteint avec dignité” pendant que sa compagne “repeint la salle à manger et enchaîne les séances de cinéma” n’est évidemment pas un portrait de femmes. C’est une caricature à double face. D’un côté, l’image romantique et pompeuse de la mort masculine “avec dignité”. De l’autre, une veuve soudain rendue à une vitalité presque triviale. Le contraste crée l’ironie. Il ne s’agit pas de dire que les femmes profitent de la disparition des hommes, mais d’exagérer l’écart d’espérance de vie jusqu’à l’absurde domestique. La salle à manger repeinte devient un gag visuel. Un décor qui continue pendant que le rideau tombe ailleurs.
Puis vient le retournement final. L’homme “rattrape son retard”. Le vocabulaire emprunte au monde scolaire ou sportif, comme si la longévité était une compétition olympique. Et la conclusion pousse l’absurde jusqu’au bout : il “mourra après elle, qui finira épuisée d’avoir trop voulu vivre”. Ici, l’hyperbole est flagrante. Je feins d’attribuer la mortalité à un excès de volonté. C’est évidemment faux, et c’est précisément ce faux assumé qui constitue le ressort comique.
Le passage repose donc sur trois procédés classiques :
1. Le détournement des statistiques vers la fiction.
2. L’anthropomorphisation des chiffres comme s’ils avaient une intention.
3. L’hyperbole, qui gonfle le réel jusqu’à ce qu’il devienne manifestement irréaliste.
L’humour ne vise ni les femmes, ni les hommes. Il vise notre manière de commenter les chiffres, de fabriquer des récits à partir de courbes, de transformer des données démographiques en saga presque mythologique.
Je me permets à l’occasion de vous rappeler que de nombreux passages de l’ouvrage jouent ainsi sur le second degré, l’exagération, la mise en scène théâtrale des faits. Isoler ce fragment en lui retirant le climat ironique qui l’entoure revient à enlever la musique d’une scène de comédie et à n’en garder que les gestes figés. Sans la partition, on perd le rythme.
Se sentir blessée est un sentiment respectable. Mais l’intention ici n’est ni de minorer les femmes ni de les réduire à un rôle domestique. Au contraire, la phrase “la femme joue le rôle principal” inverse ironiquement des siècles de discours centrés sur l’homme. C’est un clin d’œil, et même un retournement satirique.
En réalité, le passage fonctionne comme un miroir déformant. Il ne prétend pas décrire le monde. Il le caricature pour mieux rappeler que les statistiques, aussi sérieuses soient-elles, deviennent risibles dès qu’on leur prête une dramaturgie.
Ce n’est ni un jugement sur les femmes., ni un pronostic sur l’avenir. C’est une petite fable ironique sur notre tendance à transformer la biologie en épopée. Et si l’on veut bien sourire avec elle, on découvre que le véritable objet du texte n’est ni l’homme ni la femme, mais notre irrésistible manie de faire raconter des histoires, même aux chiffres.
@Michel Laurent
Lecture terminée.
J’y retrouve un style proche de Philippe Delerm, écrivain minimaliste célébrant les petites choses du quotidien. Dans ce livre, vous nous montrez des curiosités presque invisibles - ou invisibilisées par une profusion d’exigences et de diktats d’ordre sensationnel - et vous les écrivez. Ces riens que beaucoup ne voient pas, vous les disséquez, les détournez de façon drôle, recélant parfois une pointe d’amertume.
C’est tellement savoureux de vous lire, de rire en s’instruisant, grâce à votre connaissance du corps humain et de son âme. Vos considérations souvent si vraies, l’humour décapant...impossible de tout commenter, mais on est tentés.
Un bémol, ce passage qui me dérange : ( Comment prolonger la vie) :
« Quand je dis...à ...d’avoir trop voulu vivre ». Passage qui m’a blessée pour nous toutes. Il y aurait tant de choses à dire à ce sujet ! Je suis adepte de votre écriture, de votre humour, mais là...il y a eu un froid. C’est dommage car votre livre est vraiment excellent.
Allez ! la suite, magnifique, nous offre un moment suspendu grâce au rituel ancestral du thé et l’« esprit » japonais. Après, tout devient vertigineux, prodigieux même, suite à votre visite au musée et à ce tableau fauteur de troubles. On est en Absurdie et tenté par l’expérience des étiquettes, « pour voir ».
« A force de vouloir tout expliquer, les mots se sont chargés d’un poids insoutenable ».
Pour terminer, une émouvante aventure entre cette fille « blanche » et le « garçon noir ».
Un ensemble à l’écriture chirurgicale, telle une intervention où le moindre geste a son importance ; des sujets servis par des mots faisant mouche au plus près de l’âme. Sous-jacentes, les blessures de vie, remaquillées d’humour, de dérision, émeuvent et questionnent notre propre condition d’humains. Essentielle, une curiosité bienvenue, servie par une certaine connaissance du monde, alimente ce texte par ailleurs souvent poétique. Trois cœurs bien mérités.
L.T
Merci infiniment @Laurance Tallergé pour ce festin de mots : si mes fantômes vous ont ouvert l’appétit, mes poches tiré une larme et mon drap-housse empêtré fait rire, alors je peux dormir tranquille — à condition bien sûr de survivre à la baleine de la housse de couette !
@Michel Laurent2
« Us, coutumes et maux d’estomac »
La part de plus : « L’homme ne sait pas manger sans une ombre à sa table...»
« La Part-Dieu », « la Part du Revenant », « la Part des Morts », la « Fête des fantômes affamés », le gavage de l’invité au Maghreb...je ne connaissais pas toutes ces coutumes, surprenantes.
Truculente évocation des diktats d’une hospitalité à géométrie variable, à travers le temps et le monde. En vous lisant, je mange, je ris, me régale, je suis à table moi aussi et dévore...vos pages, sans me forcer.
« La mort avait des poches sous les yeux » :
Philosophique, magnifique, j’ai failli pleurer…
On se retrouve, avec les poches ! Mes « Poches des hommes » ont été écrites il y a pas mal d’années. Les vôtres sont d’un autre registre, c’est très beau.
Le drap housse m'a bien fait rire, je vous imaginais entortillé dans cet élément de literie censé faciliter la vie domestique... Quant à la housse de couette, je ne peux pas l'enfiler seule, cela m'épuise. Pour moi, sa « cheminée » est la grande bouche d' une baleine qui avale tout ce qui se trouve près d' elle au lavage...
Enfin, et j’arrête là pour aujourd’hui, « le jogging » m’a encore bien fait rire, ainsi que le compte-rendu et l’ordonnance.
Bonne soirée à vous !
L.T
@Laurance Tallergé
Mille mercis renouvelés, chère Laurance, pour vos appréciations louangeuses.
@Michel Laurent2
Reprise de ma lecture après quelques jours d'indisponibilité.
"Grammaire chromatique ou la philosophie du marron". Irrésistible de malice, une réjouissante réflexion sur les particularités de la langue française où le "s" vient jouer les trublions dans les accords -ou pas- des adjectifs de couleurs. Happy end : liberté de notre langue, que vous aimez comme telle, avec ses caprices.
"Beurre salé et café sans sucre" : Dé-li-cieux ! Drôle et parfois instructif, un régal. Je recommande sans modération.
Bien à vous, à bientôt M.L2
L.T
@Laurance Tallergé
Quel bonheur de lire un retour aussi sensible… Merci, vraiment, Laurance. On sent que vous avez lu ces textes avec ce regard rare qui laisse de la place aux nuances et aux ombres, précisément.
Votre manière de relever ces mots effleurés me touche particulièrement. Le texte respire en effet dans ce fragile équilibre entre la douceur et l’ironie, entre la légèreté apparente et ce qui se glisse dessous, sans bruit.
J’aime aussi que vous ayez perçu cet « imparfait libérateur » — cette idée qu’on peut avancer sans masquer les fissures, et même s’y reconnaître un peu. Et votre lecture a su saisir un humour, parfois boudeur en effet, qui nous fait heureusement échapper à la désespérance.
Quant au grille-pain et aux trous… je suis ravi qu’ils aient trouvé en vous une alliée ! Je prolonge actuellement ces réflexions avec de « Petites philosophies du quotidien » que je mets, à mesure de leur production, sur le site et que j’ai bon espoir, d’ici quelques semaines, de réunir en un recueil.
Merci encore pour ces mots chaleureux — ils donnent à l’écriture une seconde vie, celle qui naît dans le regard du lecteur.
@Michel Laurent Bonjour à tous vous trouverez dans la rubrique " Les dernières nouveauté " mon autobiographie " Entre Chaume et Rails - COMPLET - enfin terminée. Beaucoup on mentionné qu'ils avaient hâte de lire la suite, c'est pourquoi je me permets de vous prévenir. Bonne lectures - Merci beaucoup.
Un grand merci, @FAKIR, pour votre lecture et votre commentaire.
@Michel Laurent,
Je vous ai lu, pas tout, mais je vous ai lu attentivement.
C'est brillant : profond, léger. Souvent juste.
A mettre entre toutes les âmes grises.
@Daniel Clément
Cher Daniel,
Je vous remercie très sincèrement pour ce message d’une générosité et d’une acuité qui dépassent largement le simple encouragement. Vous n’avez pas seulement lu ce livre : vous l’avez habité, parcouru, mis en musique, relié à d’autres voix, d’autres chansons, d’autres sensibilités — et c’est sans doute le plus beau destin qu’un texte puisse espérer.
Votre lecture attentive, précise, joyeuse, parfois espiègle, parfois émue, me touche d’autant plus qu’elle s’attarde sur les détails, les respirations, les fragments qui font l’ossature intime d’un livre. Voir ces textes ainsi reconnus, cités, reliés à Anne Sylvestre, à Voulzy, à Pierre Perret (Lily est pour moi une œuvre indépassable), c’est à la fois vertigineux et profondément rassurant : cela signifie qu’ils ont trouvé leur fréquence, leur écho, leur juste place. C’est étonnant : votre référence à Anne Sylvestre rejoint celle faite par un ami, alors qu’en écrivant je ne pensais pas à cette artiste, dont les textes sont aujourd’hui, malheureusement, devenus plus confidentiels.
Vous avez raison sur ce point essentiel : écrire, c’est souvent douter. Douter de la légitimité, du geste, du moment. Et votre message, par sa liberté, son enthousiasme et sa sincérité, vient rappeler pourquoi l’on continue malgré tout. Non pour convaincre, mais pour partager. Non pour avoir raison, mais pour toucher juste.
Merci aussi d’avoir défendu ce livre avec tant de conviction. Savoir qu’il peut être pour certains un « bonbon », pour d’autres un frisson, un rire, une émotion ou une réflexion silencieuse, suffit à justifier toutes les heures passées à chercher la phrase exacte.
Votre message restera, quoi qu’il advienne (je n’envisage pas, pour le moment, de retirer l’ouvrage de mBL, même si c’est finalement très bien que les lecteurs de mBS puissent y accéder gratuitement) comme une des plus belles réponses possibles à ce livre.
Merci infiniment pour votre soutien, votre regard et votre confiance.
Je vous souhaite à mon tour une très belle année 2026, riche de lectures, de musique et de ces émotions rares qui donnent envie d’écrire — et de lire.
Avec toute ma gratitude et mon amitié,
Michel
@Vanessa Michel
Chère Vanessa,
Votre lecture me touche profondément — par sa finesse, sa justesse, et cette attention rare que vous portez aux nuances, aux respirations, aux zones fragiles du texte. Vous lire, c’est avoir le sentiment que les mots ont trouvé une demeure, quelqu’un qui les écoute vraiment, jusque dans leurs silences.
Que vous parliez de « billets doux adressés à l’existence » me va droit au cœur : c’est sans doute là, modestement, l’élan premier de ces humeurs : dire le monde sans le dominer, l’approcher avec tendresse, ironie parfois, mais toujours avec le désir de ne rien écraser. Vous avez saisi le fil invisible qui relie ces textes, ce plaisir obstiné de chercher l’épure, le mot juste, celui qui ne ferme pas mais ouvre.
Votre regard sur l’équilibre, sur la coexistence de l’humour et du grave, de l’infime et de l’absurde, est un très beau cadeau. Il dit mieux que je ne saurais le faire ce travail patient de composition, de rythmes, d’espaces laissés à chaque forme pour respirer. Savoir que cette diversité reste lisible, accueillante, et surtout habitée, est une joie immense.
Et je suis particulièrement touché que « Moi je » vous ait ainsi rencontrée. Cette nouvelle est née d’un endroit très intime, joueur et fragile à la fois. La savoir lue avec tant de sensibilité lui donne une seconde vie.
Merci, sincèrement, pour cette lecture engagée, généreuse, et si finement écrite. Elle accompagne le livre bien au-delà de ce que j’aurais pu espérer.
Avec toute ma gratitude,
Michel
@Jézabel Foutredieu
Ayant eu le privilège d’être édité par Monsieur Pierre Berès — cet homme capable de s’arrêter des heures durant sur un adjectif, une inflexion, une nuance patiemment arrachée à la phrase, et qui, d’un regard à la fois malicieux et lumineux, vous laissait entendre que vous pouviez encore aller plus loin — on se forge inévitablement une idée exigeante du rôle et du travail de l’éditeur. Dès lors, lorsque ailleurs l’on se heurte à des pratiques d’une indélicatesse manifeste, la chute est rude. Mais le monde est ainsi fait : l’édition n’échappe pas davantage que le reste à ses accommodements.
Il en va comme des voies du Seigneur : les stratégies éditoriales sont impénétrables.
@alain.lamoliatte
Bonjour Alain,
Merci pour votre lecture bienveillante et votre élégance intellectuelle — deux qualités qui ne courent pas les rues, surtout quand elles marchent ensemble. J’aime beaucoup votre manière de rappeler qu’une idée n’est pas un ordre de mobilisation générale, mais une proposition : on la regarde, on lui tourne autour, on la contredit parfois, et on repart sans se fâcher.
Vous avez parfaitement résumé l’esprit de ces philosophies : elles n’attendent ni adhésion ni révérence, seulement un peu de jeu et de curiosité. Quant à l’idée de « mourir en bonne santé », je me réjouis qu’elle vous ait fait sourire — c’est sans doute la seule performance sportive que je revendique encore.
Je vous souhaite une année légère, malicieusement pensée, et surtout vivante… quitte à la commenter sans la partager.
Bien à vous,
Michel
@Vanessa Michel
Merci beaucoup, Vanessa, pour votre commentaire chaleureux. Vous avez raison : les nombreux retours positifs recueillis ici et ailleurs sur ce travail dépassent largement ce type de désagrément. D’autant que publier implique naturellement d’accepter la critique, y compris lorsqu’elle est négative, dès lors qu’elle est sincère et personnelle.
La situation présente est toutefois d’une tout autre nature. Le commentaire en question n’émane pas d’un lecteur indépendant : il a été commandé par l’éditeur lui-même, monbestlibraire.com. Or cet éditeur ne cesse d’appeler ses auteurs à faire preuve de solidarité entre eux. Voir paraître, sous son égide, un texte de présentation dénigrant est donc pour le moins surprenant, voire même sidérant.
Ayant été publié par le passé par près d’une dizaine de maisons d’édition (Hermann, Ellipses, Eyrolles, Quae, L’Harmattan, Le Lys Bleu, Elsevier, Macmillan…), je n’ai jamais été confronté à une telle pratique. Cela me semble dépasser l’entendement. D’autant plus que monBestlibraire, qui a fait le choix d’accepter de publier mon ouvrage, n’a pas jugé utile de m’apporter depuis la moindre explication. Je saurai bien sûr en tirer les conclusions. Cela reste néanmoins fort décevant.
Recevez, chère Vanessa, tous mes vœux de bonheur et de réussite, pour vous et vos proches, en cette nouvelle année.