Une Histoire de mal-a-dit très incorrecte

1190 pages de Yolaine Rivière
Une Histoire de mal-a-dit très incorrecte Yolaine Rivière
Synopsis

J’ai oublié ce manuscrit une première fois en 2024. Une psychomotricienne l’a lu, m’a contactée et m’a dit « Et si c’était ça ». Pas n’importe quelle psychomotricienne. Celle dont je parle dans ce témoignage. Il y a un avant et un après. Et ce qu’elle m’a dit constituait juste la pièce manquante de mon puzzle. Si elle avait raison, tout prenait un sens. Si elle avait tort, rien n’en avait.
J’ai supprimé mon manuscrit. Il avait rempli son rôle. C’était un cri de liberté, de rage de vivre. Mais aussi : un immense appel. Elle y a répondu.
Depuis, plusieurs personnes ont lu la version papier et les échanges que j’ai eus avec eux m’ont inviter à repenser la publication de ce témoignage.
Mais au final, c’est pour Anne-Sophie, que je le republie. En miroir à son propre témoignage.

Publié le 11 Avril 2026

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1 commentaires , 1 notes
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Merci @Nicole Dreyfus pour votre sollicitude et votre crituqe altruiste. Je vous remercie d’avoir employé le mot « parcouru » et non « lu ». Car en effet, vu la date de publication, vu la date du commentaire et vu le manuscrit, il était impossible de l’avoir lu en mois de 48h. Vous avez raison.

J’ai vécu une expérience incroyable en écrivant ce témoignage : j’ai revécu ma vie dans toute son intensité, sans frein, sans limite. Toutes les émotions ont rejailli avec la même intensité qu’au premier jour. J’ai replongé dans ma vie en m’emplissant de toute cette vie intérieure, de tout ce feu. J’ai pleuré là où je n’avais jamais pleuré. J’ai flambé encore et encore.

Il ne s’agit pas d’une œuvre littéraire o tout est prévu, pensé, analysé, organisé dans un politiquement correct et une aseptisation de ce qui a fait ma vie. Vous recourez à l’adjectif brut et c’est très exactement ça. C’est brut, sans filtre, sans gant, sans artifice, sans respect des codes qui police notre société au point de scléroser sa spontanéité.

Il ne s’agit pas d’un roman. Il ne s’agit pas d’une thèse. Dans notre vie, dans la vraie vie, tout se mélange et s’intrique. Tout se répond et s’enrichit. Je n’ai pas écrit une thèse, une antithèse et une synthèse. Je n’ai pas écrit une analyse ronflante.
Je témoigne simplement de comment j’ai vécu ma vie. Et c’est très incorrect. Je suis d’accord.

Publié le 13 Avril 2026
2.01
Chère Yolaine, J’ai parcouru votre texte avec attention, et ce qui me vient d’abord, c’est qu’il y a chez vous une voix réelle, une voix habitée, intense, qui ne cherche pas à faire joli. On sent tout de suite une personnalité, une manière bien à vous de raconter, de penser, de relier les souvenirs, les blessures, les scènes familiales et le corps. Cela donne au manuscrit une vraie présence. J’ai particulièrement aimé certains passages très concrets, très incarnés, où une scène, un objet, un souvenir suffisent à faire surgir beaucoup d’émotion. Là, votre texte touche juste, parce qu’il n’explique pas seulement : il fait sentir. En revanche, je crois sincèrement que le livre gagnerait à être allégé. Il y a énormément de matière, énormément de choses à dire, et cela finit parfois par rendre l’ensemble un peu indigeste. Je crois donc que ce manuscrit gagnerait énormément à un vrai travail de resserrement. Non pour le rendre plus sage. Surtout pas. Mais pour le rendre plus fort. Il faudrait, selon moi, distinguer plus clairement : ce qui relève de la scène vécue, ce qui relève de votre interprétation, et ce qui relève de la thèse ou de la conviction. Aujourd’hui, ces trois niveaux sont souvent entremêlés. Or, quand vous laissez d’abord la scène agir, elle parle très bien toute seule. Quand l’analyse arrive trop vite ou trop souvent, elle explique parfois ce que le lecteur avait déjà compris — ou elle ferme trop tôt l’espace de complexité. Je vous dirais aussi ceci avec franchise : à plusieurs endroits, votre colère contre certains milieux ou certaines figures semble si installée qu’elle risque de figer le texte. Je comprends qu’elle soit constitutive de votre histoire. Mais en littérature, la colère brute n’est pas toujours la forme la plus puissante. Elle devient forte quand elle est tenue, orientée, mise sous pression. Autrement dit : moins de martèlement, plus de précision. Moins d’insistance, plus de coupe. Votre lecteur n’a pas besoin qu’on lui répète longtemps qu’un système, un médecin ou un proche vous a blessée : il a besoin qu’on le voie, qu’on le sente, qu’on en subisse presque la scène avec vous. Et vous savez faire cela. Autrement dit : il y a, à mes yeux, un vrai texte, mais il demanderait un travail de resserrement pour que sa force arrive plus directement au lecteur. Moins de surcharge, plus de netteté. Moins d’accumulation, plus d’impact. Vous avez quelque chose à dire, et surtout une façon singulière de le dire. C’est précieux. Reste maintenant à tailler davantage dans la matière pour que cette parole, déjà très dense, gagne en puissance et en lisibilité.
Publié le 13 Avril 2026