Actualité
Le 12 Jan 2026

Appel à textes : “Les héros de mon enfance”

Il y a en chacun de nous, un enfant qui ne s’est jamais tout à fait tu. Nous allons le faire parler
Si Blake est la, Mortimer n'est pas loinSi Blake est la, Mortimer n'est pas loin

Nos héros d'enfance dorment. Oui mais d'un sommeil léger

Ils dorment dans une odeur de papier, dans un coin de bibliothèque, dans un poste de television épais, dans la cassette VHS d'un gros magnétoscope, dans la lumière d’un après-midi d’été. Ils sommeillent entre deux pages de bande dessinée, dans une case où un héros se redresse, dans une réplique qu’on n’a jamais oubliée. Et parfois il suffit d’un nom — Sylvain et Sylvette, Pim Pam Poum, Tintin, Lucky Luke, Michel Vaillant, Alix… — pour que tout revienne : l’élan, le courage, l’humour, la bravoure, l’idée naïve mais lumineuse du bien et du mal, et le sourire bien sûr..

Qui n’a pas connu ces héros d’enfance ?

Ceux qu’on retrouvait “à la sortie de la messe” ou à la maison, le Jeudi puis le Mercredi, ceux que l’on attendait chaque semaine, ceux qu’on cachait sous l’oreiller. Ceux qui ont façonné notre imaginaire. Ceux qui nous ont appris, sans en avoir l’air, la solidarité, la fidélité, la peur, la trahison, la justice — et parfois même une certaine idée de la virilité, du courage, du panache.

Sans oublier Pif Gadget, Mickey, Goldorak mais aussi Pollux le chien poilu à l'inévitable accent anglais. Pour les générations des années 90, l'horizon s'obscurcissait parfois : Les Tortues Ninja, Dragon Ball Z … considérés parfois comme plus problématiques.

Les séries d’aventures, les univers fantastiques, les feuilletons d’explorateurs, les contes, les contes de fées, Jules Verne, Tom Sawyer, et tant d’autres compagnons invisibles qui nous ont guidés comme des lanternes dans la nuit.

Aujourd’hui, nous lançons un appel à textes destiné à réveiller cette mémoire vive :

 Nous invitons les auteurs et autrices — confirmés ou en herbe — à écrire autour de ces questions :

- Quels ont été les héros (ou héroïnes) de votre enfance ?
- Que vous ont-ils transmis ? Une morale, une posture, une façon de rêver ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Un souvenir, un modèle, un regret, un sourire ?
- Quel rôle ont-ils joué dans l’adulte que vous êtes devenu(e) ?
- Les avez-vous transformés avec le recul ?
- Les regardez-vous désormais avec tendresse, ironie, gratitude, lucidité ?

Vous pouvez raconter un héros unique qui vous a construit, ou dresser une galerie d’icônes. Vous pouvez écrire un texte intime, drôle, mélancolique, mordant.
Une confession, une lettre à votre personnage d’enfance, un récit, une évocation poétique...

 

Goldorak : Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien

 

L’essentiel : s’adresser à l’enfant, à celui qui croyait, qui imitait ses héros en silence — et qui, sans le savoir, se fabriquait une boussole.

Car c’est là que dorment les grands champs de l’imaginaire : dans ces héros vénérés, copiés, contestés, détournés, idéalisés… ou secrètement réinventés.

Formes possibles et consignes

- Récit autobiographique, nouvelle, lettre ouverte à un héros, hommage ou texte libre
- Texte original, Liberté totale de ton, de style, d’époque et d’univers On peut citer un héros, une œuvre, une collection, une revue, un conte, une série…

Merci de nous faire parvenir à contact@monbestSeller votre texte avec pour objet :  mon héros d'enfance, et de donner un titre de laisser votre signature dans le corps du texte.
Court ou long, votre texte ne pourra excéder 6000 signes Les textes seront sélectionnés et diffusés au cours des semaines qui viennent.

Dernière échéance : 15 Avril

 

Placid et Muzo. GLOP.

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10 CommentairesAjouter un commentaire

@monbestseller Savez-vous quand et ou les textes seront publiés?

Publié le 06 Avril 2026

Une bonne idée !

Publié le 12 Février 2026

Ce thème est une bonne idée, car les héros de notre enfance ont eu un impact sur notre éducation et j'ai une anecdote : je lisais Tintin, et comme à la maison il était interdit de mal parler, j'utilisais l'expression favorite du capitaine hadock : tonnerre de Brest en guise de juron. Bien plus éloquent, n'est-ce pas ? @Sylvie de Tauriac

Publié le 23 Janvier 2026

Cela donne une nouvelle approche, pourquoi pas.

Publié le 20 Janvier 2026

@Luna Ashcroft : Erreur réparée

Publié le 18 Janvier 2026

C'est une super idée d'appel à texte ! Qui n'a pas grandi en ayant été influencé par un ou plusieurs héros, voir antihéros ? Instinctivement, je repense à toutes ces heures passées à regarder les dessins animés de Walt Disney (mention spéciale pour Donald, à jamais le meilleur !). A voir si je peux je tenterai de participer.

PS : par contre @monbestseller il y a une erreur dans l'article : vous indiquez "Goldorak : Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien"... mais la photo à côté, c'est Son Goku dans Dragon Ball.

Publié le 18 Janvier 2026

Quand je regarde Tom-Tom et Nana, j’ai huit ans. Et je ne sais pas comment l’expliquer aux grands, mais ça me fait quelque chose : d’un coup, le monde devient plus drôle et plus vivant.
Chez moi, on me répète de faire attention. On me dit de me tenir tranquille, de ne pas courir, pas renverser, pas déranger. On me dit d’être sage. Mais dans Tom-Tom et Nana, être sage, c’est presque une blague. Et ça me fait du bien, parce que moi aussi, j’ai envie de bouger. J’ai envie de voir ce que ça fait quand on tente un truc pas prévu ou carrément interdit.
Ce que j’aime, c’est qu’ils font exactement ce que je rêve de faire : Tom-Tom et Nana n’attendent pas qu’on leur dise oui, ils se lancent, bricolent, inventent. Ils se trompent, et ils remettent ça. Et moi, je les regarde en me disant : « Ah ouais, donc on a le droit d’être une tornade. »
Et puis le restau des parents… un terrain de jeu. Il y a des gens qui passent, des clients bizarres, des assiettes qui glissent, des odeurs de cuisine, des adultes pressés, des grandes discussions, des habitudes. Et Tom-Tom et Nana au milieu, qui font exploser les règles sans même le vouloir.
Ce décor me fascine. Parce que c’est un endroit de grands… et eux, ils y circulent comme si c’était leur royaume. C’est ce que je préfère : ils sont petits, mais dans leur histoire, les enfants comptent vraiment. Ils ne sont pas juste « à côté », ou « de trop ». Ils sont au centre, ce sont eux qui déclenchent tout.
Ce que j’adore aussi, c’est que leurs bêtises ne sont pas méchantes. Ils ne sont pas mauvais. C’est juste que… ils ont des idées. Ils s’ennuient. Ils veulent essayer. Ils veulent rigoler. Et souvent, ça dérape. Mais moi je comprends ce dérapage-là, parce que je le connais. Quand je fais une bêtise, ce n’est pas que je veuille faire le méchant. Parfois, c’est juste trop tentant, c’est plus fort que moi. Et quand je vois Tom-Tom et Nana se lancer dans un truc impossible, je me sens moins bizarre. Je me dis : « OK, donc je ne suis pas tout seul à être comme ça. » Et même mieux : je me dis que je peux être comme ça et quand même être aimé.
Le plus beau, c’est que dans leur univers, le banal se transforme. Une journée normale peut devenir une catastrophe grandiose, un spectacle, un événement incroyable. Ils n’ont pas de pouvoirs, pas de cape, pas de super gadget… mais c’est toujours l’aventure. Et ça me donne une idée folle : que moi aussi, dans ma vie à moi, je peux transformer une journée en quelque chose d’excitant.
Et puis il y a le bruit. Le mouvement. Les gens partout. Ça parle, ça crie, ça s’agite, ça s’énerve, et c’est vivant. Ce n’est pas un monde vide. Ce n’est pas le monde silencieux dans lequel je grandis. C’est une maison pleine de voix, d’histoires, d’accidents rigolos. Et quand je regarde ça, j’ai l’impression d’être au milieu d’une fête. Même si je suis seul dans mon salon. Les adultes me font peur : on dirait qu’ils savent tout, qu’ils contrôlent tout, qu’ils sont les maîtres du monde. Tom-Tom et Nana me souffle quelque chose de différent.

Publié le 18 Janvier 2026

contact@monbestSeller
De l'ombre de la houppette aux jurons du Capitaine

Quand je me retourne sur mon enfance, je ne vois pas d’armada de super-héros en collants, de mutants ou de magiciens. Je n'ai pas grandi avec des pouvoirs surnaturels. Je vois juste une silhouette familière, un pantalon de golf un peu court et une houppette rousse qui défie le vent. Pour moi, c’était lui et personne d’autre : Tintin.

Ce petit reporter belge m’a transmis bien plus que le goût de l’aventure par procuration ; il m'a légué une posture face à l'existence. Je pense souvent à Tintin au Tibet. Je revois encore ce garçon s'obstiner à chercher Tchang dans l'enfer blanc de l'Himalaya, alors que la raison et les adultes lui crient d'abandonner. Cette image m'a marqué au fer rouge. Dans ma vie d'homme, ça s'est traduit simplement : on ne laisse jamais tomber un copain. Que ce soit un collègue en difficulté sur le chantier ou un ami qui traverse une mauvaise passe, la loyauté ne se négocie pas. C'est une morale silencieuse, mais solide comme le roc.

Je ne suis pas devenu un intellectuel ou un grand reporter international, je suis resté un simple ouvrier. Pourtant, l’empreinte de ses voyages est là, invisible, dans mon quotidien. Quand la journée est longue, que le corps fait mal et que la tâche semble interminable, je repense parfois à cette marche épuisante de Tintin et du Capitaine dans la jungle du Temple du Soleil. Ils avançaient, malgré la chaleur, les moustiques et la fatigue, un pas après l'autre. C’est cette conscience professionnelle qui me pousse aujourd'hui à finir le travail proprement, à ne pas bâcler, à aller au bout de l'effort même quand c’est difficile.

Pourtant, avec les années et les épreuves de la vie, mon regard a inévitablement changé. Enfant, je rêvais d’être ce héros parfait, lisse, sans peur et sans reproche. Aujourd’hui, avec le recul et la lucidité de l'âge adulte, je réalise que je ressemble sans doute davantage au Capitaine Haddock. Surtout celui des Bijoux de la Castafiore, cet homme qui espère juste un peu de tranquillité dans son fauteuil mais qui doit gérer les tuiles qui lui tombent dessus, comme cette maudite marche d'escalier qui ne cesse de casser.

Je suis devenu cet homme plus humain, moins idéal, avec ses "mille sabords" quand un outil m'échappe des mains, avec ses coups de sang, ses impatiences et ses fatigues. J'ai compris que le véritable courage, ce n'est pas toujours de courir après des trésors au bout du monde comme dans Le Secret de La Licorne, mais de répondre présent au quotidien, de faire face aux tracas de la vie réelle, malgré nos défauts et notre caractère.

Désormais, quand je retombe sur un vieil album poussiéreux, c’est avec une profonde tendresse. Je ne cherche plus à imiter la perfection inaccessible de Tintin. Il reste mon modèle de droiture, ma boussole morale, mais je l'observe avec l'œil amusé du Capitaine. Je garde une immense gratitude pour ce duo de papier qui a aidé le gamin que j’étais à construire l’homme droit, et un peu râleur, que je suis devenu.
E.L.Selmi

Publié le 18 Janvier 2026

Une superbe idée d'écriture : je suis partant !

Publié le 18 Janvier 2026

Mes premiers héros furent Sylvain et Sylvette. Ils habitaient une maison fleurie dans les bois. Un couple symbolique, menacé par une bande d’animaux complotistes, plus bêtes que méchants, qui parlaient et tentaient de leur jouer des tours… N’était-ce pas le spectre de la vie : un garçon, une fille, une maison, et tous ces gens à affronter dans l’existence que nous allions traverser ?
Il y eut aussi Blek le Roc, un trappeur canadien accompagné d’un gamin et d’un docteur sentencieux… Valeriane et Florian, beaux et jeunes, dans le cosmos... Le club des cinq, le clan des sept...
Et, évidemment Tintin, pour la qualité des histoires et de la mise en page... la truculence de Haddock, la bêtise des Dupont… même si Tintin était trop lisse, trop parfait, une tête de premier de la classe, de boy-scout, pas le genre à regarder sous les jupes des filles… Et que le sort que Hergé réservait à la Castafiore, insupportable, et à quelques concierges laides et revêches en dit long sur sa peur des femmes… Mais il a fait le taf : des albums colorés, scénarisés à la perfection, une priorité à l’aventure, à l' amitié, la loyauté, au courage... avec des traîtres, sublimes ! Et une bonne humeur, un optimisme, la victoire finale du bien qui a forgé notre vision du monde et se heurte désormais au réel... Merci Hergé, c'était bien...

PS : Deux mots sur "Le grand Meaulnes", héros solitaire et absolu, perdu entre l'amitié et les amours impossibles, qui clôture l'enfance, ouvre sur l'adolescence et annonce la tragédie de la vie...

Publié le 18 Janvier 2026