Auteur
Le 02 mar 2016

Trouver son lectorat, c'est d'abord le comprendre.

Peu importe que l’on soit lu par une personne, ou un million. L’important, c’est que l’auteur comprenne ce qui a séduit son lecteur, qu’il soit unique, ou multiple. Myriam Orazzo pose ainsi sa réflexion : l'auteur devrait bien moins se préoccuper de ce qu'il a voulu produire, que de ce qu’il a produit réellement auprès de son lectorat. De cette compréhension, un auteur peut sans doute enfin devenir un écrivain.
Comprendre son lectorat, une étape cruciale pour savoir quel auteur on est.Comprendre son lectorat, une étape cruciale pour savoir quel auteur on est

Pour qui écrivons-nous ?

Le point final a été posé. Le texte relu un million de fois. Tout y est, on a même bichonné une petite couverture, qui a l’air pas mal… ma foi. Bref, notre ouvrage est prêt à partir dans sa bouteille, pour un long périple incertain. Ciel ! Comme se serait dommage de le lancer sur une mer inconnue. Il s’y noierait ou irait s’échouer sur des îles, où aucune main ne le trouverait assez à son goût, pour le saisir au moins un instant.
Ne parlons pas de l’ouvrir et encore moins de le lire. Un livre sans son lecteur, c’est comme… un tenon sans mortaise. Pourtant quel que soit ce livre, il existe quelque part un lecteur qui l’attend. Au moins un, peut-être cent, mille ? Allez soyons fous : dix-mille ? Au Diable la retenue : cent-mille, et plus, plus encore, nous sommes forcément un ou deux milliards sur cette planète à lire encore des textes.
Pour que notre ouvrage ait une petite chance de trouver la route vers ses lecteurs, il faudrait que nous puissions répondre à deux questions : Quel genre d’auteur suis-je donc ? Qui est mon lectorat ?
J’ai commencé à répondre à ces deux questions grâce au site monBestSeller et sa communauté. C’est ce que j’ai envie de partager avec vous, aujourd’hui.

Qui est mon lectorat ?

Je n’ai pas obtenu la réponse après avoir présenté un roman. Ce n’est qu’au bout de la troisième présentation, que j’ai commencé à voir se dessiner ma silhouette d’auteur dans le miroir, que la communauté m’a tendu. J’ai été surprise, je n’imaginais pas cela. J’ai compris que ce n’est pas à moi de dire « mon texte est drôle, ou triste ». Ce qu’il faut savoir c’est si le lecteur a ri, s’il a pleuré. C’est assez difficile à admettre, le regard de l’autre. Il ne correspond pas toujours exactement à ce qu’on pensait, ou qu’on voulait. C’est pourtant la chose importante à savoir, celle qui va nous permettre ensuite (une fois la digestion par l’ego) de creuser notre voie.

Nous ne pouvons toucher le lecteur, qu’à partir du moment où nous sommes congruent. Nous ne pouvons être congruent que si nous savons mieux qui nous sommes et ce que nous représentons pour le lecteur. En ce sens, le rôle du site monBestSeller est unique. Car il permet de mettre en relation ceux qui écrivent et ceux qui lisent. Les commentaires sont un laboratoire inestimable de connaissance de soi, en tant qu’auteur. Il y a une énorme somme d’informations dans un commentaire, que je vais rapidement distinguer en deux parts.
Une part que j’appellerais « logique », en relation avec le contenu de l’écrit, sa mise en forme, etc. En gros la « critique ». Et une partie plus personnelle, qui renseigne sur l’émotion ressentie par le lecteur. C’est cette dernière qui dévoile notre lectorat. J’ai analysé mes commentaires et il en ressort des éléments précieux.

Qui sont mes lecteurs ?

Chacun d’entre nous peut faire une étude à sa manière, je vous propose ma grille de lecture : Est-ce que ce sont plutôt des hommes ou des femmes ? Quelle tranche d’âge environ ? Citadins ou ruraux ? Quelles sont leurs attentes ? Comment réagissent-ils à la lecture ? Quel est leur niveau culturel ? Quelles sont leurs croyances ? Leurs valeurs ? Les lecteurs de mes romans sont indifféremment hommes et femmes. La trentaine au moins. Citadins et ruraux. Ce sont des personnes très impliquées dans leur vie, prêtes à se poser des questions vitales, qui « ne lâchent rien », comme on dit de nos jours. Des lecteurs très réceptifs aux émotions portées par le texte. Le niveau culturel assez large, avec une énorme intelligence intuitive. Souvent des personnes ayant traversé des moments difficiles, avec un cœur ardent. Des personnes à l’exigence saine et motivante.
Si j’étais tournée vers le marketing, ces éléments me permettraient d’orienter ma campagne de pub. Mais comme je suis seulement auteur, je garde cette information pour qu’elle m’éclaire et me guide. Dans mon nouveau roman, j’essaie d’être un peu plus l’auteur qu’on attend. Pas seulement pour faire plaisir au lecteur, mais parce que l’écriture est une quête et que « je » suis au bout de cette recherche, que le lecteur m’a permis de définir. Je ne suis plus seule au-dessus du clavier. J’écris pour ma communauté, dont je commence à connaître les premiers membres.

Myriam Orazzo

23 CommentairesAjouter un commentaire

Intéressants tous ces points de vue :-) J'en profite pour réagir sur ce que vous disiez Colette, quant à la classe et au respect. Je vous entends bien et je comprends ce point de vue. Cependant je pense sincèrement que chacun donne ce qu'il est capable de donner, et ce qu'il a envie de donner. Bien sûr qu'en tant qu'auteur, un commentaire est bienvenu et apprécié, du moment qu'il est un minimum constructif. Mais commenter est une démarche volontaire, qui résulte de l'envie de partager quelque chose avec l'auteur, de donner un ressenti ou tout simplement de dire quelque chose. Le site n'est pas construit sur du donnant donnant obligatoire mais bien sur une liberté de diffusion comme une liberté de lecture. Libre à chacun de s'exprimer ou non. Je me fourvoie peut-être, mais c'est ainsi que je ressens mBS. Un espace de "libre circulation" où l'on peut déambuler au gré des écrits proposés, et intervenir ou non. Après en tant qu'auteur, on recherche forcément des avis de lecteurs, et il existe bien d'autres moyens d'en obtenir. D'ailleurs, quel type d'avis recherchons-nous ? Un avis de lecteur "lambda" (Au fait, c'est quoi un lecteur lambda ?^^) ? Des avis tatillons et circonstanciés (là aussi, quels en seraient les critères ?^^) ? J'en reviens à cette liberté de lecture et d'expression, qui sont justement l'une des forces de mBS. Chacun livre (pardonnez-moi ce jeu de mot douteux :p) ce qu'il veut (aussi bien en écrit qu'en commentaire) et chacun ressent comme il l'entend. Personnellement ça ne me choque pas particulièrement que peu de lecteurs "prennent la peine" de rédiger un commentaire. Il faut que ça découle d'une envie, pas d'un sentiment éventuel de vouloir rendre la politesse. Mais qu'on obtienne un, dix, ou cent commentaires, il reste la tâche de les recevoir, de les interpréter, de les transférer éventuellement pour améliorer ses écrits. Pas facile non plus. Il y a autant de façons de lire et de commenter (ou de ne pas commenter^^) qu'il y a de lecteurs.

Publié le 11 Mars 2016

Pour ma part mon lectorat ce sont des personnes plutôt normales et qui n'ont pas fait des études poussées, pour la simple raison que j’écris avec des phrases simples et faciles à comprendre, sans avoir besoin d'un dictionnaire à côté de soi. Je n'arrive déjà pas moi même a lire un livre trop ardu, j'en abandonne très vite la lecture, alors en écrire un de cette sorte serait un non-sens ...
Signé : une non écrivaine

Publié le 08 Mars 2016

Il est vrai que le retour des lecteurs va nous permettre de savoir ce qui marche et ce qui ne passe pas. Il faut donc en tenir compte. Néanmoins, je ne sais pas si j'irai jusqu'à changer ma façon d'écrire pour "répondre aux attentes de mes lecteurs".

@Denis VENNAT : Je partage votre point sur ces "lectures". Je comprends bien sûr que tous les lecteurs n'ont pas le temps/envie de poster un commentaire. Néanmoins, il conviendrait peut-être de rappeler que les ouvrages postés sur monbestseller sont gratuits et que ce sont ces précieux retours et commentaires qui constituent l'unique attrait pour l'auteur.

Inutile d'avoir 1 000 "clics" s'il n'y a aucun commentaire nous permettant de savoir si les lecteurs ont apprécié ou non le livre/l'extrait.

Publié le 08 Mars 2016

Rejoignant Philippe autour de cette notion d'intimité anonyme avec le lecteur et pour la respecter énormément, que penseriez-vous quand même d'utiliser ce petit @ pour remercier encore les lecteurs qui ont franchi le pas en nous faisant retour, et surtout les convier à cette tribune qu'ils n'iront pas forcément rechercher. Ils pourraient ainsi peut-être nous faire part de leur avis et propositions. Pour ma part cela pourrait être rapide vu qu'ils n'ont été que deux ou trois, alors que le compteur semblerait s'approcher des six cent "lectures". N'ayant pas d'éléments sur ce système, il me demeure abstrait et sans lien avec aucune réalité tangible, hormis lorsque des personnes s'engagent. Soit dit en passant, même si cela devait écorner quelque peu le modèle marketing du site, un affinage, un épurage, par des paramètres plus précis et transparents, de ce "comptage" pourrait éventuellement lui conférer une dimension plus concrète et moins "suspicieuse".

Publié le 07 Mars 2016

Comme beaucoup, je suis curieux de connaître qui peut bien accrocher à mes textes. Je n'oublierai jamais la première critique émanant d'une personne qui m'était totalement inconnue et qui avait VRAIMENT lu mon bouquin. C'était à la fois un frisson, un vrai, et aussi l'impression bizarre que quelqu'un entrait dans mon intimité.
Mais je me souviens de moi aussi comme lecteur. Je crois en la relation anonyme qui lie l'auteur et le lecteur. Je n'ai jamais commenté certains romans dont le souvenir m'a pourtant accompagné toute ma vie. Où j'avais ce sentiment d'intimité avec l'auteur.
L'important est de savoir que mes lecteurs existent, les inconnus, ceux qui ne peuvent me relier à rien. Quelque soit leur nombre, je suis certain que parmi eux, quelques uns ont ressenti cette même intimité, anonymement.
Merci @Myriam Orazzo pour cette rubrique.

Publié le 06 Mars 2016

@Colette bacro ; C'est très juste ce que vous dites, cet état d'esprit ne se vérifie pas que sur mBs, loin s'en faut. Il y aura toujours ceux qui contourneront le système pour que celui-ci tourne à leur avantage. Qu'ils puissent se rendre compte ou non que cela n'est pas positif pour leur développement personnel leur appartient. Découvrir les illusions que l'on se fait sur soi-même est un chemin d'apprentissage que l'on peut faire ou non... si on en a conscience, bien évidemment. D'autre part, il est vrai aussi qu'il est toujours très délicat d'exprimer son véritable ressenti à propos d'un texte où l'on a noté de vrais défauts, sans blesser l'amour propre de celui ou celle qui en est l'auteur, mais c'est faisable si l'on reste pondéré dans le choix des mots de notre "critique". La communication est une science qui peut s'apprendre. L'idée d'une tribune qui serait dédiée aux lecteurs allait dans ce sens. Donner la possibilité de "pratiquer" pour découvrir et s'améliorer, parce que c'est en faisant qu'on apprend... Je me souviens de mes premières interventions (sur d'autres sites et il y a longtemps), elles étaient maladroites, mal formulées, ce qui du coup, faisait tomber à l'eau ce que voulais exprimer. Ce que je veux dire, c'est que même un commentaire, ça se construit, ça se réfléchit.

Publié le 05 Mars 2016

Plus on est de fous, plus on rit...j en suis. Seul bémol en lien avec notre double casquette, c est notre désir d auteur qui s agite alors que le moteur devrait être celui des lecteurs, même si ces derniers préfèrent rester dans l ombre ou à l abri d une rassurante petite lumière tamisée.

Publié le 05 Mars 2016

@marguerite Rothe C'est une excellente idée. Une communauté d'auteurs qui dialoguent pour des communautés de lecteurs!

Publié le 05 Mars 2016

@Myriam ORAZZO @Marguerite Rothe, PARTANTE ! Amicalement. Michèle.

Publié le 05 Mars 2016

@Yannick A. R. FRADIN @Denis VENNAT @RobertDo @Colette bacro @Hubert-P LETIERS @AlineTilleul @Jonathan ETTY @J-C Heckers @Mathilde Charmant @lamish @Michel CANAL @AlineTilleul @monBestSeller @Myriam ORAZZO ------- Bonjour à toutes et tous, suite au contenu du commentaire que j’ai posté hier, Myriam aimerait que nous nous retrouvions tous sur ce fil de discussion pour en « causer »… Qu’en pensez-vous ? Amicalement, Marguerite.

Publié le 05 Mars 2016

Bonjour à toutes et tous. Je viens de terminer la lecture de votre tribune Myriam Orazzo, ainsi que tous les commentaires. Comme la plupart du temps, c’est un réel plaisir. L’impression d’ensemble que je retire de cette lecture, c’est le questionnement que nous nous posons tous à propos des lecteurs. Ce lecteur, cet être magnifique, désiré, que nous appelons de toutes nos forces pour qu’il vienne jusqu’à nous, qu’il nous lise, et enfin, qu’il fasse encore un pas vers nous pour nous dire ce que sa lecture lui a apporté. Qu’il nous laisse un commentaire. Ces commentaires qui nous font tant de bien, parce qu’au fond, c’est un signe de reconnaissance, et que celle-ci, très souvent, est au cœur ne nos quêtes intérieures. Celui qui écrit, qui a « construit » son histoire – car il s’agit bien d’une construction – et celui qui lit cette histoire, sont effectivement tels le tenon et la mortaise, chevillés ensemble par l’acte de lecture. Myriam, votre comparaison était parfaite ! Dans le cas des tribunes, il y a une chose que j’ai remarquée : beaucoup d’auteurs viennent commenter, échanger, tandis que très peu de lecteurs, pour ne pas dire aucun (1/10, présentement sur ce fil de discussion) ne viennent participer. Ce fait m’interroge depuis le début, depuis que je me suis inscrite sur mBs. Ensuite, pourquoi les commentaires des lectures que font ceux qui lisent sont-ils très souvent peu fouillés, voire laconiques ? Pourquoi ne viennent-ils pas participer aux discussions des tribunes ? D’abord, écrire un commentaire, ce n’est pas si facile, c’est aussi une construction ! Est-ce la timidité ? Le manque de confiance en soi, en ses capacités ? Peur de faire des faute d’ortografe ? Chers lecteurs, on s’en fout ! Venez comme vous êtes… On vous aime ! Je me disais, et là, je m’adresse @monBestSeller : afin de parfaire l’interaction entre les auteurs et les lecteurs, pourquoi ces derniers n’auraient-ils pas eux aussi une tribune ? Tribune que les lecteurs et les membres du « monClubdeLecteurs » pourraient se partager, par exemple ? Mes amitiés à tous, Marguerite R.

Publié le 04 Mars 2016

Oui, Myriam, la problématique est bien analysée, en trois questions : 1 - Pour qui écrivons-nous ? 2 - Qui est mon lectorat ? 3 - Qui sont mes lecteurs ?
Il en manquerait juste une — préalable — pour se justifier : Pourquoi écrivons-nous avec pour dessein de nous publier ? C'est-à-dire de destiner nos écrits à un lectorat dont nous avons en principe une petite idée sur sa nature. Parfois, la communion écrit/lectorat est telle que le succès prend une ampleur exceptionnelle, voire planétaire.
Il est certain qu'une plate-forme comme mBS, même si le panel des lecteurs est limité en nombre, nous permet de nous faire une opinion sur les réponses aux trois questions.
J'essaie d'analyser ce que deviennent les auteurs auto-publiés sur mBS (environ 1600). Ceux qui se maintiennent dans les 250 premiers du classement au-delà d'une année parviennent à toucher un lectorat par la qualité et/ou l'intérêt de leurs écrits à raison de quelques consultations quotidiennes.
Concernant la teneur des commentaires, il me semble qu'elle est — faut-il le regretter — le plus souvent assez pauvre. Je pense que les auteurs commentant d'autres auteurs apportent plus de précisions de nature à éclairer sur la forme et le fond.
Merci Myriam pour votre article. Je suis persuadé qu'il sera très utile à bon nombre d'entre nous, auteurs auto-publiés, auteurs en attente d'être publiés, et auteurs déjà publiés.

Publié le 03 Mars 2016

Bonjour Myriam, ces craintes "de petit nouveau avec peu d'expérience de publication", étaient d'ordre général et tournaient en effet autour des influences des jeux de miroir et des mouvements incessant de l'ego à chercher à se rassurer. En aucun cas, que ces risques étaient à la base de vos propos. Votre réponse concernant la reconnaissance de ce que nous sommes "au fond" est limpide et rassurante de l'intégrité des multiples facettes qui vous composent bien au delà des attentes ou affinités de vos lecteurs. Attaché comme vous aux véritables échanges et à leur richesse, votre évocation de la congruence, du fait des questions posées, a déclenché cette interrogation et ces réflexions entre effet induit et effet recherché. L'idée des caisses de bière et des roulades est tout aussi tentante que celle de vous lire.

Publié le 03 Mars 2016

Pour qui écrivons-nous ? A part si l'on est un auteur connu qui donne dans le mercantilisme des sujets à la mode avec des millions d'exemplaires vendus à la clé, il me semble que l'on écrit d'abord pour nous, pour exprimer ce que l'on ne peut confier verbalement, pour aller au fond de certaines réflexions, pour imaginer, pour évacuer, pour conjurer, pour donner libre cours à nos rêves, pour créer des sensations nouvelles. C'est dans un second temps que le besoin d'être lu se fait sentir car, sans le partage, on s'épuise, on cavite, on s'autodétruit, on s'étouffe dans nos introspections, même nos rêves semblent perdre leur densité sans le relais du lecteur. De là à chercher à l'identifier pour correspondre à ses attentes, je ne sais pas si c'est souhaitable. J'aurais peur de casser l'effet salvateur d'un écrit spontané. Etre à l'ecoute des conseils d'écriture et suggestions, oui, bien sûr mais pas plus. Ce serait comme décolorer les cheveux de son bébé parce que tout le monde préfère les poupons blonds. Monbestseller est une merveilleuse plateforme sur laquelle l'auteur est également lecteur. C'est un privilège de recevoir des échos sensibles, fouillés, constructifs. Pour ma part, cela m'a réellement aidé à me corriger et exprimer ce qui me restait sous la pédale. Mon lectorat, je ne veux pas l'identifier car j'aime être surprise par sa diversité. J'aime lire le commentaire d'un homme qui me dit que j'ai écrit "un livre de filles" pour lire un autre, un peu plus loin, qui me écrira "c'est un livre pour les hommes". Les ressentis et leur écho sont merveilleusement multiformes et inclassables. Merci pour votre article sensible, dénominateur commun entre vous et vos lecteurs. Sur ce point, il n'y a aucun doute. Michèle.

Publié le 03 Mars 2016

@MyriamOrazzo
Oui, Myriam votre article est très éclairant. Jusqu'ici j'essayais de répondre à mes lecteurs en essayant de les comprendre et en les respectant. Mais je n'avais pas encore vraiment compris que les lecteurs de chaque auteur forme une communauté qui apprécient certaines choses ou pas dans ce qu'ils lisent. Il ne s'agit pas pour autant de leur complaire, mais peut-être de mieux écrire pour eux. Merci Myriam pour ces lumières.

Publié le 03 Mars 2016

Même en discernant qui me lit, et pourquoi, ce sont des informations que je laisse de côté dès que je m'empare du clavier. L'image renvoyée au lecteur n'est pas nécessairement celle que je me renvoie en écrivant, or je me méfie (et me défie) des miroirs déformants. D’autant que le reflet est doublement distordu : le lecteur me renvoie celui que je lui propose, qui n'est jamais fidèle, loin de là. Donc, je me place d’emblée en retrait d’un lectorat existant, mais écris une histoire pour un lectorat potentiel – les deux ne se recouvrant pas toujours. Cette histoire m'est propre, illusion peut-être, mais je tiens à en rester maître. Hors de question de prendre le risque de me laisser aller à orienter les petits mondes que j'élabore en fonction d'attentes que j'aurais réussi à décrypter. Certains le font, avec succès. "Voilà ce qu'on recherche, ce sera donc ce que je donnerai." Rien ne s'y oppose, c'est une démarche comme une autre, qui a toute légitimité. Mais en tant que préalable, pour moi c'est non. Avant tout, il faut que je reste capable de me surprendre, donc de surprendre, sans m'inquiéter de plaire ou déplaire. Emprunter un autre chemin que celui qui était attendu, chercher d'autres trajets, me permet de garder le plaisir de l'exploration et de la découverte. Dans cette phase-là, en tout cas, il convient que je ne balise pas mes sentiers parce qu'ils longeraient des points de vue agréables. En revanche, toute fiction peut - doit? - être révisée en fonction de l'accueil qu'elle reçoit. Le lecteur par sa vision extérieure peut nous montrer les erreurs commises en toute innocence (?), que l'auteur s’avoue difficilement à lui-même, d’autant qu’il est souvent myope à leur égard. Et, moins que la satisfaction du lecteur, ce sont ses déceptions qu'il faut alors examiner de près. Légitimes ou non, elles seront un socle permettant d'affiner et sa réécriture, et ses écritures à venir.

Publié le 03 Mars 2016

Donc si je comprends bien mes lectorat commence par vous

Publié le 02 Mars 2016

Que j'aime ces mots @Colette Barco, une "communauté agissante" ...

Publié le 02 Mars 2016

J'écris pour l'univers et c'est au lecteur à trouver mon texte.

S'il ne le trouve pas c'est un trou de plus hurlant dans le cosmos. Je n'y puis rien.

Pour ma part, j'ai trouvé le vôtre, @Myriam Orazzo ... et m'en vais vous lire de ce pas.

Publié le 02 Mars 2016

Tout de meme, si c'etait possible je prefererais etre lu par 1 million de lecteurs que par 1 seul... :)

Publié le 02 Mars 2016

Pour reprendre certains de vos mots, je serais plutôt enclin à me méfier si tout dépend de la digestion de l'égo, de représentations renvoyées, de projections véhiculées, des attentes, des doutes avec leur cortège d'illusions et de désillusions. Le cœur du questionnement tournera toujours autour du besoin et du pourquoi d'écrire. Nul doute que ce sont ces forces de vie et ces recherches intuitives qui transparaissent dans la force de votre écriture. Je vous rejoins complètement quant à l'importance des critiques constructives et des retours de ressentis qui sont en effet une belle possibilité d'évolution et une mine d'or d'échanges possibles.

Publié le 02 Mars 2016

Belle réflexion en effet. C'est bien de pouvoir identifier les traits pertinents de son lectorat, ce n'est pas quelque chose de facile. Je rebondis sur "Dans mon nouveau roman, j’essaie d’être un peu plus l’auteur qu’on attend". Je suis dans l'absolu d'accord, surtout si l'on reste dans le même registre dans tous ses livres. Je mettrais un petit bémol si on s'essaye à différents styles et univers. Petit car ce que vous dites reste juste. C'est simplement que la communauté de lecteurs sera différente, et peut-être sur plusieurs niveaux, alors que le "je" auteur restera au fond le même, car il englobera tout cela. Une réflexion intéressante à mener sur tous ses écrits et tous ses publics, pour en tirer des orientations, mieux connaitre les attentes des lecteurs non pas ciblés mais réels, et gagner en aisance et consistance en tant qu'auteur. Pas facile de se comprendre soi-même, alors merci au prisme des lecteurs de nous y aider :-)

Publié le 02 Mars 2016

TRès bonne reflexion.

Publié le 02 Mars 2016