Interview
Le 24 sep 2015

Auto édition. Leur crédo : faire la pub des auteurs indépendants

Interview des Crocsniqueuses, chroniqueuses de livres auto éditésElles ont les crocs et nourrissent leur faim de lecture des livres des auteurs indépendants

Le Club des 5 c’est déjà pris, alors elles ont choisi de s’appeler « Les Crocsniqueuses ». Elles sont cinq filles, fans de lecture et à la plume bien taillée, elles ont créé l’été dernier un groupe Facebook comme il n’en existait pas encore. Un groupe où elle chroniquent exclusivement des livres d’auteurs indépendants. Et comme chez monBestSeller, il ne vous a pas échappé que nous sommes aussi très axés sur les indés, nous avons eu envie de vous les faire connaître.

Question: 

Mais d’abord, les présentations de ces 5 « Crocsniqueuses » d’auteurs auto édités

Réponse: 

Fans de lecture, fans des indés (quatre d’entre elles sont aussi auteurs indépendants), elles marchent à l’enthousiasme et à la générosité avec une bonne dose de pep’s. Cocktail pétillant et revigorant !
Angelesse Angie chronique les romans des genres Romance et Érotique.
Sara Greem est spécialisée dans les genres Érotique et BDSM parce qu’elle « aime tout ce qui sort de l’ordinaire et qui choque ».
Gina Dimitri et Azel Bury n’ont pas de genre de prédilection. Elles se disent lectrices « omnivores » et sont toutes les deux également auteurs.
Valérie Tuot est aussi connue sous le nom de « La femme qui lit plus vite que son ombre », elle chronique les thrillers et les romans policiers.

Question: 

Qui a eu cette idée pas si folle, un jour d’inventer un groupe Facebook de chroniques dédiées aux auteurs indépendants ?

Réponse: 

« C’est la faute à Gina ! » répond Azel. Valérie, Angie et Sara confirment. La parole est donc à Gina !
> Gina Dimitri : Cette idée m’est venue après la sortie de mon roman Les cendres des roses mortes. J’ai eu la chance d’avoir pas mal d’avis et j’ai eu envie moi aussi de me lancer dans des chroniques.
Je voulais que le groupe puisse couvrir le maximum de champs et de livres possible, alors j’ai cherché d’autres chroniqueuses. Leurs points communs : la passion des livres et le respect des auteurs.
L’idée c’est aussi de ne publier que des critiques positives. Un livre qui, une fois lu, ne nous a pas convaincues ne sera pas chroniqué parce que nous ne voulons pas décourager les auteurs. Il y a énormément de talents parmi les indés et pour l’instant, il ne m’est encore pas arrivé de tomber sur un livre que j’estime mauvais.
C’est comme ça que Sara qui connaissait déjà Azel, a rencontré Angie et Valérie, et ainsi de suite… Les Crocsniqueuses étaient nées. Lancement le 21 août 2015 sous le signe du Lion. Royal !

Question: 

Mais pourquoi « Crocsniqueuses » ? [et surtout niqueuses ? ;-)]

Réponse: 

Sara Greem : Nous dévorons les livres à pleins crocs ! Et en tant qu’auteure érotique, j’aime le mot « niqueuse » car il inspire « l’amour que je fais » avec un livre. Au fait, c’est un terme purement sensuel… et donc attirant.
> Angelesse Angie : Crocs pour les dents des loups et niqueuses comme chro…niqueuse. C’est vrai que ça fait très érotique pour le coup ^^
> Azel Bury : Pourquoi pas ? Et puis j'ai les crocs et je fais la nique à l'édition traditionnelle ! Na ! :D

Question: 

Pourquoi parler exclusivement des auteurs indépendants ?

Réponse: 

Valérie Tuot : Pour plébisciter les auteurs indés qui sont souvent défavorisés par une visibilité très restreinte. Heureusement que Facebook et Twitter sont là pour qu'ils puissent se faire connaître et Amazon pour l'autoédition.
Je suis une boulimique de lecture. Je lis presque exclusivement des auteurs(e)s indés pour leur  audace, leur fraîcheur, leur style. La disponibilité qu'ils vous offrent sans jamais se prendre le melon !
> Angelesse Angie : Pour moi c’est surtout une manière de faire connaître les perles qui n'ont pas été acceptées par les maisons d’édition. Elles ratent des pépites…
> Gina Dimitri : Pour faire de la pub aux indés, qui en ont besoin. Et aussi parce que cela permet de faire de belles rencontres. Les indés sont vraiment accessibles et passionnés par ce qu’ils font.
> Sara Greem : Le monde de l’édition est un milieu très spécifique. J’ai découvert au fur et à mesure du temps ce monde « impitoyable » (un peu comme Dallas au fait…) et s’entraider est un acte très honorable. Les auteurs indépendants le deviennent par choix ou parce qu’ils n’arrivent pas à se faire éditer par une maison d’édition.  Dans tous les cas, je peux vous dire que de vrais « best sellers » se cachent derrière l’auto édition et il est dans notre devoir d’aider ces diamants à « sortir de l’ombre ». Lire des auteurs indés est un plaisir. C’est génial d’échanger avec eux.

Question: 

Vous êtes également auteurs indépendants. Pourquoi vouloir promouvoir les autres auteurs ?

Réponse: 

Sara Greem : Nous vivons dans un monde de compétition dans lequel « le respect réciproque » s’est fait la malle en ouvrant la porte à la compétition. Les auteurs indépendants sont des écrivains extrêmement sensibles et ouverts, et il faut les pousser à continuer leur travail d’écriture, même s’il n’y a pas une chaîne de télé ou des journalistes derrière pour promouvoir leurs écrits. Ces auteurs sont de vrais « humains ». Ils échangent, ils partagent et ils conseillent aussi. Je trouve ce travail extrêmement noble et enrichissant.
> Angelesse Angie : Lectrice acharnée pour ma part dans un premier temps, je me suis lancée en ce début d’année dans l'aventure d’écrivain à mon tour. Je trouve important de s’entraider dans la jungle qu'est l'édition et en plus cela me permet de "rencontrer virtuellement" des personnes plus que sympas et d’échanger avec mes collègues auteurs.
> Azel Bury : Parce qu'ils manquent de moyens pour se faire connaître, et qu'ils écrivent aussi bien que les publiés. étant auteur indépendant et auto-publiée moi-même, je galère assez pour les promos.

Question: 

Comment procédez-vous pour rédiger vos chroniques ?

Réponse: 

Azel Bury : Personnellement je ne chronique que ce que j'achète, ou ce dont je lis l'extrait qui me botte. Je ne demande pas de SP [service de presse. Ndr]. Je n'en accepte pas non plus. Je me sens libre ainsi de faire ce que bon me semble, comme tout lecteur lambda. C'est mon éthique perso. Si ça me déplait je n'en parle pas. 
> Valérie Tuot : Chacune à son domaine. En ce qui me concerne, mes chroniques sont basées sur mes lectures. Je contacte l'auteur et lui demande s'il est d'accord pour que je l'interview. Je lui envoie mon questionnaire et j'élabore ma chronique. Les romans qui ne m'ont pas plu, je ne les chronique pas pour la simple et bonne raison que je n'ai pas envie de blesser l'auteur. Je lui en fais part en privé. Je suis respectueuse de son travail.
> Angelesse Angie : De mon côté je fais des crocsniques-interview. Je trouve qu'il est important de connaître l'auteur, cela créer un lien avec les lecteurs. Ensuite je parle du roman et donne mon avis. Pour l'instant je n'ai chroniqué que des romans envoyés par des auteurs, mais j'en ai quelques-uns que j'ai lus qui ne vont pas tarder à arriver. Je ne chronique pas forcément des auteurs que j’apprécie, j'essaye de rester sur mon genre préféré romance et/ou romance érotique dans tous les styles. Je ne suis pas pour descendre un texte, c’est beaucoup de travail, de temps et de recherches. Ensuite tout dépend ce qui plaît à chacun. Si je ne suis pas vraiment pas "emportée" je reste sur un avis constructif.
> Gina Dimitri. J’ai une liste d’indés que j’ai envie de lire. Des livres dont j’ai aperçu la couverture et qui m’ont donné envie. De plus en plus d’auteurs nous sollicitent. On va alors voir l’extrait de leur livre et si on est convaincues, ça peut donner lieu à une chronique. Il n’y a pas de règle, pas de méthodologie. Ça reste un groupe Facebook et l’important c’est de prendre plaisir à faire des chroniques.
> Sara Greem : J’ai été de mon côté un peu plus absente car très occupée sur mes écrits, ces derniers mois. Mais la période se calme et je vais pouvoir chroniquer des livres que les auteurs me soumettront. En étant auteure érotique, mon œil se dirigera plutôt vers des écrits sensuels, sexuels et… BDSM. J’aime tout ce qui sort de l’ordinaire et qui choque.

Question: 

Que pensez-vous de monBestSeller.com ?

Réponse: 

Gina Dimitri : Je connais le site à travers Angie, qui en parle souvent. Je ne l’ai pas essayé personnellement. Pour un prochain projet, qui sait ?
> Angelesse Angie : En postant l'extrait de mon roman, je voulais surtout des avis constructifs, vu que je démarre dans l'aventure, mon but était de savoir si on allait aimer mon style et si j'allais donner envie avec mon histoire. C’est un site génial que je recommande chaudement, c’est lui qui m'a permis d’avoir mes premiers lecteurs.
> Sara Greem : Je trouve ce projet très ambitieux ! J’y trouve quelque chose de neuf et de stimulant. Différent… donc intéressant.
> Azel Bury : C'est un tremplin qui peut-être à  double tranchant.
L'accueil de mon livre La Baie des morts a été fort mitigé sur les deux premiers commentaires. Pas encourageant du tout pour moi. Ce n'est pas que je ne me remets pas en question, je connais chacune de mes faiblesses littéraires. Mais stratégiquement parlant, je pense que les commentaires initiaux (même si justifiés en partie) ne donnaient pas envie de lire le livre et n'invitaient pas les gens à commenter positivement, donc très peu de retour.
Pour les concours de nouvelles, je trouve monBestSeller excellent ! De belles découvertes, toujours. 

Question: 

monBestSeller.com peut-il être un « terrain de chasse » pour vos chroniques ?

Réponse: 

Sara Greem. Pourquoi pas ? Le concept du site est une super idée !
> Valérie Tuot : Pour être honnête, je ne connaissais pas. Maintenant oui ! Du coup, je le visite très souvent et j'y trouve des infos pour mes chroniques.

Auteur indépendants, message reçu cinq sur cinq ? Si vous voulez faire parler de votre livre, allez leur en parler ! Vous l’avez compris, si elles l’aiment vous avez toutes les chances qu’elles vous « Crocnique » !

Propos recueillis par Isabelle de Gueltzl

 

> Sara Greem est auteur de Publicité pour adultes (Amazon).
> Angelesse Angie a publié Jeux d’intention (Wattpad) ; L’aimer ? Même pas en rêve sur monBestSeller..com
> Gina Dimitri est auteur de Les cendres des roses mortes (Amazon).
> Azel Bury a publié La femme qui tua Stephen King, La baie des morts, De l’amour comme s’il en pleuvait (Amazon).

Très intéressant ! Merci de penser aux auteurs indé, et oui c'est mieux aussi de s'entraider :)
Publié le 08 Octobre 2015
Merci aux crocsniqueuses de penser à nous, cela réchauffe le coeur et balance (au loin) le mépris affiché des éditeurs... envers ceux qu'ils n'éditent pas !
Publié le 06 Octobre 2015
Bonjour! I il est assez rare,de rencontrer des personnes qui ne pensent pas qu' "auto-édition" est un gros mot, ou synonyme de "bof-book" (je viens de l'inventer). Je me présente: Nathalie Bessonnet, j'auto-édite actuellement une collection "Les Nouveaux P'tits Romans"; des livres de nouvelles illustrées. deux titres sortent juste des presses, "Lettres d'amour en Cartésie", "Nouvelles en forme de poire". Des nouvelles qui n'ont pas de poire que le nom, mais la forme et le fond! Un troisième recueil est en cours... "Matinales". J'aborde le volet "communication", je m'aperçois que je n'y connais rien!... savoir faire c'est bien, faire savoir c'est plus difficile... A bientôt de vous lire et bravo! Nathalie. www.nouveaux-ptits-romans.net
Publié le 03 Octobre 2015
Bonsoir. Article intéressant. Sympathique aventure que de partager à cinq ce goût pour la lecture et la découverte d'auteurs et de récits peu visibles ou peu diffusés. Je vais aller jeter un coup d'oeil à la page facebook de ces dames et je leur souhaite de continuer encore longtemps cette belle aventure.
Publié le 24 Septembre 2015
J'ai découvert et suis ces charmantes dames sur Facebook, elles ne sont pas que des drôles de dames ! Quand on connaît ô combien ce genre d'activité est chronophage on ne peut qu'être admiratif de ce qu'elles font pour nous, les indés. Bravo !
Publié le 22 Septembre 2015