Actualité
Le 05 déc 2013

Fabriquer un best-seller, est-ce possible ?

Faut-il être simple comme les américains : un bon livre est un livre qui se vend. Ou faut-il établir un rapport complexe au succès comme les français : suspecter tout ce qui est commercial. La réalité tranchera. Pour survivre les maisons d’édition n’ont plus le choix, il leur faut quelques best-sellers, ne serait-ce que pour financer les choix pointus et exigeants d’autres ouvrages que leurs directeurs de collection soutiennent.
Fabriquer un Best Seller, est-ce possible ? Fabriquer un Best Seller, est-ce possible ?

Des best-sellers innatendus dorment peut être dans nos librairies.

Outre la Bible, et passé le Petit livre rouge ou Mein Kampf dont les succès inattendus mais planifiés brouillent les statistiques, en laissant de côté Agatha Christie dont les deux milliards d’exemplaires ont été gaillardement atteints, quelques événements jonchent l’histoire du best-seller. L'un des derniers en date est un accident planétaire : Indignez-vous. Stéphane Hessel s’est inscrit au micron près dans l’espace et dans le temps qui réunissent les ingrédients idéaux : un moment historique. « Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s'en sortir et cherchent un sens à l'aventure humaine » déclarait-il. Pas de recette ici. Un grand humaniste, un observateur exemplaire, une plume à la fois précise et poétique et une rencontre avec la souffrance et le questionnement du genre humain au moment juste. Des millions d’exemplaires et un mouvement politique de masse, « les indignés ».

La recette du best-seller pour les nuls

Le blogueur Karim blague sur « Blog this ». Il n’y va pas par quatre chemins. Et nous livre une recette minute pour fabriquer du best-seller. Voilà de quoi il s’agit : "Acheter un best-seller d’il y a quelques années, le lire, en décomposer le scénario, le copier, et se l’approprier. À partir du scenario que vous aurez réécrit, et c’est en cela que réside toute la finesse du projet, modifiez le maximum d’éléments qu’il vous est possible de remplacer. Changez le genre, changez le temps, changez le lieu, changez les personnages et changez le but à atteindre." En un mot, faites d’une science-fiction un policier, transformez Paris en Tokyo, passez du temps présent au 17ème siècle, changez le sexe de tous les protagonistes. Dès que votre livre sera en place dans les librairies, il vous faudra chausser des lunettes noires, signer des milliers de livres et passer à la télé d'un air las.

Si c'était si facile de faire un best-seller, tous les auteurs en écriraient !

Plus sérieusement, (pas beaucoup plus), y a-t-il un dénominateur commun aux ouvrages qui se vendent aujourd’hui ? Parler de Marc Levy ou Guillaume Musso suscite déjà des petits sourires avec une pointe d’ironie. De la littérature facile, peut-être, des machines à vendre certainement. Alors qu’en est-il ?

Un scénario qui tient (la patience a des limites), de la pédagogie (il faut pouvoir lire dans le bruit et ne pas chercher d’explications), un isolement du héros face au destin ou à l’adversité (Il n’y a pas de raison que les héros de romans n’en bavent pas eux aussi). Et enfin beaucoup de dialogues car un best-seller doit être pensé en termes d’adaptation ciné, quitte à « fabriquer » son livre comme un scénario, avec des dialogues en surabondance.

Bernard Fixot, l’éditeur "blasé" de best-sellers résume : « c'est savoir raconter des histoires qui touchent le plus grand nombre. Leur construction paraît toute simple, mais elle est redoutablement étudiée ».

Un best-seller, c'est un travail d'auteur mais aussi une exigence d'éditeur

Le travail sur le texte est essentiel. « Car il faut accepter de travailler et de reprendre encore et encore », déclare Guillaume Musso. Une condition nécessaire pour atteindre cette simplicité parfois si critiquée.

Les personnages, pour atteindre leurs vérités, ont une vie à côté du roman, souligne Katherine Pancol, (qui a fait son grand retour avec la trilogie des écureuils, des tortues et des crocodiles). Elle raconte leurs vies : un cahier par personnage. « Pour chacun d'entre eux, j'écris pratiquement leur biographie ». Enfin, les "lieux doivent respirer l’authenticité" sans doute pour en donner la description précise mais également pour en sentir le vrai climat.

Une forme de « néo-réalisme » est sans doute l’un des traits d’union essentiels à la fabrication des best-sellers d’aujourd’hui.

Les réseaux sociaux, c'est aussi pour les auteurs de best-sellers.

La nouvelle donne, c’est le lien étroit que ces auteurs ont noué avec leurs lecteurs. Site internet, fans clubs, blogs, dédicaces lancent et maintiennent la vie de nos écrivains stars. Ce lien, souvent indépendant de leurs maisons d'édition, montre la prise en charge de ces auteurs de leurs propres relations publiques, en particulier sur les réseaux sociaux. Amélie Nothomb, Tatiana de Rosnay en sont les fers de lance. Guillaume Musso n’a pas oublié que son premier livre s’est vendu à 1 700 exemplaires. Depuis, Il s'est presque installé avec ses lecteurs, et ils sont nombreux...

Christophe Lucius

Sans intérêt. Voir les marchands d'olives et de lessives.

Publié le 24 Février 2016

Je dois aimer la littérature pour les nuls, heureusement je le vis bien...

Publié le 24 Février 2016
Je crois me souvenir que Celine disait en gros que des bonnes histoires on en voyait partout, qu'il suffisait de regarder par la fenetre... La litterature n'est pas toujours, loin s'en faut, une bonne histoire. Il faut, me semble-t-il, faire la difference entre litterature et roman. Un roman peut bien sur etre litteraire, mais de tres nombreux romans populaires sont le plus souvent ecrits comme des scenarios en puissance, dans leur trame, dans la description des personnages etc.... Je ne suis par ailleurs pas du tout d'accord avec Fixot quand il dit que les histoires de best sellers sont "redoutablement" etudiees. J'ai du mal a croire que l'intrigue de "Et si c'etait vrai" (pour n'en citer qu'une) etait "redoutablement" etudiee... :-) Si on savait comment ecrire un best seller, ne serait-ce qu'avec 50% de chance, il n'y aurait alors plus de faillites de maisons d'editions....
Publié le 27 Février 2014
Il en est de l'écriture comme de la musique. Il y a des recettes, des ingrédients, du travail et de la chance. Certes la chance est proportionnelle au nombre de rencontres. Toutefois, les amis sont paresseux et dès qu'il faut s'identifier, s'inscrire, la paresse trouve une justification. La formule de monbestseller est sérieuse. Il faut garder cette ligne et il faudra durer. Nuance: en musique il est difficile de fermer les oreilles et les radios, les lieux publics nous distribuent la bonne et mauvaise musique. En littérature le lecteur doit faire plus d'effort. Il faut chercher, trouver, ouvrir les yeux et prendre le temps de lire. Narcisse Niclass
Publié le 07 Décembre 2013