Faire entrer l’histoire homosexuelle dans la grande Histoire sans jamais réduire ses personnages à leur sexualité, c'est toute la force de ce roman. Jean est soldat, catholique, linguiste, étudiant, Français, Breton, fils, frère et amoureux. Hans, Helmut, Daniel, Étienne, Charles ou Thomas ont eux aussi des caractères et des destins qui leurs sont propres. Le livre refuse explicitement d’en faire un groupe homogène. Ce qu'ils ont en commun : des hommes qui ont libéré l’Europe sans être encore libres d’être eux-mêmes ».
Partir avant la nuit, de Serge Krebs, est un roman historique sur l’amour, la guerre et le courage d’être soi.Au soir de sa vie, Jean se souvient de Charles, l’homme qu’il a aimé pendant cinquante-six ans. De l’Europe des années 1930 à la Libération, son récit traverse la guerre, l’exil et les combats de la 2e DB. En 1944, sa rencontre avec Charles bouleverse son existence et fait naître un amour que leur époque condamne au secret. Autour d’eux, d’autres hommes affrontent chacun à leur manière la peur, le mensonge, la répression ou le renoncement. Partir avant la nuit raconte la force d’un amour qui survit à la guerre, aux interdits et au temps
Né à Oxford, a vécu en France et à l'étranger, a été étudiant à la Sorbonne et à Oxford, a travaillé dans de nombreux pays dans les services du commerce extérieur, notamment en Russie, en Inde, aux Etats-Unis. Il a publié un roman chez Grasset, en 1985, bien reçu par la presse.
Antoine Loiseul : La grande réussite de Partir avant la nuit réside dans la délicatesse de l’histoire de Jean et Charles : un amour sans démonstration excessive, construit dans les silences, les séparations et les gestes interdits. Plus le monde les oblige à se présenter comme de simples amis, plus le lecteur comprend la profondeur de ce qui les unit, et la douleur d'un amour non assumable dans cette période de l'histoire.
