Interview
Du 04 déc 2020
au 04 déc 2020

Miam Miam

Voilà un petit compte fantastique à raconter à vos enfants ce soir, si vous voulez qu'ils passent une nuit blanche. L'auteur vous laisse la chance d'inventer une fin. Mais, en tant qu'adulte, nous savons tous secrètement quelle est l'issue. Et ce n'est pas une "happy end", je vous prie de croire. La contribution d' Elena Platero à l'appel à l'écriture monBestSeller.
Vous aimez la soupe à la tortue ?Vous aimez la soupe à la tortue ?

— Miam, miam ! Miam, miam ! hurlait le gros type en se balançant de gauche à droite, le dos vouté et les bras pendant telle une mauvaise imitation de gorille mâle en rut. — Miam, miam ! Miam, miam ! La voix épaisse faisait monter les décibels à un niveau sonore presque insoutenable. — Miam, miam ! Miam, miam ! criait l’homme en fixant Mirabelle.

Mirabelle était toute petite. Moins d’un mètre cinquante, l’air jeune. Elle se promenait. Il faisait déjà nuit. Elle était tombée par hasard sur ce petit bout de rue illuminée par les lampadaires et les lumières des magasins. Elle était entrée dans une église pour profiter du silence. Puis elle était sortie et avait entendu « Miam, miam ! Miam, miam ! »

Elle hésita à traverser la rue pour éviter le gros homme qui braillait en la fixant. Mais elle changea d’avis et continua droit devant. Elle se demandait si le type voulait la manger elle ou si c’était une nouvelle technique de vente, sa manière de lui dire qu’il vendait des choses délicieuses dans son magasin traiteur. Mirabelle approchait.

— Miam, miam ! Miam, miam !

Elle arriva à sa hauteur.
— Miam, mia… 
— Non mais ça va pas, non ? L’interrompit-elle d’une voix forte. C’est quoi ton problème ? 

Le type en resta bouche bée et se tu. Il n’était pas habitué à ce que les petites femmes lui tiennent tête.
— Miam ! aboya Mirabelle.

L’homme sursauta, perdit l’équilibre et tomba en avant sur son énorme ventre. Mirabelle était furieuse.
— Mais tu ne vas jamais pouvoir te relever. T’es plus qu’une pauvre tortue échouée ! lui cracha-t-elle.

Un petit groupe de passants s’était peu à peu regroupé autour de l’homme dont les bras et les jambes s’agitaient. Ils étaient habillés bizarrement pour la saison. Short et chemise hawaïenne pour les hommes. Bikini et paréo pour les femmes. Tongs aux pieds pour tout le monde. On était pourtant en automne, bientôt en hiver… Mirabelle commençait à avoir chaud. Elle retira son écharpe et son manteau. Lorsqu’elle regarda à nouveau autour d’elle, des cocotiers remplaçaient les lampadaires. Les immeubles avaient disparu laissant place à un grand hôtel sur le sable face à une mer turquoise. Au milieu du groupe de curieux, il n’y avait plus qu’une tortue géante immobilisée qui agitait ses pattes en ouvrant le bec. Mirabelle cru entendre « miam ».

— Écartez-vous, écartez-vous entendit-elle crier derrière elle. Un homme arrivait rapidement en agitant les bras au-dessus de la tête.
— Qui est ce ? demanda Mirabelle à sa voisine.
— Le directeur de l’hôtel. Il a payé des pêcheurs pour attraper la tortue. On aura de la soupe à la tortue ce soir au diner. Mais dites-moi, vous n’avez pas un peu chaud habillée comme ça ?
— Si. Il se trouve que je viens d’arriver, inventa Mirabelle. Je mettrai mon bikini toute à l’heure.
— Écartez-vous ! répéta le directeur de l’hôtel. Nous allons emmener la tortue en cuisine. Notre chef va faire des merveilles pour vous ce soir.

Tous les curieux applaudirent et poussèrent des vivats. La tortue agita frénétiquement ses quatre pattes. Elle comprenait tout et espérait sûrement qu’un enfant amoureux des animaux viendrait plaider sa cause et la sortir de là. Mais aucun enfant n’éleva la voix.
Mirabelle croisa le regard de la tortue. « Miam, lui dit-elle. »

 Elena Platero

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Publié le 15 Décembre 2020

@Catarina Viti C'est très rapide, Catarina, et cela ne requiert aucun talent particulier : c'est l'outil informatique qui propose la liste de pseudos qu'il a enregistrés. Il suffit donc à notre chère la miss (ou autre) de se déconnecter, de cliquer dans la liste déroulante sur le pseudo élu, associé à un mot de passe (également mémorisé par l'ordi ou autre ). En fait, ceux qui jouent avec plusieurs pseudos doivent juste prendre le soin de se déconnecter systématiquement. En bientôt six ans, j'ai vu pas mal d'auteurs (ou lecteurs) tomber le masque malgré eux, vite rectifier, mais laisser une trace de leur intervention, le système du site avertissant que l'on a reçu un commentaire de tel ou tel pseudo. Ceci explique donc cela ;-). A tous, bonne journée. Michèle
PS : quant à cette nouvelle, pas grand-chose à dire si ce n'est : bof, bof et re-bof... et que tant qu'à faire, il aurait été préférable d'écrire : "Le type en resta bouche bée et se TUT".
PPS : pour la faute du chapeau, je ne vais pas river un clou planté deux fois ;-)...

Publié le 07 Décembre 2020

bonjour la miss (@la miss 9, par exemple), une question technique me travaille la cabeza depuis des années, et là, je craque.
dites-moi,
pour laisser tous ces messages à la mitraillette, est-ce que vous devez à chaque fois vous déconnecter, reconnecter avec un compte différent, renseigner votre mot de passe, etc... enfin, quoi, tout le tralala ?
j'avoue que ça m'épate toujours.
j'attends la réponse avec impatience.

Publié le 07 Décembre 2020

En tant que comptable je n'ai jamais raconté de comptes d'exploitation à mes enfants, aussi fantastiques fussent-ils. A part ça, je n'ai pas compris cette nouvelle dans son ensemble et surtout cette description d'un homme-tortue qui tombe sur le ventre et qui ne peut se relever. Je pensais que les tortues ne pouvaient pas se relever que lorsqu'elles se retrouvaient sur le dos et les quatre fers en l'air. Mais ne dit-on pas, qu'en littérature, tout est permis à condition que ça tienne en tant soit peu la route. Désolée ! J'attends de voir d'autres retours qui pourraient m'orienter, car là ma boussole a perdu le Nord et je serais bien en peine d'inventer la suite. Dommage, j'aimais beaucoup l'idée qui n'est pas neuve, soit dit en passant. Cordialement. Fanny

Publié le 06 Décembre 2020