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Du 02 mar 2021
au 02 mar 2021

Les Jumeaux

Quand c'est le gentil qui monte un coup, c'est le méchant qu'on accuse. Mais quand cela tourne au vinaigre, le gentil devient le vrai coupable. Micheline Boland répond à l'appel à l'écriture monBestSeller "Faux coupable"
Qui est le gentil ? qui est le méchant ?Qui est le gentil ? qui est le méchant ?

Micheline Boland    LES JUMEAUX

Jacqueline vit le portrait-robot dans le journal. Le nez aquilin, les paupières légèrement tombantes, les sourcils peu fournis, les lèvres charnues lui étaient familiers. Cela ne faisait aucun doute, l'individu ne pouvait être que Jonathan R, un de ses anciens élèves.  Le jeune homme dont il était question était recherché parce qu'il avait tenté de commettre un braquage dans une station-service, il n'avait rien emporté, mais l'employé était décédé des suites  d'un accident cardiaque.   

Il y a dix ans encore Jacqueline enseignait la morale au Lycée Marguerite Yourcenar.
Jonathan R. et Vivien R. étaient jumeaux. Ils avaient la même apparence physique, mais étaient fort différents en ce qui concerne le comportement. Vivien était un élève modèle tandis que Jonathan devait sans cesse être recadré. Il s'amusait d'un rien, interrompait le cours sans raison valable, obtenait des notes tout juste moyennes. 

Leurs parents attribuaient ces différences à plusieurs faits : Jonathan, accompagné d'un cousin adolescent, avait à six ans été victime d'une longue panne d'ascenseur, puis un an plus tard il avait dû être opéré d'urgence de l'appendicite. Cela avait constitué pour lui des événements traumatisants  à la suite desquels il avait, selon eux, développé un comportement difficile, cherchant souvent à attirer l'attention sur lui.

Le lendemain de la diffusion du portrait-robot, une vidéo fut diffusée par une chaîne télévisée : on y voyait le bandit intimider le caissier avec une arme puis s'enfuir lorsque l'homme menacé s'écroulait. Jamais, non jamais, avait pensé Jacqueline, Vivien n'aurait pu commettre un tel méfait. 

Jacqueline réfléchit et se décida à aller au commissariat de police du quartier. N'était-il pas de son devoir de le faire ?
Elle fut reçue par Nathalie L., une des élèves à laquelle elle avait enseigné au début de sa carrière. Elle lui fit part de ses soupçons. Jacqueline était sûre d'elle, mais se montra fébrile. Elle ne pouvait s'empêcher de penser aux parents et aussi à Vivien. Quelle honte et quel drame pour cette famille ! Depuis sa retraite Jacqueline n'avait plus eu de nouvelles de leur petite tribu, mais cela la bouleversait vraiment de découvrir qu'un des leurs avait pu arriver à commettre un tel forfait. 

Jacqueline parla librement et avec émotion des deux jumeaux. Cela la touchait tellement quand elle prenait connaissance de l'évolution de ses élèves. Elle était, par exemple, fière de la réussite de Thomas G. devenu un grand pianiste, mais avait aussi beaucoup souffert de la faillite du commerce de vêtements ouvert par Laetitia B. Nathalie écouta Jacqueline avec bienveillance. 

Durant plusieurs jours, Jacqueline fut à l'affût des moindres articles de journaux traitant des suites du braquage.

Un jour, elle lut un gros titre à la une d'une gazette locale :"Une vengeance qui tourne mal".
Elle apprit ainsi que c'était Vivien qui avait mis en scène le braquage. Il s'était procuré un revolver factice, et avait parié avec un de ses copains qu'on accuserait à coup sûr son jumeau d'avoir commis ce délit. Son but n'était pas de voler, son but était plutôt de se venger de son frère qui lui pourrissait parfois la vie en usurpant son identité sur des sites de rencontre.
Hélas, il n'avait pas envisagé que le cœur du pauvre caissier aurait pu lâcher !  

Dans un premier temps, Jonathan R. avait bien entendu été mis en cause, mais Vivien était allé se livrer à la police. Vivien assumait toujours les conséquences de ses actes.  Jacqueline se rendit compte avec consternation qu'elle avait marché dans la combine. 

J'ai lu ce texte sans aucun suspens comme étant des idées jetées sur le papier, pour justement écrire une nouvelle plus haletante et plus mystérieuse. Les pléonasmes deux jumeaux, trois triplés, quatre quadruplés... me font toujours tiquer. Désolée ! Cordialement. Fanny

Publié le 06 Mars 2021

@Micheline Boland, quelle bonne idée d avoir pensé aux jumeaux pour votre " faux coupable ".
Les jumeaux sont toujours un bon sujet de roman.

Publié le 05 Mars 2021