Lao Tseu, un sage chinois et, selon la tradition, un contemporain de Confucius. Il est considéré a posteriori comme le père fondateur du taoïsme
J'ai eu, comme tout le monde, des périodes difficiles dans ma vie des moments de doute et de dégoût.
Je vous rassure, je ne vais pas vous raconter ma vie. Les autobiographies me font bâiller d'ennui et cette complaisance envers soi-même me fait bondir.
En revanche, j'aimerais, avant de quitter cette triste comédie, nommée la vie, partager avec vous quelques mots.
Nous nous noyons jour et nuit dans une infâme logorrhée et je me blâme de ne pas savoir tenir ma langue, mais certains mots méritent d'être sauvés.
Je pensais avoir fait le tour de tout et plus rien ne me touchait.
Je ne croyais plus dans l'argent, la gloire, l'amour, la religion, la patrie, la révolution, la musique, la philosophie. Mon âme était noire et calcinée, un goût de cendres ne quittait pas ma bouche.
Je me doutais bien que le problème venait de moi et sûrement pas du monde extérieur : j’ai toujours refusé de faire porter aux autres le poids de mes erreurs et errements.
Totalement perdu, j'ai lu le Tao, et plus précisément les poèmes de Lao-Tseu.
Quelques mots sont venus à moi et ne m'ont plus jamais quitté :
"Ainsi celui qui sait se contenter est toujours content. "
Jour après jour, depuis des années, je n'ai jamais cessé de méditer ces paroles de sagesse.
Et j'ai compris, oui c'était moi, uniquement moi, qui devait changer.
J'avais enfin trouvé le secret de la paix et du bonheur, un chemin intérieur paisible et puissant.
Et j'ai aussi appris à aimer, à savourer cet art subtil qui consiste à tout dire en quelques mots.
Depuis, chaque jour je m'astreins à la sévère discipline des haïkus.
Chaque jour, j’accueille un nouvel haïku,qui me fait aimer passionnément cette vie, et je partage avec vous mon doux secret :
En secret ces quelques mots qui sait se contenter est toujours content

Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Dites, @Phil Lechat, vous moquez pas, hein. Les premières paroles tu Tao Te King ne sont-elles pas : voie qu'on énonce, n'est pas la voie / nom qu'on prononce n'est pas le nom...
Le principe même du Tao est qu'il est inconnaissable, c'est ce qui fait tout son charme.
En revanche, je suis sincèrement heureuse d'apprendre que ce texte a changé votre donne. Pour moi, il fait partie de mes pilliers avec "Le rêve du papillon" de Tchouang-tseu et les pensées de Marc Aurèle.
J'espère que nous aurons l'occasion de nous en parler.
Allez, bon haïku.
@Catarina Viti
Je suis admiratif face à votre intime connaissance du Tao et de la philosophie de Lao-Tseu !
Je suis loin d'être aussi avancé que vous, mais une lecture plus littérale du chapitre 44 est en accord avec votre interprétation.
Lao-Tseu commence par une dénonciation hélas intemporelle de la guerre.
Puis il donne la clé de la guerre et du malheur humain : le désir insatiable et en conclusion il appelle à la recherche du contentement.
On peut retrouver ici la sagesse grecque, y compris celle d'Épicure qui nous détourne des désirs vains.
Mais l'enseignement bouddhiste des quatre vérités est en total accord avec cette démarche.
Et les haïkus sont explicitement bouddhistes.
Je suis très hereux d'avoir trouvé en vous une admiratrice du Tao.
Je vous souhaite à mon tour une excellente année !
Bonjour Phil le Chat.
Vous le savez, ces chinoiseries me tiennent à cœur.
Cette citation serait extraite du Tao Te King, mais dite ainsi, elle s’apparente plutôt à une pensée grecque.
Le sens du chapitre 44 est différent. Il existe plusieurs traductions de ce texte et comme il se doit, aucune ne traduit l’esprit d’un Chinois de l’antiquité.
Le chapitre 44 est attribué à l’idée de gain et/ou de perte. Gain et ruine, qu’est-ce qui perturbe l’écoulement harmonieux du Yin-Yang ? L’homme qui veut se tenir entre le Ciel-Terre se doit d’être particulièrement attentif aux fluctuations pour les comprendre et se garder de la servitude. D’après Claude Larre, il s’agit de se poser la question de la douleur face au trop et au pas assez. Tout en gardant à l’esprit que la pléthore naît de la carence et la carence de la pléthore, que cela n’est qu’un moment de l’éternel mouvement. Donc, le sage se moquera bien de l’instant qu’il traverse, car il sait que ce n’est qu’un instant. L’homme qui n’est pas encore un sage se contentera de peu, si bien que le changement sera tellement infime qu’il ne l’affectera pas. Et, ainsi, sa Longévité ne sera pas altérée. Pour Houang et Leyris, se contenter de peu est parer à la disgrâce... autrement, point de Longue Vie. Pour Kia-kway, il s’agit de se garder de l’insulte et des catastrophes... pour vivre longtemps.
Cette citation n’a donc tout son sens que dans la quête de longévité, un concept chinois qui nous échappe tout à fait.
Moi aussi, j’aime Lao Tseu !
Et je vous souhaite une très belle année pleine de petits haïkus.
@Sylvie de Tauriac
C'est vrai en un sens, disons que l'on comprend qu'on ne changera rien ni personne : mais n'est-ce pas cela devenir pleinement adulte et lucide ?
C'est aussi faux, car il devient possible de devenir soi-même, en s'ouvrant aux merveilles de la vie, à la poésie et pour ma part aux haïkus. On peut aimer vraiment cette vie telle qu'elle se présente à nous ici et maintenant, léger, libre et définitivement débarrassé de l'illusion de sa toute-puissance.
En un mot : heureux !
Merci pour votre lecture et votre commentaire.
Ces quelques mots sont des paroles de sagesse, mais aussi de résignation car se contenter, c'est ne plus chercher à changer sa vie. @Sylvie de Tauriac
@Vanessa Michel
Devenir un inconnu m'amuse et me rassure : après toutes ces années je crains surtout la lassitude des lectrices et lecteurs !
Vous avez un talent incroyable pour "déshabiller" l'âme, deviner derrière les mots, retrouver les émotions.
Tout ce que vous écrivez est exact.
Oui j'essaye de retrouver le bonheur malgré la haine et le désespoir.
Oui je n'ai jamais voulu asséner la moindre vérité : je me contente de proposer un chemin, un libre chemin.
Oui mes haïkus ne visent qu'à vous montrer la vallée des merveilles.
Oui c'est un art délicat et délicieux.
Merci pour votre lecture subtile et empathique.
Je vous remercie et vous souhaite une bonne et heureuse année !
Cher @Phil Lechat,
Ce texte, « anonyme », est naturellement signé !
Cette façon de ressentir, de transmettre et de vibrer l’existence ; une manière d'adoucir et d'embellir cette « triste comédie », de suivre son courant, ses houles, ses ralentissements, dans l'épure et (si possible, le plus possible) dans la joie.
La simplicité, si compliquée à conquérir ! Chaque jour, ce perfectionnement, cette lune à atteindre...
Un grand merci pour votre texte inspirant qui expose — sans rien imposer. Il susurre son message, tendre et authentique, aux cœurs comme aux âmes...
Je conseille en passant, à qui ne les aurait pas encore picorés et savourés, la découverte de vos haïkus.
Très belle année 2026 à vous
— et à bientôt !
@Michel Canal
C'est vrai, ah l'anonymat a ses charmes !
Bonne et heureuse année pour vous.
@Phil Lechat, votre nom n'était pas mentionné.
@Jézabel Foutredieu
Je vous remercie pour vos voeux et je vous souhaite à mon tour une excellente année.
Lao-Tseu serait totalement d'accord avec vous, il disait : "Ce que tous les sages savent est peu profond" !
Si tout le monde sait que le bonheur est ici et maintenant, pourquoi passons-nous notre vie à courir après l'argent, la gloire, le sexe et les vaines querelles stériles ?
Je me le demande.
Bien à vous.
@Michel Canal
Je vous remercie pour votre lecture et votre commentaire.
Je suis loin d'être un inconnu, car le petit chat rode ici depuis dix ans !
Bonne année à vous.
C'est marrant : "Ainsi celui qui sait se contenter est toujours content", je croyais qu'on devait cette forte sentence à M. de La Palice. Mais peut-être ce dernier a-t-il piqué la chose aux Chinetoques, fort de cette lapalissade : "Qui vole aux Chinois ne volent pas à tire-d'aile".
PS : Cher brigadier Canal, je suis toujours éberluée devant votre capacité à dévider sans frémir les pires banalités. Chez vous, c'est en passe de devenir un art à part entière. Bonne année.
Merci, cher(chère) inconnu(e), pour ce témoignage et ce partage.
Je suis tout à fait d'accord avec cette citation du sage Chinois Lao Tseu : "Ainsi celui qui sait se contenter est toujours content. "
J'ajouterai ce que j'ai eu maintes fois l'occasion de dire à mes proches :
"Chacun est l'artisan de sa propre vie", ou encore : "La vie est ce que l'on en fait".
Des personnes très mal parties dans la vie ont su renverser ce qui pouvait ressembler à un destin compromis et réussir brillamment. A contrario, d'autres passent leur temps à s'apitoyer sur leur sort, accusant la société de leur malheur.
MC