Face à face inattendu : Victor Hugo avec Rupi KaurLe dictionnaire CNRTL (ressources textuelles et lexicales) en approchant la définition de la poésie insiste sur l’idée d’un genre associé à la versification et à des règles prosodiques (nombre de syllabes) variables selon les cultures et les époques, mais visant à mettre en valeur rythme, harmonie, images.
De son côté, le Larousse souligne la capacité de la poésie à suggérer sensations et émotions à travers l’union des sons, des rythmes et des harmonies (très proche, au fond, d’une définition “musicale” de la littérature).
Cette double approche (règles/formes d’un côté, puissance d’évocation de l’autre) explique le débat classique : la poésie n’est pas seulement un “texte en vers”, c’est aussi une façon de travailler la langue pour produire un effet d’intensité, de surprise, parfois d’évidence.
Sur ce point, Académie française défend l’idée que la poésie change notre accès au réel : elle modifie la perception, et suggère la possibilité d’un changement intérieur.
Le rôle de la poésie au XIXe siècle
Au XIXe siècle, la poésie ne joue pas un seul rôle : elle devient un laboratoire esthétique (formes, images, musique du vers), un espace de débat sur la modernité, et souvent un lieu de prise de parole : intime, sociale, parfois politique. Poète pouvait encore être un métier.
En France, la première moitié du siècle est marquée par la révolution romantique : l’accent mis sur la sensibilité, les passions, la nature, le “moi” et la liberté formelle. La Bibliothèque nationale de France présente le romantisme comme un renversement des valeurs et des perceptions au XIXe siècle, et souligne que des auteurs comme Hugo, Nerval ou Lamartine s’inscrivent dans une voie faite de sentiments, de grandeur de la nature et d’invention.
De manière plus générale, le romantisme européen (fin XVIIIe – milieu XIXe) peut se définir comme un moment où l’art recherche l’intensité, l’imaginaire, et l’expérience singulière.
Dans cette dynamique, la figure du poète devient une figure publique. Le cas de Victor Hugo est emblématique : il est présenté comme un “héraut du romantisme” dans plusieurs genres (poésie, théâtre, roman) et comme un écrivain dont la voix compte sur le plan politique.
Son recueil Les Contemplations (1856) est régulièrement décrit comme des “mémoires d’une âme”, marqué notamment par la mort de Léopoldine et l’exil, signe que la poésie romantique peut condenser une expérience personnelle en œuvre monumentale.
À partir du milieu du siècle, la poésie se transforme. Le Parnasse et la logique de “l’art pour l’art” mettent en avant la maîtrise formelle, l’impersonnalité, la recherche d’un objet poétique plus “maitrisé”. Les descriptions de la tradition parnassienne soulignent cette volonté de contrôle, d’élégance, d’objectivité, en opposition à l’effusion romantique.
En fin de siècle, le symbolisme ouvre un autre front : la poésie s’y fait art de la suggestion, des correspondances, de la musique du langage, et influence durablement la modernité.
Les synthèses sur le symbolisme rappellent l’importance de l’héritage de Charles Baudelaire et de ses “correspondances”, qui nourissent des poètes comme Verlaine ou Arthur Rimbaud.
Dans ce cadre, Les Fleurs du mal (1857) est un repère de modernité poétique et aussi un événement culturel au sens fort : le recueil a fait l’objet d’une condamnation pour “outrage à la morale publique”, entraînant l’amende et le retrait de six poèmes pour poursuivre la vente.
Enfin, la poésie du XIXe siècle n’existe pas hors de ses supports : la presse et l’édition modifient l’écosystème littéraire. La Bibliothèque nationale de France rappelle que le XIXe siècle connaît un essor sans précédent de la presse (notamment quotidienne) et que la publication régulière (feuilleton, rubriques) transforme les rythmes d’écriture et de lecture.
Cette “civilisation du journal” contribue à faire de la littérature et donc de la poésie une pratique plus publique, circulante, et plus discutée.
La poésie et les autres genres littéraires, son rôle transversal
Dans les cours de littérature, on présente souvent la poésie comme l’un des grands genres, à côté du roman et du théâtre. Mais, en pratique, la poésie se comporte moins comme une “case” que comme une force transversale : elle traverse les genres, influence les styles, et crée des formes hybrides.
Les ressources lexicographiques rappellent d’ailleurs qu’il existe des sous-genres (“poésie lyrique”, “poésie épique”, “poésie dramatique”, “poésie didactique”…), signe que la poésie est aussi un ensemble de traditions qui dialoguent avec le récit, l’argumentation, la scène, la chanson.
Deux idées sont utiles pour répondre clairement à la question “son rôle dans la littérature” :
La poésie sert de moteur d’innovation formelle. Et ces innovations migrent ensuite vers d’autres genres.
L’Académie française souligne par exemple que la poésie, plus que d’autres genres, est liée à l’invention de nouveaux codes et de nouveaux mots.
La poésie sert aussi de principe d’intensification. Dans un roman, une description “poétique” n’est pas un poème au sens strict ; pourtant, elle emprunte à la poésie ses effets de condensation et de résonance. La “poésie” peut désigner, au-delà du genre, une qualité qu’on attribue aussi à la peinture, la musique, la danse ou la prose.
Autrement dit : la poésie est un genre littéraire et une manière de faire de la littérature.
Que devient la poésie aujourd’hui ?
La poésie d’aujourd’hui ne “meurt” pas : elle se déplace, se pluralise et se re-configure autour de nouveaux lieux (scènes, réseaux sociaux, festivals), de nouvelles formes
- slam (poésie déclamée dans des espaces publics). Grand Corps Malade est considéré comme le visage du slam français, Gaël Faye, en incarne une forme plus hybride.
- spoken word ( Le spoken word est une façon particulière d'oraliser un texte, qu'il soit poétique ou autre. Il comprend souvent une collaboration (ou expérimentation) avec d'autres formes d'art comme la musique, le théâtre ou la danse, poésie narrative, micro-poèmes), Rupi Kaur en est la figure la plus populaire auprès du grand public, Gil Scott-Heron, le pionnier.
- revival du haiku : Le haïku est une forme poétique d'origine japonaise extrêmement brève, célébrant l'évanescence des choses et les sensations qu'elles suscitent. Même si ce n’est pas un “mouvement officiel” comme dans l’histoire littéraire. Il existe clairement un regain de popularité mondial, surtout grâce à Internet et aux réseaux sociaux (formes courtes), aux ateliers d’écriture et à l’influence culturelle japonaise. Le plus célèbre dans le monde (et donc en France) : Matsuo Bashō (XVII è)
- et de nouveaux usages (éducation, identité, soin, militantisme, performance).
Du côté des institutions, la visibilité passe aussi par la scène. À Paris, la Maison de la Poésie se présente comme une “scène littéraire” proposant rencontres, lectures, concerts littéraires, performances, avec plus de 350 événements par an.
Cela illustre une tendance lourde : la poésie redevient, massivement, une expérience de voix (lecture, oralité, performance), et pas seulement d'écrit.
Du côté des formes, le retour de la narration est souvent noté. Le Monde a ainsi décrit une tendance de la poésie contemporaine francophone à “raconter des histoires” et à brouiller les frontières entre poésie, roman, polar ou science-fiction, en s’appuyant sur le vers libre.
Du côté du marché et des pratiques culturelles, plusieurs signaux vont dans le sens d’un regain d’attention. Et en France, Le Monde a rapporté une progression du chiffre d’affaires du secteur poésie en 2024 (avec un bond de 17% et 1,65 million d’exemplaires écoulés) tout en soulignant des effets de programme scolaire.
La poésie joue donc toujours un rôle. Aujourd’hui, elle fonctionne comme une forme courte adaptée aux pratiques de lecture fragmentées (écran, audio, scène), un langage de l’intime (trauma, amour, identité, deuil), un outil de parole publique (justice, mémoire, combat social), notamment via la performance et le numérique.
Poésie d'hier et poésie d'aujourd'hui
Elles se rapprochent d’abord par une idée simple : chacune, à sa manière, fait époque dans la façon de relier le mots au monde.
Hugo incarne le moment où la poésie romantique devient une grande scène de la subjectivité.
Baudelaire incarne le moment où la poésie regarde la modernité en face (malaise, esthétique du choc), et où l’œuvre poétique devient un événement public, jusque dans le conflit avec l’ordre moral.
Rimbaud incarne l’idée moderne que la poésie est expérience : intensité
De manière comparable, Amanda Gorman est une poétesse et militante américaine née à Los Angeles. Elle est devenue mondialement célèbre après avoir récité son poème « The Hill We Climb » lors de l’investiture du président Joe Biden le 20 janvier 2021.
Elle met la poésie au contact direct d’un moment politique et médiatique global (performance, message d’unité, reprises et citations massives).
Rupi Kaur (Rupi Kaur est une poétesse, écrivaine et illustratrice canadienne, née en Inde et élevée au Canada. Elle est devenue célèbre grâce à sa poésie courte et accessible, souvent publiée d’abord sur Instagram. Elle met la poésie au contact d’un usage quotidien et communautaire du texte : le poème devient partageable, commentable, et cela se traduit aussi par des niveaux de vente inhabituellement élevés pour un genre réputé “confidentiel”.
Coulon, enfin, illustre un autre chemin : le prix littéraire spécialisé Apollinaire, souvent présenté comme un “Goncourt de la poésie”. Il produit une poésie qui assume une narrativité et une clarté, en lien avec les attentes actuelles.
Poésie d'hier et d'aujourd'hui : La différence la plus structurante tient aux médias dominants.
Au XIXe siècle, le livre et la presse structurent l’espace littéraire. La presse connaît un essor majeur, et elle impose des rythmes de publication, de discussion et de célébrité (critiques, scandales, feuilletons, réseaux sociaux… avant l’heure). La célébrité des poètes s’articule à des mouvements esthétiques (romantisme, Parnasse, symbolisme) et à une politique de la littérature (quel rôle social doit jouer l’art ?).
Aujourd’hui, la poésie circule sur un triangle livre-scène-plateformes. Elle peut exploser via un événement médiatique (Gorman), via les réseaux et une esthétique du fragment (Rupi Kaur), ou via des institutions plus “littéraires” (prix, maisons d’édition, librairies, scènes).
À quoi doivent-ils leur succès ?
On peut résumer les ressorts du succès (hier et aujourd’hui) en trois facteurs, qui se combinent différemment selon les périodes.
L'esthétisme : une voix reconnaissable, une invention formelle, une musique du langage. Les mouvements du XIXe siècle décrits par les synthèses (romantisme, Parnasse, symbolisme) montrent explicitement que la poésie se juge aussi comme recherche de forme, de contrôle, de suggestion et d’images.
Le facteur social : une adéquation entre une forme poétique et les attentes d’une époque. Les scandales autour de certains textes, par exemple, rappellent qu’une œuvre peut devenir célèbre parce qu’elle cristallise un conflit culturel (censure, morale, liberté).
Inversement, la montée de l’oralité (scène, performance) et les espaces dédiés participent aujourd’hui à élargir le public.
Le moteur médiatique : les canaux de diffusion. Pour le XIXe siècle, la presse est une infrastructure majeure de circulation des textes et des débats. Pour le XXIe siècle, ce sont les plateformes et les grands événements médiatiques : Kaur est explicitement décrite comme devenue populaire via Instagram et Tumblr, et ses ventes/traductions sont mises en avant par des sources de référence.
La Journée mondiale de la poésie : origine, buts, et bilan
La “Journée internationale” dont on parle le plus souvent, dans les cadres scolaires et culturels, est la Journée mondiale de la poésie, célébrée chaque année le 21 mars.
Pourquoi a-t-elle été créée ?
Selon UNESCO, la journée a été adoptée lors de la 30e session de la Conférence générale, qui s’est tenue à Paris en 1999, avec un objectif explicite : soutenir la diversité linguistique par l’expression poétique et augmenter les chances d’être entendues des langues menacées.
Quel est son but ?
L’UNESCO liste des buts très concrets : honorer les poètes, faire revivre la tradition orale des récitals, promouvoir la lecture, l’écriture et l’enseignement de la poésie, favoriser la convergence entre poésie et autres arts (théâtre, danse, musique, peinture) et accroître la visibilité de la poésie dans les médias.
Ces objectifs sont importants parce qu’ils résument une conception actuelle de la poésie : générer une pratique culturelle vivante, située à la croisée de la langue, de la scène, et des communautés.
Peut-on considérer que c’est un succès ?
Sur un plan strictement “mesurable”, l’UNESCO fournit peu d'informations dans les pages de présentation de sa journée ; on est donc obligé d’évaluer le succès par des signes indirects,
Sur le plan culturel, plusieurs indices vont toutefois dans le sens d’un certain succès .
La journée est toujours activement promue et réexpliquée par l’UNESCO, y compris via des communications récentes. Elle s’inscrit dans un contexte où la poésie retrouve de la visibilité dans l’édition et dans les pratiques publiques.
En France, par exemple, des analyses économiques récentes évoquent un regain d’intérêt et des chiffres de ventes/CA à la hausse en 2024, tout en rappelant le rôle des festivals et des actions culturelles.
La Journée mondiale de la poésie est un levier de visibilité. C'est un “prétexte culturel” (au bon sens du terme) pour organiser lectures, ateliers, actions éducatives. Mais elle ne “suffit” pas à elle seule : son effet dépend des relais (écoles, bibliothèques, scènes, médias, associations),
La prochaine Journée mondiale de la poésie tombe le 21 mars 2026.
A quoi sert la poésie en 2026 ?
Si je devais formuler une interprétation personnelle, subjective mais utile, je dirais : la poésie sert aujourd’hui à redonner de la forme aux flux des mots et des paroles
Dans une époque saturée de messages, la poésie n’ajoute pas seulement des mots : elle change la vitesse. Elle ralentit (par la densité), accélère (par la surprise et la rupture des conventions), ouvre des images (nouvelles, souhaitons le), et redonne une place à l'individu (face à la collectivité).
Elle sert aussi d’outil de lien : on partage encore des poèmes quand on ne sait plus quoi dire, parce que le poème autorise une parole indirecte, pudique, intense, mais aussi collective (par les lectures).
Et, paradoxalement, c’est aussi une force sociale : dire “je” avec précision peut devenir une manière de dire “nous”.
Enfin, la poésie reste un art de la langue, langue si mal traitée aujourd'hui.
Quand les mots sont abîmés (par la propagande, la publicité, la violence verbale), la poésie rappelle que la langue n’est pas seulement un instrument : c’est un espace de vie. Sur ce point, j’aime l’idée, à l'instar de l'Académie française que la poésie change notre perception du réel : non parce qu’elle “décore”, mais parce qu’elle ré-ouvre une interprétation du monde.
Amanda S. C. Gorman, née le 7 mars 1998 à Los Angeles, est une poétesse et militante américaine. Première récipiendaire du titre de Poète lauréat junior des États-Unis en 2017, elle récite son poème The Hill We Climb lors de la cérémonie d'investiture du président Joe Biden en 2021. Les textes d'Amanda Gorman se concentrent sur les questions d'oppression, de féminisme, de race et de marginalisation, ainsi que sur la diaspora africaine.
Rupi Kaur est une poétesse, écrivaine et illustratrice canadienne, née le 4 octobre 1992 en Inde et élevée au Canada. Elle est devenue célèbre grâce à sa poésie courte et accessible, souvent publiée d’abord sur Instagram. Pourquoi ? Parce qu' on parle souvent d’elle dans les textes scolaires
On dit souvent que Kaur met la poésie au contact d’un usage quotidien et communautaire du texte.
Elle publie ses poèmes sur les réseaux sociaux, où ils sont lus et partagés par des millions de personnes. Sa poésie est simple, directe et visuelle, souvent accompagnée de petits dessins. Elle parle de sujets proches de la vie quotidienne : amour, rupture, féminisme, identité, traumatisme, guérison.
Ses textes sont faciles à lire et à partager, ce qui crée une communauté de lecteurs en ligne. Ses livres les plus connus Milk and Honey (2014) — son premier recueil, devenu un énorme succès mondial. The Sun and Her Flowers (2017) Home Body (2020)
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Pourquoi essayer de définir la poésie ? C’est le ressenti de chacun. En prose ou en vers, avec ou sans rimes, on est tous capables d’écrire de la poésie. C’était mon exercice favori quand j’étais plus jeune, poser des mots sur une feuille, décrire mes états d’âme, parfois en faire des chansons et rêver de les entendre au top 50 un jour ! LOL
L'article est un résumé intéressant de ce que représente la poésie : la musique du langage. Il est certain que la poésie se rapproche le plus de la musique, par conséquent un solfège est nécessaire pour écrire une sonate ou un poème. On apprend l'alphabet pour écrire, le solfège pour la musique, la versification pour la poésie. Il y a dans l'art une part de technique sans laquelle l'artiste ne peut exceller. @Sylvie de Tauriac
Très bel article ! Je suis bien d’accord.
Le Siècle Littéraire1 (feuille publiée par la Sorbonne) de mars 2026 consacre un article à déplorer la tendance,
perceptible chaque année à l’occasion du Printemps des Poètes, à abandonner les vers classiques et à appeler poésie une prose sans rime ni rythme.
Écrire en vers, en poésie française classique, c’est jouer avec trois contraintes : le mètre qui donne le rythme, la rime, le choix des mots.
Pour le choix des mots, le sens compte bien sûr mais aussi le pouvoir évocateur. Ce qu’on appelle dans l’ article ci-dessus la capacité à suggérer.
C’est ce pouvoir évocateur, lié à la culture (ce qui nous a baignés tout petits, et qui
reste quand on a tout oublié) qui fait qu’on n’apprécie la poésie que dans sa langue
et sa culture maternelles, et que comparer deux poètes de langues et cultures
différentes n’a pas de sens.
*
Et c’est ce pouvoir évocateur qui
fait d’André Chénier ou de Heredia des poètes élitistes, car ils utilisent peu le pouvoir évocateur des
saisons, des moissons, de la nature et des objets du quotidien, mais plutôt celui de
personnages, lieux ou événements de la mythologie grecque, aussi peu connus à leur époque qu’aujourd’hui.
D’un autre côté, Claude Simon écrit sans rime, mais il y a dans ses paragraphes un rythme et ses mots sont tellement bien choisis qu’il me fait planer !
Très bel article ! Merci infiniment à vous !
Super article ! À quoi peut bien penser Hugo, sur la photo ? :)
Definir la poésie ? Mission impossible : certains poèmes ne sont pas poétiques et des romans ne sont que pure poésie (Le Clézio).
C'est plutôt un rapport au monde
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