Interview
Le 19 mai 2016

Autoédition. Sélection Prix Concours : Alice Pasina, nominée

Auteur d'un tout premier roman, Karine Pasina a longtemps hésité avant d'oser l'offrir à lire en dehors de son cercle rapproché. Appréhendant les critiques de lecteurs avisés, elle ne s'attendait pas à être soutenue au point de voir "Les Silences de Lucie" élu Sélection de mai et ainsi nominé au Prix Concours monBestSeller de l'Auteur Indépendant 2016. Rencontre avec un auteur qui trempe sa plume dans la passion pure. Passion de vivre, d'écrire, de faire vivre ses personnages..., et qui dit découvrir ici, celle de parler de son livre.
Roman de l'auteur Karine Pasina nominée Prix Concours de l'auteur indépendant 2016"Ma plus grande fierté : le nombre de lecteurs en constante progression sur le site et leurs commentaires bienveillants et constructifs".
Question: 

Professeur des écoles en ZEP, révoltée par l’injustice, engagée et active dans la défense des causes auxquelles elle croit…, votre héroïne et vous-même semblez avoir de nombreux points communs. Quelle est la part d’autobiographie dans votre roman ?

Réponse: 

Enseigner dans une école primaire en Zone d'Education Prioritaire est une  mission qui m'a effectivement beaucoup marquée. Ces cinq années m'ont plongée dans une réalité que je ne soupçonnais absolument pas à quelques minutes de chez moi seulement. J'ai éprouvé ce besoin de raconter ce que j'y avais vécu. Une façon sans doute de leur dire que je ne les oublie pas et aussi essayer de transmettre aux lecteurs l'intensité des émotions que j'y ai ressenties.

Les prises de position, les engagements, les coups de cœur, les coups de gueule, les coups de folie ainsi que le quotidien partagé avec des enfants dont les préoccupations premières ne sont pas d'apprendre des règles d'orthographe mais de survivre dans une société qui les accueille plus ou moins bien, sont effectivement des faits bien réels.  Malgré les aides mises en place, je clame haut et fort qu'on ne naît pas tous égaux en France, et les enfants sont malheureusement les premières victimes de ces inégalités. J'espère d'ailleurs toucher les lecteurs avec cette partie de mon  récit.
Le soutien et l'aide apportés à une femme violentée, la défense d'une famille en voie d'expulsion sont des situations auxquelles j'ai choisi de  faire face dans ce quartier difficile.
En écrivant Les Silences de Lucie, ce besoin de témoigner m'est apparu comme une évidence, mon roman ne pouvait pas aller de l'avant sans leurs histoires aux uns et aux autres. Lucie s'est vue défendre les causes qui lui sont justes, comme je me suis vue le faire. Sa révolte était la mienne.

L'enseignement, la course à pied et la passion pour la Renaissance Italienne sont cependant les seules ressemblances que nous ayons Lucie et moi. Tout le reste du récit est romancé, sa vie de famille, ses peurs, son passé, son secret.. et même sa façon de rater les crèmes renversées !
Bien qu'il y ait une petite partie de moi dans ce roman, la trame de l'histoire est pure fiction.

Question: 

Votre Lucie est une héroïne qui s’ignore, une sorte de "wonderful woman" mais qui fait tout facilement, dans une sorte d’évidence. Quel message ou quelle image de la femme moderne voulez-vous transmettre ?

Réponse: 

Si Lucie est une héroïne qui s'ignore alors toutes les femmes de mon roman le sont, Souad, Séda, sa mère, Jeanne, Odette, et je pense, d'une manière beaucoup plus large, que toutes les femmes sont des héroïnes !
Dominées par l'homme dans pratiquement toutes les civilisations depuis la nuit des temps, les femmes d'aujourd'hui portent ce très lourd héritage sur leurs épaules, mais plutôt que de les affaiblir, ce passé leur a donné  de la force.
Force d'assurer un travail à plein temps et de se donner totalement à la vie de famille en s'occupant des enfants, des tâches ménagères du foyer, force d'aller de l'avant et de faire face aux situations les plus compliquées, les plus difficiles…  Tout cela s'inscrit dans le quotidien de nombreuses femmes. La société actuelle nous oblige à nous dépasser pour tout assumer. Sans oublier qu'aujourd'hui, être une femme signifie aussi se battre plus qu'un homme pour être reconnue professionnellement. Se battre contre l'inégalité de salaire, se battre contre le sexisme odieux qui subsiste dans de nombreuses professions, et pas des moindres, il n'y a qu'à se tourner vers l'actualité et nos élus pour se rendre compte à quel point le comportement de certains hommes reste inacceptable. Attention, je ne juge pas tous les hommes bien sûr, seulement ceux qui gangrènent la vie de certaines femmes. Et même s'ils sont peu nombreux de nos jours (les gentlemen existent), il y en a toujours de trop.

La femme moderne est celle qui sait trouver le juste équilibre entre ses envies, ses désirs et les différentes responsabilités qui lui incombent. La femme moderne est un papillon qui apporte de la fantaisie quand le monde se fait sombre et triste, une louve qui veille sur les siens, une chouette dont les conseils sont sages et réfléchis, mais attention, la femme moderne c'est aussi une lionne qui sort ses griffes quand il le faut.

Question: 

Vous avez réussi un très bon équilibre entre son moi intérieur, son rôle de femme, de mère… Ce n’est sûrement pas un hasard. Comment avez-vous créé ce personnage ? Avez-vous fait une fiche détaillée comme le font des auteurs comme Katherine Pancol par exemple ?

Réponse: 

Ai-je créé Lucie ? Le doute s'installe parfois en moi quand je me pose la question. J'ai effectivement, avant l'écriture du roman, pensé à tous mes personnages en décrivant scrupuleusement le caractère et le rôle de chacun, jusqu'au chat Gaspard qui a eu, lui aussi, droit à sa fiche ! Certains personnages m'ont pris peu de temps comme par exemple Ludovic dont le caractère bien trempé n'appelait à aucune ambiguïté, Odette ou encore son amie Stéphanie. D'autres un peu plus, comme Jacques, Blanche ou Nadège.
Pour Lucie, personnage principal, ce fut effectivement plus long, beaucoup plus long ! Et, pour être totalement franche, sa fiche fut en perpétuelle évolution. Plus j'avançais dans l'histoire, plus Lucie me dévoilait sa personnalité, comme si je n'en étais que spectatrice finalement et que je dusse m'adapter et adapter mon roman à ses changements permanents.

            "Si un personnage de fiction peut prendre le dessus sur un auteur,
        je pense que c'est ce qui s'est passé avec Lucie, elle a pris le dessus sur moi."

Un de mes lecteurs a extrêmement bien cerné Lucie en la décrivant comme un être qui inonde de lumière tout autour d'elle mais cache au plus profond d'elle-même une grande part d'ombre. Un peu comme les nuits étoilées qu'elle aime tant contempler, son mystère reste sans fin.

Question: 

Votre roman se termine en pointillé. Comme si la fin était un nouveau début. Est-ce une porte ouverte à l’imagination de chaque lecteur ? ou à un tome 2 ?

Réponse: 

La fin m'est apparue très tôt, comme une évidence, mais elle restait tout de même en suspens. Allais-je vraiment la retenir ?
J'ai pris énormément de plaisir à écrire ce roman, tous les jours, j'avais besoin de m'imprégner de l'histoire et de ses personnages. J'avais hâte de me mettre au travail, m'installer à ma table de travail, ouvrir mon ordinateur, reprendre mes notes, relire, améliorer, chercher les mots, les phrases, mener l'intrigue... Plus j'entrais dans l'écriture et moins j'avais envie qu'elle ne m'échappe, qu'elle ne s'arrête. J'ai d'ailleurs mis un très long moment avant d'écrire le dernier chapitre. Envie de retenir mes mots pour que la fin n'arrive pas. Alors, je relisais les chapitres précédents pour garder Lucie encore un peu rien que pour moi. Symptôme du premier roman sans doute ? Puis, après une coupure totale de quelques semaines avec l'écriture, je suis revenue écrire cette fin que j'ai gardée ouverte pour effectivement me laisser cette possibilité d'une suite afin que Lucie puisse me revenir quand j'en aurai envie.
D'autre part, j'aime, en général, l'idée d'une fin ouverte qui laisse le lecteur décider du devenir de l'histoire, cela serait d'ailleurs intéressant de comparer les différentes idées de lecteurs sur les suites imaginées !

Question: 

Vous dites que c’est votre premier roman. Qu’est-ce qui a déclenché votre envie/votre besoin d’écrire ? Êtes-vous désormais animée par un désir d’édition ?

Réponse: 

J'écris des nouvelles depuis de nombreuses années, il faudra d'ailleurs que j'en soumette quelques unes aux lecteurs de monBestSeller, mais Les silences de Lucie est effectivement mon premier roman. Longtemps, j'ai pensé cette histoire (plus de 8 mois... pour ne pas dire 9) avant de pouvoir écrire la première ligne. J'avais besoin qu'elle mûrisse tranquillement avant de prendre vie avec mes mots.

               "J'avais la trame en tête et me la répétais inlassablement,
                              comme on réciterait une poésie."

Puis un jour, ce fut comme un déclic, il a fallu qu'elle « sorte » et, dès lors, les mots ne se sont plus arrêtés jusqu'à donner ce roman. Ce que j'en retiens est que ce fut une expérience très riche d'émotions, je vivais cette histoire à travers mes personnages. J'ai d'ailleurs eu du mal à en sortir et comme je l'ai expliqué à la question précédente, j'ai mis du temps à écrire le dernier chapitre que je connaissais pourtant sur le bout des doigts. Envie de retarder et de prolonger ainsi le plaisir de l'écrire. Aujourd'hui je suis plongée dans mon deuxième roman, et j'avoue ressentir exactement les mêmes sensations. Écrire c'est exaltant, écrire un roman, passionnant !

Etre éditée?  Lorsque je me rends à différents salons du livre, je me surprends à rêver en passant devant les maisons d'édition, et à me dire... « tiens, peut-être qu'un jour.. », mais au rêve j'ai choisi le concret des retours francs et judicieux des lecteurs en publiant sur monBestSeller !

Question: 

Pourquoi avez-vous publié votre roman sur monBestSeller.com ? Qu’en attendiez-vous ?

Réponse: 

En mars dernier je suis allée au salon « Livre Paris », et me suis arrêtée au stand (où plutôt à l'aile parce que c'était vraiment grand) consacrée aux auteurs indépendants. Intriguée, j'y ai rencontré des auteurs et leur ai posé quelques questions sans leur dire que j'avais moi-même terminé un premier roman parce que je ne savais pas vraiment si oui ou non Les Silences de Lucie devait sortir de mon entourage de lecteurs proches. Ce que j'ai retenu de nos différents entretiens fut leur enthousiasme à tous.

                 "Publier un ouvrage sur une plateforme de lecteurs permet
                non seulement d'être lu gratuitement par un très large public
          composé de lecteurs et d'auteurs,mais aussi d'avoir des retours directs
                      avec en commentaires les impressions de chacun."

Pour finir de me convaincre, en rentrant chez moi, coincée dans les embouteillages sur le périphérique, j'ai écouté attentivement une émission de radio spéciale « plateforme de lecture en ligne » qui mettait en avant monBestSeller. Un questionnement s'en est suivi. Allais-je laisser Lucie avec pour seuls lecteurs ma famille et mes amis proches ? Non, il était temps de me lancer. Je ressentais l'envie de partager, l'envie de lecteurs et de retours de lecture, c'était évident. Ma décision sur l'avenir de mon roman fut donc prise entre la porte d'Orléans et la porte d'Italie ! J'allais soumettre Les Silences de Lucie aux lecteurs de monBestSeller, et l'accueil qu'ils ont réservé à mon roman me réjouit et m'encourage à continuer. Je n'imaginais pas que parler de mon livre pouvait être tout aussi passionnant que l'écrire.

Question: 

Que vous évoque d’être élue Sélection mensuelle et ainsi nominée au Prix Concours de l’auteur indépendant 2016 ?

Réponse: 

Si ma décision de publier Les silences de Lucie et ainsi le soumettre aux lecteurs de monBestSeller fut relativement longue à prendre, c'était par manque de confiance en moi. Pour ce premier roman, j'appréhendais (sans me l'avouer pour autant) les critiques objectives des lecteurs avisés, alors imaginer à peine deux mois après, être nominée au Prix Concours de l'auteur indépendant est une véritable surprise pour moi ! L'effet de surprise passé j'avoue être aujourd'hui flattée et très fière de cette nomination. Mais ma plus grande fierté vient du nombre de lecteurs en constante progression sur le site ainsi que de leurs commentaires bienveillants et constructifs reçus pour mon roman.

Propos recueillis par Isabelle de Gueltzl

Bonjour Madame @Karine Pasina. Je ne vous ai pas lu, manque de temps mais, connaissant MBS et l'équipe qui l'anime, vous pouvez être fière de cette nomination.

Publié le 24 Mai 2016