Interview
Le 25 mai 2026

Les Classiques : René CHAR et moi

Gérard Bossy (feu notre ami) est heureux de faire découvrir, ou de faire redécouvrir René Char. "Quand on a mission d'éveiller, on commence par faire sa toilette dans la rivière. Le premier enchantement comme le premier saisissement sont pour soi. »
René Char : l' oeuvre d'un solitaire ne souffrant aucune compromission.René Char : l' oeuvre d'un solitaire ne souffrant aucune compromission.

J’ai découvert l’œuvre de René Char de curieuse façon, assez tardivement. On m’avait poliment expliqué que ma formation scientifique ne correspondait pas à ‘’la ligne éditoriale de la maison’’, et ne m’autorisait pas à prétendre m’asseoir sur les rayons des librairies parmi les littéraires de renom.
Et l’on fit bien ! (Chaque jour, depuis, je remercie le ciel de m’avoir évité le pire).
Vivre d’abord ! Ensuite, on peut écrire, peindre ou chanter, faire le clown ou, à la rigueur, entrer en politique.

Découvrir René Char en Amérique latine...

Car le destin me donna l’ordre, peu de temps après, de me rendre au Pérou pour y faire voler des avions de guerre. Dans ce pays fabuleux d’un continent encore mystérieux, où tout habitant est un poète qui s’ignore, chacun dans son genre, je fus confronté aux énigmes de René Char en même temps que je me familiarisais avec la culture Mochica pré-incaïque des provinces du nord et celle des artistes des provinces du sud qui avaient dessiné les hiéroglyphes de Nazca.

Je revenais en France tous les deux ans, où j’avais un cousin, grand littéraire et doyen d’Université, jeune fou sympathique qui écrivait en rafales des poèmes, des pensées profondes et même, des opéras.
C’est lui qui me posa la question à brûle-pourpoint, et le sourire en coin, certain de me piéger : «  Connais-tu René Char ? »
Comme je restai coi, indigne analphabète refusé pour la gloire des étagères de libraires, il se leva et débita un chapelet des fameuses citations de René Char qui semblent obscures au premier abord mais qui, ensuite, aveuglent de leur lumière et de leur vérité. Dans les brumes d’alcool de poire, et les fumées de trop de cigarettes, je lui avouai que je n’y entendais rien.
— C’est un surréaliste qui a mal tourné parce que, pendant la guerre, il est entré dans la Résistance…
Puis, visiblement content de lui, heureux de m’avoir écrasé de honte, il me tendit un livre échappé du désordre de sa bibliothèque :
— Emmène-le avec toi dans ton désert de sauvages !
(Comme beaucoup de fins lettrés de l’époque, il ne savait pas très bien où se situait exactement le pays de Vargas Llosa).

                     ‘’ Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque
                                      À te regarder, Ils s’habitueront. ‘’

C’était : LES MATINAUX. Feuilletant jusqu’à la fin, et arrivant à « ROUGEUR DES MATINAUX », il m’indiqua le numéro III :
— Tiens ! Ca c’est pour toi ! Et fais-en bon usage…
Et c’est ainsi que j’ai découvert les deux petites lignes qui m’ont servi de guide et de doctrine pendant toute ma vie.
‘’ Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque
A te regarder, Ils s’habitueront. ‘’

Car ce poète n’habite pas en haut de la montagne, à l’abri des indiscrets, quand il vous parle d’homme à homme, il vous tutoie.
Errant parmi les incendies de cannes à sucre, à Pomalca, guettant les retours de pêche des balsas de totora, à Pimentel, je m’inculquais cette sentence magique avec la conscience d’aller dans le bon chemin. Celui des Transparents.
Ne me demandez pas ce qu’elle signifie. N’imitez pas les savants, ne brisez pas l’aurore du poète : Je me suis contenté de suivre les conseils de ce conspirateur.
Car, ‘’ Un homme sans défaut est une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas ‘’ (Feuillets d’Hypnos, dans Fureur et Mystère)

Il faut être patient et modeste pour prétendre à pénétrer le monde de René Char.

Il était bien gentil, mon cousin, mais moi, l’analphabète scientifique, qui contemplais l’océan du sommet de la « Huaca del Dragon », qui tentais de déchiffrer les frises de pélicans taillés dans la boue séchée érodée par les vents salés des tempêtes, comment pouvais-je gravir les pentes multiples de ce poète qu’il m’avait fourré dans la poche pour le voyage ?
Il faut être patient et modeste pour prétendre s’introduire à ciel ouvert dans les grottes ombrées de René Char.
Déjà, quand il était petit et ne répondait pas aux appels de la famille qui le cherchait, son père s’exclamait : « Ce petit, pour le voir, il faut regarder en haut ! » (Aqueù pichot, per lou veire, faù regarda adaù). Il se cachait dans la rocaille des terres provençales.
Il ne faut pas aller vers René Char comme on va à Victor Hugo ou Baudelaire, et attendre le ravissement. Ni comme on va à Rimbaud ou Verlaine, et craindre l’effroi ou l’éblouissement.  Il faut rester stoïque et s’aventurer sans peur dans la pluie giboyeuse : « Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée »

Savait-il, mon joyeux cousin, buveur et fumeur invétéré, adorable conteur de fééries fumeuses, qu’il m’avait fourni la clé d’un poète pour ouvrir la serrure de ma vie ?
Savait-il qu’un jour, j’aurais à survoler les lignes de Nazca par soleil couchant pour distinguer les ombres, et que, de mon petit avion fragile, j’aurais à découvrir ces bêtes formidables endormies sur le sable depuis plusieurs siècles ? La Arana, le Picaflor, le Parihuana, le Chancato, le Colibri et la Grenouille, la grande Spirale double, que des mains de géants aux intentions insondables avaient laissés pour traces de leur passage entre la Cordillère et la presqu’île de Paracas marquée d’un candélabre destiné à guider le navigateur.
Non, il ne savait pas, et ne l’a jamais su, qu’il m’avait fourni les armes pour défendre mon avenir :
« Avec mes dents, J’ai pris la vie sur le couteau de ma jeunesse
Avec mes lèvres aujourd’hui, Avec mes lèvres seulement… »
(Le Nu Perdu. Jeu muet)

De Tipasa aux bords de la Sorgue, le fil qui relie Albert Camus à René Char est à la fois fugitif et éternel.

En ce temps-là, juste avant la terrible blessure qui entailla le visage de la France, ma génération possédait un héros en littérature : Albert Camus, ce petit pied-noir, dont la mère illettrée n’a jamais lu une ligne de son fils, qui partit de son bled perdu, orphelin de son père tué quand il avait un an, pour rejoindre Stockholm y prononcer un discours de Prix Nobel. A nous, écoliers encore, il avait offert L’Etranger et La Peste.
Les deux compères se connaissaient et s’étaient liés d’amitié, s’écrivaient et se visitaient. L’un foulait les prairies sur les bords de la Sorgue, l’autre avait parcouru les rivages dans les senteurs de Tipasa. On les voit tous les deux, à l’Isle-sur-la-Sorgue : L’un, grande et dure carcasse aux jambes poilues et cigarette au bec au milieu d’un visage massif taillé à la serpe ; L’autre, tout de blanc vêtu et se grattant la tête, aux poumons menacés par la tuberculose, journaliste à "Combat", versé dans le théâtre.
C’est Camus qui résume le mieux : « Du soleil, la poésie de Char a l’obscurité fugitive ». C’est Char qui salue le lauréat du Prix Nobel : « Ici, sur les champs malheureux, une charrue fervente ouvre la terre, malgré les défenses et malgré la peur ».
J’ai inscrit ces deux hommes sur mon tableau d’honneur, où ils sont encore pour consoler l’analphabète scientifique.

Dans La Postérité du Soleil, sur des photos d’Henriette Grindat datant de sa visite à René Char durant l’été 1950, Albert Camus se fit le chantre des paysages intimes du poète autour de l’Isle-sur-la-Sorgue. Et celui-ci lui consacra un poème d’introduction : « De moment en moment », où René Char nous prévenait déjà : « Le monde, de nos jours, est hostile aux Transparents »
C’est encore vrai, mais « Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu. Il chante avant de s’envoler. »

Au fil de vos lectures, auteurs de tous bords, vous trouverez la méthode de René Char : « Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du Verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes, et pousser plus avant dans son ordre. »
Dans « Les voisinages de Van Gogh » (1985), René Char m’a aidé une dernière fois : « Ma solitude, où tiens-tu mon désir enfoui ? »

Gérard BOSSY

Bibliographie de René Char :
Le Marteau sans maître, 1934
Placard pour un chemin des écoliers, 1937
Dehors la nuit est gouvernée, 1938
Feuillets d'Hypnos, 1946
Fureur et mystère, 1948
La Parole en archipel, 1962
la Nuit talismanique, 1972 
Chants de la Balandrane, 1977

 

 

Et pour en savoir plus sur René Char

En apprendre plus sur René Char :

            René Émile Char voit le jour au tout début du siècle dernier, en 1907, un peu avant l'été : le 14 Juin. Dernier né d'une fratrie de quatre enfants, sa situation familiale est peu commune. Son père, Joseph Émile, mandaté maire de L'isle-sur-la-Sorgue à partir de 1905 et nommé administrateur délégué des Plâtrières de Vaucluse l'année même de la naissance de son cadet, avait en effet épousé, en premières noces, la sœur de celle qui deviendrait pourtant la mère de ses enfants à la suite du décès de sa première femme.

            De cet illustre père jouissant d'une certaine notoriété et qui offrait à sa famille un train de vie aisé, le jeune René sera très proche ; malheureusement, Jospeh Émile Char décède en 1918 des suites d'un cancer. La famille entre alors en détresse et subit de plein fouet l'apprentissage d'une vie quotidienne devenue précaire. Si des liens intimes unissaient René et son père, s'il tenait à ses deux sœurs, à sa grand-mère et à sa marraine, nous rapporte-t-on, en revanche il n'entrait guère dans les affections de sa propre mère : sa vie va changer désormais.

La vie qui s'apprend, les premiers écrits de René Char

            René Char entre au lycée Mistral d'Avignon l'année de la mort de son père. Il a onze ans, se bâtit déjà un corps de géant, pratique le rugby avec fougue, et développe des amitiés durables, avec Jean Garcin, puis plus tard, avec Louis Curel, membre du parti communiste. Autant de personnages authentiques et hauts en couleur, qui viendront à figurer dans les écrits du poète rebelle. Louis Curel, par exemple, deviendra Auguste Abondance dans 'Le Soleil des eaux'.

            De 1923, -date à laquelle il quittera son lycée à la suite d'un accrochage qui l'aura opposé à un professeur, lequel se serait mêlé de se moquer de ses tout premiers vers-, à 1929, René Char se cherche. Il se rend en Tunisie, pays dans lequel son père avait initié une petite plâtrerie, mais il en revient vite. Il entreprend des études de commerce qui ne parviennent pas à le passionner, se fait embaucher dans une maison d'expédition de fruits et légumes et, courant 1927, effectue à Nîmes son service militaire. Durant toutes ces années le poète lit, beaucoup, passant de Plutarque à Racine, de Rimbaud à Mallarmé. À Nîmes il rédige sa première critique littéraire ; et, en 1928 enfin, vient, aux éditions de la revue, la publication d'un premier recueil : 'Les Cloches sur le cœur'.

Une rencontre décisive : René Char et Paul Éluard

            En 1929, René Char fonde une revue, qui ne connaîtra que trois numéros mais lui donne l'occasion de se faire un nom. Il y publie une nouvelle, réputée autobiographique, 'Acquis par la conscience'. Il fera bientôt la connaissance d'un personnage qu'il côtoiera sa vie durant : le poète Paul Éluard, à qui il avait envoyé un exemplaire de son second recueil publié, 'Arsenal'. Paul Éluard lui rend personnellement visite et l'invite à se rendre à Paris où, en fin d'année, René fait la connaissance de Louis Aragon et de André Breton (pour ne citer qu'eux). Il adhère dès lors au mouvement du surréalisme littéraire, mouvement dont il sera trésorier tout une année durant.

           En 1930 -le 14 février- le groupe des surréalistes saccage un bar à Paris, une 'bataille' mémorable au cours de laquelle René sera blessé. Voilà qui ne l'empêche pas de vivre une existence bien remplie, sans lois ni interdits, accompagné toujours de son cher Paul Éluard. Jusqu'en 1934, période à laquelle il décidera de se désolidariser du surréalisme, « mort du sectarisme imbécile de ses adeptes », René Char accumule les voyages, les rencontres, les défis, se découvrant de nouvelles amitiés et se montrant fidèle aux anciennes. En octobre 1932, il épouse Georgette Goldstein rencontrée lors d'un voyage en Espagne.

René Char : un auteur dans la tourmente de la grande guerre

            En 1937, victime d'une septicémie qui lui vaut un an de convalescence, René Char approfondit ses lectures, se forge de nouvelles amitiés qui incluent des artistes peintres, dont le travail et les œuvres l'inspirent. En 1938, il tombe éperdument amoureux d'une artiste peintre d'origine suédoise, Greta Knutson, aux côtés de laquelle il découvre le romantisme allemand. Mais vient la guerre. En 1939, Char est mobilisé.

           C'est alors, à l'évidence, que l'existence de René Char prend un tournant. Pendant l'occupation, il entre dans la Résistance. Mais cette même prise de position est une torture pour l'homme profond et absolu qu'est René Char. Lors même qu'il doit agir les armes à la main, (il est nommé responsable d'une section atterrissage-parachutage et prend son QG dans les Basses-Alpes), il s'interroge cruellement sur le sens et la valeur de ses actions. Avec la dernière énergie il combat le nazisme et réfute toutes ses thèses ; il se refusera à toute publication le temps que durera la guerre. Il écrit cependant, les fameux 'Feuillets d'Hypnos', les 'Billets à Francis Curel', qui sont, l'un comme l'autre, sous leur apparence de notes éparses, des ouvrages construits et volontaires au cours des pages desquels Char se livre, corps et âme, pour faire connaître les impressions que lui inspirent la terrible guerre et la terrible résistance : « école de douleur et d'espérance », écrira-t-il, parlant de cette dernière.

L'après guerre : René Char passe à la postérité 

            L'après-guerre est également douloureux pour René Char qui n'a pas confiance dans les actions entreprises pour le relèvement de la France. L'écrivain qu'il est, le résistant qu'il est devenu, entretiendra une amitié sincère et solide avec son confrère contemporain Albert Camus et partagera avec lui, dit-on, un point de vue pessimiste quant à l'avenir du pays. En témoignent les écrits des deux auteurs. Cependant, René Char tâche de s'ouvrir à de nouvelles perspectives, le théâtre et le cinéma l'intéressent, il connaîtra désillusion et malheur dans ces domaines, mais on lui doit en partie la création du célèbre Festival d'Avignon initié en 1947. Quoiqu'il en soit, c'est à cette époque que les spécialistes de René Char situent la maturité poétique de l'auteur qui publie énormément 'Les Matinaux', 'La Bibliothèque est en Feu', etc.

            La publication, en 1971, du 'Cahier de l'Herne', et, en 1983, celle de ses 'Œuvres Complètes' dans la Bibliothèque de la Pléiade, consacrent René Char, sa figure et ses écrits et lui ouvrent la voie de la postérité. Dans les deux dernières années de sa vie, l'auteur qu'il est, engagé par tout refus d'engagement, prolixe et passionné, publie encore des ouvrages d'importance, tel 'La Nuit talismanique qui brillait dans son cercle'. En 1987, il se marie avec Marie-Claude de Saint-Seine mais peu après, le 19 février 1988, terrassé par une attaque cardiaque, René Char meurt à Paris à l'âge de quatre-vingt ans.

Le saviez-vous ?

> En 1917, alors qu'il n'est âgé que de dix ans, René Char est mordu par un chien enragé. Il sera l'un des premiers à bénéficier du vaccin mis au point par Louis Pasteur.

> René Char est également connu sous un autre nom : celui de 'Capitaine Alexandre'. Il ne s'agit pas là d'un nom de plume adopté par l'auteur, mais bien du pseudonyme sous lequel il officiait du temps où il faisait partie de la Résistance et qui lui est resté par la suite.

> René Char avait un physique de colosse ! Massif et musclé, le visage semblant taillé, sinon au couteau, du moins au burin, il mesurait 1 mètre 92 !

À lire absolument (si ce n'est déjà fait) :

> Les recueils poétiques, bien entendu. On peut choisir un de ceux qui sont cités dans cet article de biographie. À savoir, certains recueils sont en fait des compilations : 'Fureur et Mystère'  paru en 1948 regroupe plusieurs livres dont les 'Feuillets d'Hypnos'.

> Les Œuvres Complètes, Bibliothèque de la Pléiade (édition revue en 1995, préfacée par Jean Roudaut).

> 'Correspondance 1946-1959', un ouvrage qui regroupe les échanges épistolaires qui ont eu lieu entre René Char et Albert Camus dans la même période. L'ouvrage a paru en 2007 aux éditions Gallimard.

Élizabeth M. AÎNÉ-DUROC.

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Un poète d'une immense sensibilité !

Publié le 30 Mai 2026

@monBestSeller merci d'avoir ressuscité cette tribune écrite par deux auteurs aussi sympathiques que talentueux et pacifiques.
Feu notre ami Bossy m'a fait découvrir et apprécier peu à peu la poésie de rené Char. J'ai également lu sa correspondance avec albert Camus sur ses conseils. Ce fut un plaisir, et je ne peux qu'en conseiller la lecture à mon tour. Leurs échanges sont exceptionnels de profondeur, de sincérité, et leur estime mutuelle, leur affection non feinte, m'ont totalement séduite.
Bonne soirée à tous,
Michèle

Publié le 26 Mai 2026

Merci pour cet article passionnant !

Publié le 26 Mai 2026

@Gérard Bossy @Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC
merci beaucoup pour cet article et ce "en savoir plus", j'aime beaucoup l'homme et l'artiste (duo pas toujours aisé à réunir dans une admiration commune), ses poèmes sont de ceux qui parfois me laissent immobile, les yeux dans le vague, un léger sourire aux lèvres. J'ai découvert "impose ta chance..." grâce à un bistrotier aveyronnais arrivé à Paris le jour de ses 12 ans qui avait l'habitude de sillonner les rues de la capitale (jamais en dehors du périph' !!) torse nu sur son vieux bicloune, et depuis cette maxime me revient périodiquement en tête.
Autre poème qui me met en joie : Allégeance, qui finit ainsi : "Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?" (je l'ai paraphrasée pour écrire la dernière ligne de mon roman "À propos d'Anna").

Publié le 26 Mai 2026

Merci pour cet article. Bien que pas toujours optimiste dans ses projections, René Char avait un talent d'observateur plus que transparent. Je vous recommande d'en lire quelques vers avant d'éteindre votre lampe de chevet..

Publié le 25 Mai 2026