Interview
Le 05 avr 2018

J'écris parceque je n'ai pas le choix

Entre exhibitionnisme et pudeur, le fragile équilibre de l’écrivain tient du funambulisme. Cet équilibre instable est un état. L’état de celui qui émet un message, et de ses lecteurs qui l’interprètent. Est-ce cela être un artiste ? Mahogany raconte
Ecrire : s'exhiber puis disparaitreEcrire : s'exhiber puis disparaitre

Pourquoi j'écris ? Mieux vaut tard que jamais....

Le processus d'écriture est toujours le même. D'abord quelque chose en moi veut sortir, car mon esprit ne parvient plus à le contenir. C'est souvent douloureux. Quand ce "quelque chose" déborde, il convient simplement de lui donner la forme que je choisis. Et je choisis presque toujours l'écriture.

J'ai toujours le souci de rendre beau. C'est ma revanche sur la douleur. Que je sois blessé n'est pas grave, pourvu que ce soit beau. C'est certainement pour ça que j'aime ma meuf, par exemple. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a toujours ce paradoxe qui me colle à l'encre : Suffisamment de proximité pour que le lecteur ressente ; suffisamment de distance pour qu'il s'approprie. Il y a systématiquement ce tango que dansent ensemble "exhibitionnisme" et "pudeur" quand j'écris. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas si c'est bien. Je sais juste que c'est systématique.

Je tente de me positionner en artiste. Je n'évoque pas ici un statut spécial qui serait issu d'une espèce de don divin ou que sais-je... Non. Pas de ces conneries mégalomanes dans mon propos Je parle uniquement d'une façon de communiquer. L'artiste va créer son œuvre avec ses émotions; cette œuvre va à son tour susciter des émotions indépendantes à ceux qui se l'approprient.
En somme, j'écris parce-que je suis un artiste et que je n'ai pas trop le choix : c'est ma façon de gérer le débordement de mon esprit. 

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