Le titre nous avait prévenu. Le temps des Cerises nous met directement dans le bain avec sa ritournelle de grand-mère, qui évoque à la fois l’amour, le printemps et les insurrections de la Commune de Paris en 1871. Le temps des Cerises est devenu l’hymne des insurgés, et des sacrifiés, tout comme le tableau de Delacroix « la liberté guidant le peuple s’étalaient fièrement sur les billets de 100 francs à l’époque.
Mais, je vous parle d’un temps…
Le récit mené par Louise déroule sa nostalgie mais ne s'en contente pas. Le personnage est mû par sa rancoeur et le désir de comprendre le rôle du vieux mafieux dans la destruction de la Bambolina mais également de l'effondrement de sa famille.
La destruction de la Bambolina, sorte de maison commune, correspond à la disparition de la conscience de classe. les prolos, la débrouille, "le bruit et l’odeur" de leur cuisine comme dirait Chirac, la marmaille jouant dans la cour, toute une époque qui revit sous la plume ensoleillée de l’auteure. Et surtout leur langue : Les expressions Provençales, « Zou maï » les insultes en Napolitains « strunz et facce cazz », qui incarne mieux qu'un portrait la classe populaire et sa diversité.
Qui a fait le coup ? Pourquoi et comment ? Jusqu’au bout le suspens nous mène par le bout du nez vers un dénouement inattendu autant que réjouissant. Parce que le lecteur s’y attache à ces vies partagées dans l’humble demeure en commun, à ces vies auxquelles il ne manquerait qu’un petit coup de pouce du destin pour s’en sortir… « Ce qui est con avec les prolos, c’est que dès qu’un truc part en vrille dans leur vie, tout le reste suit… quand tu tires un fil, c’est tout le tricot qui se défait. Notre tricot à nous c’était la Bambolina. » P76
Tout ça pour dire que j'ai adoré plongé dans cet univers pas si éloigné de celui de mon enfance. J'ai savouré avec délice ce mélange de dialecte, d'argot cousu sur une langue précise et déterminée comme le caractère de Louise.
Merci pour ce beau cadeau de Noël Catarina !
Publié le 07 Janvier 2026