Jean Benjamin Jouteur
Biographie

Auteur furieusement indépendant. "Parce qu'on écrit la vérité sur ces gens, parce qu'on ne s'occupe pas de leur plaire, parce qu'on a écrit pendant toute sa vie pour tout autre chose que l'argent, on est un voyou de lettres"

Jean Benjamin Jouteur a noté ces livres

5
Comme le disait le cousin Félix : « Entre mourir d’amour ou bien mourir de rire, La plus achalandée c’est difficile à dire, Les deux finissent en spasmes en soubresauts en transes, Mais les deux sont jeudis, Le rire toujours comique, Et l’autre romantique » Comique et romantique ! Le voilà le pitch de ce bouquin ! Sans rire ! Vous embauchez une comédienne genre Diane Keaton (Annie Hall) ou Renée Zellweger (le journal de Bridget Jones) version un peu (beaucoup) rajeunie, aux commandes vous mettez un des réalisateurs les plus bavards d’Hollywood, mais aussi l’un des plus doués j’ai nommé Woody Allen, et hop ! Vous adaptez le bouquin de Dame Casenove, vous obtenez alors la comédie dramatique américaine de l’année, un « je t’aime, tu m’aimes, j’ai mal, on se quitte, tu es un grand malade ! Je suis seule, il est où le prochain ? “ Version 20 fois sur le métier remettez votre ouvrage. Prochainement « Mourir d’amour » sur vos écrans, un film grand public, salué par la critique, qui attirera autant d’ados en partance amoureuses que d’adultes en souvenance d’histoires de cœur jetées aux oubliettes. Sérieux !, Vous me confiez une équipe et surtout un bon paquet de dollars et illico je me lance dans l’adaptation cinoche de ce bouquin. On se calme, c’est une autobiographie, ce qui signifie que l’intégralité de ce que la dame raconte, lui est arrivée ! (ou pas) D’ailleurs, en découvrant les multiples détails qu’elle nous assène, on ne peut qu’en déduire qu’elle bénéficie d’une mémoire pire que celle d’un éléphant de la bande à Hannibal… Hannibal Barca, le Carthaginois, pas Hannibal Lecter le psychopathe ! N’hésitant devant rien et afin de vous faire comprendre le personnage de Louise, j’ai trouvé une métaphore particulièrement lumineuse. Louise Casenove est une lumière plantée en plein cœur d’une nuit d’été. Vous savez, le plan barbecue entre amis sous un doux ciel étoilé. La soirée est un peu compromise car la clarté pourtant intime de la lampe extérieure attire inlassablement moustiques, hannetons, papillons de nuit, mouches et autres bestioles désagréables un peu comme la séduisante Louise aimante infatigablement les tordus, les poivrots, les violents, les abrutis, les radins, les romantiques à deux balles, j’en passe et des bien pires. Il faut dire qu’elle a un grave problème, Louise. Elle ne sait pas les larguer ses prétendants. Du coup, elle les congédie façon je me tire sans rien dire en laissant un petit mot sur la commode ou pire un SMS. Alors, bien sûr, les pauvres mecs, ils deviennent pots de glu, pour elle, mais aussi pour le lecteur qui marmonne devant sa liseuse : « Mais il est encore là, celui-là ?" Et tout ça, elle nous l’énumère, elle nous le liste, elle nous le développe. Pire que le temps des amours de Marcel Pagnol qui déjà jouissait d’une sacrée faculté de ressouvenance. Un peu de sérieux : Le texte est riche, marrant, bien écrit, parfois un peu livré en vrac, ce qui n’est pas pour déplaire, parfois un peu répétitif, parfois un peu long, parfois émouvant parfois franchement fort. Lisez la nouvelle mouture de ce bouquin, comme moi vous aimerez Louise. Cette fille vous fera craquer !
Publié le 27 Avril 2021
5
C’est avec un réel plaisir que j’ai découvert de nouveaux paysages, contemplé des décors, parcouru quelques rues, visité des logis. J’ai croisé des personnes fortes et torturées, des destins tortueux, surpris des moments de vie, échangé avec des inconnus. Mais le retour au bercail fut si rapide que j’aimerais pouvoir souffler à l’organisateur, celui qui nous a tenus si aimablement tenus la main : « Hé Garçon ! Pourquoi ne pas rajouter quelques pages qui m’auraient permis de suivre, encore ces gens, de partager avec eux plus de souffrances, plus de joies, plus d’incertitudes, plus d’espoirs, de galères et de petites victoires. La vie des autres est si rapide, pourquoi accélérer celle de ces êtres que tu sais si bien décrire, aimer et partager ? Bon, OK ! si le voyage n’avait pas été si agréable, si bien préparé, si enrichissant, si surprenant aussi, jamais je n’aurai désiré qu’il se prolonge. Je me serai contenté de lâcher du bout des lèvres un méchant et détestable : « Enfin fini ! “ Ça n’est pas le cas. Je te l’accorde volontiers. Mais ce texte se prolonge en mémoire d'un goût d’inachevé... Ou plus exactement d'un parfum de long résumé. Tu sais, de ces résumés si bien faits qu’ils te donnent envie de découvrir l’œuvre dans son intégralité. Oui, Il y avait matière à écrire un pavé... 50, 100 pages de plus m’auraient comblé. Et je crois que pas une seconde je me serai ennuyé. Avec ce texte, j’ai visionné un téléfilm de grande qualité qui m’a interpellé, touché, intéressé, conquis. Et je me plais maintenant à imaginer que le réalisateur, avec l’accord de la production, se lance dans l’adaptation long métrage de l’histoire. Il en a le talent et les capacités... Et son œuvre mérite amplement que l’on passe plus de temps avec elle ! Allez ! Stop ! Je n'ai pas d'autre choix que de respecter celui de l’auteur et surtout de mettre en avant cette capacité étonnante dont il dispose : Il excelle dans l'art de raconter, sans délayer, sans mots parachutés, une histoire forte. Il ne manque pas un détail dont l’absence nuirait à la compréhension. L’histoire est finie, complète et efficace. Oui, je me contredis, Seuls les persuadés ne changent pas d’avis. Et la seule chose dont je suis persuadé, c’est d’avoir apprécié ce bouquin. Et de cette qualité là, on ne peut qu'en redemander !
Publié le 23 Avril 2021
5
Prendre le risque d’exploiter un et même plusieurs scénarios de SF maintes fois explorer par les pontes de la futurologie, c’est courageux (ou suicidaire). Revendiquer ce choix en multipliant les clins d’oeil rappelant les oeuvres écrites par quelques grands maitres du genre : Van Gogh (à qui Ridley Scott a tout piqué en créant son Alien), Arthur C Clarke (Pour "2001 "bien sûr mais ainsi pour" les gouffres de la Lune" et la série des "Bases Vénus" ), c’est judicieux mais surtout jubilatoire pour le fan inconditionnel de SF que je suis. J’ai découvert dans cet ouvrage un écrivant capable de rendre hommages à mes littérateurs favoris sans pour autant pomper ces dernier en gribouillant une daube mal plagiée. Notre plumitif du futur explore le thème à sa façon, se parant de sa propre originalité, mais conservant certaines qualités de ses illustres prédécesseurs. Par exemple, comme Sir Arthur C Clarke, Freddy Khol s'évertue à narrer aux lecteurs des événements scientifiquement plausibles survenant lors de situations tout à fait crédibles. Les personnages aussi sont vrais, ils parviennent à exister par leurs nombreuses imperfections mais aussi par leurs incroyables capacités d’êtres humains, qu’elles soient positives ou négatives. Enfin, le « mixage » du récit est habile, répartissant harmonieusement et avec un rythme soutenu, les différentes scène d’actions, les aspects technologiques et scientifiques, de précis aperçus de la base lunaire et du paysage sélénite et enfin des portraits de personnages interagissant souvent complexes. En résumé ce bouquin est un vrai bon livre de SF de facture classique, comme je les aime. Il est simple à lire, sans longueur ni digression, parsemé de dialogues adaptés. De quoi accompagner avantageusement un « sans sommeil » lors de ses heures d’insomnie.
Publié le 16 Mars 2021
5
J’ai découvert cette pièce avec plaisir. Je me suis revu pas mal d’années en arrière, comédien, jouant le personnage de Daniel dans « Piège pour un homme seul » de Robert Thomas. L’histoire d’un homme qui ne reconnaît ni celle qui prétend être sa femme ni sa vie « d’avant ». Est-il fou ? S’agit-il d’une machination ? D’un simple cas d’amnésie ? Comme Daniel, le public ne sait plus qui croire. Je me suis revu également metteur en scène dirigeant « Le voyageur sans bagage » d’Anouilh. Un amnésique découvre avec horreur l’identité qu’on cherche à lui attribuer. Refusant de se reconnaître, il prétend être un autre homme, membre d’une famille à la recherche de l’un des siens, disparu lors de la Grande Guerre. Une pièce très forte. En effet j’ai trouvé quelques points communs entre ces trois pièces pourtant totalement différentes. Notamment l’humour de Thomas, mais aussi la gravité d’Anouilh. Je pense que j’aurais apprécié, soit de jouer soit de mettre en scène celle de Michel Bugnon-Mordant. Bien sûr, tout metteur trouve choses à redire à chaque fois qu’il s’apprête à adapter un texte pour le plateau. Son job consiste à rendre ce dernier vivant, crédible, spontané… Le comédien doit être le personnage, celui qui semble improviser ses paroles. Sur cette œuvre, autant les répliques courtes sont efficaces, autant je viserais certains tunnels (longues répliques) qui, à mon sens, sont trop bavards ou bien trop écrits. À mon sens, ils comportent de temps à autres un certain nombre de redites nuisant à la dynamique des échanges, ralentissant le rythme de jeu de théâtre moderne, voir parfois redondants. Il me manque aussi, et il appartiendra au directeur d’acteurs de travailler sur ce point précis, un peu d’épaisseur aux personnages. Le comédien manque de matières à digérer. Je ne parle pas des didascalies. Certaines répliques doivent être volontairement très intérieures, c’est-à-dire fournir aux interprètes des pistes qui leur permettront de créer des personnages vrais et non des coquilles un peu vides récitant ou échangeant conventionnellement des répliques. Mais, malgré ces toutes petites réserves que l’on pourrait adresser parfois aux plus grands, et qui ne représentent que mon humble avis, « La peau de l’autre » reste une pièce fort agréable qui, défendue par de bons comédiens bien dirigés, constituerait un excellent moment de théâtre. Merci à l’auteur et à mon ami Kroussar de m’avoir fait découvrir ce texte. Je note 5 étoiles car j'estime que le théâtre mérite amplement de figurer dans la création littéraire, même s’il exige lecture et écriture différentes.
Publié le 18 Février 2021
5
Cet hommage trouve toute sa force dans sa sincérité. Pour une fois, je reste sans voix… Ce qui n’est pas très grave d’ailleurs lorsque l’on s’exprime avec un clavier… S’exprimer avec un clavier, tel était le mode d’expression du Captain’, Personnage principal et omniprésent de ce très court texte. Mon impression ? Étrange… Si j’avais entendu l’auteur devenu orateur, lire ce texte dans l’intimité d’un groupe d’amis venus adresser un dernier adieu à l’un des leurs, avec dans la voix, une compréhensive émotion, si j’avais été de ce groupe de personnes bouleversées d’avoir perdu un homme que j’aimai, j’aurais sans doute versé quelques larmes… Ce n’est pas le cas. Cependant, moi, simple lecteur ne connaissant pas cet homme que l’on me décrit avec tant de chaleur, lorsque je lis ces lignes, par le miracle de quelques paragraphes, il me semble avoir gagné en ce Captain, un ami, pour le reperdre presque aussitôt. Comme s’il était devenu l'un de mes proches depuis que j’ai compris le pourquoi de ce superbe voilier qui éclaire la couverture de son élégance. Avoir des amis, c’est savoir parler d’eux en toute circonstance… Pas forcément lors des situations les plus tristes. Alors lorsqu'on découvre ce texte, plein d'émotion, de respect, d'authenticité, on se dit que l'on aimerait appartenir au rang des amis de son auteur ! Qu'il puisse un jour parler de vous (par nécessairement à l'occasion d'une oraison funèbre tout de même).
Publié le 07 Décembre 2020

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