Jean Benjamin Jouteur
Biographie

Auteur furieusement indépendant. "Parce qu'on écrit la vérité sur ces gens, parce qu'on ne s'occupe pas de leur plaire, parce qu'on a écrit pendant toute sa vie pour tout autre chose que l'argent, on est un voyou de lettres"

Jean Benjamin Jouteur a noté ces livres

5
Prendre le risque d’exploiter un et même plusieurs scénarios de SF maintes fois explorer par les pontes de la futurologie, c’est courageux (ou suicidaire). Revendiquer ce choix en multipliant les clins d’oeil rappelant les oeuvres écrites par quelques grands maitres du genre : Van Gogh (à qui Ridley Scott a tout piqué en créant son Alien), Arthur C Clarke (Pour "2001 "bien sûr mais ainsi pour" les gouffres de la Lune" et la série des "Bases Vénus" ), c’est judicieux mais surtout jubilatoire pour le fan inconditionnel de SF que je suis. J’ai découvert dans cet ouvrage un écrivant capable de rendre hommages à mes littérateurs favoris sans pour autant pomper ces dernier en gribouillant une daube mal plagiée. Notre plumitif du futur explore le thème à sa façon, se parant de sa propre originalité, mais conservant certaines qualités de ses illustres prédécesseurs. Par exemple, comme Sir Arthur C Clarke, Freddy Khol s'évertue à narrer aux lecteurs des événements scientifiquement plausibles survenant lors de situations tout à fait crédibles. Les personnages aussi sont vrais, ils parviennent à exister par leurs nombreuses imperfections mais aussi par leurs incroyables capacités d’êtres humains, qu’elles soient positives ou négatives. Enfin, le « mixage » du récit est habile, répartissant harmonieusement et avec un rythme soutenu, les différentes scène d’actions, les aspects technologiques et scientifiques, de précis aperçus de la base lunaire et du paysage sélénite et enfin des portraits de personnages interagissant souvent complexes. En résumé ce bouquin est un vrai bon livre de SF de facture classique, comme je les aime. Il est simple à lire, sans longueur ni digression, parsemé de dialogues adaptés. De quoi accompagner avantageusement un « sans sommeil » lors de ses heures d’insomnie.
Publié le 16 Mars 2021
5
J’ai découvert cette pièce avec plaisir. Je me suis revu pas mal d’années en arrière, comédien, jouant le personnage de Daniel dans « Piège pour un homme seul » de Robert Thomas. L’histoire d’un homme qui ne reconnaît ni celle qui prétend être sa femme ni sa vie « d’avant ». Est-il fou ? S’agit-il d’une machination ? D’un simple cas d’amnésie ? Comme Daniel, le public ne sait plus qui croire. Je me suis revu également metteur en scène dirigeant « Le voyageur sans bagage » d’Anouilh. Un amnésique découvre avec horreur l’identité qu’on cherche à lui attribuer. Refusant de se reconnaître, il prétend être un autre homme, membre d’une famille à la recherche de l’un des siens, disparu lors de la Grande Guerre. Une pièce très forte. En effet j’ai trouvé quelques points communs entre ces trois pièces pourtant totalement différentes. Notamment l’humour de Thomas, mais aussi la gravité d’Anouilh. Je pense que j’aurais apprécié, soit de jouer soit de mettre en scène celle de Michel Bugnon-Mordant. Bien sûr, tout metteur trouve choses à redire à chaque fois qu’il s’apprête à adapter un texte pour le plateau. Son job consiste à rendre ce dernier vivant, crédible, spontané… Le comédien doit être le personnage, celui qui semble improviser ses paroles. Sur cette œuvre, autant les répliques courtes sont efficaces, autant je viserais certains tunnels (longues répliques) qui, à mon sens, sont trop bavards ou bien trop écrits. À mon sens, ils comportent de temps à autres un certain nombre de redites nuisant à la dynamique des échanges, ralentissant le rythme de jeu de théâtre moderne, voir parfois redondants. Il me manque aussi, et il appartiendra au directeur d’acteurs de travailler sur ce point précis, un peu d’épaisseur aux personnages. Le comédien manque de matières à digérer. Je ne parle pas des didascalies. Certaines répliques doivent être volontairement très intérieures, c’est-à-dire fournir aux interprètes des pistes qui leur permettront de créer des personnages vrais et non des coquilles un peu vides récitant ou échangeant conventionnellement des répliques. Mais, malgré ces toutes petites réserves que l’on pourrait adresser parfois aux plus grands, et qui ne représentent que mon humble avis, « La peau de l’autre » reste une pièce fort agréable qui, défendue par de bons comédiens bien dirigés, constituerait un excellent moment de théâtre. Merci à l’auteur et à mon ami Kroussar de m’avoir fait découvrir ce texte. Je note 5 étoiles car j'estime que le théâtre mérite amplement de figurer dans la création littéraire, même s’il exige lecture et écriture différentes.
Publié le 18 Février 2021
5
C’est vrai que c’est un beau roman et aussi une belle histoire. Comme certains, ou peut-être comme beaucoup, d’autoédités par défaut, je suis devenu « indépendant » par choix. Comme certains, ou peut-être encore, comme beaucoup, j’ai refusé à deux reprises des propositions d’éditeurs qui, à mes yeux, tenaient plus à une forme de « métayage » qu’à un véritable partenariat. L’autoédition commence à être, je veux dire « à exister »… Ce ne sont que les balbutiements d’un mode d’expression littéraire qui, je crois, ne demande qu’à prendre son ampleur… Nous avons tous un défi à relever, celui de la liberté qui se passe de la fameuse « ligne éditoriale, mais aussi de la reconnaissance. Pas celle des éditeurs, celle des libraires et surtout, celle des lecteurs confondant trop sauvent autoédité et compte d’auteurs. Avec des gens comme vous et bien d’autres que j’ai eu l’occasion de croiser ici ou là, la partie peut être gagnée.
Publié le 10 Février 2021
5
Cet hommage trouve toute sa force dans sa sincérité. Pour une fois, je reste sans voix… Ce qui n’est pas très grave d’ailleurs lorsque l’on s’exprime avec un clavier… S’exprimer avec un clavier, tel était le mode d’expression du Captain’, Personnage principal et omniprésent de ce très court texte. Mon impression ? Étrange… Si j’avais entendu l’auteur devenu orateur, lire ce texte dans l’intimité d’un groupe d’amis venus adresser un dernier adieu à l’un des leurs, avec dans la voix, une compréhensive émotion, si j’avais été de ce groupe de personnes bouleversées d’avoir perdu un homme que j’aimai, j’aurais sans doute versé quelques larmes… Ce n’est pas le cas. Cependant, moi, simple lecteur ne connaissant pas cet homme que l’on me décrit avec tant de chaleur, lorsque je lis ces lignes, par le miracle de quelques paragraphes, il me semble avoir gagné en ce Captain, un ami, pour le reperdre presque aussitôt. Comme s’il était devenu l'un de mes proches depuis que j’ai compris le pourquoi de ce superbe voilier qui éclaire la couverture de son élégance. Avoir des amis, c’est savoir parler d’eux en toute circonstance… Pas forcément lors des situations les plus tristes. Alors lorsqu'on découvre ce texte, plein d'émotion, de respect, d'authenticité, on se dit que l'on aimerait appartenir au rang des amis de son auteur ! Qu'il puisse un jour parler de vous (par nécessairement à l'occasion d'une oraison funèbre tout de même).
Publié le 07 Décembre 2020
5
Les héros sont ils immortels ? Je pense que oui… Dans vingt ans ou bien longtemps après votre propose mort, il vivra encore. Oui, vous avez vu l’accident… Mais comment pouvez vous ignorer que tout était simulé, virtuel, rêvé, imaginé. René était dans votre tête, comme vous étiez dans la sienne lorsque vous l’avez engendré. Pourquoi ce simulacre me direz vous ? Pour vivre justement, vivre sans l’entrave d’un auteur lui dictant ses faits et gestes…. En un mot, pour se débarrasser de vous, son père virtuel et dirigiste. Il vit maintenant dans son univers, loin de votre imaginaire… Bref, j’ai souri en lisant votre nouvelle… J’ai vraiment apprécié ce coup de gueule et vous savez quoi ? René rit encore de cette bonne blague qu’il vous a fait.
Publié le 02 Novembre 2020

Pages