Beaucoup de grands éditeurs ont manqué à l’appel : de Stock à Odile Jacob en passant par Calmann-Levy, Lattès, Grasset...
Que cela signifie ? Simplement que les éditeurs ne trouvent pas la contrepartie de leurs investissements. Un score de visite en léger déclin et une salve de critiques sur l’organisation.
Livre-Paris 2019 : trop politique ?
D’abord, Paris-Livre 2019 est «engagé". De nombreux débats geopolitiques, économiques et politiques ont pris place. Pas toujours au goût d’un public très littéraire.
Le thème central "l’Europe" : une belle opportunité pour proclamer le partage de valeurs culturelles et faire un pied de nez au Brexit. Problème : les organisateurs n’ont pas créé l’espace prévu. Un oubli, non justifié à ce jour. Sans doute les conférences de chaque pays formaient cette mosaïque qu’on appelle l’Europe. Pas du goût de tous car le sujet portait sur la convergence et la richesse d'un patrimoine littéraire commun et complémentaire.
Livre-Paris : déontologie fragile ?
Les espaces magnifiques d’Oman et d’Arabie Saoudite ne semblaient pas là vraiment pour promouvoir les livres, mais plutôt en opération de charme : tourisme, et conquête géopolitique. Une manifestation presque provocante.
Acceptable le jour ou les femmes saoudiennes acquerront le droit d’entrer seules dans une librairie.
Livre-Paris : célébration des éditeurs ?
Enfin, le triomphe d’Amazon, splendidement représenté, jouxtant les stands de Gallimard et Flammarion. Comme Nelson défiant Napoléon.
Qui est éditeur, qui est libraire, qui est sélecteur, qui a toutes les adresses des auteurs et des lecteurs, qui gagne de l’argent, qui en perd ? Confusion des genres. Inquiétude de fin d’époque. Naissance d'une nouvelle ère indéfinie.
Mais Paris doit avoir sa foire du livre.
Quand on pense "peinture", on pense prioritairement "Italie", quand on pense "musique" on pense ’Allemagne", mais quand on pense littérature, on pense à la "France".
Paris restera-t ‘il la capitale du livre ?
Qui réinventera ce salon ?
» Livre-Paris 2019 : la qualité des débats