Actualité
Le 26 mar 2019

Peut-on faire un livre tout seul ?

Catarina Viti et Hubert Letiers s'interrogent sur la solitude de l'écrivain et son impossibilité à s'auto-évaluer. Quel que soit son talent, il est, par manque de recul inapte à juger son propre travail. A l'époque où 15 % des Français écrivent, les mots "solidarité" ou "entraide" pourraient bien avoir un sens particulier pour un but ultime : la publication
Littérature : maintenant je vais où ?Littérature : maintenant je vais où ?
 Nous parlons ici de livres dont l’ambition première est la publication ‘’grand public’’, que celle-ci soit en autoédition ou surtout à compte d’éditeur. »

 

Peut on être critique de sa propre littérature ?

Peut-on faire un livre tout seul ? On a le droit de le croire et même d’essayer, mais au risque d’aller vers un résultat incertain, et cela pour une raison simple : il est impossible d’être à la fois auteur et critique impartial d’un texte. Nier cette réalité conduit soit à se montrer trop sévère et courir au découragement, soit trop complaisant et courir au ridicule. Un auteur est le pire lecteur de son propre texte... juste avant sa famille et ses amis proches. 

Un livre peut tout à fait se concevoir dans la solitude, face à soi-même et son silence intérieur. Mais, une fois les mots alignés sur un support, matériel ou non, la présence « de l’autre » est indispensable pour vérifier l’adéquation entre les buts que s’est fixés l’auteur et les résultats produits sur un lecteur. Et plus encore sur un comité d’édition.

La lecture exterieure de votre roman est le seul jugement qui vaille

Seule une lecture extérieure sans complaisance ni affects peut traquer les faiblesses d’un texte : structure (plan, développement), niveau de langue, fluidité et effets de style, orthographe et coquilles.

Publier c’est aussi affronter une rampe de critiques. À moins d’être complaisantes (et dans ce cas, elles ne servent à rien) les critiques sont de tous poils. Fondées, signifiantes, stériles, iconoclastes ou acerbes. Elles correspondent toutes à différentes grilles de lecture. Une critique flatteuse peut-être signifiante mais aussi trompeuse. Une critique agressive est inutile dans son principe et sans intérêt pour l’auteur. Une critique construite en référence à divers critères ou usages littéraires est toujours bonne à prendre, même si elle paraît parfois sévère.

Celui qui a écrit seul sera seul pour représenter son texte. Un texte doit être porté et non défendu. La relation avec le lectorat se construit sur la base de qualités littéraires et éditoriales. Et non sur des affects dont les réseaux sociaux sont une chambre d’échos.

L’entraide entre auteurs : une pratique souhaitable

Le premier geste de cette entraide est la rédaction d’un commentaire. Un exercice qui exige de son rédacteur plusieurs qualités: honnêteté, courage et réel désir de faire progresser. Côté auteur, l’écoute et la capacité à remettre son texte en question doivent être au rendez-vous.

Écrire des commentaires est pédagogique, autant qu’en recevoir. Il faut des deux côtés s’entraîner à viser le texte et non les personnes. L’objectif reste l’optimisation du texte.

Mais attention à l’entre-aide « en trompe l’œil », une tendance selon nous contre-productive à l’éligibilité éditorialed’un texte. En particulier quand elle consiste à arroser de commentaires laudatifs et persillés de « 5 stars » des textes dont la forme est loin d’être aboutie.

L’entraide entre auteurs : une relation de confiance entre deux personnes.

D’un côté, un bêta-lecteur appliqué qui sans complaisance accepte une mission clairement définie par l’auteur. De l’autre, un auteur confiant et à l’écoute, transparent et précis dans ses objectifs. Tous les deux prêts à s’engager dans la durée. L'écriture est un process au long cours.

Si l’auteur doit rester « le patron » de l’histoire qu’il écrit, il doit aussi envisager l’idée que l’anatomie de son texte peut-être imparfaite ; qu’elle pourrait donc être améliorée pour offrir un meilleur confort de lecture, mais aussi une meilleure crédibilité. Une écriture trop instinctive est souvent lacunaire. Et une écriture redondante peut vite s’avérer indigeste.

L’entraide est un processus rétroactif et interactif. La critique échangée nourrit et enrichit la relation parce qu’elle se décline dans le temps, faisant ainsi évoluer la maturité de l’écriture

Parfois, l’un et l’autre doivent dire ou entendre des choses fortes, dures mais justes, et que seule l’amitié autorise. L’amitié et le respect de l’autre personne, mais aussi la foi dans son potentiel. Un peu comme si on pariait sur le succès de l’auteur. Il ne suffit pas de se sentir concerné par la démarche de l’auteur, mais réellement impliqué. 

Il vaut mieux être trois que deux. C’est la présence du troisième acteur qui introduit et entretient la dynamique. Celui qui donne de la perspective au travail, qui permet de rebondir et de sortir d’une relation binaire, laquelle finit toujours par s’essouffler. L’idéal, c’est quand le quatrième est l’éditeur…

Exemple d’une amitié collaborative, le témoignage d’Hubert Letiers.

En 2015, j’avais mis en ligne sur mBS un thriller assez court. Thriller dont j’avais simultanément, et en toute naïveté, adressé plusieurs exemplaires à divers éditeurs. Sur mBS, j’ai très vite reçu une avalanche de commentaires on ne peut plus flatteurs. Sur le site, mon bouquin a alors vite escaladé les cimes des onglets « grands trafics ». Heureux, pépère… les maisons d’édition n’avaient plus qu’à confirmer… Trois mois plus tard, quatre éditeurs me répondaient par la négative. L’un d’entre eux m’a renvoyé mon manuscrit, annoté sur les 60 premières pages. Une exécution en règles ! au demeurant très concise et factuelle. Mon métier m’ayant toujours incité à ne pas négocier avec la vérité, j’ai d’abord pris acte, ensuite du recul, et enfin le temps de l’analyse. Avoir des idées, l’envie d’écrire et maîtriser les fondamentaux de la langue française… ça ne faisait pas de moi un romancier. 

Écrire est un métier. Il est complexe. S’il vous attire, mieux vaut l’apprendre. Et cela, même si on ne le raisonne pas en plan de carrière. Me faire plaisir en couchant de la merde sur papier, en solo et tout en prétendant casser les codes, je savais que « ça le ferait pas », même pour moi.

Alors, j’ai cessé de me leurrer, j’ai commencé à bosser, je me suis entouré d’auteur(e)s animés d’un même souci d'exigence et, comme le criait parfois sœur Emmanuelle : « Yallah ! » 

De vrais éditeurs m’ont ensuite fait confiance et aujourd’hui, avec l’un d’eux, l’écriture étant devenue mon activité principale, j’apprends un vrai métier.  Au départ, tout cela a été rendu possible grâce aux opportunités de rencontres et d’aides qu’offre monBestSeller.

PS : Je crois qu’en littérature, même dite populaire, il ne faut pas perdre de vue que sans lecteurs, un(e) auteur(e) n’existe pas. Et un vrai lecteur, il en veut pour son fric, même quand c’est gratuit…

L’entraide dans le processus de l’écriture

Après le casting des acteurs, et une fois « le contrat » bien posé et partagé, l’entraide peut se mettre en route.

Dans notre groupe, sept auteurs(e)s, nous écrivons chacun dans des registres très différents. C’est un atout. Au plan pratique, pas plus de trois d’entre nous ne collaborent en même temps sur un livre : son auteur et deux « correcteurs-bêta-lecteurs ». Entre nous, une règle informelle : un pour tous et tous pour un dès que le besoin est formulé. Nous préservons toujours une disponibilité pour les autres.

Actuellement, chacun(e) de nous travaille sur un projet en cours : incipit d’un nouveau thriller pour l’un, correction de l’acte 1 d’une trilogie pour Catarina, structuration d’une nouvelle saga pour l’autre, etc.

Quand on parle d’entraide, beaucoup pensent spontanément à la bêta-lecture. Mais l’expérience démontre vite qu’elle ne se limite pas à cela.

Nous nous soutenons dans les moments de doute. Nous nous aidons à rebondir vers des projets nouveaux, à trouver de nouvelles voies. Nous nous motivons en débusquant nos potentiels, nous entretenons la flamme, la tension créatrice. Nous nous marrons beaucoup, énormément… Empathie, autodérision, confiance indéfectible, amour de la vie et rigueur partagée, tout s'articule un peu autour de ces valeurs.

La bêta-lecture peut intervenir à tout moment du processus. C’est l’auteur qui choisit en fonction du retour d’information dont il a besoin. Pour la correction de son épais manuscrit, Catarina a demandé à un auteur de la suivre, chapitre après chapitre, pour lui signaler tout hors-jeu dans la construction. Elle a reçu de sa part différentes analyses psychologiques de ses personnages qui l’ont bluffée et lui ont donné des ailes pour continuer à raconter son histoire. Cette entraide est inestimable.

La bêta-lecture en fin de parcours consiste à reprendre le texte ligne par ligne, mot par mot et à tirer à boulets rouges sans états d’âme. Une « bonne phrase » est celle que nous avons défendue à la vie, à la mort.

S’agissant en fin de compte d’offrir du plaisir au lecteur, la forme d’un texte doit contribuer à son confort de lecture.

Viennent ensuite les lectures et relectures qui, malgré tous nos soins, laissent toujours derrière elles quelques coquilles. Comme si un djinn s’acharnait à vouloir laisser sa signature dans nos pages.

Quelques suggestions pour lancer la dynamique et former des groupes d’entraide :

Si vous adhérez à ces idées et pensez qu’une telle démarche est salutaire, voici quelques suggestions d’auteur(e) pour lancer la dynamique :

Utilisez les possibilités offertes par la « biographie » : Dites où vous en êtes, quels sont vos projets d’écriture, présentez vos besoins, vos interrogations.
Si vous demandez de l’aide, des avis, des critiques prenez soin de répondre aux commentaires qui vous sont laissés. 
Quand on vous propose de l’aide : sautez sur l’occasion ! Si l’on vous fait remarquer que votre texte contient des fautes ou des incohérences, réjouissez-vous d’avoir peut-être trouvé un généreux correcteur.
Si on vous souligne des faiblesses, demandez lesquelles. Les commentaires peuvent devenir un lieu de dialogue constructif.
Débusquez vos auteurs préférés sur le site 
Commentez-les, dites ce que vous avez le plus, le moins aimé. Suivez-les.
Allez chercher vos compagnons, faites des propositions d’entraide
Faites les premiers pas, proposez des services. De belles relations peuvent naître d’un coup de main pour la mise en page, la rédaction du synopsis, la typo, le projet de couverture. Lancez-vous. 
Trouvez des auteurs qui vous complètent. L’entraide sera toujours plus aisée s’il ne plane pas le doute de la concurrence. Vous faites dans le roman historique, allez chercher des auteurs de SF par exemple.
Entraînez-vous à développer un sens critique significatif. Significatif ne veut pas dire gentil, mais juste. La flatterie ou la moquerie n’enseignent rien. Votre but est d’atteindre le meilleur niveau possible, vous n’avez pas une seconde à perdre avec la flagornerie ou la bêtise. Tracez votre route.

Faites des tentatives, essayez, encore et encore.

Pour notre groupe, les complicités autant que les complémentarités se sont très vite révélées. Mais peut-être est-ce seulement la chance. Ne laissez toutefois pas passer de belles occasions, parce que vos tentatives ne se verront pas immédiatement couronnées de succès…

Catarina Viti & Hubert Letiers (février 2019)

23 CommentairesAjouter un commentaire

Bonjour,
Pour ma part, j'ai déposé un texte il y a à peine un mois. Ce texte je l'ai écrit avec mon cœur, avec mes émotions en très peu de temps. Il fallait que ça sorte d'une façon ou d'une autre.
J'ai passé plus de temps à tenter de le réécrire, qu'à l'écrire. Jusqu'au moment ou j'ai jugé qu'il était présentable et que j'ai décidé de le publier. Pas pour être désigné comme un auteur de talent, je connais ou croyais connaître mes limites, mais juste pour partager avec des auteurs inconnus, avoir leur avis sur ma première publication, mon style.
J'ai eu cette chance d'être commenté par @Catarina et @lamish, avec des commentaires constructifs et j'ai été blessé, non pas par les critiques qui sont justes, mais parce que je me suis rendu compte que mon écriture ne reflétait pas toute l'émotion que je voulais faire passer.
Catarina a eu la gentillesse de me contacter pour me donner quelques précieux conseils et on est au tout début d'échanges qui, j'en suis sûr, seront très fructueux et amicaux :)
Ce que je veux dire, c'est que nous avons chacun une sensibilité différente, ce qui va toucher une personne, va laisser une autre indifférente, un texte sans émotion restera un texte banal. Le graal, c'est de toucher le plus de lecteurs possibles, et c'est là que l'échange devient important.
Pas pour dénaturer le texte initial, mais pour l'améliorer.
Alors oui, un auteur débutant a forcément besoin des conseils d'auteurs plus aguerris, parce seul, il ne sait pas trop ou il va. C'est un peu comme s'il était lâché au milieu de l'océan, sans carte ni boussole, et sans repères, il ne peut que dériver, à quelques exceptions près de ceux qui savent lire les étoiles.
Et comme je ne sais pas lire les étoiles, je suis preneur de tous bons conseils qui me feront aller un peu plus loin.

Publié le 02 Août 2019

Personnellement, je suis ravie des merveilleuses rencontres faites sur mBS et je remercie @lamish, @Kroussar, @Michel CANAL, @Victoire Sentenac pour le temps qu'il m'accorde en toute amitié et partage !
Belle soirée et merci pour cet article fort enrichissant. Thalia

Publié le 04 Avril 2019

Bonjour, @Michel CANAL,
Je n'imaginais pas que nos parcours se ressemblent autant. J'en suis presque émue !
Je partage tout ce que vous évoquez, depuis la naïve certitude initiale jusqu'à l'erreur de croire qu'un texte serait abouti parce que nous l'avons laissé faisander, et que nous l'avons lu, relu et re-relu.
Moi aussi j'ai rencontré un trop rapide succès. (Ce succès qui ne m'a pas fait tourner la tête, m'a fait prendre cependant quelques vessies de porcs pour de belles lanternes chinoises.) Heureusement, celui qui est parti de rien pour n'arriver à pas grand-chose n'a pas un long chemin à faire pour revenir à son point de départ !
J'ai aussi réévalué les "gentils commentaires", pour ne pas trouver grand-chose de réellement constructif sous le miel de la bienveillance.
Enfin est venu le jour où l'on m'a dit "je te trouve sympa et je t'aime bien, mais..." Ah, comme tout ce qui suit ce "mais" est bon à entendre ! Même si cela tournicote parfois l'ego, même si cela implique qu'il faille reprendre da capo le travail qu'on croyait pourtant achevé.
Bon, puisque je vous rejoins à chacun de vos propos, je vais m'arrêter pour ne pas paraphraser votre commentaire.
Je n'émets qu'un seul vœu : celui que votre voix (plus plaisante que la mienne à quelques oreilles) soit entendue, et que ce message précieux fasse son chemin dans notre communauté. Merci, Michel.

Publié le 02 Avril 2019

Merci @Catarina Viti et @Hubert Letiers pour cette tribune à laquelle j'adhère.
Comme beaucoup, j'ai fait l'apprentissage de l'écriture en solo, puis de l'autoédition comme débutant pétri de certitudes et de satisfaction… et hélas de naïveté aussi. Cette plateforme mBS que je ne connaissais pas seulement quelques jours auparavant, découverte grâce à la publication d'un ami, me sembla être la solution idéale pour y publier (en 2015) ce que je considérais un "bestseller" en devenir, mis au point sur une longue période.
Je n'avais comme certitude sur la qualité supposée de mon manuscrit que celle de l'avoir écrit quelques années auparavant, maintes fois relu, corrigé et amélioré après l'avoir laissé reposer dans la mémoire de mon PC suffisamment longtemps pour l'aborder chaque fois avec un oeil neuf (ou presque).
Vous l'aurez certainement compris, je n'avais ni l'expérience d'auteur, ni le retour d'avis de lecteurs/trices qui auraient pu (dû) m'ouvrir les yeux sur mes lacunes, mes longueurs, mon style… bien sûr encore quelques fautes et la typographie en format A4 quelque peu compacte (l'erreur majeure de nombreux débutants).
Un succès trop rapide "encore hélas" m'avait conforté dans mes erreurs de discernement, dans un excès de confiance. C'est ici que les propos de cette tribune prennent tout leur sens. Quelques échanges fructueux avec d'autres auteur(e)s m'ont apporté beaucoup. Les lire m'a ouvert l'esprit sur d'autres manières d'écrire ; leurs avis m'ont permis de me remettre en question. Certain(e)s de ces auteur(e)s sont encore mes amis(e)s avec lesquels/lesquelles nous pratiquons l'entraide préconisée par cette tribune.
Alors, pour répondre à la question posée : Peut-on faire un livre tout seul ? Je dirais que c'est certainement possible, mais pas souhaitable pour les auteurs que nous sommes, autopubliés sur cette plateforme. L'auteur débutant que j'étais a beaucoup appris des autres, s'est amélioré, a eu envie de publier d'autres écrits (ce qui n'était pas un objectif envisagé), a participé à l'entraide et à la vie de la communauté. Ce dernier point est important. Il m'a fallu un certain temps pour être attentif à tous les enseignements que pouvait apporter monBestSeller par ses tribunes.
Pour conforter @Catarina Viti et @Hubert Letiers dans leurs propos, je dirai :
— Qu'on n'est pas un bon critique de sa propre littérature
— Que la lecture extérieure de son manuscrit est le seul jugement qui vaille
— Que l'entraide entre auteurs est une pratique souhaitable… et bien entendu qu'elle est fondée sur une relation de confiance.
Merci aussi à tous les intervenants qui ont donné leur avis. MC

Publié le 02 Avril 2019

@FANNY DUMONT, merci de partager votre témoignage. La plus part des membres de mBS savent, du moins je crois, qu'entraide et solidarité sont actifs sur le site. Et mon ancienneté me permet de connaître bien des auteurs généreux. "Les petits services entre amis" se passent généralement dans la discrétion, nous le savons bien, et si nous avons proposé cet article ce n'est pas pour mettre en valeur notre pratique. (Je vais me répéter : selon moi, chacun fait selon ses valeurs et ses objectifs et en fonction de ses croyances.) Nous avons décidé de partager cette expérience surtout pour les nouveaux auteurs du site dont l'écrasante majorité ne fait que passer dans les nouveautés pour disparaître, emportant peut-être avec eux l'idée que ce site n'a rien de constructif à leur offrir. Voilà tout.
@Thierry Vitteau. Je profite de votre intervention pour recadrer certaines choses.
Pour commencer, n'imaginez pas notre groupe comme une "bande de copains". Nous partageons une vision de l'écriture et des rêves du même acabit : passer du scribouillage à une modeste littérature. Ceci mis à part, nous sommes tous très différents et indépendants. Nous n’interagissons pas avec tous les membres du groupe. Trois de ces auteurs ne sont pas membres de mBS. Ensuite, nous ne vivons pas sur un petit nuage. De pareilles collaborations, tellement dans le vif du sujet, produisent aussi des tensions, de petits conflits, des lignes de désaccord... et il faut gérer.
Mais je suis certaine d'une chose, vous allez trouver vos compagnons de plume ! Faites signe quand vous aurez démarré votre collaboration.

Publié le 29 Mars 2019

Depuis peu sur ce site, je dirais que ma première réaction en lisant votre article a été de l’envie !
Vous nous faites rêver avec votre groupe d’entraide et je trouve personnellement qu’il a su tirer le meilleur profit de MBS. Vous savez expliquer avec une grande clarté votre démarche et j’apprécie tout particulièrement votre attachement à toujours vous situer entre flagornerie et moquerie pour demeurer constructif.
Reste maintenant à suivre ce bel exemple en essayant de construire de nouveaux groupes et en espérant qu’ils possèderont autant de vertus que le vôtre.
Merci @Catarina Viti pour ces bons conseils et à bon entendeur, salut !

Publié le 28 Mars 2019

Suite à votre tribune, je tenais à partager mon expérience sur MBS où je me suis inscrite à l’automne 2014 pour proposer à la lecture mon premier ouvrage qui s’ennuyait dans mes fichiers. Quelle ne fut pas ma surprise et ma satisfaction de recevoir illico le tout premier commentaire de ma vie d’une personne qui depuis est devenue une amie (sans son autorisation je ne la nomme pas). Elle m’a donné un formidable élan pour poursuivre ce qui reste pour moi un agréable amusement. Quelques jours plus tard, mon livre fut mis à la une, alors moi qui comptait en rester là, j’ai eu des ailes pour poursuivre dans ce qui est un métier, certes. À cette époque l’ambiance était conviviale, les commentaires étaient nombreux et nous apprenions à nous connaître et surtout à nous entraider. Une ambiance familiale comme le voulaient les responsables du site. Puis, tout a changé lors de l’apparition d’une personne qui a mis fin à l’attrait du site. Je ne reviens pas sur la genèse de ce qui a occasionné suspicion, embrouilles (un sac de nœuds inextricable dont j’ai pâti), départs de très nombreux auteurs que j’appréciais. Je tenais simplement à vous signaler que certains.aines donnent de leur temps sans compter en totale discrétion et ce depuis de nombreuses années. Je remercie ceux et celles qui m’ont apporté et m’apportent encore leur soutien, leurs corrections, leur amitié. De mon côté, je continue d’en faire autant dans la limite de mes petits moyens. Et, qui m’aurait dit que mes petites écritures me donneraient l’occasion de faire l’une des plus belles rencontres de ma vie ! Voici 18 mois, un tout jeune étudiant en 2ème année de licence vivant à plus de 6 000 kms de chez nous demandait d’être indulgents avec ses écrits car il maitrisait très mal le français. Son humilité m’a tant touchée que je lui ai proposé mon aide. Depuis lui et moi avons créé, l’été dernier, un groupe afin de promouvoir la lecture dans les pays francophones (lire, lire et encore lire). Nous avons la fierté de compter plus de 1 000 membres à ce jour et c’est ainsi que mon petit hobby me permet chaque jour de faire de nouvelles rencontres, de partager leur quotidien, leurs mœurs, de découvrir leurs pays… et de proposer mon aide à certains étudiants pour finaliser leurs mémoires ou corriger leurs textes pour ceux qui se lancent dans la belle aventure de l’écriture. Aussi, mon vœu le plus cher serait que MBS retrouve sa sérénité, que les combats de chefs cessent (vœu pieux) et, surtout, que certains anonymes aient le cœur (je connais mes classiques) de sortir de leur nauséabonde tanière. La médisance, sous couvert de fariboles, peut blesser profondément une personne qui, parfois, n’a trouvé que l’écriture pour se sentir exister et comprise. Cordialement. Patricia/Fanny/Trisha.

Publié le 28 Mars 2019

Quand je suis arrivée sur mBS en 2015,
j'étais loin de penser que
-Mon bouquin "Bientôt nous nous Aimerons" n'était pas parfait (eh, oui!)
-Ma mise en page était bidon
et j'aurais été bien étonnée si l'on m'avait dit que
-J'allais trouver de l'aide
-J'allais coopérer avec d'autres auteurs
Alors, aujourd'hui, j'aimerais savoir ce que pensent les nouveaux auteurs du site, si cette tribune leur inspire une réflexion, si l'expérience que nous partageons dans cet article les tente, s'ils la vivent déjà ou s'ils regardent tout cela avec étonnement/suspicion/curiosité/etc.

Publié le 28 Mars 2019

Merci pour votre réponse, Catarina, et pour les appréciables nuances qu'elle véhicule. Nous sommes d’accord sur les limites du rôle du bêta-lecteur.
La trouille d'être lu, l'angoisse d'avoir pondu un navet, le doute, la peur du rejet, parfois même l'envie de plaire à la terre entière comme un grand utopiste ;), bref, tout ce qui a longuement été débattu ici, nous les ressentons tous au début. C'est un baptême du feu que l'on s'impose en se demandant souvent pourquoi, sauf si l’envie d’être édité est le moteur, auquel cas les ressentis précités sont exacerbés. Puis l'envie prend l'ascendant sur la trouille et on saute le pas. Quand on écrit sans velléités d’édition, l’avantage est que plus tard on banalise, on peut même en rire et se dire : "tout ça pour ça !". Dans le cas inverse, la pression ne redescend pas. Mais dans les deux cas de figure, être entouré adoucit tous ces sentiments, nous recale agréablement en cas de bêta-lecture. En ce sens, l'entraide est primordiale car qui mieux qu'un auteur peut en comprendre un autre ? Sans elle, pour ma part, j’aurais probablement quitté cette plateforme et repris des pinceaux que je boude depuis trop longtemps d’ailleurs. C’est ce qui fait aussi que je n’admettrai jamais qu’un auteur, seul dans sa démarche (donc avec un trouillomètre à -30º), se fasse massacrer gratuitement, et ce, quelle que soit la qualité de sa prose. Dans cette situation, je trouve cela totalement déloyal.
En définitive, j’ai l’impression que nous sommes tous animés par les mêmes doutes, les mêmes interrogations, voire d’accord, dans le fond, sauf que certains vont être plus perfectionnistes que d’autre, ou situer leurs priorités ailleurs, ou ne consacrer qu’une partie de ces dernières à l’écriture… Autant de cas de figure que d’auteurs qui ont, est-il utile de le rappeler ? le droit d’écrire.
Quant à savoir quand on doit s’arrêter de retravailler un texte, c’est effectivement difficile. Pas de recette magique, juste quelques signes qui peuvent nous aider, comme ne plus pouvoir voir son texte en peinture, sentir qu’il ne répond plus présent, qu’il en a marre de se faire remanier, être tenté d’en modifier le fond, se renier pour plaire… autant de signaux d’alarme qui nous disent « Tu es en train de perdre l’essence de l'inspiration initiale. » C’est aussi ce qui fait que je suis pour le laisser tranquille de temps en temps, ce pauvre texte duquel on attend tout, voire trop.
Merci pour cette tribune qui suscite visiblement un vif intérêt. A tous, amicalement, Michèle

Publié le 27 Mars 2019

Merci pour ta réponse, Hubert. Je reçois tes arguments, même si ta démarche et ton point de vue diffèrent des miens. Je fais part de mes impressions en qualité de lecteur, car je n'ai pas de velléités d'édition. Je n'ai jamais envoyé quoi que ce soit à un comité de lecture. Lorsque je dis écrire pour le plaisir et le partage, je n’enfume personne, je suis sincère, mais cela ne m’empêche pas de penser qu’entre un éditeur et son auteur, l’humain l’emportera sur la prose parfaite, si l’un des deux manque à l’appel.
Pour moi, à trop polir un texte, une fois bêta-lu et corrigé bien sûr (on ne va pas relancer les vieux débats), il y a risque qu’il se déshumanise. Dans ce cas, le résultat aura beau tendre vers une perfection (illusoire), il y a de fortes chances pour qu’il ait perdu une partie de ce qui fait son charme.
Et puis vois-tu, à défaut de support théorique et comme tout autodidacte, j’observe avant de me faire une opinion. Or, il se trouve que j’ai lu des textes dont j’ai préféré les premiers jets, même avec leurs défauts, car j’apprécie la spontanéité de l’écriture, l’idée et le sentiment bruts, ceux qui me permettent de « sentir les vraies tripes » de l’auteur, d’avoir l’impression qu’il s’ouvre à moi sans fard.
Amicalement, Michèle

Publié le 27 Mars 2019

A lire les commentaires dans leur ensemble, je note quelques inquiétudes et quelques réticences au fait de travailler (en partie) ses textes avec d'autres lecteurs et/ou auteurs.
Je ne sais s'il s'agit de préjugés ou de retours d'expériences déplaisantes. Pour que les choses soient plus claires il est une règle absolue : l'auteur est maître chez lui. Maintenant quand on a dit cela on n'a rien du tout, car ce maître a parfois besoin de recevoir (d'aimables) leçons.
Il est donc indispensable, je rejoins en cela EDN de poser les limites, de clarifier ses besoins et ses objectifs. La question est simple : au fond, qu'attendons- nous de cette expérience d'entraide ?
Je suis entièrement d'accord avec @lamish, c'est même une évidence : le fond de l'histoire, le ton, la musique que l'on cherche, "l'âme" du texte -si on veut le dire ainsi- ne sont pas des choses négociables. Et si un lecteur s'en mêlait, il serait juste et sain de suspendre aussitôt la relation.
En fait, ce lecteur particulier doit aider l'auteur à trouver lui-même ce qu'il cherche. (Je crois vivre cela actuellement avec un de nos amis. Il a une histoire magnifique, mais il n'a pas encore trouvé comment l'habiller. Alors nous faisons des essais. Nous nous mettons bien d'accord sur ce qu'il souhaite, nous émettons des hypothèses, il les transforme en écriture, il me les présente, je lui dis ce que je ressens en fonction de son objectif, il valide une partie et nous continuons le processus.)
Si je dis que ce lecteur (bêta) tend un miroir. Est-ce que c'est une bonne formule ?
Ensuite se présente, comme le soulève @lamish la phase "polissage". Jusqu'où fignoler ? Et je suis d'accord avec son propos. Il faut savoir s'arrêter avant que le texte perde son suc. Et, là... aïe aïe aïe... c'est pas simple du tout! Qu'on soit deux, trois, dix ou tout seul. C'est une question d'impression, de vision. Un sujet très délicat.

Publié le 27 Mars 2019

@lamish
Le mot « bêta-lecteur » est en effet une monstruosité lexicale, certainement pondue par un quidam qui devait avoir un passif lourd avec les Lettres classiques… voire mêmes modernes.
Mais «…aller plus loin, polir et repolir une œuvre », tel que tu le mentionnes, ne consiste en aucun cas à la faire rentrer dans un moule «au risque de dénaturer l’inspiration première».
Bien au contraire, ce «polissage final » doit être au service de ce que tu appelles « la singularité de l’auteur».
C’est ce travail de finition qui garantira le meilleur relais entre l’auteur et ses lecteurs.
Dès qu’un auteur livre son roman à un large public, son texte lui échappe complètement. Mais au-delà de l’histoire où du thème, (ça, le lecteur dispose de plusieurs centaines de pages pour l’appréhender), c’est d’abord à l’onctuosité du style qu'il sera dès les premières pages confronté… ou à sa rugosité.
On vit tous aujourd’hui dans un monde d’accélération et d’adversité quotidienne.
Les vrais lecteurs, et en première instance ceux des comités de lecture, ne veulent pas se prendre la tête. Littérature avérée ou vrai divertissement, peu importe. Faut d’emblée du groove, faut que ça coule tout seul et sans grumeaux…
À défaut, le lecteur jettera l’éponge, et inutile d’hypothéquer sur une quelconque notabilité d’auteur. L’indifférence générale s’installera très vite et pèsera bien plus lourd que les quelques éternuements de méchanceté émis par des lecteurs de passage.
Il y a environ un an, un correcteur-traducteur pour compte d’une maison d’édition parisienne m’a sorti cette phrase terrifiante : « Hubert, si tu savais le nombre de fois où des éditeurs ont dû jeter l’éponge avec des auteurs qui campaient dans le snobisme de leur médiocrité, tu comprendrais pourquoi maintenant on tamise plus fin dès le départ. Quitte à louper des auteurs qui ont des choses à dire ».
J’avais trouvé que cela avait le mérite d’être clair.

Publié le 27 Mars 2019

@Rezkallahmo
Je trouve votre propos bien pessimiste, en particulier quand il donne à mBS un air de Panthéon pour auteurs refoulés par l’édition. Chaque année, cette plateforme n’est-elle pas pour quelques un(e)s un tremplin ? Quant à considérer qu’un livre passant par l’édition trahit la personnalité de son auteur, sans être tout à fait faux, n’est-ce pas non plus un peu radical ?... Par contre, je rebondis sur votre référence à Stephen King ; je pense en effet que si King où même Proust soumettaient aux éditeurs d’aujourd’hui leurs productions, il est peu probable que ces derniers les éditeraient. L’écriture évolue en contrepoint des tendances sociétales, engendrant des courants culturels plus ou moins stables. Et nombre de maisons d’édition inscrivent leur stratégie éditoriale dans les mouvances qui en découlent. Mais je ne crois toutefois pas que coller à certains de leurs critères d’exigence revienne à vendre son ADN littéraire au diable. Et personnellement, je n’écris ni dans un esprit cathartique ni pour la postérité. Ce serait donner à la mort une importance qu’elle n’a peut-être pas. Amicalement.
@EDN
Rassurez-vous, la bêta-lecture au sens où nous la concevons n’est pas un coup d’État à l'insu de l’auteur. Encore moins un univers carcéral de pseudo-intellos sectaires qui bavent sur tout écrit qui ne les fait pas vibrer… Enfin je ne crois pas.
@Laure Avedian
Je comprends ce que vous dites, pour le vivre dès que je commence à aligner des mots pour pondre un semblant de thriller, (je suis incapable d’écrire autre chose…) Mais j’ai souri (d’un sourire solidaire) en lisant une de vos phrases : «il y a certains passages dont on sait avec certitude qu'ils accomplissent parfaitement l'intention initiale, et ceux-là, aucun bêta-lecteur ne pourra amener l'auteur à les modifier»… Aucun bêta-lecteur ? Peut-être... Mais ne sous-estimer pas les professionnels de l’écriture comme en ont certaines enseignes de l’édition. Vous pourriez être surprise de voir comment des experts, dont le métier est de savoir agencer les mots autour des émotions, pourraient alors ébranler votre conviction d’avoir accompli la mission… Bien à vous.

Publié le 27 Mars 2019

Oui @Laure Avedian, c'est aussi simple et clair que cela. L'entraide que nous pratiquons consiste à aider l'auteur à prendre du recul et arbitrer, non pour faire plaisir à quiconque ou permettre au bêta-lecteur @EDN de se sentir à l'aise dans ses pantoufles (à quelle perte de temps et de sens tout cela se réduirait !) mais pour ne pas s'endormir sur ses lauriers. @Rezkallahmo, on peut se réaliser en essayant de se perfectionner, vous savez, et l'on ne vend pas son âme pour autant. Peut-être même qu'on finit par la trouver... qui sait ?

Publié le 27 Mars 2019

Peut-on écrire un livre seul ? Probablement, oui, lorsque l'on maîtrise parfaitement notre langue et ses arcanes, mais même dans ce cas de figure, un œil extérieur saura débusquer fautes de frappe, coquilles et oublis résiduels que l´auteur, saturé de relecture ne verra plus. Pour le fond, je rejoins l'avis de Philippe, à savoir qu'un bêta-lecteur (Dieu que ce mot me fait horreur ;)) ne doit en aucun cas influencer l'auteur, si ce n'est pour lui signaler une longueur, un passage à vide, un manque de clarté, entre autres exemples. Aller plus loin, polir et repolir une œuvre, essayer de la faire "rentrer dans un moule", c'est prendre le risque d'en dénaturer l'inspiration première, de casser la singularité de l'auteur aussi. Quant à l'entraide entre auteurs, elle est très présente ici. J'en bénéficie et essaie toujours, malgré mon petit bagage, d'en faire bénéficier les autres aussi. Merci pour cette tribune et belle journée. Amicalement, Michèle

Publié le 27 Mars 2019

Bonjour,

Un texte écrit pour publication, avec intention et compromis, laisse un arrière gout à son auteur, quand celui-ci passe à l'édition. Ce livre, est un traitre, il dit pas qui je suis, si je dois disparaitre demain, ce n'est pas ce livre qui me laissera partir en paix...au contraire...alors on peu s'organiser pour publier un livre, si c'est la publication le but ultime, celui qui apaisera l'âme de l'auteur...Hors cela n'apaise rien...c'est d'avoir été honnête avec soi et les autres qui apaise et qui laisse partir sans regret.

Stephen King fait lire ses premiers jets à dix personnes, ces bêta-lecteur, sont-il impartiaux, ou le fait qu'ils lisent King, les influences? King veut que ça marche, et je pense qu'il utilise la meilleur manière pour rendre un livre publiable pour tous. cela dit, il faut prendre en compte qu'il vient d'une autre époque, on peut penser que s'il partait de zéro de nos jours, il finirait lui aussi sur MBS. Autrement dit, l'eldorado, le Graal, "être lu, publié, aimé, en restant réellement soi-même" est le fruit d'un époque qui n'est plus.

Amicalement.
M.R

Publié le 27 Mars 2019

Comme le précise Hubert, nous n'avons pas écrit cet article pour dicter une ligne de conduite à qui que ce soit, mais pour partager une expérience et ranimer -si besoin- la dynamique d'entraide qui s'affichait partout sur ce site, et dont on voit moins la trace de nos jours.
Peut-on écrire un (bon) livre tout seul ? La réponse est oui, bien sûr. Mais comme le précise @kroussar, à la condition d'être devenu un écrivain accompli.
Peut-on progresser tout seul ? La réponse est peut-être... ben qu'oui, pt'être ben qu'non.
Doit-on obligatoirement progresser ? Il ne manquerait plus que ça ! Chacun est libre d'être satisfait de son travail, de ses résultats. Chacun est libre de déterminer ses propres objectifs.
Pour ma part, je ne suis pas d'accord avec vous, @Philippe Mangion lorsque vous dites que l'auteur est le meilleur lecteur de son oeuvre (etc.). Je crois au contraire que l'auteur est trop souvent aveuglé par son oeuvre, trop habité par celle-ci. Je pense aussi que le style se travaille, comme on travaille un art martial dans un dojo. Mais ce ne sont là que les considérations personnelles de quelqu'un qui pense avoir toujours quelque chose à apprendre, quelqu'un qui remercie tous ceux qui veulent bien éclairer sa lanterne.
Quoi qu'il en soit, toutes ces heures de partage, d'entraide que nous nous offrons comptent parmi les plus belles de la vie d'un auteur en herbe et en devenir.

Publié le 27 Mars 2019

@Hubert LETIERS et @Catarina Viti, merci d'avoir ouvert ce débat qui s'annonce passionnant !
Je crois que l'auteur est rarement lucide vis à vis de son texte. Bien sûr, comme l'exprime @PhilippeMangion, il y a certains passages dont on sait avec certitude qu'ils accomplissent parfaitement l'intention initiale, et ceux là, aucun bêta-lecteur ne pourra amener l'auteur à les modifier. Mais que faire des autres passages, les plus nombreux, qui ne nous satisfont pas pleinement ? Les jeter, dans un accès de perfectionniste stérile ? Ou bien les garder, avec paresse ("J'ai tellement sué pour l'écrire") ou complaisance ("finalement, c'est peut-être pas si mal") ?
Alors merci au site MonBestSeller et à ses lecteurs / auteurs qui, par leurs encouragements ou leurs commentaires critiques mais bienveillants, nous aident à faire le tri... D'ailleurs, je lance un appel, car les commentaires sur ma page se tarissent un peu, ces derniers temps ;)

Publié le 27 Mars 2019

@Hubert LETIERS
Bonjour Hubert. Pour ma part, je ne fais pas de distinction entre écrire pour être édité ou proposer un texte sur un plateforme telle que mBS. Donner à lire est un acte important quelque soit la destination, alors je tiens à ce que le texte soit, dès ce moment, le mieux possible à mes yeux, et après avis de ma lectrice de confiance (... à qui je rends la pareille ;-) )
Je me sens incapable de publier en ligne un texte à parfaire, dans l'attente de commentaires d'inconnus.
Cependant, d'un point de vue pratique et efficace, je ne suis pas un exemple à suivre, n'ayant jamais été édité malgré mes tentatives... :)
Bien à toi, Hubert, qui m'a offert mon premier commentaire d'inconnu (... à l'époque) et dont j'ai encore le souvenir. Avec toute mon amitié.

Publié le 27 Mars 2019

@Hubert LETIERS
@Catarina Viti

On ne peut qu’adhérer au principe d'entraide, qui est l'un des points forts de mBS.
Lucie Pergola affirme que l'on peut faire un livre tout seul ! C'est vrai.
Mais, cela ne peut se faire qu'en ayant atteint un très haut niveau littéraire, une parfaite maîtrise de l'écriture, bref être un écrivain.
Pour tous les autres, encore plus pour moi, l'entraide est une démarche salutaire, et on ne peut que vous féliciter, tous les deux, voire vous envier, d'avoir trouvé un groupe d'auteurs dont les complémentarités et complicités ont pu vous faire progresser. Amicalement.

Publié le 27 Mars 2019

@PhilippeMangion
Bonjour Philippe. À la lecture de ton commentaire, je perçois une probable erreur d’interprétation de notre article.
Mais au préalable, je crois utile de préciser que cet article s’adresse surtout à celles et ceux qui souhaitent soumettre leurs écrits à des maisons d’édition traditionnelles.
À l’origine, notre article commençait d’ailleurs par la phrase suivante : « Nous parlons ici de livres dont l’ambition première est la publication ‘’grand public’’, que celle-ci soit en autoédition ou surtout à compte d’éditeur. »
Ce préambule a disparu lors de la mise en ligne sur mBS… pour une raison que j’ignore ?
Cela étant dit, dans cet article, qui ne porte aucun avis ni préconisation sur le thème choisi par tel ou tel romancier, Catarina et moi précisons bien que l’auteur « doit rester le patron de l’histoire qu’il écrit ».
Il n’y est donc question que de la mise en forme d’un roman, en aucun cas de son fond.
Une mise en forme qui, au-delà des minimums syndicaux orthographique et grammatical, doit avant tout offrir au lecteur « un réel confort de lecture ».
Qui plus est, aux sélectionneurs d’un comité éditorial, lesquels sont sans clémence sur ce point : leur tâche est d’évaluer les qualités intrinsèques d’un livre, pas de le déchiffrer. (Parmi les buts que se fixe un auteur, reprécisons une nouvelle fois que notre article intègre prioritairement celui de l’édition).
Et dans une telle perspective éditoriale, Philippe, je ne serai jamais d’accord avec toi quand tu écris peu ou prou « qu’un auteur peut être le meilleur lecteur de son propre texte ». Sauf peut-être s’il écrit avant tout pour lui. Mais là, on entre dans une autre logique, plus confidentielle et moins ambitieuse.
Quant à l’authenticité que tu évoques, un style résolument soigné et fluide ne peut à mon sens que mieux la servir à un lecteur qui ne te connaît pas et te lit pour la première fois.
Tout ceci ne reste bien évidemment qu’un avis, d’autant qu’un livre sans objection, ça n’existe pas. Pas plus qu’une relative performance littéraire ne garantira une consécration éditoriale…
Bien à toi.

Publié le 27 Mars 2019

Chers Catarina et Hubert, merci pour cet article qui lance un joli débat.
Je ne suis d'accord qu'en partie avec vous. Oui à la collaboration quand il s'agit de relever les incohérences et les répétitions involontaires, donner un avis sur la construction et bien sûr aider pour la corvée d'orthographe. Mais, à mon sens, la collaboration doit s'arrêter là. En ce qui concerne le thème, le style, la musique, le fond, il y a risque de dénaturer. Et sur ces points on ne trouve pas trois lecteurs d'accord.
Dans ces conditions, un seul relecteur de confiance suffit. Plusieurs avis nécessitent une recherche de compromis, et dans l'écriture le compromis est un affaiblissement.
Enfin, je ne pense pas, en dehors de l'orthographe et quelques détails à la marge, que l'auteur soit le pire lecteur de son texte. Je pense au contraire qu'il peut en être le meilleur. Même si ses proches sont très positifs, même si les commentaires sont dithyrambiques, un auteur honnête, au fond de sa conscience, ne peut pas se leurrer. Lui seul sait si le résultat est conforme à ses intentions initiales, s'il n'a pas perdu son inspiration en route, si par flemme, fatigue ou lassitude il n'a pas donné dans la facilité.
En tant que lecteur, au-delà du style et même du thème, ça fonctionne quand cette authenticité est perceptible, plus que la perfection du texte.

Publié le 27 Mars 2019

@lucie pergola
Ça promet !...Bon, cela étant, je me rassure en me disant qu'une affirmation exacte ne s'oppose pas forcément à une proposition discutable... quoique...

Publié le 26 Mars 2019