Les jugements à l’emporte pièce vont bon train. Et la supériorité méprisante de lecteurs qui ne daignent pas considérer des ouvrages commerciaux de littérature populaire, tant il leur semble qu’ils ne sont pas dignes d’eux, est parfois consternante.
Il n'y a pas de littérature majeure ou de littérature mineure, il ya la bonne et la mauvaise littérature
Critiquer est un art qui exige une forme de talent supérieure aux auteur(e)s de l’ouvrage critiqué. Et pourtant la pauvreté des remarques laisse souvent pantois.
Levy, Musso, Legardinier… Lisez en un avant de les écarter du bras. Non ce n’est pas Flaubert, ni même Zola...
Lisez en un, non pas pour vous convaincre que c'est bon ou mauvais. Mais pour comprendre pourquoi ça plait. Et pourquoi ces livres ne vous tombent pas des mains (eh oui)
Il y a des histoires dans cette littérature, porteuses de messages, signifiantes de notre époque, témoins de nos comportements.
Les livres dits"populaires", ce sont des livres avant tout
Et puis ce sont des livres, c'est un mode d’occupation intelligent : la lecture. Un loisir en régression qu’il faut cultiver, défendre et non pas assommer par des sentences méprisantes.
Il vaut mieux lire Musso que de ne pas lire du tout. Il vaut mieux lire un digest de Balzac que de lire des romans photos ( qui sont d'ailleurs remplacés par la télé réalité)
Quelquesoit le type de littérature, lire est un acte élévateur
« Trop commercial, pas plus de 400 mots, pas de temps à perdre ». Voilà les adages des leçons toutes faites des sachants.
Et voilà comment sont (mal)traités ceux qui accèdent à la littérature par la littérature populaire, et qui s’y complaisent
Si cette littérature est critiquable, comme tout type de littérature, elle joue pour partie le rôle central d’initiation à la lecture et à son maintien dans les habitudes lourdes des Français.
La littérature populaire fait vivre la littérature, c'est aussi en cela qu'elle est grande
Et surtout, dernier argument, cette dizaine d’auteurs qui font plus de 20 % du Chiffre d'affaire de l’édition lui permette de la faire tourner, de rechercher de nouveaux auteurs et de prendre des risques sur des publications parfois plus audacieuses, plus intellectuelles, pas toujours meilleures.
Les écrits populaires viennent souvent de grands auteurs
Les réhabilitations sont nombreuses à commencer par Simenon dont les ouvrages sont passés du statut de "roman de gare" à monuments de la littérature.
Et puis cherchons un peu plus loin. Ces feuilletons si décriés dans la presse du XIX et du XX è, considérés comme populaires et vulgaires (conçus pour augmenter les ventes de papier) coïncident avec les noms de Charles Dickens, Balzac, Eugène Sue, Dumas père.
Ces textes parfois reconstitués en roman (La vieille fille de Balzac) permettent d’intégrer l' "éthique" d’une période. Ce sont les témoignages d’une époque et d’une esthétique.
Tout comme Levy, Musso, Nothomb et Pancol.
» Le Tour de France et la littérature