Les 8 nouvelles présentées ici son tirées d'un recueil en comprenant 14.
Cher @Michel Bugnon-Mordant - nous allons donc avoir de multiples raisons de partager et d'échanger, au prétexte de la littérature. Bonne nouvelle et merci de votre retour, fouillé lui aussi. A bientôt sur mBS.
Cher Antoine Guy, je ne sais par quoi commencer, tellement votre analyse et les commentaires qui en font partie sont riches. Vous avez parfaitement compris quels sont mes goûts, quelle conception de la littérature est la mienne. Il est exact que depuis mes premières lectures, deux types d'écrivains m'ont accompagné. D'abord les francophones : Saint-Exupéry (qui, par ailleurs, a étudié durant trois années au collège de la Villa Saint-Jean, collège fondé et tenu par des pères français et situé dans ma ville de Fribourg. J'ai joué au football et au basket sur les terrains de sport de cet établissement; Chateaubriand, que je considère comme mon maître en littérature mais aussi en géopolitique, car sa lucidité - contrairement, dans ce domaine, à Victor Hugo, - était grande. Puis les Anglais : Dickens, Stevenson, Conan Doyle, que je lisais en français, bien sûr, avant de me lancer dans l'apprentissage sérieux de la langue puis dans des études universitaires qui m'ont conduit au doctorat d'anglais (thèse sur le poète Coleridge) et à l'enseignement en lycée et en faculté des lettres.
Vous avez admirablement décrit mes spécificités stylistiques. Il est exact que j'ai horreur de la vulgarité et de la facilité du quotidien dans l'expression, d'où, ainsi que vous l'avez fort bien souligné, la "grande dame élégante et aristocratique" que je cultive naturellement, même dans ma façon de parler, en lieu et place des horreurs actuelles - l'influence de la "littérature" américaine contemporaine n'y est pas étrangère, au point que j'ai préféré lire un certain nombre de romans américains en traduction, tant la vulgarité de l'original m'avait repoussé - et leur cortège de "mots simples", c'est-à-dire sommaires ou orduriers, "de mots-valises et passe-partout".
De surcroît, votre description de ce qui m'inspire est surprenante de vérité, y compris ce qui peut "laisser le lecteur sur sa faim". Ce peut être le cas dans "Le monastère" à propos du problème de la foi, qui n'est pas résolu par le personnage qui y est confronté parce qu'il ne peut l'être sans l'élan qu'il incombe.
Je pourrais continuer longtemps, mais je vais d'abord lire les ouvrages que vous avez écrit et que vous citez. Vous habitez une région que j'aime beaucoup, surtout, un peu plus loin, Bormes-les-Mimosas ou nous avons séjourné deux fois, ma femme (française) et moi. Si vous lisez la nouvelle intitulée "Grand Hôtel", qui fera partie du recueil entier (14 nouvelles), si tant est qu'un éditeur veuille bien en concrétiser l'existence, vous verrez que Bormes m'a inspiré implicitement, même si l'histoire se déroule dans un pays imaginaire d'Europe orientale.
Vos commentaires m'encouragent et vont m'obliger à un maximum d'efforts afin de créer d'autres écrits de qualité.
Michel Bugnon-Mordant
Merci pour vos généreuses remarques. "L'innocente", qui fut écrite il y a plus de 10 ans déjà, a toujours eu ma préférence, comme un premier enfant reste un trésor pour toujours. Je suis heureux que mes textes vous aient émue et "agitée", preuve que mes efforts ne demeurent pas vains. Les nouvelles que j'ai mises en ligne ne sont qu'une partie d'un recueil qui attend un éditeur pour exister, avec 7 nouvelles supplémentaires, dont la dernière a été terminée en automne 2025.
M. Bugnon-Mordant
Le poète Coleridge affirme qu'avant de juger le texte d'un écrivain, il convient de comprendre son intention. Vous le faites admirablement en ce qui concerne celles de mes nouvelles que vous avez déjà lues. Je vous en remercie. "L'innocente" est effectivement un hymne à la pudeur et à la préservation de l'innocence, surtout sexuelle, des très jeunes filles. Sujet sensible chez moi puisque j'ai le bonheur d'être père de deux filles. Le temps, pour elles, vient déjà assez tôt.
Votre interprétation des lectures qui, dans "Le monastère", modifient et forment la pensée religieuse d'Alain est un peu différente de la mienne mais elle ouvre une perspective de valeur. Malchance pour lui d'être ainsi aiguillé vers l'agnosticisme, car l'absence de foi en un espoir de vie après la mort peut mener au désarroi ? Ou cheminement logique de par la force de démonstration intellectuelle des trois livres mentionnés, ce qui éclaire la raison et ouvre à la lucidité ?
Enfin, je suis heureux que "L'invitation" ait votre préférence ; c'est un texte sur lequel j'ai beaucoup travaillé, en amont et en l'écrivant.
Merci pour la pertinence et la qualité de votre analyse. Michel Bugnon-Mordant
@Antoine Loiseul
@Guy Fontenasse
Non seulement vos commentaires sont encourageants, mais ils sont précis, constructifs et exprimés avec élégance. Je vous en remercie.
M. BUGNON-MORDANT
Dr ès lettres (littérature anglaise; thèse : "Strange Power of Speech, Coleridge and the Poetic Use of Language", 552 p., 1990)....


"L'INNOCENTE" est le "Livre le +" du 30 mars. Retrouvez l'article qui vous donnera envie de le lire. N'oubliez pas de laisser un commentaire à Michel Bugnon-Mordant, c’est pour cela qu'il publie son recueil de nouvelles sur monBestSeller.