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Le 19 oct 2018

Tic et toc d'auteurs avant d'écrire

Colette combattait la page blanche en utilisant du papier bleu, Edmonde Charles-roux portait des grosses chaussettes en laine toujours du même modèle avant de se mettre au travail, Camille Laurens démarre toujours ses romans par la fin… Chaque auteur a ses « manies » pour défier la médiocrité, écrire mieux ou tout simplement s'inspirer. Une théière géante, une bouteille de whisky, un endroit public, une chambre isolé, des bougies... Il y a autant de rituels que de doutes. Création, phobies et habitudes font décidément bon ménage.
Toute les bonnes raisons d'écrire ou pasToute les bonnes raisons d'écrire ou pas

A l’inverse de certains écrivains, qui sur le modèle de Flaubert reviennent cent fois sur leur ouvrage pour tendre vers la perfection, d’autres écrivent dans l’urgence.

 Je crois que je fais modestement partie de la deuxième catégorie ! J’écris rapidement, mes idées courent presque plus vite que mes doigts sur mon clavier, et dans ces moments-là, je me sens portée, c’est magique ! Un peu comme si mes personnages vivaient déjà hors de moi et qu’ils n’avaient plus qu’à me traverser pour s’incarner à leur tour sur mes pages.

Pour écrire, j'attends l'envie...

Aussi, pour pouvoir vivre si intensément l’écriture, j’attends l’appel ! Non pas de l’inspiration, qui est toujours plus ou moins là, mais de l’envie, et du temps dont je dispose… J’ai besoin de savoir que durant quelques heures au moins je ne serai – presque – pas dérangée. Ce qui avec trois enfants n’arrive pas souvent, alors je profite de mes jours de repos en semaine et de mes soirées tardives pour m’installer tranquillement devant mon ordinateur, ma petite lampe allumée à côté de moi, et la plupart du temps mon chat tranquillement étendu sur le lit.

Thé et chocolat noir et internet : le carburant de l'écriture

Et puisque l’on parle de nos petits rituels, les miens sont quasi immuables : rien n’est possible sans une tasse de thé ou une infusion fumante, et un tiroir rempli de chocolat noir ! Je profite de ces quelques minutes savoureuses pour relire consciencieusement mes dernières pages et laisser infuser en moi l’histoire que je raconte, pour reprendre le fil de mes émotions exactement là où je les avais laissées la fois d’avant.
Indispensable également, la connexion internet… Etant donné que mes élans d’écriture sont denses et rapides (je peux écrire plusieurs pages d’un coup sans me relire, ni lever le nez), j’ai besoin de faire des petites - ou grandes - coupures régulières, des moments d’évasion où je me connecte aux réseaux sociaux, me documente pour mon livre en cours, fait un petit tour sur MBS … Ensuite je reviens sur mon ouvrage, et je relis ce que je viens d’écrire. Je corrige les quelques fautes, élimine les répétitions, pas plus. Ce qui est sorti reste dans sa forme initiale !

J’aimerais évidemment rallonger mes journées, j’ai tant de choses à dire, et à raconter ! Alors je compose, grâce à un entourage conciliant, entre toutes mes vies.

Victoire Sentenac

 

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