Auteur
Le 14 Jan 2019

Le pseudo en littérature est-il lié à la peur d’être soi-même ?

Thalia Remmil nous éclaire sur les raisons qui peuvent pousser un auteur à adopter un pseudo. Loin des facétieux caprices de starlettes, elle explique l'impérieuse nécessité pour certains d'un nom de plume, non pas pour fuir leur identité mais pour réincarner au contraire une vérité pure d'auteur loin des artifices ; en quelque sorte, le nom d'un "autre"est la conquête d'une nouvelle liberté pour se découvrir soi même
Prend-on une autre identité en écrivant ?Prend-on une autre identité en écrivant ?
Quelles raisons peuvent pousser un auteur au choix d’écrire sous pseudo ? Pourquoi préférer de ne pas dévoiler l’entièreté de soi, aux yeux des autres, les lecteurs, rester dans l’anonymat de ce nom qui nous vient du père, ce prénom de nos parents. Notre naissance, notre origine, notre légitimité. 

Quels aspects de notre personnalité préférons-nous garder sous silence ? Pourquoi ? Quelles sont les ombres sous-jacentes à ce silence, à cette préférence ? Est-ce d’ailleurs une préférence, un non-choix, un impératif ? Au regard de qui se cacher, sous quels prétextes ?

Dans les coulisses d’un pseudo, la carapace

L’escargot planqué sous sa coquille, la tortue sous sa carapace, le combattant sous son bouclier, la perle dans l’huitre, Aladin dans la lampe. Une armure qui protège du monde extérieur, une cuirasse pour lutter contre les assaillants, un cœur sans défense qui se défend comme il peut, une arme de dissuasion contre la menace, oui mais quelle menace ? Dans les coulisses de nos théâtres, nous surveillons, faisons le guet, en vigilance observons. Quelle scène nous attend au dehors de notre confort, habitudes, sécurité ? Serons-nous en capacité sur nous de veiller, nous prémunir des critiques, d’un monde qui nous attire autant qu’il nous effraie ? 

La carapace est là pour nous préserver.

Dans les coulisses d’un pseudo, la liberté 

Libres des mots sur nos pages, de nos envolées, nos pensées, nos convictions, ce pour quoi nous vibrons, libres de dire, crier, hurler, pleurer, libres d’OSER. En coulisses, la permission de nos émotions, sentiments, sensations, passions. Libres d’exprimer nos silences longtemps muets parce que certaines lois, secrets de famille, puissance de l’interdit, ne rien dire, se taire, chut ! 

Dans les coulisses d’un pseudo, le secret identitaire

Certains mots sont trop forts, trop dérangeants, trop vrais ! Dans le secret identitaire, le voile se déchire, les masques tombent, la vérité s’interpose. Pour ne pas s’attirer les foudres, ou par respect pour certains, le pseudo s’impose. 

Parce que certains auteurs touchent à plusieurs registres, parce que certaines personnalités sont des kaléidoscopes d’émotions qui ne peuvent se cantonner à jouer un seul rôle, le pseudo s’impose face à la normalité, celle qui veut qu’un auteur perturbe son lecteur s’il s’aventure dans les bras d’autres ambitions, fantasmes, appétits, ivresses. La pression du bien vendre nous oblige, la folie de l’esprit se doit de respecter les codes.

Dans les coulisses d’un pseudo, la reconnaissance 

Qu'en est-il de la reconnaissance sous pseudo ? Avec ou sans, si on est lu, on est légitimé dans cette part de nous précieuse aux yeux des autres. Ce lien mis en place auprès des lecteurs, ce partage d’émotions, c’est tout simplement la magie de la vie ! Je pense pour tous les écrivains, peu importe le succès, tant qu’on est lu, on est reconnu. 

Pourquoi j’ai choisi de publier sous pseudo ? 

Et pourquoi pas ma véritable identité ? Eh bien, parce que justement, mon pseudo l’est ! L’écriture et moi, c’est une histoire d’amour, mon histoire ! Ni mes parents, ni mon mari. Je porte fièrement mon nom de jeune fille, mon nom de femme mariée mais ils ne sont pas Thalia Remmil. Ce nom de plume me colle à la peau, je me suis battue pour le créer ! 

 

Thalia Remmil

 

Un pseudo peut aussi raconter une histoire. Il peut être ce lieu de rassemblement pour chaque récit conté, parsemé à travers les notes éthérées d'un écrivain. Il est comme un ingrédient mystère que seul le lecteur qui nous connaît, pourra en comprendre tout le sens.
J'ai opté pour ce pseudonyme (bien que le côté anonyme m'a séduit aussi étant une personne discrète), car mon premier ouvrage s'est inspiré de lieux divers en Amérique. Et à travers toutes mes histoires, quelque chose y fera sans cesse référence. C'est la terre natale de mon inspiration comme j'aime l'appeler. Ce pays est pour moi mon ingrédient mystère que je cache au travers de mon pseudo. :)

Publié le 28 Janvier 2019

Faire la choix de publier sous un pseudonyme n'est pas immédiatement lié au choix d'écrire !
J'ai commencé à retracer mes (mes)aventures il y a plus de 20 ans ... pour mettre les mots sur mes maux, les déposer sur des pages immaculées et les ranger soigneusement sous mon lit.
Puis quand vient l'envie de livrer au monde notre témoignage, nos ressentis et notre envie d'alerter pour protéger d'autres victimes potentielles, alors la publication s'impose.
Pourtant COMMENT DENONCER SANS RISQUER DE REPRESAILLES !!!! Le pseudonyme apparait alors comme une évidence. Ce nouveau patronyme n'est, je pense, jamais choisi au hasard, mais c'est peut-être mon côté infirmière psy qui parle ... Le mien est synonyme de douceur, de protection, d'espoir, d'éternité et surtout, surtout : il est LE NOUVEAU MOI ENFIN LIBRE ... DE S'ENVOLER !!!!!

Publié le 19 Janvier 2019

Toutes les raisons d'écrire sous pseudo ont été évoquées, dans l'article de @Thalia Remmil, puis par les uns et par les autres. Le choix personnel est respectable.
Pour ce qui me concerne, le pseudo fut de courte durée, juste le temps de voir les réactions des lecteurs avant de franchir le pas pour me publier de manière à toucher un plus large public.
Si je devais faire un choix aujourd'hui, fort de mon expérience, j’opterais pour un vrai pseudo en restant totalement anonyme (un pseudo féminin même, car un homme est moins bien accepté il me semble pour décrire le plaisir de la femme), au moins pour les deux écrits que j'ai souhaité relater. Ce pseudo aurait eu une incidence sur mes échanges avec @VAY Céline et tous ceux qui les ont commentés. Il est probable que cette expérience "très enrichissante" n'en aurait pas souffert. Mais on ne peut revenir en arrière et refaire l'histoire.
Homme de l'ombre professionnellement, j'ai quelque scrupule à en être sorti... tant pis ! J'assume.
L'article et vos commentaires m'ont permis de savoir que les pseudos sont plus courants que je ne l'aurais supposé. Cela ne change rien à la considération que je vous porte.
Amitiés à toutes... et au seul homme qui a aussi commenté, dont je connaissais l'histoire. MC

Publié le 18 Janvier 2019

@Kroussar j'ai commencé votre roman, c'est un peu compliqué pour moi, je ne suis pas habituée ni à lire sur l'ordi ni ce genre de livres mais j'irai au bout ! Je comprends les raisons du pseudo...@lamish, entièrement d'accord avec vous, la manipulation ah ça non merci !! @Catarina Viti, OUI le départ d'une nouvelle VIE ! @Gene McBreth une cape pourquoi pas, un masque de Zorro, à chacun ses raisons...Belle journée à tous !

Publié le 17 Janvier 2019

Il y a autant de raisons que d'individualités à vouloir prendre un pseudo. C'est une étape relativement anodine, si elle ne se double pas d'un total anonymat. Nombre d'auteurs éditent sous pseudo, ici, mais mettent une photo d'eux en avatar. C'est votre cas, celui de beaucoup d'autres et le mien aussi. D'autres communiquent via les réseaux sociaux sur lesquels on peut les reconnaître. Les écrivains connus qui ont écrit sous pseudo n'étaient pas anonymes, du moins pour leurs proches et leur éditeur. La volonté de total anonymat ne me dérange pas, loin de là, et je la respecte, sauf lorsqu'elle est animée par de mauvaises intentions, qu'elle vise à tromper, voire manipuler son lectorat. A tous, amicalement. Michèle

Publié le 17 Janvier 2019

Les raisons de prendre un pseudonyme sont multiples et varient en fonction de chaque situation. Certains auteurs, ont pris un nom de plume parce que leur vrai nom est assez long, ou à consonances étrangères, parfois difficiles à prononcer. Dans ces cas ils ont utilisé un nom plus court, plus facile à mémoriser. Un autre avantage est la préservation de la vie privée. Ceci peut être particulièrement utile lorsque vous souhaitez témoigner sur un événement sans pour autant vous mettre en danger. Dans le passé, surtout pendant l’époque victorienne, ceci était très fréquent : les femmes prenaient des noms masculins pour éviter le préjudice que connaissaient les auteures de l'époque. De nos jours, beaucoup d'auteurs(es) continuent de faire cela, mais de façon similaire on peut voir aussi des exemples des hommes qui ont pris un nom de plume féminin, ou neutre : Jean-Bernard Hamaïde, alias Alix Cordouan; Roman Kacew, alias Romain Gary ou Émile Ajar; Charles Lutwidge Dogson, alias Lewis Carroll; Amandine Aurore Lucile Dupin, alias George Sand; Éric Arthur Blair, alias George Orwel et bien d'autres.
/n
Quant à KROUSSAR cela sonne comme un coup de tonnerre, dont la foudre peut faire mal.... Pour vous en convaincre, il suffit de lire mon récit.

Publié le 15 Janvier 2019

Personnellement, mon pseudo est une cape d'invisibilité. Je ne souhaite pas être reconnue sur Internet, que ce soit par ceux que j'ai connu ou ceux que je pourrai connaître d'une part, de l'autre : la popularité me ferait fuir. Etre inconnue reste pour moi la solution de facilité.

Publié le 14 Janvier 2019

Un pseudo peut être simplement le départ d'une nouvelle vie.
Je me suis lancée dans l'écriture romanesque sous mon nom véritable mais ma nouvelle activité disparaissait dans la masse d'informations rattachée à ce nom, et je n'avais pas forcément envie qu'on me lise parce que j'avais déjà fait ceci ou publié cela.
C'est la raison pour laquelle j'ai opté pour un pseudo.
Maintenant, même mes amis m'appellent Catarina Viti ! et mon mari aussi, parfois.
L'essentiel est de bien porter son pseudo, de s'y sentir aussi à l'aise, sinon mieux, que dans son nom véritable.

Publié le 14 Janvier 2019