Interview
Le 28 fév 2019

"Les Lignes exilées" de Parallel, Sélection février Prix Concours monBestSeller

"C’est mon premier roman. J’aime écrire depuis toute petite, mais je n’étais jamais allée au bout d’une histoire aussi longue. L’écriture était un loisir ; c’est au lycée qu’elle est devenue une nécessité". Comme pour Le Clézio pour qui "écrire est un besoin". "Les Lignes exilées" de Parallel, Sélection de février du Prix Concours monBestSeller 2019.
Parallel sur monBestSellerParallel, près de Miskolc en Hongrie, où se passe une partie de son roman
Question: 

Parallel, votre bio ne peut pas être aussi vide que ce que vous ne dites pas ! Les lecteurs qui ont aimé vos mots aimeraient certainement savoir qui vous êtes. C’est votre 1er roman ? Ou êtes-vous, au contraire, une auteure aguerrie ?

Réponse: 

Les Lignes exilées est mon premier roman. J’aime écrire depuis toute petite, mais je n’étais jamais allée au bout d’une histoire aussi longue. L’écriture était un loisir ; ce n’est qu’au lycée qu’elle est devenue une nécessité. Certains événements, certaines rencontres bouleversent votre perception du monde. Peu à peu, j’ai découvert à quel point les mots pouvaient être puissants, magiques. L’écriture est ma porte de sortie. En parallèle de ce roman, j’écris des poèmes depuis plusieurs années.

Question: 

Les Lignes exilées est une tragédie dont vous dîtes que vos deux protagonistes sont « exilés dans la solitude et la singularité de leurs âmes ». L’image est puissante. D’où vous est-elle venue ?

Réponse: 

D’un ressenti. Cassandre et Jakab sont des êtres abîmés par la vie, prisonniers d’une sensibilité trop forte. Il ne leur a suffi que de quelques mots, et ils se sont raccrochés l’un à l’autre. Je pense qu’il faut quelques pages pour s’habituer à leur façon de communiquer, très atypique dans les premiers chapitres. Leurs réflexions, brutes et cryptiques, peuvent déstabiliser, déranger, mais le ton évolue alors que tout devient plus concret. À travers ce livre, je voulais montrer à quel point certaines situations – le harcèlement, par exemple –, pouvaient affecter une personne, l’isoler et la faire basculer dans les extrêmes.

"Nous avons tous une ligne parallèle, quelque part sur Terre. Que nous l’ayons déjà trouvée ou non."

Question: 

C’est parce qu’ils sont tous les deux exilés dans leur solitude que Cassandre et Jakab peuvent se reconnaître ? Cela veut-il dire que de tels exilés ne peuvent pas rencontrer des personnes qui ne sont pas comme eux ? Qu’ils sont « condamnés » à l’exil ?

Réponse: 

Au début du roman, Cassandre explique qu’elle voit le monde comme des milliards de lignes parallèles. Sa ligne, Jakab, est à 1 700 km de chez elle, mais la proximité qu’ils ressentent dépasse tout ce qu’ils auraient pu espérer. Je pense que les personnes se trouvant dans un état d’esprit aussi extrême ont naturellement tendance à se rapprocher. Leurs expériences ont beau être très différentes, Cassandre et Jakab sont le miroir l’un de l’autre. La douleur peut rapprocher.
Je pense que nous avons tous une ligne parallèle, quelque part sur Terre. Que nous l’ayons déjà trouvée ou non. Cette certitude m’est très chère.

Question: 

Il y a une lenteur dans votre écriture, des silences, des blancs, qui donnent un rythme très particulier. Diriez-vous que ce rythme, c’est le vôtre d’auteure ? Ou celui de votre récit ?

Réponse: 

Je dirais que le rythme est spécifique à ce récit, car c’est vraiment la façon dont il devait être raconté. Avec Les Lignes exilées, j’ai voulu créer une atmosphère spéciale, décalée. Je souhaitais m'attarder sur la beauté et l’importance des petits gestes. Exprimer les conséquences qu'ils peuvent avoir sur une personne. La façon dont de simples mots peuvent détruire quelqu'un, mais aussi comment une parole, ou même un simple sourire, peut illuminer une vie. Une attention, un regard, rien que ça peut sauver. Chaque geste compte.

Mon but était d’écrire sur les sujets les plus sombres avec un style épuré, poétique, avec une certaine distance, car c’est selon moi une manière très frappante d’évoquer ces thèmes. Je me rappelle avoir lu la trilogie Millenium quand j’étais adolescente, et la plume de Stieg Larsson m’a beaucoup marquée. Un style assez objectif, singulier. Je pense qu’une progression se ressent à la lecture : le style évolue peu à peu et se libère à mesure que Cassandre et Jakab s’ouvrent au monde, pour atteindre son apogée à la fin.

Cela dit, je pense que ce rythme fait partie de moi également. C’est en écrivant ce roman que ma plume s’est forgée pour prendre ces notes de poésie, que l’on retrouve dans la plupart de mes écrits.

L’épigraphe des Lignes exilées est une citation de Charles Baudelaire. "La mélancolie est l’illustre compagnon de la beauté ; elle l’est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse."

les lignes exilées de Parallel
Question: 

Vous dîtes, et c’est très beau, que vous avez essayé de rendre belles la noirceur et la tristesse. Vous vouliez faire pleurer vos lecteurs ?

Réponse: 

Ce n’est pas mon intention première… mais on me chuchote à l’oreille que c’est arrivé, et plus d’une fois. Cela me touche énormément de savoir que les lecteurs ont pu ressentir autant d’émotion, et qu’ils aient saisi ce qui se cache derrière les lignes.
Inspirée par un célèbre poète du XIXe siècle, je me suis confrontée au mal pour en faire ressortir la beauté. L’épigraphe des Lignes exilées est une citation de Charles Baudelaire. « La mélancolie est l’illustre compagnon de la beauté ; elle l’est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse. » Je crois que le contraire est tout aussi valable. Écrire est une catharsis ; ce livre est un message d’espoir.

Question: 

Il y a tout au long du récit des descriptions très visuelles, notamment dans les pages en Hongrie. Comme Jakab, vous y avez une maison dans les bois pour en parler si bien ?

Réponse: 

Cette maison… existe bel et bien.
Je voulais conférer à ces scènes une ambiance toute particulière, chaleureuse malgré l’hiver glacial. C'est la première fois que Cassandre se rend en Hongrie, elle fait part de ses impressions au fur et à mesure. C’est un pays que l’on connaît peu, alors j’ai voulu vous faire découvrir ses merveilles insoupçonnées. Vous faire voyager, traverser le Danube sur un pont illuminé, vous emmener au détour de rails parallèles, et vous entraîner au fin fond d’un village perdu dans une forêt enneigée. Tous ces lieux existent, les indices que mes personnages ont laissés derrière eux aussi… J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces scènes, sur les pas de Cassandre. C’était une épopée féérique.

la Hongrie que Parallel décrit dans les lignes exilées
Question: 

Comment écrivez-vous ? Avant même les premières lignes, vous connaissiez l’épilogue ? Ou au contraire, le récit s’est un peu construit au fur et à mesure et parfois vous a un peu dépassé ?

Réponse: 

Tout a commencé en novembre 2016, quand je me suis décidée à participer au NaNoWriMo, un challenge visant à écrire un roman en un mois. J’avais déjà bien assez de matière… il ne me restait qu’à l’exploiter. C’est alors que m’est venue l’idée d’en faire un livre, qui serait très personnel. Je désirais jongler avec les émotions, m’approcher toujours plus près du bord. C’était ce que je devais écrire. Je n’avais pas le choix.
Une semaine avant, j’avais donc commencé à faire un plan. J’avais les grandes lignes en tête, les séjours alternés en France et en Hongrie, les scènes que je devais inclure, gravées dans mon cœur, gravées sur le papier. Et puis, au fil de l’écriture, art et réalité se sont entrelacés, flirtant de façon stupéfiante. Je ne crois pas être autorisée à en révéler davantage… Mais la fin était tracée, depuis le tout début. Ce livre est un hommage, un merci silencieux, un pêle-mêle de souvenirs et de rêves, un futur qu’il reste à dessiner.
Les flashbacks qui rythment le récit sont venus en dernier, une fois que j’ai mieux pris conscience de ce que je voulais dénoncer. Après avoir écrit le passé de Cassandre, je me suis intéressée à celui de Jakab, j’ai creusé davantage, ce qui m’a amenée à explorer son histoire familiale.

Question: 

Vous êtes nouvellement arrivée sur le site. Comment êtes-vous venue ? Avec quelles motivations ?

Réponse: 

Je viens de la plateforme d’écriture Scribay. Un auteur (Kiran Syrova) dont j’apprécie la plume m’a recommandé monBestSeller, et j’ai tenté ma chance. Les livres proposés ayant l’air de qualité, je suis venue en quête de nouvelles lectures et dans l’espoir d’avoir des avis sur mon roman. J’espérais qu’il puisse toucher d’autres lecteurs.

Question: 

Diriez-vous que vos premières semaines sur monBestSeller ont répondu à vos attentes ?

Réponse: 

Et même bien plus ! Non seulement j’ai reçu des commentaires qui m’ont fait chaud au cœur ainsi qu’un article sur Les Lignes exilées, mais je ne m’attendais pas à être sélectionnée pour le Prix monBestSeller… Merci d’avoir accordé autant d’attention à mon livre.

En tant que lectrice, je suis attirée par les histoires où l’émotion prime, qui évoquent des sujets délicats mais paradoxalement, si beaux. Je suis très sensible au style, à la forme.

Question: 

On dit qu’on écrit ce qu’on aime lire. Quelle lectrice êtes-vous ? Quels sont les livres qui vous donnent envie de les commenter ?

Réponse: 

Mes goûts littéraires sont assez variés. La découverte du Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov, a été une révélation. La poésie romantique du XIXe siècle inspire beaucoup mes poèmes. Il m’arrive aussi de faire des incursions dans le monde fantastique de H.P. Lovecraft. Toutes ces influences se ressentent dans Les Lignes exilées.

En règle générale, je suis davantage attirée par les histoires où l’émotion prime, qui évoquent des sujets délicats mais paradoxalement, si beaux. Je suis très sensible au style, à la forme. Lorsqu’un livre résonne en moi, je tiens à le faire savoir. Aider un auteur à prendre conscience de la valeur de ce qu’il écrit est très important pour moi.

Les plateformes d’écriture permettent un dialogue constant avec les lecteurs mais aussi avec d’autres auteurs.

Question: 

Diriez-vous que par leurs commentaires, les lecteurs ont un pouvoir sur les auteurs auto-édités ?

Réponse: 

Les lecteurs ont un pouvoir considérable. J’ai énormément appris depuis que je me suis inscrite sur des plateformes d’écriture, il y a environ un an et demi. Les commentaires, s’ils sont constructifs, peuvent influencer les choix de l’auteur sur le déroulement de l’intrigue, la construction des personnages ou même le style. Être lu de façon régulière par des personnes extérieures permet bien souvent de prendre du recul par rapport à notre texte et de repérer des détails ou des maladresses qui passaient inaperçus. Les plateformes d’écriture permettent un dialogue constant avec les lecteurs mais aussi avec d’autres auteurs.

Question: 

Vous vous êtes publiée avec un pseudo. Dites-nous votre démarche…

Réponse: 

Les parallèles sont l’essence de ce livre. Ils se sont construits au fur et à mesure, m’émerveillaient alors que j’en prenais conscience. « Parallel » semblait donc tout trouvé, avec son joli symbole mathématique pour signer sur la toile. Ce pseudo m’accompagne depuis quatre ans. Derrière Parallel se cache… Bérengère Günst. C’est sous ce nom que j’aimerais publier Les Lignes exilées.

Question: 

Le mCL de monBestSeller sélectionne un livre chaque mois qui est ainsi nominé au Prix Concours de l’Auteur Indépendant que nous organisons chaque année. Cinq auteurs ont ainsi été repérés par les éditeurs invités à être membre du jury 2018 et seront édités cette année. Vous pouvez confier vos propres espoirs pour « Les Lignes exilées » ?

Réponse: 

Je serais heureuse de voir mon roman publié un jour. Au-delà de ce qu’il représente pour moi, je pense qu’il peut toucher de nombreuses personnes. Ce livre est pour tous ceux qui se sentent perdus. Pour leur dire de continuer. Leur faire voir à quel point les petits riens comptent, même si on ne le soupçonne pas. Que ce livre puisse aider voudrait dire énormément pour moi.
Dans les dernières pages, Cassandre donne un livre à un passant, car il a le pouvoir de sauver une vie. J’aimerais que Les Lignes exilées soit un de ceux-là.

12 CommentairesAjouter un commentaire

Merci beaucoup, @Marie Morganti. Cela me fait plaisir que cette sensibilité vous ait parlé, et je ne peux qu'espérer que vous la retrouverez au fil des pages.

Publié le 29 Mars 2019

@Parallel : "S'attarder sur la beauté et l'importance des petits gestes...", voilà qui m'invite fortement à découvrir votre récit, chère Parallel. On sent une grande sensibilité dans votre approche et votre travail, beaucoup de poésie aussi. Ce sont des éléments qui me parlent. Bravo pour votre nomination, bonne chance à vous aussi et à bientôt j'espère. M.M.

Publié le 29 Mars 2019

Un très grand merci, Élisabeth, pour avoir lu et relu l'odyssée de Cassandre et Jakab.

Publié le 18 Mars 2019

Je viens de terminer votre roman et je suis impressionnée par votre écriture, par le choix de mots si justes, par votre grande maturité alors que vous êtes sans doute très jeune (votre photo en atteste).Quelle maturité, quelle sensibilité, quelle analyse des caractères de vos héros. J'ai beaucoup aimé vos flashback ,notamment celui de Jakab qui éclaire beaucoup le lecteur.Roman où beaucoup de jeunes peuvent se retrouver, roman où peu à peu les Masques tombent...je n'en dirais pas plus car je laisse les futurs lecteurs découvrir, fin des plus surprenantes Bravo et surtout continuez à écrire et j'espère que votre roman sera édité Avec toutes mes amitiés Elisabeth MISSONIER

Publié le 17 Mars 2019

Bonjour Mélissa,
Je suis heureuse que mon histoire t'ait autant marquée. Merci à toi d'être là et de m'avoir accompagnée depuis le début, alors que les premières lignes venaient d'apparaître sur la toile, un mois d'octobre.
Bérengère

Publié le 14 Mars 2019

Bonjour Bérangère. Me voici sur ton interview et j'en reste bouche bée. C'est une belle opportunité pour toi, mais surtout, je pense que tu mérites cette nomination. Les Lignes Exilées m'a bouleversé, ton histoire m'a parlé et m'a énormément touchée. Je suis heureuse de constater que des voies s'ouvrent à toi et que monbestseller.com est une de ces belles expériences qui t'apportera beaucoup. Finalement, je n'oublierai jamais nos partages et nos conseils dans nos parcours d'écriture ! Cela m'a beaucoup apporté.
Mélissa.

Publié le 14 Mars 2019

Brava à Bérengère et que les vents littéraires continuent de lui être favorables.

Publié le 11 Mars 2019

Hello par là.
Pour ma part, c'est avec un immense plaisir que je découvre l'interview qui t'est destinée ! J'ai été plus que ravi de te voir t'inscrire sur MBS afin d'y publier Les lignes exilées. Ton roman mérite amplement qu'on lui dénoue les ailes afin qu'il puisse prendre son envol. Alors, n'aie pas peur, bats des ailes ! Je serai juste en dessous pour te donner de l'élan quand il t'en manquera :)
Haut les cœurs !
Et, curieux(se) voyageur(se), n'hésitez pas ! Entrez dans cet univers :) Il le mérite, comme mentionné en première ligne :)

Publié le 28 Février 2019

Un grand merci, @lamish. Je suis heureuse que ce livre vous ait touchée à ce point. Je m'accrocherai à cette chance.

Publié le 28 Février 2019

Merci pour vos encouragements, @Catarina Viti. C'est avec plaisir que je viendrai lire Blues.

Publié le 28 Février 2019

Bravo, Bérengère. Je suis heureuse que la singularité de votre roman, l'émotion qui s'en dégage, les qualités indéniables de votre plume aient été repérés par l'équipe de MonBestSeller. Une nomination plus que méritée, à mes yeux. Je vous dis "merde" pour le prix Concours, espérant que cela ne vous choquera pas. Ce mot de cinq lettres ayant toujours porté chance aux auteurs auxquels je l'ai adressé lors des dernières élections, ceci explique cela :). Amicalement. Michèle

Publié le 28 Février 2019

Bonjour Parallel, j'ai commencé la lecture de votre roman ces derniers jours et je suis ravie d'apprendre votre nomination. Je vous souhaite la bienvenue dans la sélection du Prix Concours 2019 et le meilleur avenir à votre livre. Avec mes meilleures pensées. Catarina Viti

Publié le 28 Février 2019