Actualité
Le 01 avr 2019

LIVRES AUDIO ou audio books, la nouvelle coqueluche de l’édition.

Aimez-vous qu’on vous raconte des histoires ? Oui, eh bien le livre audio est pour vous.
Ecouter les livres, peut-être une façon de les sauver...Ecouter les livres, peut-être une façon de les sauver...

Livre audio : un nouvel horizon pour l'édition

Clairement les livres audio sont une ouverture de marché propice au redéploiement de l’édition qui vieillit, qui vieillit.
15 % des ventes en Suède, plus de 10 % aux EU, 5% en Allemagne.
Et si la France est à la traine, la tendance est à la hausse rapide avec un accroissement du chiffre d’affaire de 50 % par an depuis 2016...

Livre audio : la guerre du papier n'aura pas lieu

Mais attention, l’immatérialité est au centre de la croissance du livre audio. Fini les CD, c’est par le téléchargement et le Smartphone que la conquête se fait. Grâce à leur capacité de mémoire supérieure, ils permettent de stocker une grande quantité de textes et de livres et de créer des bibliothèques.
Le Paradoxe, c'est que  la guerre du papier et du numérique n'aura peut être pas lieu. La bataille se joue ailleurs. Alors que les ventes d’e-books  s’érodent (principalement à cause de l'ajustement de leurs prix au papier), celles du livre papier stagnent, les audio books caracolent…

Livre audio : un marché qui émerge

20 % des Français ont déjà « écouté » un livre audio », et 11 % ont acheté un livre audio. Ce sont en général de grands lecteurs, de niveaux sociaux élevés. La moyenne de livres écoutés est de 7 livres par année selon IPSOS. Cela masque une grande disparité entre ceux qui en « lisent » un par an, et les autres qui sont des afficionados.

Livre audio : un mode de lecture qui facilite la lecture et qui en modifie la pratique

Les livres audio offrent « aux lecteurs » la possibilité d’activités mixtes. 
L’écoute se fait essentiellement à domicile pour 65 %. Que l’on cuisine, que l’on se repose, que l’on vive ses ablutions, que l’on fasse le ménage, que l’on s’endorme, toute activité qui ne mobilise pas mentalement et intellectuellement, est prétexte à écouter un livre.
Comme la radio, l’écoute d’un livre audio n’est pas une activité qui exige de s’y consacrer pleinement…Elle accompagne ou peut accompagner une activité secondaire.

Le livre audio multiplie les circonstances de lecture

Transport en commun, marche, sport, course à pied : chacun peut trouver l'activité qui se marie avec l'écoute d'un livre. La seule condition, c'est la capacité minimale à se concentrer sur un récit. 

Mais le livre audio, c'est aussi un accès à la lecture, à des livres qu’on aurait pas lu.
Accéder au livre audio peut se faire en choisissant une référence que l’on hésiterait à lire sur papier : style, longueur, langue. C’est une manière d’enrichir l’expérience et d'explorer des univers nouveaux. Une fois le livre acheté, le premier est en général offert (sur Amazon en tout cas), on le bascule sur le téléphone portable: après y avoir téléchargé l’application. Simple.

Pour les parents, les livres audio occupent calmement les enfants, développent leur vocabulaire, leur compréhension du langage, et stimulent leur imagination.

Pour les ados, ils constituent une voie d’accès à la lecture. Et nombre d’adolescents passent les épreuves de Français ou de philo au Bac après avoir « lu » leur livre en audio. Bien sûr l’orthographe, la qualité de la syntaxe, l’impossibilité de revenir en arrière ne remplissent pas pleinement la fonction d’un livre. Mais après tout, c’est mieux que rien, c’est un accès à la littérature, au récit, à l’histoire et à la musique des mots.

Livre audio : l’interprétation est essentielle.

La voix des interprètes est importante. Enregistrés parfois par l’auteur lui-même, parfois par des acteurs, parfois par des inconnus ; ils ne donnent pas la même chance à tous les livres. Certains sont rédhibitoires.

Tout comme les livres papier, on y trouve tous les styles : fictions, développement personnel, essais sociologiques...Le livre audio est scindé en chapitres, et l’on peut y ajouter ses propres «signets» (des sortes de marque-pages). On peut même dans certains cas trouver des possibilités d’ajouter des commentaires écrits. 
La durée de chaque livre audio dépend bien sûr de la longueur du livre papier duquel il est enregistré.

Le livre audio ne doit pas être considéré comme une activité annexe de l'édition. Elle en constituera peut être bientôt l'activité centrale. Il ne faut pas protester contre les nouveaux modes d'accès aux arts littéraires qui nous semblent (trop) faciles. Il faut au contraire les encourager car il faut protéger la culture dans ses formes nouvelles à tout prix plutôt que de s'enfermer dans une tour d'ivoire, en pensant que nos pratiques propres sont les seules à vraiment élever l'esprit .

http://www.litteratureaudio.com,
http://www.audiolitterature.com
https://www.audible.fr
www.bookdoreille.com/
www.bibliboom.com
https://www.audiocite.net
https://www.audiolib.fr

 

 

 

10 CommentairesAjouter un commentaire

Et, à priori, toujours pas de possibilité de s'auto-éditer en format Audio en France... Dommage...
Il y a peut-être une niche à créer...

Publié le 08 Mai 2019

Je suis assez d’accord pour dire qu’il peut être un excellent moyen d’éveil pour les enfants. Les oreilles des miens ont été bercées par de vieilles cassettes audio avec les contes du chat perché, piccolo-saxo et j’en passe…
Côté adulte, je n’ai pas eu le loisir de tester cet outil. A vrai dire, Je n’aime plus trop qu’on me lise les histoires. J‘appréhende à tort peut-être le ton qui serait donné. Néanmoins, je pense que le livre audio est secourable pour les déficients visuels, les super actifs( comme vous l’expliquez) etc… et tant mieux s’il arrive à donner de la voix pour percer le secret du mutisme des livres.

Publié le 09 Avril 2019

Cet article m'a donné l'idée de retourner fouiner au rayon "livres audio" de ma médiathèque préférée. J'ai ainsi passé un dimanche des plus agréables, un rouleau de peinture à la main, à écouter "Le Montespan" de Jean Teulé, lu par François d'Aubigny.

Publié le 07 Avril 2019

C’est 1 vieux concours...ça date.
Les lauréat sont publiés de différentes manières.

Publié le 04 Avril 2019

Bien vu @Rezkallahmo !
Ne repars pas si vite ! Et si tu nous disais comment ça fonctionne, qui lit ton texte, ou comment trouver l'info.
Je rajoute, après avoir écouté ta nouvelle, qu'une voix rencontrant un texte, ça vaut bien l'investissement dans une paire d'oreilles ! Bravo, Mohamed.

Publié le 04 Avril 2019

Coucou, pour nourrir le débat...

Voici un texte lauréat d’1 concours lu par un acteur ;)

https://soundcloud.com/short-edition/la-douche-de-mohamed-rezkallah

Amitiés

Publié le 04 Avril 2019

Il n'y a de guerre que pour ceux qui sont obtus au point de vouloir imposer leurs préférences à la planète. Même si les miennes vont au livre broché, je me suis adaptée au numérique et ai testé l'audio. Certaines expériences ont été écourtées lorsque la voix ne me plaisait pas, d'autres lorsque le rythme de lecture ne me correspondait pas. Le libre audio est une option intéressante pour les non-voyants et les personnes âgées. Et que demander de mieux s'il peut inciter des récalcitrants à s'ouvrir à la littérature ? Il faut juste espérer que des parents déjà peu disponibles ne se déchargent pas de la fameuse histoire avant de s'endormir en collant des écouteurs sur les oreilles de leur progéniture ;-), comme ils ont eu tendance à se décharger de leur rôle par d'autres moyens. Comme toute avancée technologique, il convient d'en faire bon usage. Belle journée. Michèle

Publié le 04 Avril 2019

Il y a bien longtemps, je faisais de longs trajets en voiture pour aller travailler. Je me levais tôt, j'étais fatiguée, mais les livres audio m'ont tenu fidèlement compagnie pendant toute cette période. Je les empruntais à la médiathèque sous forme de cassettes que je glissais dans l'autoradio... oui, c'était il y a bien longtemps.

Publié le 04 Avril 2019

Je fais partie des amateurs. J'aime écouter un livre. Sans rien faire d'autre qu'écouter. Le livre audio n'est pas toujours une réussite car la voix du lecteur doit faire corps avec le texte. Anna Mouglalis lisant Toni Morrison, c'est pour moi comme Jean-Pierre Papin chantant Otello (salut à toi JPP, si tu passes une tête par ici, je t'adore !). En revanche Robin Renucci, lisant L'ami retrouvé de Fred Uhlman... je trouve ça très beau. Le livre devient une sorte de livret d'opéra, et un texte peut atteindre le sublime.

Publié le 02 Avril 2019

« La seule condition, c’est la capacité minimale à se concentrer sur un récit. » écrivez-vous.
Il faudrait, à mon avis, une capacité maximale à se concentrer, car faire la cuisine en même temps, comme vous le dites, et pouvoir goûter aux mots, il faut choisir.
Mais, après tout : quelqu’un pour qui la lecture est quelque chose de rébarbatif et qui a autant de mal à se concentrer sur une page écrite que sur une page « dite », pourquoi pas ! Si cela en amène certains à écouter de la littérature, c’est évidemment positif.
Cependant, mon expérience personnelle est sans appel… je dis bien « personnelle ! » : ça me berce, ça m’endort ! Ceci dit, l’aspect encore bénéfique de cela sera de nous replonger en enfance, lorsque l’on nous racontait des histoires pour nous endormir (encore que je n’ai aucun souvenir de ces moments là !).
Nombre d’adolescents passent les épreuves de français ou de philo au Bac après avoir « lu » leur livre en audio (sic)
Cela me rappelle le film « Prof » avec Bruel et Lucchini où ils en arrivaient à la conclusion que l’école idéale serait une école sans profs dans la classe, mais où les élèves regarderaient des cours enregistrés par les meilleurs profs de la planète. En somme, ils réinventaient la télévision avec ce qu’elle a de meilleur lorsqu’elle passe des documentaires historiques, des émissions scientifiques de vulgarisation, etc. Ça n’est donc pas nouveau : on a fatalement fait une partie de notre éducation en écoutant la radio et en regardant la télé. Qui n’a pas été captivé par les interventions d’Alain Decaux ? Qui n’est pas happé par la voix d’André Dussolier dans des documentaires ?
Pour finir :
Le livre audio multiplie les circonstances de lecture, dites-vous encore. Transport en commun, marche…
Je ne résiste pas à recopier, ici, un petit passage de Ravage, de René Barjavel, publié en 1943 :
« François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l’écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l’obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format livre, s’appliquait sur la page et, dans l’écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l’accent d’origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n’importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d’amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d’une voix de colonel, et d’une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un “hum, hum” discret qu’il était temps de changer la plaque de page. »
Etc.
Barjavel René, « Ravage », éditions Denoël, 1943.

Publié le 02 Avril 2019