Interview
Le 17 oct 2019

Les éditions Balland ont choisi Lucie Delvert pour son roman "L'Allée de Manguiers"

Lucie Delvert a fait son chemin sur monBestSeller. Discrète, appliquée, ouverte aux écrits et aux critiques. Participante. Dans son livre, elle décrit ses voyages au pays de la diplomatie. Elle le résume ainsi :"Une femme ordinaire dans des ailleurs extra-ordinaires". Son livre sort aux Editions Balland. Son aventure en quelques questions…

"...J'évolue sur votre site depuis deux mois et demi, et totalement indépendamment de cette sélection, je me demande comment j'ai pu faire tout ce temps sans cette plateforme d'échanges. Je n'ai jamais autant écrit, mais je n'ai surtout jamais autant lu de gens différents, de styles différents, j'échange quasiment chaque jour avec d'autres sur leurs expériences d'écriture et sur les miennes, c'est une petite révolution personnelle." 

C'est ainsi que Lucie Delvert nous répondait, lorsqu'élue "Livre de la semaine" sur le site, nous promouvions "L'allée des Manguiers".
L'écriture : une rencontre fortuite qui occupe maintenant une part importante de sa vie.

Lucie, racontez nous votre parcours d’écriture ? Une vocation, une conviction, un hobby ?

Je me suis mise à écrire pour la toute première fois en décembre de l’année dernière. Le respect pour le livre dans ma famille, et pour l’art en général, avait dû laisser enfouies les envies d’où qu’elles viennent.
Aux urgences suite à un quiproquo, et absolument pas à ma place, observatrice de mon propre ennui durant des heures interminables, j’ai commencé à écrire sans écrire dans une salle d’attente de l’hôpital Cochin. En rentrant chez moi, je me suis mise à écrire pour de bon, et je ne me suis plus arrêtée.

Vous évoluez dans un univers diplomatique, vous avez eu envie de l’écrire et le décrire ? Quelle est sa richesse, ses limites sa dimension romanesque ?

La diplomatie à l’étranger est un privilège. Elle permet d’entrer dans tous les univers et de croiser dans la même journée un ministre, un responsable d’ONG, un artiste, un grand patron ou l’homme de la rue. 
Mais je ne suis pas certaine qu’elle présente une dimension romanesque en elle-même, ce sont les situations qu’elle rencontre ou démêle qui le sont, et les rencontres, les échanges, constituent un travail de terrain. 

Cela n’empêche pas ses travers que je croque avec plaisir, qui aime bien châtie bien…

Votre roman est-il fidèle à une réalité, est-ce une semi-fiction ou une fiction ?

Je travaille l’écriture, j’espère avoir un style et peut-être une musique mais je n’ai en revanche que très peu d’imagination. 
A ce stade tout est vrai, des personnages aux situations qui n’ont pas eu besoin d’être exagérés. 

Pour les besoins de la construction, et pour le rythme, j’ai en revanche adapté les enchainements des événements à ma guise.

Comment gérez vous la relation à la réalité, à la confidentialité ?

Je ne suis pas moi-même agent des Affaires étrangères et je ne suis donc pas soumise à grand-chose. Les faits sont vérifiables, à plat et sans critique personnelle. La personne la plus risible dans ce monde atypique, c’est mon personnage.

Et puis je n’ai aucun grief contre cette grande et belle maison des Affaires étrangères qui est un peu devenue ma famille.
A y regarder de près, ces aventures racontées donnent à voir le travail de terrain de ses agents et servent son image plus que l’inverse.

Comment classez-vous votre livre : essai, autofiction, roman… Comment ressentez vous cette ambiguïté ?

J’espère que le style tire vers le roman. Les faits pour de l’autofiction. L’essai semble un peu loin. L’écriture est trop récente pour avoir le recul nécessaire à l’analyse.
A vous de me dire dans quelle case je me trouve.

Votre livre sera suivi de 3 autres tomes. Pouvez vous nous l’expliquer ?

Les éditions Balland ont signé pour quatre romans à ce stade.  
Le deuxième sortira vraisemblablement avant l’été prochain, se passe à Bangkok en Thaïlande, le troisième entre New-York et Rome et ainsi de suite, un poste donnant (à peu près) lieu à un livre. 

Je suis actuellement sur le quatrième qui se passe au Congo.

Vous sentez-vous écrivain ?

Ce serait très prétentieux, j’ai déjà les chevilles qui enflent, ne me poussez pas trop sur cette voie…
Plus sérieusement, je suis auteur, pas écrivain, cela viendra peut-être et c’est tout le mal que je me souhaite.

Il me semble que l’écrivain vit de son écriture, est reconnu, c’est son activité principale et un statut, j’en suis encore loin.

Vous êtes édité chez Balland. Une Maison d’édition sérieuse et reconnue. Pouvez vous nous expliquer les étapes ?

Il y eut à vrai dire peu d’étapes. 
J’ai envoyé mon manuscrit dans sa version Alpha à une dizaine de maisons par la Poste et à trois autres la version acceptée numériquement.
Le lendemain de mon mail, j’étais contactée par Sabine Larivé, mon éditrice, qui me proposait un contrat.

monBestSeller a t’il été un maillon important dans votre parcours?

C’est sur Monbestseller que j’ai posté mon premier manuscrit fin janvier, très brouillon et bourré d’imperfections, là que j’ai donné à me lire en premier. 

Très vite, j’ai reçu des commentaires dans tous les sens, des plus élogieux aux plus critiques mais toujours constructifs, qui m’ont poussée à repenser, remanier, élaguer, à prendre le recul qu’il est impossible d’avoir autrement, difficile mais nécessaire.

Si mon éditrice ne s’est pas gênée pour me torturer tout l’été dans le bon sens, il est indéniable que ce sont les membres de monBestSeller qui m’ont fait travailler les premiers, je les en remercie aujourd’hui. 

 

Les tortionnaires vous remercient

 L'Allée de manguiers, sortie le 24 octobre aux éditions Balland, 17 euros

Lucie Delvert

Enseignante d'histoire et de géographie, Lucie Delvert est mariée à un diplomate. Fine observatrice, elle écrit sur son environnement comme une ethnologue amusée. A la fois sur la scène, et dans la salle, elle raconte la vie des "Affaires Etrangères", qui est un peu la sienne aussi.

L'Allée de manguiers, sortie le 24 octobre aux éditions Balland, 17 euros

Une interview intéressante pour notre communauté d'auteurs.
Si l'on met bout à bout votre formation ayant abouti à l'enseignement de l'histoire et de la géographie et un conjoint diplomate, les conditions sont réunies pour vous lancer dans l'écriture afin de relater ce qu'il peut y avoir d'extraordinaire à observer dans les pays où le hasard des nominations guide vos pas.
@Lucie Delvert, merci à vous d'avoir choisi la plateforme monBestSeller pour vous confronter à l'avis des lecteurs alors qu'une maison d'édition vous avait déjà acceptée (sans vous interdire le partage, ce qui n'est pas fréquent) pour un contrat de quatre romans.
J'aurai plaisir à vous lire dès que mes obligations de bêta-lecteur-correcteur me laisseront un créneau de loisir.
Bonne chance dans votre plaisir d'écrire.
Avec toute ma sympathie. MC

Publié le 19 Octobre 2019

Un joli point de vue pour observer la Société

Publié le 18 Octobre 2019

Voilà une interview aussi charmante qu'édifiante ! Merci de partager ce parcours particulièrement intéressant !

Publié le 18 Octobre 2019