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Le 20 mai 2020

L’Espace d’un Instant…

Un flash, une vision et l'horizon bascule. Le bleu n'est plus bleu, l'autre n'est plus l'autre... et tout se reflète étrangement comme dans un miroir inversé. Un texte pour l'appel à l'écriture de monBestSeller
Aurore australeAurore australe

Plus rien n’est pareil 

En un jour 

Partout l’angoisse 

Partout la détresse 

Partout la peur d’une vie 

Sans Lendemain

Et pourtant

Il y aura un après 

Il le faut

Comment sera cet après ? 

Personne ne le sait 

Mais tout le monde espère 

Espère

Un renouveau

Espère

Retrouver foi en soi et les autres 

Et pourtant 

Pourtant rien n’a la même saveur

Tout est différent 

Pour moi 

Je me sens différente. 

Quand j’ouvre les yeux 

Le bleu n’est pas vraiment bleu

L’eau n’est plus la même eau 

L’environnement si familier 

Reste figé et n’a jamais été si transformé.

Par habitude 

J’avais perdu l’aptitude de voir.

 

Tout ce qui est clair 

Me semble sombre 

Tout ce qui était sourire 

Est aujourd’hui Tristesse

Tout ce qui était rire innocent 

Devient désolation.

Pour l’instant ma vérité 

Réside dans la solitude

Soit.

Et pourtant

Il y a peu, je décidais de prendre l’air 

Una action, autrefois belle de naïveté

Devient un acte de résistance face à cette guerre contre un ennemi invisible.

Je prends l’air, donc, 

La nature me paru 

Incroyablement libre 

Peut-être parce que ma liberté 

Réside entre ma chambre et les escaliers ces derniers jours.

Mes yeux 

Semblaient voir par d’autres yeux 

Je restais silencieuse 

Face au spectacle de la nature 

Qui semblait respirer au rythme du vent et des ailes des papillons. 

J’écoutais ce silence assourdissant

A ce moment précis 

J’eus l’impression d’entendre le cœur palpitant de la Terre ;

Me jetant au visage mon impuissance 

Mon inutilité 

Ce fait que tout marche mieux sans la main de l’Homme.

Sans m’y attendre 

Je fus saisie par ma propre émotion à me sentir faire partie d’un tout 

Au côté de la Nature. 

Je fermais les yeux

 

Pour la première fois 

Je faisais l’expérience, la vraie 

D’être complétement au présent.

Il me parut que le vent avait une odeur subtile de fleur des champs,

Un arôme de bruyères volages,

Il caressait farouchement mes joues, 

J’eus la sensation de flotter, d’être en suspension.

Je rouvris les yeux

Sans l’expliquer 

Je fus remplie de joie.

Intérieurement, à cet instant 

Je bénissais le confinement

D’être à ce point un révélateur de Nature.

Je rentrais 

Encore charmée de cet instant fugace.

La Nature reprend ses droits

Elle revit

Peut-être nous 

Sauvera-t-elle tous à nouveau.

 

Cécile Vignau-Puget

 

 

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