Jean-Noël CADOUX
Biographie

Jean-Noël Cadoux fut longtemps journaliste (France-Inter à Paris, Sud-Ouest à Bordeaux). Il a publié son premier roman « Le Malin plaisir » chez Arlea (distr.Le Seuil) et une pièce de théâtre « Le Costume » (Editions Encre de Chine) créée sur scène à Bordeaux en 2012.

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Jean-Noël CADOUX a noté ces livres

5
J'ai achevé ce midi ma lecture, @Josef Reyskeed, je vous ai écrit un premier commentaire mais quand j'ai ensuite voulu inscrire des étoiles mon texte a disparu, quelle magie! Nouvelle tentative donc, alors que je sors de cette descente aux enfers en apnée au bout d'un livre bien ficelé, même si, c'est vrai, la fin peut nous laisser un peu sur... notre faim. En plongeant dans le labyrinthe de cette névrose d'échec truffée d'amour et de rebonds j'ai senti parfois revenir le ton cruel et sombre du Céline du "Voyage au bout de la nuit" bien sûr, mais ce n'est pas ce qui m'a le plus emballé dans votre roman; le charme pour moi (au sens magique du terme) s'inscrit dès les débuts et j'ai soudain compris: Sagan n'est pas loin (aimez-vous Sagan?) et là je trouve que vous excellez, quel talent pour dire, avec une acide tranquillité, l'absurde et le sublime du quotidien, ce moment de drague sur la plage avec une femme qui ne voit pas, cet aspirateur cassé au centre d'une scène de rupture amoureuse, ce ton badin et piqué d'un zeste de méchanceté pour raconter notre époque et sa façon de courir au dessus du vide comme le loup dans les dessins animés de Tex Avery... J'ai aussi beaucoup aimé votre précision chirurgicale dans l'art de mettre en place un décor, de dire davantage que ce que l'on voit (le pinceau des phares passant sur la façade, le vent de la mer dans les lames du rideau, le portrait d'Hannah et son mari aux cheveux gras...). Un décor dans sa façon d'être montré en dit long sur l'action en cours, l'écriture est ici aussi forte que le cinéma dans sa façon de suggérer: "la mer désarçonnait un véliplanchiste"...et soudain tout est désarçonné! J'ai aussi dégusté votre manière de garder à portée de main cet humour noir qui sauve le monde de toute désespérance durable: "mon père avait les mains qui débordaient de silicone et en vantait l'étonnante douceur"...ou encore "Je passais mes soirées à traîner dans les bars, puis je devins barman, comme ça c'était plus simple", l'essentiel est dit, votre talent est là, à mon goût davantage que dans la description de violence pure tirant le récit vers le polar au premier degré. Sur ce parcours en abîme mixant les vies dans votre broyeur vous touchez à cette "insoutenable légèreté de l'être" (merci Kundera...) à laquelle nous aspirons, mais quelle qu'en soit l'intrigue c'est d'abord un style qui fait l'art d'écrire, j'ai aimé le vôtre qui me portait dans ce dédale en abîme entre des fantômes auxquels vous insufflez la vie, merci, cinq étoiles au ciel et vive les livres! jn.cadoux
Publié le 07 Novembre 2019
5
Merci pour ce partage! ce sujet des Appelés en Algérie, il y a ...près de soixante ans, est un monde, un gisement d'histoires personnelles encore enfoui dans les mémoires, le lieu du refoulement, de l'indicible, un temps sans gloire que les politiques ont bien bétonné. Le temps est venu de passer ces histoires dans le "mixer" du roman, d'en passer par la fiction pour dire l'histoire des hommes au ras du sol. Ma lecture de votre livre est loin d'être achevée -et je reviendrai vers vous encore - mais dès maintenant je vous livre mes premières impressions (étant écrivain mais longtemps journaliste): je trouve que votre récit accroche de suite, certes votre style est sec, vous évitez les métaphores, vous écrivez au plus près du réel (exemple, dans le port d'Alger les bateaux: "Leur reflet sur l'eau démultiplie les couleurs": voilà, c'est dit, on voit!) Et puis soudain la pensée s'envole et nous dit ce qui demeure caché, loin de la maison, cette arrivée dans l'armée, les soldats, les filles...: "La promesse d'un accès à des choses auxquelles on ne songeait même pas dans le civil..." Cette justesse du ton m'enchante, tout comme l'épaisseur de personnages qui, loin de n'être que des faire-valoir, des prétextes, sont par votre façon d'écrire immédiatement présents pour crever la page (Cardo et Tarpon...) comme on crève l'écran. Bravo et merci, et si vous en avez le temps merci d'aller voir mon bouquin sur 1914 ("Cottage des dunes"), votre impression m'intéresse! Je vais poursuivre plus tard mes lectures; encore un détail fort: cette pensée du jeune soldat la nuit sur le pont du navire: "Cette terre lointaine d'Algérie est sans doute là, quelque part devant nous, dans le noir". L'art du roman c'est bien cette façon de suggérer beaucoup en quelques mots...
Publié le 13 Juin 2019
4
Du style, de la personnalité, de l'humour (ah la réflexion sur le portrait de Pétain partout et même sur le calendrier des Postes...). Merci pour ce livre qui sent à la fois le travail historique mais aussi le plaisir d'écrire de son auteur. Vos personnages vivent, très vite, et vos dialogues sonnent justes. Cette histoire n'est pas seulement liée à notre Histoire, elle est universelle dans sa portée et ses leçons, c'est évidemment ce qui lui donne son sel. Bon, le titre gagnerait peut-être à prendre du recul sur le sujet? Merci pour ce travail qui donne à mBs tout son sens; et si vous en avez le loisir, allez voir mon livre "Cottage des dunes", votre avis m'intéresse!
Publié le 13 Juin 2019
5
Je reviens vers ce livre envoûtant pour lui ajouter les étoiles qui vont lui donner un peu de lumière, c'est ce dont la littérature a besoin.
Publié le 27 Mai 2019
3
@Michel N.Christophe Merci pour ce voyage en pays sensible - terrain miné pour les écrivains! La légèreté permet de passer là où ça fait mal. Je partage le bel avis exprimé ici par Catarina Viti. Les tourments du cœur et les récits intime font souvent de la littérature insipide; votre travail et votre style prouvent que parfois "ça marche", merveille!
Publié le 25 Mars 2019

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