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Le 04 déc 2020

Un sonnet interrompu

Elucubrations risquées autour d'une forme de poésie. Jean-Baptiste Tanpi pour l'appel à l'écriture monBestSeller : "Je ne me suis pas reconnu"
Un amour très spatialUn amour très spatial

Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais dans l’espace, probablement dans une station orbitale, et je m’envoyais en l’air avec ma cosmonaute préférée. Aah ! Faire l’amour en apesanteur, quelle poésie ! Sûrement de quoi écrire un sonnet qui sonne merveilleusement et qui aura un succès fou sur monBestSeller...qui sonne... qui sonne...

Oh ! Merde !
C’est pas le réveil ! C’est le téléphone ! Quel est l’enc... qui m’appelle à cette heure-ci ?
— ALLÔ ! SI C’EST POUR UN DÉMARCH...
— Euh ?... excu...
— EXCU TOI-MÊME, EH ! CONNARD !
KRRRACK !!!
Ça, c’était le bruit de l’atterrissage de mon téléphone portable sur le carrelage.
Paix à ses débris ! De profundis, etc.

Que m’est-il arrivé ? Il n’y a pas plus doux que moi.
Jamais violent, surtout quand il s’agit de travailler.
Ma copine me le reproche souvent : « Je me méfie de ta douceur. Je ne sais jamais ce que tu me caches.
Toi poète ? À d’autres, mon chéri ! ». Elle, c’est le contraire. Une boule d’énergie qui brûle tout sur son passage. Elle est confinée chez ses parents à l’autre bout de la France. Elle me fait peur parfois, mais me manque terriblement.
Obligé de rester chez moi puisqu’en télétravail, j’avais réglé mon réveil à 10 heures pour profiter d’une grasse matinée sans risquer une engueulade parce que j’arrive en retard. Et voila que j’ai été secoué par une sonnerie à 8h02 comme si je devais partir au boulot !
Mon chef me dit toujours que je suis un poète, et je constate que mes collègues ont de l’avancement et pas moi. C’est dé-cou-ra-geant.
Alors ??? Psychotons un peu et remontons aux souvenirs traumatisants de l’enfance.
Poète... poésie... Ah ! Oui ! Un zéro en récitation parce que ce salaud de prof avait fait une interro écrite
alors que j’étais passé au tableau la semaine précédente.
Et aussi le 5/20 par protection que m’accordait le prof chaque fois qu’il me rendait une dissertation. Voire un 3 sur le sujet « science sans conscience n’est que ruine de l’âme (Rabelais) », car j’étais incapable de tartiner 4 pages alors que ma pensée profonde se résumait à 4 caractères (« bof ! »).
Alors, j’ai décidé de me venger en faisant de l’anti-poésie avec pour sujet : la conscience.
Au fait, la poésie c’est quoi ? Écrire des trucs en vers et qui riment à la fin.

Je vais donc écrire contre tout, mais surtout pas en vers.
D’ailleurs, j’ai toujours détesté ces petits animaux sans pattes au corps mou (le Robert) qui nous
boufferont jusqu’à l’os après notre mort, et leur regrettable homonymie avec l’écriture poétique.
Et la rime, ça rime à quoi ? À l’envers, ça fait « émir ». Bof !
Et si je faisais rimer le début des mots et non la fin de chaque ligne ?
Et puisqu’on fait de l’anti-poésie, je flingue la rime.
Je prends par exemple des mots comme : « conscience » et « connerie ».
Qu’est-ce qui reste ? « science » et « ne rie ».
Entre « ne » et « rie » j’ai ajouté un·e espace, mais pas celle·ui de mon rêve, envolé·e depuis longtemps dans le néant sans espoir de retour.
J’ai bien dit UNE espace, mot féminin qui n’a rien à voir avec l’immensité du cosmos : c’était autrefois une cale en plomb utilisée par les typographes pour séparer les mots.
Vachement en avance, les mecs ! Ils avaient déjà réussi à genrer l’espace bien avant les féministes !
Et même les savants, pour qui rien n’est simple. Et moi, et moi ?...
N’empêche que j’ai réussi à écrire 3793 caractères sur le thème « sonnerie et connerie sont la ruine des portables ».

J’ai la fâcheuse impression d’avoir la tête au ciel, ou plus prosaïquement dans l’espace,
Et les pieds à l’étroit dans le plomb fondu d’une espace insécable.
Comme je suis maintenant d’une espèce irritable,
Et que je ne peux échapper au quatrain ni à la rime, je suis furax !
C’est le premier quatrain d’un (mauvais) poème... mais le reste va sonnet dans le vide !

@jbtanpi
j'adore !

Publié le 15 Décembre 2020

@jbtanpi
Mon cher Jean Baptiste
Tout d'abord un grand mot d'excuse pour avoir lu rapidement jptanpi au lieu de jbtanpi et en avoir conclu que vous vous appeliez Jean Pierre au lieu de jean baptiste.
Pardon pour cette erreur monumentale que vous ne m'avez jamais reprochée.
Pour revenir sur votre texte, la fin est violente. Une violence que je ne vous connaissais pas. Bref ! le texte, c'est le texte, et mes personnages font souvent des trucs que je ne saurais faire.
D'accord pour le chianti et le tire-bouchon, à vous de fixer la date. Ce jour-là, je remplacerai le pâté par un petit foie gras des landes (maison évidemment).
Profitons des périodes de déconfinements des fêtes pour se rencontrer. Ca serait une bonne idée et ça me ferai plaisir.
FF

Publié le 07 Décembre 2020

Mon cher @Fernand Fallou , je suis ravi de vous retrouver. Vous ne m'avez pas reconnu vous non plus... Peut-être ai-je réellement changé.
Quelle violence ?, demandez-vous. Je la déplore, mais un coup de sang (merci @Alix Verne) m'échappe parfois, par exemple quand on fait exploser en vol un de mes plus beaux rêves.
Votre filet garni avec trois boîtes de pâté ne me déplaît pas, encore que je préfèrerais remplacer la tringle à rideaux par un petit Bordeaux, voire par un fiasco de bon Chianti (et le décapsuleur par un tire-bouchon).
Rassurez-vous, @la miss 9 , je préfère moi aussi le bon français et je trouve normal qu'on corrige mes fautes.
D'ailleurs, j'aime bien le mot du jour de Jean-Pierre Colignon, redoutable coupeur de cheveux en quatre (voir son blog sous wordpress).
Quant à vous, @lamish , vous évoquez la "pesanteur féminine" que non seulement j'aime bien, mais aussi qui m'est absolument indispensable si je veux garder les pieds sur terre... et profiter des bonheurs d'ici-bas.
Et enfin, @mBS , n'oubliez pas de féliciter l'illustrateur de ce texte.

Publié le 05 Décembre 2020

Cher @jbtanpi Comme je ne suis pas sûr de m'être bien exprimé. je recapépéte depuis bédut.
le but du truc, c'est de ne pas se reconnaître
100% Je vous reconnais
50% Je vous reconnais de moins en moins
Après, je ne vos reconnais plus
But atteint - je ne dirais qu'un mot : Bravo !
Quant à cette chère @la miss 9
Ce n'était pas un reproche, mais un compliment.

Publié le 05 Décembre 2020

@jbtanpi Exubérante, votre contribution. Ça part un peu tous azimuts, mais ce n'est pas déplaisant ;-). L'amour en apesanteur, la pesanteur féminine, la poésie... Avez-vous songé à l'amour sous l'eau, avec mini-bouteille d'oxygène ? Sûrement plus facile qu'en combinaison d'astronaute, à condition, bien sûr, de maîtriser l'inspiration par le nez et l'expiration par la bouche :-) ! Pour ce qui est de la poésie, ma foi, si la guéguerre entre puristes et laxistes perdure, force est de constater que les libéraux comme les puristes, lorsqu'ils sont talentueux, rallient tous les suffrages :-))) !
@Fernand Fallou Si tu avais écrit foie gras et Sancerre, j'aurais fait une effort, mais là, je ne sais pas ce qu'il se passe, figure-toi que je sèche complet :-) ! Bises et bonne soirée à tous. Michèle

Publié le 04 Décembre 2020

Mon cher @jbtanpi
Moi, sur les quatre premières lignes je vous ai bien reconnu. 100%
Sur les 6 lignes suivantes je vous ai reconnu à 50%
Mais sur le reste de ce texte je ne vous reconnais plus. Quelle violence ?
quant à @la miss 9 qui a un œil que je n'ai pas, je me demande : Qui êtes vous, la miss ? Un humain, une humaine, un prof de Français, un robot (qui a avalé un logiciel de correction) ?
Toute personne qui me répond gagne un filet garni avec trois boites de pâté, un décapsuleur et une tringle à rideau.

Publié le 04 Décembre 2020

Une chevauchée de l'esprit récréative. Un coup de sang somme toute jubilatoire. Alix

Publié le 04 Décembre 2020