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Le 07 avr 2021

Comment bien débuter un roman ? L'incipit

L’ouverture d’un roman, la première phrase, le premier chapitre sont les moments clefs pour capter l’attention du lecteur avant de le plonger dans votre récit. Voici 4 techniques ou plutôt 4 approches qui, si elles ne sont pas des recommandations, sont une manière de vous situer dans l'espace littéraire, et peut être, vous inspirer pour écrire l’introduction parfaite
Prologue, première phrase, première page : le plongeonPrologue, première phrase, première page : le plongeon

 

L’approche ''statique'', c’est celle des romans réalistes du XIXème  

Elle resitue, un contexte historique, un environnement, une Société, des personnages. Elle donne un fond documentaire informatif pour que le lecteur puisse entrer dans une histoire avec une connaissance complète du décor, une ambiance, un climat.

L'incipit ''dynamique'‘, c'est celle qui domine dans nombre de romans contemporains

Elle consiste à balancer le lecteur in-situ, dans un lieu, une intrigue dont il ne prendra le fil qu’au cours de quelques pages. L’histoire et les personnages ont déjà leurs vies. Le lecteur doit la rattraper au vol avant de la vivre. Presque comme si l’on était en retard à un Rendez-vous. C’est le fait de nombreux romans modernes de la moitié du XX ème siècle à aujourd'hui.

L'approche ''progressive » est une manière de démarrer son récit par étape

En partant parfois d’un infime détail pour élargir le champ de vision d’un personnage qui peut être secondaire voire même insignifiant, c'est un (bon) prétexte à introduire, et ouvrir à un univers… C’est la qualité d’écriture, l’habileté et sa propension à accrocher le lecteur qui en fera l’attrait ou la subtilité… le lecteur est tenu en haleine par le manque d’information 

L'approche ''suspensive'' est la plus mystérieuse mais aussi l'une des plus risquées

L'auteur donne très peu d'informations au lecteur, ou parfois même des introductions qui le perdent ou le mènent sur une mauvaise piste, ou des conjectures d'intrigues. En déroutant le lecteur, on peut l’accrocher, il faut être un bon manipulateur. Talentueux.

Sachez-que le démarrage d'un roman est sans doute le texte sur lequel l'auteur revient le plus souvent. A raison d'ailleurs.
Réécrire  l’ouverture de votre récit après l'avoir terminé est nécessaire
 C’est le moment idéal pour le retravailler. Car peut-être, et même sans doute, le flux du récit vous a emmené dans des lieux et des espaces éloignés de vos premières intentions

 

 

 

23 CommentairesAjouter un commentaire

C'est le problème : la plupart du temps, l'auteur fait commencer son récit au mauvais moment. Je dirais que la qualité de l'incipit, outre l'effet "hameçon" évident, dépend du moment auquel il correspond dans l'histoire, celui où vous décidez d'immerger le lecteur.
Il ne doit pas être anodin.
Si qualitative soit-elle, l'introduction d'un récit n'aura jamais autant d'impact que si elle participe à une logique structurelle globale. La STRUCTURE du texte, le scénario, la fluidité avec laquelle les scènes vont s'enchaîner en rapport avec les personnages qui les vivent, voilà ce qui va réellement hameçonner le lecteur. S'il est séduit par l'incipit mais s'ennuie ferme dans les pages suivantes, il soupçonnera une publicité mensongère et décrochera invariablement.
Voilà pourquoi l'intro se présente souvent d'elle-même une fois le récit terminé.
Structure, structure, structure !
Amitiés
Norin

Publié le 29 Avril 2021

@Blanchet Rachid, voilà la définition la plus pertinente selon mon avis bien sur, qui n'engage que moi ^^ Une évidence !

Publié le 11 Avril 2021

@Saint-Bleyras
En vous lisant trop rapidement (l'effet dimanche matin), j'avais cru qu'il y avait de l'eau dans le gaz entre vous et votre femme. Heureusement, une relecture plus attentive m'a rassuré :-) Mais aussi, quelle idée de se lever à 7h04 le dimanche matin ??? Bon dimanche tout de même, Georges / Saint-Bleyras, et à très bientôt. Rachid

Publié le 11 Avril 2021

@Blanchet Rachid
=
Houlala ! C'est dimanche, il est 7h04. Et à propos d'incipit j'ai ouvert, il y a quelques minutes, votre "Confession de Rachid Blanchet" ! Comme ça, à jeun, au saut du lit...
=
Je l'ai refermé dès la fin du chapitre un. Si je vais plus loin maintenant, je sens que "ma vie de couple" va connaître une journée difficile. J'ouvre votre livre et je suis là, dedans ! Maléfice !
=
Je referme cette boîte de J'adore, non seulement parce que tu n'adoreras que Dieu seul, mais parce que ma journée va être engloutie... J'ai une femme et des écrits sur le gaz (les écrits, pas la femme).
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Je referme et je reprendrai ultérieurement. J'espère que le reste m'emportera aussi fort, je l'espère et pour l'heure je le pense. A moins que le redoutable Incipit ait encore frappé et que la fin commence dès après lui ?
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Nous verrons bien !
Bon dimanche, Rachid, et à bientôt.
Georges / Saint-Bleyras

Publié le 11 Avril 2021

Je trouve très pertinent d"attirer notre attention sur cette délicate question du début des romans. Il y a en effet un grand mystère - de l'ordre de l'intime - dans la rencontre qui a lieu entre un lecteur et un auteur, et cette rencontre s'effectue dès les toutes premières lignes, dans les toutes premières pages. S'il se produit comme un coup de foudre, c'est assez merveilleux, on tourne les pages sans effort, on se laisse porter jusqu'à la fin du livre et l'on retarde le moment où l'on devra dire "c'est fini". Mais quand, au contraire, le plus souvent, ce coup de foudre ne se produit pas, alors il faut faire un effort, un de plus, et c'est un peu triste de peiner dans sa lecture. Mais, quoi ! C'est ainsi. Tous les livres ne peuvent pas être taillés sur mesure ! Il faut se faire une raison et tenter ailleurs sa chance, jusqu'à tomber sur la perle rare : l'auteur qui vous parle à l'âme dès les premiers mots.

Publié le 10 Avril 2021

@Kroussar
=
Merci Jean-Claude pour ces précisions. Vaste sujet, comme l'a dit qui vous savez en parlant d'autre chose.
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Il y a bien, en effet, autour du livre une incitation à acheter, via une incitation à lire. Sur mBS, il n'est pas besoin d'acheter pour lire, c'est exact.
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Couverture, quatrième de couverture, éléments de biographie, voire photo de l'auteur, arguments de type publicitaire (notoriété, nombre d'acheteurs, articles de presse, citation de journalistes, "Vu à la télé", rééditions, traductions, adaptations filmiques, etc.)... Et l'incipit qu'on intronise "impression première" (qui n'est pas "la première impression, nuance !).
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Le nom de l'auteur, quand il est connu, est un déclencheur important pour la lecture : "Tiens, c'est de @lamish, je saute dessus ! [sur le bouquin, oeuf corse]
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La thématique aussi (Cambodge ; cosmogénèse ; éthique...). Et bien sûr, à l'occasion, le genre éditorial et le type littéraire...
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L'écriture sans calcul, sans démarche "marketing", mais par "nécessité intérieure" pour reprendre et décaler la formulation du peintre Vassily Kandinsky, j'adore ça !
=
Bon week-end et à bientôt, Jean-Claude !
Georges
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PS : j'ai du mal à lâcher votre livre "Cambodge - La longue quête".

Publié le 10 Avril 2021

Excellente idée que ce conseil aux auteurs pour bien débuter un roman, @monBestSeller. Tout est dit dans la première phrase de l'introduction (ici, chapeau) qui est une synthèse remarquable de concision.
Les apports sont intéressants. Sans doute n'est-il pas inutile de rappeler la définition de l'incipit (Larousse, Littré, dans le roman), le rôle, et de citer deux exemples choisis d'incipit.
Définition :
— Premiers mots d'un manuscrit, d'un ouvrage. (Larousse)
— Aujourd'hui, le mot incipit désigne les premiers mots d'un texte... Un incipit permet d'introduire une histoire dans un contexte. Il donne le cadre spatio-temporel et des informations de base… De façon plus générale, l'incipit désigne le début d’un texte littéraire, en général d’un roman. Par extension, ce sont également les premiers mots d'un livre. (Littré)
— L'incipit dans le roman : Dans le seul domaine du roman, on désigna tout d'abord par ce terme la première phrase du texte, aussi nommée « phrase-seuil ». Par élargissement du sens, il désigne aujourd'hui le plus souvent le début de l'ouvrage, de longueur variable selon les nécessités de composition ou d’étude scolaire qui le découpent. Il peut ne durer que quelques phrases, mais peut aussi concerner plusieurs pages. Dans le cas d’un article (d’encyclopédie ou de journal)… on parle souvent de « chapeau » pour désigner l’incipit destiné à « accrocher » l’attention du lecteur.
Rôle de l’incipit :
L’incipit répond généralement à trois caractéristiques : il informe, intéresse et noue le pacte de lecture. Il informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit.
Exemples d'incipit :
— L'Étranger (1942), Albert Camus : « Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
— Anna Karénine (1877), Léon Tolstoï : « Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. »

Publié le 10 Avril 2021

@Saint-Bleyras
/n
Effectivement, Georges, vous avez parfaitement raison. Ce sont les raisons pour lesquelles mBS a généreusement réalisé de nombreux articles sur l'intérêt et toute l'attention que l'on se doit de porter au titre, à la couverture, à la quatrième de couverture, et à l'incipit.
/n
Ce sont quatre points incontournables pour inciter les lecteurs à lire et à acheter le livre.
Du point de vue marketing, ils doivent être attractifs, séduisants, et si le reste n'est pas à la hauteur, ce ne sont que des attrapes couillons (comme on dit en pays de Loire).
/n
Sur monBestSeller, c'est un peu différent. Même si ces quatre accroches restent primordiales, la démarche varie légèrement. Vos interrogations sont pertinentes (je vous cite.) :
- comment la quatrième de couverture, ou le synopsis sur mBS, peut-elle influer sur la portée de l'incipit (ou le concurrencer) ?
- idem pour la rubrique "biographie" ;
- où se situe le vrai commencement de la lecture (qui n'est pas la même chose que le commencement du texte, c'est entendu) ?
- où commence vraiment "l'écriture" ?

Je répondrai modestement par :
Primo, la page de couverture n'est visible qu'en achetant l'un des packs proposés. Ce qui est tout à fait acceptable pour un site qui doit se doit de couvrir les frais inhérents au fonctionnement, même si sa vocation première n'est pas commerciale.

Secundo, la quatrième de couverture n'existant pas, il nous faut donc composer avec le synopsis et la biographie. Là commence la lecture... Et de nombreux conseils ont été donnés par mBS pour que l'auteur puisse les rédiger de manière attractive.

Tertio, l'écriture commence, généralement, par un plan grossier de l'histoire. Les personnages et les scènes prennent corps progressivement. Là encore, tout est parfaitement décrit dans les Conseils à l'écriture de mBS. Et selon les recommandations, l'incipit et la quatrième de couverture ne s'écrivent qu'à la fin.

Bref, comme vous le rappelez justement, la lecture débute bien avant l'incipit, et le tout doit être cohérent et attirant.
Cordialement, Jean-Claude dit Kroussar.

Publié le 10 Avril 2021

@lamish@kroussar@Fanny Dumond @Serge Tabard @Loic Lanzenac
Bonjour !
Kroussar, j'ai ouvert votre livre il y a trois jours, et j'en suis à la page 278 ! Votre incipit m'a informé et entraîné après vous. Il faut ajouter que nous avions échangé à propos de "La longue quête" en commentant un autre texte.
=
Mais je m'interroge :
- comment la quatrième de couverture, ou le synopsis sur mBS, peut-elle influer sur la portée de l'incipit (ou le concurrencer) ?
- idem pour la rubrique "biographie" ;
- où se situe le vrai commencement de la lecture (qui n'est pas la même chose que le commencement du texte, c'est entendu) ?
- où commence vraiment "l'écriture" ?
=
Un incipit que j'avais recopié, pour mes notes, il y a vingt ans :
"Roger Aitken était un de ces patrons qui se gardent bien de laisser leur vie privée s'immiscer dans leurs activités professionnelles. Ce fut seulement le jour où il glissa sur le perron du Plaza Grill et se cassa la jambe que j'allai chez lui pour la première fois et fis la connaissance de sa femme."
Tiré de "Délit de fuite" (Hit and run !) de James Hadley Chase.
=
Au revoir !

Publié le 09 Avril 2021

@Saint-Bleyras Vous avez oublié l'arobase, cher Georges, et sans elle, personne n'est averti.... Déjà que ça marche une fois sur deux avec, mieux vaut mettre toutes les chances de votre côté :-)... Bonne soirée et bon week-end, Michèle

Publié le 09 Avril 2021

Bonjour !
Kroussar, j'ai ouvert votre livre il y a trois jours, et j'en suis à la page 278 ! Votre incipit m'a informé et entraîné après vous. Il faut ajouter que nous avions échangé à propos de "La longue quête" en commentant un autre texte.
=
Mais je m'interroge :
- comment la quatrième de couverture, ou le synopsis sur mBS, peut-elle influer sur la portée de l'incipit (ou le concurrencer) ?
- idem pour la rubrique "biographie" ;
- où se situe le vrai commencement de la lecture (qui n'est pas la même chose que le commencement du texte, c'est entendu) ?
- où commence vraiment "l'écriture" ?
=
Un incipit que j'avais recopié, pour mes notes, il y a vingt ans :
"Roger Aitken était un de ces patrons qui se gardent bien de laisser leur vie privée s'immiscer dans leurs activités professionnelles. Ce fut seulement le jour où il glissa sur le perron du Plaza Grill et se cassa la jambe que j'allai chez lui pour la première fois et fis la connaissance de sa femme."
Tiré de "Délit de fuite" (Hit and run !) de James Hadley Chase.
=
Au revoir !

Publié le 09 Avril 2021

@Loic Lanzenac Dire que j'aurais pu écrire un bestseller, depuis le temps que j'assume mes cheveux blancs ! J'ai loupé le coche, zut, zut et re-zut :-))) ! (Je ne connais pas l'émoticône qui va avec ; tu sais, celui du rire aux larmes)... "Mes cheveux blancs m'ont fait entrer dans la lumière"... En même temps, un titre pareil, force est d'admettre que je n'aurais jamais osé ;-). Merci pour cet agréable vent de fraîcheur... et santé !

Publié le 08 Avril 2021

@mbs ,@lamish

Pour que vous compreniez …

Vous venez ? J’écris un livre. J’ai une chance sur mille ! … d’être publié. Un peu comme une espèce de loto dont la grille serait laborieuse à remplir. Après tout, Booba et M.Pokora font bien de la musique ! J’ai lu, il y a peu, les étonnants chiffres de vente d’un ouvrage intitulé « J’ai osé l’aventure des cheveux blancs » … Ça m’a donné envie ; à l’heure où vous me lisez, je commence :

Tout est blanc, j’ouvre une bière, je l’avale ; rien ne se passe.
… Alors, j’en ouvre une deuxième.

« Le shit & le couvert » - Loïc Lanzenac.
Bientôt sur vos écrans.

Publié le 08 Avril 2021

Bonjour ! Pourquoi suis-je emportée dans une lecture dès les premiers instants, pourquoi je referme le livre d'un écrivain ou d'un auteur lambda après le 1er chapitre, quelques paragraphes, voire quelques lignes ? Je pense que c'est comme dans la vie lorsque je rencontre une personne. Avec certaines, je me sens à l'aise dès les premiers instants, tandis qu'avec d'autres je reste sur ma réserve. L'appréciation d'un livre se fait dès l'entame (incipit, premiers paragraphes ou premier chapitre ? j'avoue que je sèche après lecture de cette tribune qui semble mélanger les deux fonctions), lorsque le rythme des phrases correspond à mes goûts de mélomane. "Longtemps je me suis couché de bonne heure"/Aujourd'hui maman est morte", tant analysés sous toutes leurs coutures, ne m'ont pas fait apprécier Proust que je n'ai jamais pu terminé, tandis que je suis admirative de l'œuvre de Camus. Voilà, c'est tout, et c'est déjà pas mal !!! Cordialement. Fanny qui s'en retourne sur la pointe des pieds.

Publié le 08 Avril 2021

À l'image du plongeur, je me lance, quitte à prendre des claques :
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PROLOGUE

Cambodge – 17 avril 2015.

Longtemps, on m’imposa le silence, et je me suis tu. Un mutisme de quarante ans ! De lourds secrets à porter seul qui, peu à peu, ont détruit ma vie et celle de mes proches. J’étais officier, j’avais un devoir de réserve, de discrétion… Je voulais aussi protéger ma famille, qui n’a jamais eu connaissance de mes missions secrètes. Par-dessus tout, je désirais oublier les terribles épreuves que j’avais traversées.

Mais, à l’occasion du quarantième anniversaire de la chute de Phnom Penh, les médias sont revenus sur l’histoire du Cambodge. Étrange pudeur, conformisme ou ignorance : la vérité était encore escamotée, aucune information claire sur les événements.

Tout se bousculait dans ma tête ! De mes souvenirs surgirent des images de ce jeune homme que j’étais alors. Un jeune homme plein d’espoir, qui ne rêvait que d’aventures, d’exploits, de passions. Un jeune homme fasciné par l’Empire khmer et sa mystérieuse cité d’Angkor, dont les temples hantaient son esprit depuis l’âge de quinze ans.

Au lieu de faire renaître ces enchantements, une intraitable révolte m’envahit.

Devais-je dire la vérité ? Dévoiler ce qui s’était réellement passé ? Devais-je dénoncer les hommes politiques qui, à la face du monde, par lâcheté calculée, cachaient encore leurs crimes passés ?…

À cette époque, le monde entier n’avait d’yeux que pour le Vietnam. Les Américains écrasaient ce qui restait de l’Indochine… La France observait, nourrissait de sombres desseins, jusqu’au jour où elle poussa ses pions pour déstabiliser toute la région.

Je fus l’un de ses pions…

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À vous de jouer, chacun pouvant nous proposer son "Incipit". Et n'hésitez pas à critiquer, mBS c'est fait pour cela.

Publié le 08 Avril 2021

@tous Disons que dans la déferlante actuelle d'écrits, la sollicitation étant extrême, soigner les premiers paragraphes est assez déterminant pour inciter le lecteur à poursuivre. Par contre, aussi attractif soit-il, ce début doit tenir ses promesses... À partir de là, ça se corse sérieusement, car aucun lecteur ne sera dupe si le reste n'est pas à la hauteur d'une l'introduction percutante ;-). Merci pour ce billet et bonne soirée. Michèle

Publié le 07 Avril 2021

Ceci n'a pas un rapport rigoureux avec le sujet, mais, quand j'ai lu "Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ?", j'ai failli refermer le livre. Il a fallu qu'une camarade étudiante me convainque de persévérer : "Sois sérieux, Rachid, La condition humaine, c'est génial". Pour ses beaux yeux, j'ai lu la suite et j'ai fini le livre. Et, en effet, c'était très bien.

Publié le 07 Avril 2021

@ MBS
Je comprends : vous vous situez du point de vue d'un auteur qui aurait écrit un bon livre et qui risquerait de passer à travers les mailles du filet (éditorial ou non), parce que son manuscrit serait noyé dans le flot de manuscrits qui inondent les éditeurs ou les sites comme mBS où l'on peut mettre en ligne gratuitement son pdf. Cet auteur d'un bon livre aurait en effet tout intérêt à soigner son début, afin d'accrocher son lecteur, qui aura alors envie de continuer à le lire, au lieu de passer à côté de son oeuvre. Je suis tout à fait d'accord avec vous, et, comme je l'ai dit plus bas, vous proposez une bonne synthèse de différentes façons de commencer un roman. Evidemment, vous ne dites pas comment commencer un bon roman (ni comment le continuer et le finir). D'une part parce que ce n'est pas le sujet de votre synthèse. D'autre part parce que, s'il existait un mode d'emploi pour écrire un bon livre, ça se saurait. Le mystère demeure donc : « Longtemps je me suis couché de bonne heure » ne garantira à personne d'être lu jusqu'au bout, encore moins d'être publié. Et si on demandait à Proust comment il a fait pour être publié, il répondrait, d'abord pour plaisanter : « Gide m'a refusé chez Gallimard ». Puis, plus sérieusement : « je n'ai rien fait, j'ai exprimé (sous une forme plus ou moins romanesque) ma vison du monde et, comme je suis unique (et, qui plus est, hypersensible, hyper-intelligent et hyper drôle), un éditeur a finalement bien voulu de mon livre (en m'imposant de le scinder en plusieurs volumes alors que j'aurais voulu le publier d'un bloc). » // Je ne fais qu'énoncer une triste (ou pas?) banalité : il n'existe aucune recette technique pour réussir un bon (début de) roman, puisque c'est une question de personne, et que le mystère de la personne n'a pas encore été élucidé (chaque beau roman en dévoile une part). Votre article est honnête parce qu'il est modeste. Ce n'est pas le cas de certains auteurs qui, parce qu'ils ont publié un livre (médiocre) ou deux, vendent sur internet leur « kit pour devenir écrivain en sept semaines ». mBS ne fait pas cela, heureusement. Vous vous contentez de dire : voilà quatre façons de commencer un roman. Et je trouve ça utile et intéressant. //
Quant au big bang, c'était une blague sans en être une. Le monsieur a raison de dire que le début procède du tout. Dans l'idéal, en effet, un roman original produit son propre début original, qui ne ressemble à aucun autre (ce qui ne l'empêche pas d'entrer dans l'une des quatre catégories que vous avez définies). Ainsi, la Recherche produit : « Longtemps je me suis couché de bonne heure. » Etc. Ceci dit, l'incipit du Grand Meaulnes, un de mes livres préférés, n'est pas extrêmement original et « punch line » (il est « juste » magnifiquement bien écrit). Comme quoi, pour celui ou celle qui a écrit un bon roman, il reste difficile de passer inaperçu.

Publié le 07 Avril 2021

Selon Elmore Leonard qui a prescrit une ordonnance en 10 points dont je tiens la liste dans Page 24 republié cette semaine (il est dans les nouveautés, je fais de l'auto-promo), l'une des choses à éviter, c'est de commencer par la météo.
Et il est tout à fait exact de lire bon nombre de textes commençant pas "c'était l'été" ou "il faisait chaud, ce jour-là).
Ceci dit, travailler le début d'un texte pour accrocher le lecteur… on enfonce un peu une porte ouverte ! Travailler l'incipit, c'est à dire le début du début, la première phrase, voire le début de la première phrase, le fameux uppercut qui étourdit le lecteur et l'emporte dans un autre monde, voilà qui est plus intéressant.

Publié le 07 Avril 2021

Excellent article, ce sujet est primordial pour tous les auteurs. Personnellement, tous mes livres ont une introduction, un prologue ou une phrase travaillée, toujours en rapport avec le contenu littéraire qui va suivre. J'ai fait entrer le lecteur en situation directement dès les premières phrases des deux premiers que j'ai écrits, volontairement bien sûr. Le troisième, je dirai en approche "statique" pour le 1er chapitre, sans trop de style sinon cela va autant admonester le lecteur que tuer la narration. Peu de livres contemporains ont un prologue, je trouve: dommage. J'aimerai bien, un de ces jours, un autre article consacré aux "postface" où l'auteur indique souvent le pourquoi du comment, à propos de son œuvre, éclaircissant les zones d'ombre que peuvent ressentir les lecteurs. Un livre n'est pas livré comme un manuscrit bien aligné, il se doit d'être remarquablement présenté, c'est un travail.

Publié le 07 Avril 2021

@LE JEUNE@Serge Tabard
Très prosaïquement, il ya des mauvais débuts. La preuve : les quantités de livres qu'on abandonne à la page 8 auxquels on ne laisse aucune chance d'être lus. Quand l'offre est pléthorique, le premier contact est essentiel. Mais je concède le Big Bang...

Publié le 07 Avril 2021

Merci pour cette bonne synthèse. Et la photo du plongeur est très bien aussi.
@LE JEUNE : Vous avez oublié le Big Bang. C'est cela le début.

Publié le 07 Avril 2021

Je pense qu'il n'y a pas un bon début, mais chaque chose a son début. Et inévitablement on commence forcément par une page vide. C'est cela le début.

Publié le 06 Avril 2021