Des images de livres d'enfants imprimés à jamais dans nos imaginairesTout a commencé pour moi avec « Vif Éclair », l’histoire du jeune renne du Père-Noël. Histoire dont j’ai oublié tous les rebondissements, mais dont le texte final me donne aujourd’hui encore des frissons : « Il bondissait par-dessus des palissades de sucre d’orge ».
Tout était merveilleux : le petit renne désigné pour conduire le traîneau, sa joie de bondir dans le ciel étoilé, et… ces mystérieuses « palissades de sucre d’orge ». Où étaient-elles ? Dans ma mémoire, elles sont dans le ciel d’hiver… mais sur quoi reposent-elles ? Que sont les palissades ? Qui servent-elles ? Quelle est la Quête ?
Ma destinée, coincée entre Pif Gadget et Thomas Mallory, allait dès lors se dévider inexorablement. Si je dois à cette première lecture l’assurance que le merveilleux se trouve entre deux pages d’un livre, je n’ai pourtant toujours pas trouvé le Graal — entre lard et cochon —. Mais qu’importe. Une quête aboutie en est-elle encore une ? Et tant qu’il y aura des étoiles au ciel d’hiver, j’y verrai ma Muse bondir « par-dessus des palissades de sucre d’orge ».
Catarina Viti

Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Merci @Iris Danze,
Les premières années de nos vies s’inscrivent en nous, mais peut-être pas en tant qu’histoire référentielle pour reprendre le biais de la psychologisation à outrance que mentionne
@Hugues Hugo Cayzac.
Je crois plutôt (et c’est ce que je cherche actuellement dans mon travail d’écriture) sous forme de brins souches, autrement dit plus au niveau du symbole que de l’anecdote.
La science ne pourra jamais parler de l’enfance, seule la littérature le peut. Proust nous en donne une magistrale démonstration en s’excluant justement de l’anecdote (à l’opposé de Pagnol par exemple).
@Catarina Viti,
Merci pour ce texte empreint de nostalgie et de douceur.
L’imaginaire de l’enfant est un don précieux pour l’adulte, qui puise tout au long de sa vie dans cette source inépuisable de pensées.
Vos souvenirs avec Vif l’Éclair font écho à l’émerveillement que chacun de nous éprouve face au féerique, ainsi qu’à notre questionnement devant l’inexplicable. C’est sans doute cela qui nourrit notre curiosité, et ce, à tout âge.
Les palissades miraculeuses que franchissait Vif l’Éclair me rappellent les longues heures d’été passées à observer les nuages flotter, pourtant lourds et compacts en apparence.
Ce texte souligne la richesse des quêtes inexpliquées dans nos vies. Une belle invitation à renouer avec l’enfance.
@Hugues Hugo Cayzac
Les informations sont ici.
https://www.youtube.com/watch?v=gRLOum_FWYE
Au plaisir de vous lire.
@Catarina Viti
Ce sont effectivement les dernières rentrées littéraires qui ont attiré mon attention sur l'invasion de la littérature par la psychologie post-traumatique. En tout cas, de certaines maisons parisiennes qui pèsent lourd dans le marché de l'édition.
Avec plaisir. Combien de signes?
Merci.
@Sylvie de Tauriac
Une idée en passant : un appel à textes sur ces héros d’enfance et ce qu’il nous ont enseigné, ce qu’ils ont déclenché en nous. Qu’en dis-tu ?
@Vanessa Michel
Salut, mam’zelle. Oui, c’est ça. Cette petite bestiole qui (mes souvenirs sont confus) avait fait des pattes avant et des pattes arrière pour conduire le traîneau du père Noël, alors qu’il n’était qu’un « bébé », se retrouve dans le ciel du solstice, sautant avec le traîneau chargé de cadeaux par-dessus ces fameuses palissades de sucre d’orge. Et ce qu’on estimait trop difficile pour lui, hors de sa portée, devient son plaisir, un jeu... En réalité, cette histoire contenait bien plus que ce que mes grands-parents imaginaient.
@Hugues Hugo Cayzac
Bonjour, n’y aurait-il pas là de quoi rédiger un article ? Je trouve aussi que les choix des éditeurs de France se rejoignent un peu trop sur le déballage de l’intimité. C’est en tout cas, la grande tendance des dernières rentrées littéraires.
Aurions-nous peur — globalement — d’aller vers le monde extérieur ?
Aurions-nous opté pour la cécité ?
Peut-être que nous ne savons plus. Peut-être aussi que le politiquement correct érigé en vérité nous a brisé les ailes ?
Merci à tous les trois pour les messages.
Le titre de l'article fait référence à la transformation. Opinion que je partage. Cependant, affirmer comme le fait un commentaire que le bonheur dépend d'une enfance joyeuse, des parents aimants et un entourage bienveillant m'a choqué. Qu'en va-t-il alors pour qui connait ou a connu une enfance malheureuse, des parents non-aimants et un entourage malveillant? Choqué par ce genre de vision qui alimente cette nouvelle mode (internet et buzz n'y sont pas pour rien) de tout psychologiser pour attirer l'attention par la compassion et pouvoir pleurnicher sur son propre sort en public. On en arrive à ce qu'un écrivain qui n'a pas de post-trauma n'est pas si intéressant que cela. Quelle obscénité d'exposer ses jérémiades alors qu'au même moment d'autres souffrent dans leur chair et le silence glacial de l'humiliation, non? Oh! j'allais oublier: la lecture de livres imaginaires, tel un refuge inatteignable et invisible aux regards, a sauvé quantité d'enfants... et donc d'adultes.
C'est très beau, @Catarina Viti, cette découverte qui exalte l'émerveillement parce qu'elle conserve le Mystère. C'était donc ça le trésor ? Ton butin capturé dès l’enfance : la beauté et l’énergie de la Quête. Belle journée à toi !
L'île au trésor de Stevenson est le livre que j'ai préféré : le dessin du voilier et du petit garçon anglais. Mon père était officier de marine marchande et je rêvais d'aventures et de voyages. @Sylvie de Tauriac
@Alain T. Brunner
Maintenant que je vois Tracassin, le souvenir me revient. Mais pas d’émotion.
Eh bien, figurez-vous que je ne partage pas votre idée (on s’en moque, d’accord ? LOL). Ce qui fait de nous une personne heureuse, c’est la philosophie. S’il est vrai que Vif Éclair est rattaché à une brève période de ma prime enfance qui fut partiellement heureuse chez des grands-parents, la suite fut un cauchemar que je ne souhaite à personne de connaître.
Il est trop risqué de déléguer à autrui sa possibilité d’un accès au bonheur (quoique « bonheur » veuille dire, et même s’il ne devait s’agir que d’homéostasie), on ne sait jamais sur qui l’on tombe. Et il y a des (trop de) parents dont la seule consolation est d’assassiner leur enfant — au moins psychologiquement, quand ils n’ont pas le cran pour passer à l’acte de façon définitive.
Houlà... Voyez où nous conduisent les BD de notre enfance !
@Catarina Viti
Ce qui fait de nous des personnes heureuses, ce sera une enfant joyeuse, des parents aimants, un entourage bienveillant. La lecture de quelque Gaston Lagaffe.
Ensuite, l’intelligence et la philosophie se chargeront de tout détruire.
En effectuant une recherche sur Tracassin, je me suis rendu compte qu’il en existait un autre plus récent. Il est de Jean Chakir. Ce n’est certainement pas à lui que je fais référence.
Si vous avez le temps, je vous invite à regarder le film, Harvey, avec Jeanne Stewart. Il est question de rêve, du Pooka un lapin imaginaire, et d’un psychiatre.
À aucun moment je n’avais envisagé que je discuterai de Tracassin dans un site littéraire.
Éventuellement, jetez un coup d’œil à ces images en suivant le lien ci-dessus.
https://alaintbrunnerecrivain.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/01/bd-pim-tracassin.pdf
Bonjour je retrouve @Phil Lechat au cercle des poètes disparus.
@Jézabel Foutredieu
Pffffff....
@Alain T. Brunner
Je ne connais pas Tracassin. Mais bien Pim Pam Poum (d’ailleurs, à une époque, je signais ici « Tante Pim » : j’adore ce personnage).
Mon psychiatre m’a fait remarquer que je n’avais toujours pas coupé le cordon avec Vif Éclair, et qu’en quelque sorte, il était devenu ma mère de substitution. Ce qui expliquerait en partie (toujours selon lui) ma facilité à communiquer avec tous les animaux, et ma compulsion à distribuer des cadeaux sous toutes les formes imaginables.
Ça vaudrait le coup de partir à la recherche de nos héros d’enfance...
Merci pour votre beau partage.
@Catarina Viti
Voici un texte que j’ai écrit il y a quelques années. Peut-être correspondrait-il à vos propos.
TRACASSIN MON JOURNAL …AU JOUR LE JOUR
Il y a de cela plusieurs années, j’ai acheté dans un site plusieurs magazines de mon enfance. C’étaient des Pim Pam Poum, quelques Fiesta. Je pensais retrouver l’émotion de mon enfance. Je crois que, finalement, cette émotion, on ne la retrouve jamais.
Toutefois, je fus heureux de redécouvrir ces bandes dessinées d’une époque révolue.
Pour ceux qui s’en souviennent, il y avait dans Pim PamPoum et puis dans Fiesta un encart consacré à un héros particulier. Il s’agit d’un jeune garçon qui se prénomme Tracassin. Au début, l’encart s’appelait « Les rêves de Tracassin » ensuite « Mon journal… au jour le jour ».
Tracassin était donc un jeune enfant vivant avec sa maman puisqu’on voyait rarement son père. Et il rêvait. Il tenait un journal où il rêvait.
C’était pour moi un immense bonheur que de rêver avec ce personnage, fictif faut-il rappeler. Durant bien des années, en fait bien des décennies, il m’arrive parfois, de me mettre à la place de cet enfant et de rêver comme lui. Peut-être me suis-je identifié à un personnage de bande dessinée. Je n’en sais rien.
Peut-être, en fin de compte, sous un autre aspect avais-je retrouvé cette émotion enfouie au plus profond de moi-même. Aussi, même si ce n’est qu’un personnage de fiction, je voudrais exprimer toute ma gratitude à Tracassin pour tous les rêves qu’il m’a offerts. Et que j’ai partagé avec lui.
@Catarina Viti
Je vois, vous avez décidé d'être contrariante. Ce n'est pas grave et ce, d'autant moins que je n'en ai rien à cirer des rennes, du Père Noël, du Graal, de Mallory, du roi Arthur et de toute sa clique de chevaliers à la ramasse. Na !
@Jézabel Foutredieu.
Nez rouge, dites-vous ? Je vois très bien à qui vous faites allusion. Il bosse chez un certain Chat nommé Gepetto.
Nan, rien à voir avec Vif Eclair. Je ne crois pas qu'ils soient de la même tribu d'ailleurs. En tout cas, s'ils sont apparentés, c'est vraiment de très loin. Et encore.
Touchant, Mme Viti. Moi, mon renne pèrenoëlique s'appelait Nez-Rouge et avait même les honneurs d'une chansonnette : "On l'appelait Nez-Rouge / Ah comme il était mignon / Ce p'tit renne au nez rouge / Rouge comme un lumignon /etc." Etait-ce le même ?
Maintenant, "Le Morte d'Arthur", c'est une autre histoire. A moins que le Graal ne se cache dans la hotte du Père Nöel...
Ciao, @Floriana Vélasquez (merci pour ta lecture du Temps des Cerises — on s’en reparle).
Figure-toi que j’ai mesuré l’impact que ce « Vif Éclair » avait eu sur moi à la faveur d’une sorte d’atelier de « connaissance de soi » (mais qu’allais-je faire dans cette galère ?)
La stagiaire qui montait sa petite entreprise de coaching nous avait demandé de retrouver un héros de notre enfance, et de nous demander ce qu’on avait gardé de lui.
Dans un premier temps, j’avais repensé à Donald. Yes ! avec ses 1001 problèmes de fric, et son art d’être toujours le dindon de la farce. J’étais à deux doigts d’aller me néguer, quand j’ai réalisé que Donald n’était pas mon histoire (mais celle de ma mère, à laquelle j’avais fini par adhérer, motivée par une étrange fidélité). Mon héros à moi, c’était au début, au temps de mes « Petites Amériques ».
Je te refile le tuyau : si tu sens du vague à l’âme dis très fort (et où que tu sois) PALISSADES DE SUCRE D’ORGE ! c’est l’équivalent de Supercalifragilisticexpialidoucious, en plus simple.
Baisers, Floriana. On va se faire une très belle année.
@Catarina Viti
Ah ! Les contes de fées ! Tout un réservoir inépuisable de magie à portée de nos petites oreilles ensommeillées et plus tard, de nos petits doigts malhabiles. Combien ils ont façonné nos imaginaires, nos désirs et peut être nos quêtes et notre psychologie... Va savoir !
Merci, @Phil Lechat
Une histoire combien vraie. J’ai épuisé mon grand-père à me relire un million de fois cette histoire que je savais par cœur. Si bien que, médusés, les « étrangers » qui me voyaient dire le texte en le suivant du doigt étaient persuadés (non, horrifiés) qu’une enfant de deux ou trois ans sache déjà lire couramment.
Les histoires que nous lisons petits peuvent aussi tracer une part de nos destins.
Si j’en crois les rares personnes qui me connaissent un peu, je serais devenue « Vif Éclair ».
Une très belle histoire qui a toute la douceur de l'enfance !