@Michel Laurent
Comme prévu j’ai commencé ce livre, sur lequel il y a beaucoup à dire. Ҁa commence fort. (Cela n’engage que moi bien sûr). Il démarre par une franchise inhabituelle : « Ce premier texte n’a pas été écrit pour vous aider ». « Il ne coche aucune case ».
J’adore le ton, je pense me régaler, être surprise. Déjà, toujours ce don pour retourner doucement au scalpel les états d’âme, avec des mots choisis pour effleurer, atténuer, exprimer en douceur. (« suite d’humeurs », « frissons d’esprit », « soupirs », « fatigue noble »), rien de tapageur et ça change. « Ici, on préfère les ombres aux projecteurs ». Rien ni personne n’est parfait, on le savait, mais grâce à vous, ce n’est pas grave, c’est même une entrée discrète mais réelle vers un imparfait libérateur. C’est poétique, aussi. Délicieux.
« Moi, je » (ça rappelle quelque chose mais tout apparaîtra à l’envers). Joyeuse et tendre énumération, parfois désabusée, de tout ce qu’un chacun voit, ou croit voir, touche, ressent au quotidien ; décrit avec tendresse, parfois nostalgie, mais aussi tellement d’humour ! Un humour boudeur, des paroles parfois enfantines, parfois aussi l’humour du croque-mort, lui insufflant du courage... déconnexion mentale. Connexion, d’ailleurs : les gens dans le métro : « leur âme est en mode avion ».
Je suis fan de votre façon de voir les choses « insignifiantes », et de leur prêter une âme, une pensée, voire pire : de mauvaises intentions.
Derrière certains objets, en effet, il peut y en avoir, surtout ceux connectés. Et votre grille-pain m’a fait mourir de rire. Le passage des « trous » aussi, désopilant et d’une évidence que personne, à ma connaissance, n’avait étudiée. « J’aime les trous parce qu’ils sont honnêtes. Ils ne prétendent rien remplir et sont les anti-héros du marketing ». Qu’opposer à cela ?
Je vais savourer doucement ce livre plein de surprises, le commenter pas à pas.
A bientôt, et merci pour ce moment...
Laurance
Publié le 13 Février 2026