>> Que serait la rentrée littéraire sans Prix littéraire ?
Goncourt, Femina, Interallié, Renaudot, Décembre… Chacun de ces Prix littéraires a un rôle attribué. Ils prennent tous place entre fin Octobre et Mi-Novembre. Avec eux, la rentrée littéraire prend tout son relief. Ces prix ont ils des spécificités autres que celle de désigner les bons écrivains d'aujourd'hui et de faire marcher le commerce ?
>> Comment fonctionnent les Prix littéraires ?
Ce sont les éditeurs qui envoient leur sélection de livres aux jurys qui doivent choisir leur élus, généralement parmi des centaines de sélectionnés. Les sélections se font par étapes, une dizaine d’auteurs, qui se réduit à trois ou quatre pour une décision finale. Les jurés ne seront pas rémunérés, et doivent généralement élire à l’unanimité un nouveau juré en cas de démission ou de décès.
>> Le Goncourt, le plus célèbre et le plus vendeur
Il marque d’un sceau chaque année la littérature française. Créé en 1896 par Edmond de Goncourt, et décerné pour la première fois en 1902, il récompense le meilleur ouvrage d’imagination en prose. Pierre Assouline, Tahar Ben Jellun, Patrick Rambaut, Christine Angot, Eric Emmanuel schmitt… en sont des membres remarquables. Elite des auteurs et des critiques.
Si les lauréats reçoivent un chèque symbolique de 10 Euros, ils sont assurés d’une vente moyenne de 400 000 exemplaires ce qui leur vaudra, sinon la fortune, un lancement solide de leur réputation dans l’establishment littéraire.
>> Le Prix Renaudot pour célébrer celui qui aurait pu avoir le Goncourt
Créé en 1925, par dix journalistes. Son rôle est de mettre en avant les romans dont le style se démarque. Georges Perec, Louis Aragon illustrent bien cette volonté de « nouveauté » : originalité, engagement, genre et style littéraire. A 250 000 ventes en moyenne, il dépasse parfois le Goncourt mais se vit souvent comme un valorisant Prix de consolation, qui répare les injustices du premier.
>> Le Prix Femina, les femmes au jury
Avec un jury de femme, le Prix Femina a été créé dés 1904 à l’instigation d’Anna de Noailles par des journalistes du magazine «Femina » et « La vie heureuse ». En récompensant un roman ou une œuvre poétique (en vers) avec un jury de femmes, son but est de contester un Prix Goncourt souvent systématiquement, attribué à des auteurs masculins. Ce Prix par sa spécificité permet de sortir parfois des ornières de l’édition et d’ouvrir le champ des récompenses et des genres. Ce prix ne consacre donc pas exclusivement des auteurs féminins, bien au contraire...(elles ne sont pas misandres elles !).
>> Le Prix interallié couronne un journaliste
Vendu en moyenne à 100 000 exemplaires, le Prix Interallié est un prix alternatif qui choisit ses lauréats dans la profession journalistique. Même si des talents ont été découverts ou révélés, Houellebecq par exemple, c’est un Prix qui soulève quelques critiques, principalement liées au fait que la Maison Grasset et Gallimard s’approprient la plupart des victoires.
Le Prix Medicis doit élire un roman dont l’auteur n’a pas été formellement découvert, ou une première œuvre.
A 50 000 exemplaires en moyenne, il a été lancé en 1958 par le fils de Jean Giraudoux et d’une femme russe lettrée qui appartenait à des cercles littéraires remarqués, dont Raymond Queneau et Jean Genêt. Il est respecté et constitue une balise importante dans l'annonce des Prix littéraires.
Le Prix de l’Académie française célèbre un jeune auteur publié dans l’année, le prix de Flore parie sur le futur d'un jeune écrivain, le Prix des deux Magots récompense une œuvre atypique.
L'ensemble de ces Prix complètent avec le Prix Décembre (Pierre Bergé) un florilège dont chaque auteur rêve comme d'un Graal.
» Story-telling d'auteur : Comment la gérer ?