
Fernand ouvrait le bal avec une table entière de nouvelles : 34 textes publiés, 34 couvertures, 34 synopsis, 34 commentaires, 1800 pages déjà mises en livres — et, dit-il, encore 46 nouvelles à venir. Le lendemain, Annie arrivait, plus modestement, avec ses cinq titres de 300 pages chacun environ.
Alors évidemment, chez monBestSeller, nous avons voulu tout savoir. Comment ont-ils obtenu cette signature ? Comment prépare-t-on une table pareille ? Que disent les lecteurs ? Combien vend-on ? Que reste-t-il d’une journée comme celle-là ?
Voici leurs réponses aux 10 questions que nous leur avons posées, sachant que nous en avions cent autres :

> mBS : Vous venez tous les deux de faire une signature à la FNAC de Rochefort. Comment cette aventure a-t-elle commencé ?
Parthemise : Après de longs mois de discussions et de relances, nous avons convenu de deux jours de signatures fin mai. Date stratégiquement idéale : c’était la veille de la fête des Mères.
Fernand Fallou précise : Je connaissais un dirigeant.
> mBS : Qu’est-ce qui, selon vous, a convaincu la FNAC de vous accueillir ?
P. : Un de mes livres était déjà référencé à la FNAC. Le directeur local nous a offert l’occasion de nous faire connaître.
FF. : Je ne sais pas, mais ça a pris un an.
> mBS : Pourquoi avoir choisi 1 jour chacun, l’un après l’autre, plutôt qu’être ensemble les 2 jours ?
FF. : Pour ne pas se gêner l’un l’autre, la FNAC de Rochefort c’est un tout petit magasin. Déjà que je propose un produit nouveau. Je propose un livre dans un format habituellement destiné aux enfants. Avec des textes destinés à tous les publics.
Et P. de préciser : Pour que chacun de nous profite pleinement de sa journée, sans conflit, sans comparaison, sans anxiété.

> mBS : Comment engage-t-on la conversation avec des lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ? Quels conseils donneriez-vous aux auteurs ?
P. : Accrocher les regards, sourire, saluer, puis amorcer l’échange d’une petite phrase qui ouvre le jeu. Pour moi : « Aimez-vous les romans policiers ? »
FF. tempère : Très difficile. À Auchan (lors de précédentes signatures) de 9 h 30 à 14 heures, j’avais vendu un seul livre. Les autres fois, je disais « Je crois que vous avez oublié d’acheter un de mes petits livres ». Résultat : 13 livres vendus entre 10 et 18 heures.
C’est à Rochefort (où il y avait 20 fois moins de clients) que j’inventé « Venez prendre de mes nouvelles, elles sont bonnes »
> mBS : Question très concrète, parce qu’elle intéresse beaucoup d’auteurs : avez-vous vendu ? Et si oui, plutôt quelques exemplaires, une belle quantité, ou moins que vous ne l’espériez ?
P. : 14 livres ont trouvé une famille d’accueil. Une répartition quasi égale entre mes cinq volumes. Ce n’est pas Arcole, mais pas Waterloo non plus. Le directeur considère ce résultat comme conforme à la moyenne des ventes pour une séance de dédicaces. Je suis très satisfaite, vu que j’ai horreur de me fixer des objectifs.
FF. : En ce qui me concerne, j’ai vendu 12 livres à 5 euros et trois livres à 8 euros. Soit 84 euros de recette. Si on enlève l’essence, le péage, l’hôtel, le resto, et la garde du chat, c’est une affaire carrément dans le rouge, mais publicitairement, c’est super. Je suis convaincu que c’est comme ça que s’acquière la notoriété. Oui j’espérai en vendre plus, mais tout grand que je suis, je suis un inconnu. Pour vendre, à mon avis, ça aide d’être un peu connu.

> mBS : Au-delà des ventes, qu’est-ce que cette signature vous a apporté : de la confiance, des contacts, de la visibilité, une forme de reconnaissance ?
FF. : Je suis convaincu que cette expérience m’a apporté plus d’expérience. Sur la présentation. Sur les discussions avec les clients. J’ai raté plusieurs ventes.
Par exemple : un de mes livres traite le sujet de l’Accabadora. Surtout pas demander au client s’il sait ce que c’est. Un autre dit en pleine couverture : « Demain, course de sous-marins ». Surtout pas demander s’il a compris la boutade ! Ne jamais mettre un client dans l’embarras.
P. : De la confiance, d’abord. Moi qui me liquéfiais à l’idée de vendre des billets de tombola à des collègues bienveillants… Sortir de ma zone de confort et constater que des lecteurs s’intéressent à une auteure inconnue a été profondément gratifiant. Et beaucoup de fierté en exposant dans une librairie mes six années d’écriture.
> mBS : Fernand, à presque 80 ans (ce n’est pas un secret) qu’est-ce qui vous donne cette énergie de publier, vendre, rencontrer les lecteurs, continuer encore ?
FF. : Sans l’écriture, je serais mort. Je veux mourir avant d’avoir fini ma vie.
> mBS : Annie, que représente pour vous cette aventure littéraire ? Est-ce que le fait d’être deux auteurs vous aide à oser davantage ?
P. : Cette aventure représente la mise en avant des histoires qui fourmillent dans mon cerveau. Écrire tous les deux stimule nos petites cellules grises. Nous nous encourageons mutuellement, sans exclure la critique, parfois vive, mais toujours courtoise.
> mBS : Que conseilleriez-vous à un auteur de monBestSeller qui rêve de proposer ses livres dans une librairie, mais n’ose pas franchir la porte ?
P. : Persévérer, même si les portes restent closes. Ne surtout pas écouter son cerveau et ses « À quoi bon… ». Rencontrer les petits libraires, prospecter les enseignes de villes moyennes qui souhaitent dynamiser leur commerce.
FF. : Premièrement, faut qu’il se botte le cul et qu’il ose. Le marchand de légumes est prospecté par les céréaliers, le marchand vêtements par les maisons de couture, et les libraires par les fabricants de livres. Et c’est un fabricant de livres.
> mBS : Et maintenant ? Après cette signature, quelle est la prochaine étape pour Parthemise et Fernand Fallou ?
Et là, on sent que Parthemise est boostée pour de nouvelles aventures, quand Fernand pense sérieusement à écumer les Salons littéraires de France et de Navarre !
Parthemise : Commencer un nouveau roman et passer à la Grande Librairie. (Pardi !)
Fernand Fallou : Les grandes surfaces ainsi que les salons ne veulent pas entendre parler de vous si vous n’êtes pas une maison d’Édition. C’est pour le cas où vous ne déclareriez pas votre recette. Ils seraient responsables. Si vous avez un Registre du Commerce, ça tique un peu, mais ça passe.
Moi j’ai pris un RC d’autoentrepreneur.
Bon courage.
Merci, ô sympathique couple d’écrivains prolifique et décapant !
monBestSeller souhaite qu’un bon vent gonfle les voiles de votre inspiration, et que vos Muses vous accueillent dans des ports pleins d’ivresses.

Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
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