Interview
Le 05 nov 2018

Rituel d'écriture : une recette pour l'inspiration, donnez-la moi vite !

Des rituels d’écriture, ce serait un rêve. Il suffirait de s’y plier pour commencer à écrire. Philippe Henry, auteur remarqué de « Le cri » nous invente, facétieux, un céremonial d’écriture. Un texte drôle et moqueur.
J'enfile ma robe de chambre rouge, et mon stylo file sur le papier...J'enfile ma robe de chambre rouge, et mon stylo file sur le papier...

Ah si j’avais des rituels d’écriture ! Quel bonheur ce serait. Un repos éternel !

Mais j’ai beau chercher, je ne vois rien. Ce serait drôlement pratique pourtant, parce qu’un rituel, cela fonctionne dans les deux sens. Cela donne quelque chose comme un réflexe pavlovien. Par exemple, imaginons :

Je n’écris que la nuit. Je sors de mon lit, je mets ma robe de chambre – la rouge ! Surtout la rouge- et je vais m’assoir à mon bureau. J’ouvre mon ordinateur. Puis je descends me faire un café –à chaque fois je l’oublie le café ! Je remonte. Je ferme les yeux un instant… et c’est parti. Les mots s’enchainent poliment les uns aux autres. Ils forment une farandole ! Comme c’est simple. Ah ! ne pas négliger, un peu de musique. Mozart, c’est parfait pour écrire. Sans Mozart, point de salut !

Mais non, tout cela est faux. Ni la nuit, ni la robe de chambre rouge, ni le café avec ou sans Mozart n’y pourront jamais rien. J’écris à n’importe quelle heure, quand j’ai le temps, que je ne fais pas autre chose et qu’une idée m’est passée par la tête. Ou encore que, bien lancé dans un roman, j’éprouve le besoin de voir d’urgence où mes personnages vont m’emmener. Je peux rester quinze jours sans rien produire. La tête trop occupée par d’autres choses. Il faut simplement attendre que cela revienne. 

Ah, et puis aussi recevoir quelques encouragements sous forme de commentaires ou d’achats Amazon. Beaucoup plus efficaces pour l’inspiration que tous les Mozart du monde, les encouragements. Cela fait beaucoup plus chaud au cœur qu’une robe de chambre au cœur de l’hiver. Même une rouge. 

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Philippe Henry, auteur

 

De rituel, je n'en ai pas vraiment hélas
Mais le soir et la nuit sont souvent à mon aide ;
La Lune comme un phare et un muet souffleur,
Et parfois pourquoi pas, des notes bien choisies.
Assez souvent, c'est vrai, la solitude en place.
S'invite pour le style un breuvage assez raide.
Pas vraiment de posture de lieux ou d'humeur.
Un muscle la graphie, que l'usage grandit.

Publié le 17 Novembre 2018

@Jo Galetas
Ecrivez nous votre rituel d'écriture, en vers pourquoi pas ? S'il vous plaît !

Publié le 13 Novembre 2018

Les robes de chambre rouges sont l'élite des peignoirs, jo l'avoue. Pour ma part, jo n'ai pas de rituel particulier, hormis peut-être la présence de certaines musiques et le choix de moment approprié, en l’occurrence le soir, la tombée de la nuit et la nuit bien établie. Le jour me nuit. Mais il est vrai que les auteurs bénéficiant de rituels inspirant ont un certain avantage en terme de "productivité", si bien sûr le grand public me permet ce terme.

Publié le 13 Novembre 2018