Auteur
Le 08 fév 2019

« La publication d'une autobiographie fait-elle de moi une auteure ? ».

Ecrire peut-être un loisir, une passion, un besoin voire un moyen de survivre !
L'écriture de ma vie est-elle littérature ?L'écriture de ma vie est-elle littérature ?

Ecrire peut-être un loisir, une passion, un besoin voire un moyen de survivre !

Nombre d'entre nous ont éprouvé, dès leur plus jeune âge, le besoin de coucher sur le papier leurs émotions ! De petits gribouillis sur un coin de cahier, après une dispute dans la cour de récréation ou d'un amour enfantin … jusqu'aux journées quotidiennes, retracées, patiemment chaque soir dans un journal intime. 

Depuis la nuit des temps reproduire nos ressentis, les extérioriser, nous permet de les éclairer d'un regard nouveau. 
Certains conservent ce rituel et l'intensifient, jusqu'à retracer au fil des pages l'histoire de leur vie ! Allant parfois au bout de leur chemin en souhaitant partager  leur témoignage avec les lecteurs.Voilà comment sans le prévoir on commence par livrer ses pensées, secrètement, à une page vierge pour finir par découvrir l'étrange sensation d'être lu par des inconnus !!!

Pour autant, la rédaction et la publication d'une autobiographie font-elles de moi une auteure?

Le CNRTL (centre national de ressources textuelles et lexicales) définit « un auteur » 1 comme : 

1 /  « Celui, ou celle, qui est la cause première, ou principale de toute chose ».
Dans le cas d'un témoignage autobiographique on peut s'interroger sur la nature exacte de la cause première ! Est-elle en l'occurrence : le narrateur, le personnage principal, le rédacteur ou encore la raison qui l'a poussé à retranscrire sa propre histoire ?

2/ « Celui, ou celle, dont la profession est d'écrire des romans, des pièces de théâtre, des œuvres d'imagination en vers ou en prose. »
Faut-il en conclure que ne pas être auteur professionnel équivaut à ne pas être auteur ?! Alors un pompier bénévole ne serait-il pas pompier ? 
La valeur et la puissance de nos actes résident-t-elles dans la volonté que nous y apportons ou dans la rétribution que nous en retirons ?

3 / « Celui, ou celle qui, par occasion ou par profession, écrit un ouvrage ou produit une œuvre de caractère artistique. » 
Etre auteur serait ainsi avant tout créer et transmettre. Décrire avec nos propres mots des évènements, des perceptions, des émotions, dans l'espoir de les partager ensuite avec les lecteurs. 

Le fait qu'un témoignage retrace des évènements réels n'en fait pas pour autant une vérité absolue !  Ecrire pour témoigner c'est transmettre Notre vérité. Le fruit de notre perception des évènements et des ressentis qui en découlent. Témoigner c'est transmettre son interprétation, sa propre vision des choses  ! En y ajoutant le choix de ses propres mots, chacun accompagné de sa nuance unique, de la précision des émotions qu'il transporte inconsciemment. C'est d'ailleurs tout aussi inconsciemment que l'auteur les a choisi. 

Ce sont les lecteurs qui font de nous des auteurs

Ecrire, c'est ouvrir une porte invisible, un passage secret qui relie soudain directement l'auteur et le lecteur. Ceci grâce à la rencontre, au fil des pages, de leurs émotions, chacun à un bout du chemin parcouru ! 

Ainsi, écrire et publier c'est donner, échanger, partager. Donner puis recevoir, et ensuite partager encore : partage du lecteur qui parlera du livre autour de lui  puis, peut-être plus tard, partage à nouveau de  l'auteur qui une seconde puis une troisième  fois confiera ses mots. 
Tout cela ne tient qu'à une chose, ce fil invisible qui se créé entre l'auteur et les lecteurs. Puisque, bien évidemment, seuls les lecteurs pourront faire de nos écrits des œuvres artistiques par le biais  des émotions qu'elles auront fait naitre en eux !

On ne choisit donc pas de devenir auteur ! Etre auteur ne se mesure pas en terme de cause, de professionnalisme ou de recherche artistique préalable !
Ce sont les lecteurs, et eux seuls qui font de nous des auteurs.

 

                                                        

                                                                 Anne Mélahel

 

15 CommentairesAjouter un commentaire

@Anne Mélahel
@hx
@Thalia Remmil
@Filippo Fuchs
@FANNY DUMOND
@Isabelle Lestine
@J-C Heckers
@Eva Verna
@Michel CANAL
J'interviens, certes, assez tardivement, mais j'ai une excellente excuse : il m'a fallu trouver le temps d'apprendre à lire. Ayant finalement appris, j'ai lu les diverses contributions qui ont animé le débat, et il me semble que tout cela se résume par la différence qui existe entre un écrivant et un écrivain, celle-ci renvoyant à l'éternel débat entre le fond et la forme, certains donnant la primauté au fond (ce sont en général les écrivants, c'est-à-dire ceux qui ne possèdent pas ou qui n'ont encore trouvé leur style), les autres affirmant que sans la forme, c'est-à-dire sans le style, il n'y a pas de littérature. Alexandre Vialatte, dans l'une de ses fameuses chroniques, écrivait ceci : "La littérature commence, et même finit, au style. A la façon dont on raconte, non à la chose qui est racontée." Et il est bien difficile, me semble-t-il, de lui donner tort, si l'on considère le nombre de livres célèbres dont l'argument tiendrait aisément dans un dé à coudre (et il y aurait encore de la place pour y loger sa famille) ou dont le sujet a maintes et maintes fois été déjà traité (où trouver, en effet, un sujet totalement inédit sous notre soleil ?). Cependant, ces livres-là sont des oeuvres majeures de la littérature, parce qu'ils sont dictés par une voix à nulle autre pareille, parce qu'ils sont portés par un style souvent inimitable (notons au passage qu'une certaine absence apparente de style, telle celle de Stendhal qui prenait son modèle dans la sècheresse et le froideur du Code Civil, ou celle de Chardonne qui récusait le pittoresque, ou encore celle de Simenon qui se voulait écrire comme tout le monde, est encore un style - on n'en sort pas). Dès lors, la question qui devrait se poser n'est pas tant celle de savoir si la publication d'une autobiographie fait de quelqu'un un auteur (le débat a montré que le sens du mot n'est pas suffisamment précis) que celle de savoir ce qui fait passer un simple écrivant au statut d'écrivain à part entière. A cela, pour ma part, je n'ai qu'une réponse : le style. Et vous, qu'en pensez-vous-t-il ?

Publié le 16 Février 2019
hx

@Eva Verna
Que vous arrive-t-il ? Êtes-vous prise de bégaiement ? Plus sérieusement, je trouve qu'est auteur quiconque commet un texte et écrivain quiconque possède la langue et la manière de s'en servir, de suivre ses lois ou de SCIEMMENT s'en éloigner, voire de les ignorer. Le lectorat, nombreux ou clairsemé, n'a strictement rien à voir là-dedans (ce que je disais dans ma première intervention), en ce sens que ce n'est pas le succès d'un livre qui en fait une oeuvre artistique. Autrement, Levy, Musso et quelques autres, pour rester dans le domaine français, mériteraient le Nobel.

Publié le 15 Février 2019
hx

@J-C Heckers
Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler tous ces livres qui ont d'abord été rejetés ou incompris (y compris pour certains par des éditeurs) avant d'être unanimement reconnus et célébrés. Or, avant même de rencontrer leurs lecteurs, n'étaient-ce pas déjà des chefs-d'oeuvre ?

Publié le 14 Février 2019

@hx : Bon, alors, si ce n'est celui qui l'accueille ou le rejette comme tel, qui donc fait d'un livre une oeuvre artistique ? L'auteur tout seul ? Récuser sans réfuter est bien trop facile: des arguments, que diable!

Publié le 12 Février 2019

@Anne Mélahel, pardonnez-moi de me joindre tardivement à la discussion. Il était trop tard passé minuit, pour vous apporter un commentaire pertinent différencié.
Bien que votre tribune pose la question : « La publication d'une autobiographie fait-elle de moi une auteure ? », ce dont la réponse me semble évidente pour dire « OUI », la vraie question souvent posée, lequel d’entre nous, auteur auto-publié, ne se l’est jamais posée, est : Y a-t-il une différence entre auteur et écrivain ? Certains intervenants l’ont évoquée, explicitement (@FANNY DUMOND et @Isabelle Lestine) ou implicitement.
Pour ce qui me concerne, opinion peut-être simpliste mais pragmatique, je répondrai à la question sous deux angles :
- L’oeuvre "littéraire" : un écrivain est celui qui "vit de son métier", qui se "consacre" aux oeuvres littéraires (romancier, poète, essayiste, dramaturge, nouvelliste, fabuliste, critique littéraire…).
- La nature de sa production : un auteur d’ouvrages non littéraires (par exemple un auteur de chansons, un scénariste cinématographique… moi-même qui écris ce texte en répondant à la question) n’est pas un écrivain.
On l’aura compris, si tout écrivain est un auteur, un auteur n’est pas forcément un écrivain.

Ceci est confirmé (Cf. 100% culture) par Macaire Etty, enseignant de formation, romancier, nouvelliste, poète, président de l'Association des écrivains de Côte d’Ivoire.
Quand vous ouvrez un dictionnaire à la recherche de la signification du mot "Ecrivain", vous trouverez en premier lieu qu’un écrivain est « celui qui écrit » ; et parmi la kyrielle de synonymes proposés, vous trouverez le terme "Auteur".
La différence entre ces deux mots n’est pas évidente, elle est même subtile.
Le mot « auteur » désigne toute personne qui produit quelque chose. En conséquence, toute personne peut être auteur : auteur d’une chronique, d’un mail, d’un slogan… d’une autobiographie, etc.. Dans le domaine qui nous intéresse, celui de l’écriture, n’importe qui publiant un ouvrage, quel que soit le domaine ou le genre, est un auteur, mais pas forcément un écrivain.
L’acceptation moderne et rigoureuse du mot écrivain s’est stabilisée au 18ème siècle. Sont considérés comme écrivains ceux dont les œuvres relèvent de l’écriture "littéraire". Pour faire simple, sont écrivains les romanciers, les nouvellistes, les poètes, les dramaturges, les fabulistes, les conteurs, etc.. Mais parmi les essayistes, tous ne sont pas des écrivains ; un essayiste peut être classé dans la catégorie des écrivains si, et seulement si, son œuvre est "littéraire".
Un écrivain est l’auteur d’une œuvre "littéraire", c’est-à-dire une œuvre dont on reconnaît une qualité "esthétique". L’écrivain a une conscience de l’écriture. Il ne cherche pas simplement à communiquer ou à faire passer un message, il est en quête du "beau". De facto, contrairement à l’écrivain, l’auteur d’un ouvrage portant sur l’économie par exemple, ne cherche pas à plaire mais à passer de façon pragmatique un message. En bref, l’écrivain est avant tout un "artiste", c’est-à-dire un pourvoyeur "d’émotions". Il exploite toutes les ressources de la langue (les images, les sonorités, la syntaxe, la disposition des mots, etc.) pour donner à son message une dimension "esthétique".
S’agissant de votre dernier paragraphe : « Ce sont les lecteurs qui font de nous des auteurs », je dirai "oui" et "non". Vous pouvez tout aussi bien, pour ce qui vous concerne, écrire votre autobiographie pour vous-même (pourquoi pas ?), pour un cercle familial très restreint (vos héritiers par exemple), ou choisir d’écrire pour partager en vous publiant. Et là, votre développement prend tout son sens. Le choix d’aller à la rencontre de lecteurs potentiels fait de vous un auteur.
Merci Anne, pour cette tribune qui posait un vrai sujet de débat. C’était aussi un moyen d’aller à la rencontre de lecteurs et d’autres auteurs, un des objectifs de la plate-forme. Cordialement. MC

Publié le 11 Février 2019

Bonsoir @Filippo Fuchs
merci pour votre réponse lue avec grand intérêt. Je vais essayer de vous éclairer sur ce que je tente d’exprimer. Pour moi, écrire c'est m'adresser à quelqu'un à qui je souhaite raconter une histoire sans être interrompue. Avez-vous remarqué que lors d'une réunion de famille ou autre, nous commençons de dire un truc et que très vite on nous coupe la parole et que nous n'arrivons pas au bout de notre argumentaire ou bien que la discussion dévie très vite sur un autre sujet. Je me sens frustrée. Aussi, je me tais et j'écoute, c'est pas mal aussi ;-) "Les bavards sont ceux qui vous parlent des autres, les raseurs sont ceux qui vous parlent d'eux-même. Ceux qui vous parlent de vous sont de brillants causeurs" Marcel Pagnol. Pour chacun de mes écrits, je visualise une personne comme si elle se trouvait en face de moi. En fait, je ne sais pas dans quelle catégorie je pourrais placer mon premier texte (je ne dis pas roman parce que je ne suis pas écrivain). Il s'agit d'une série d’anecdotes rédigées dans un style journalistique et sans porter de jugement. Un futur médecin serait intéressé de le lire pour rédiger sa thèse (projet en cours). L'une de mes rares lectrices m'a remerciée car il l'a aidée, m'a-t-elle dit. Depuis, je suis passée à tout autre chose et de façon très éclectique comme pour mes lectures. Mais il est vrai qu'il y a toujours un peu de moi dans mes écrits (mes enfants l'ont remarqué, ils me retrouvent dedans) et je pense que c'est inhérent à un auteur. Qu'on le veuille ou non, nous y laissons toujours une part de nous même. Notre fil inconscient, peut-être. Et si je poste mes écritures, c'est pour avoir des avis (je remercie ceux qui me signale mes coquilles) et, surtout, afin d'avoir des interlocuteurs pour ne pas avoir cette impression d'avoir radoté toute seule. Là aussi, je suis frustrée parce que, finalement, ils sont très peu nombreux ceux qui prennent le temps d'analyser nos pensées. Avoir des débats comme dans certains cafés littéraires, ce serait mon rêve ! J'espère à demain, Filippo et bonne soirée à vous. Cordialement. Fanny

Publié le 08 Février 2019

@Filippo Fuchs oui excusez-moi d'avoir lu trop vite et zappé le parfois, mais je ne suis pas en accord avec vous lorsque vous émettez l'hypothèse que parfois, l'auteur qui crie sa douleur le fait pour parfois avoir le beau rôle, et parfois en masquant la réalité. Vous écrivez qu'il faut une mise à distance pour exprimer les choses douloureuses, que voulez-vous dire ? Vous avez mal compris lorsque j'écris "des romans édulcorés", ou plutôt, je me suis mal exprimée, je ne voulais pas insinuer que les faits racontés étaient adoucis, non, je voulais exprimer que de sentir obligée de romancer une autobiographie déforme la propre réalité de l'auteur, et du coup, le "parfois masque la réalité" prend toute sa place...et alors on ne parle plus d'autobiographie... alors il faut faire une vraie distinction entre autobiographie, et histoire de vie romancée. Attention, je ne donne que mon avis personnel qui ne reflète que de mon expérience car pour moi, l'autobiographie est l'écriture au plus proche de la vie réelle de l'auteur, elle est sa vérité, un témoignage amené à aider parfois, et souvent, ceux qui ont vécu des parcours similaires. Belle soirée à vous. Thalia

Publié le 08 Février 2019

@FANNY DUMOND
Bonsoir ma chère Fanny. En fait, je crois comprendre ce que vous dites et moi, je l'ai résumé depuis longtemps de cette façon: il y a une différence entre écrire et faire de la littérature. Faire de la littérature, c'est s'adresser aux autres… ce fameux caractère universel pour être compris de tous. Écrire, c'est avant tout s'adresser à soi même (ou un petit groupe restreint bien défini auquel on dit : je vais vous dire ce qu'il s'est réellement passé.)
En matière d'auto-biographie, vous faites le distinguo entre "témoignage" et "auto-biographie". Très souvent, le témoignage est un cri qui raconte un instant d'une vie… j'ai été battu dans mon enfance, j'ai connu l'inceste etc. Alors que dans la biographie, cet instant de vie sera une partie de votre biographie, et souvent celui qui écrit a dépassé le moment du drame, il en est rendu à la prise de recul, au moment de l'analyse.
Auteur? Ecrivain? Vous dites "reconnu par ses pairs", c'est ce que je résume par "caractère universel" : l'écrivain s'adresse au monde entier… et ce n'est pas idiot, loin de là, d'utiliser la fiction, le roman, à ces fins.
FF

Publié le 08 Février 2019

Ma chère @Thalia Remmil, je suis heureux que vous m'ayez lu, mais attention, chaque mot compte et votre lecture n'est qu'approximative : "parfois avec sincérité, parfois en voulant avoir le beau rôle". Le "parfois avec sincérité" englobait ceux qui témoignent par un cri de leur douleur. Pour le reste, je maintiens que dans toute histoire il y a une interprétation, quand bien même la chose racontée est douloureuse. Interprétation ne veut pas dire mensonge, ça veut dire que pour réussir à exprimer par l'écriture des choses douloureuses, il faut une mise à distance. C'est aussi ce que font les psychanalystes. De là à dire qu'une autobiographie relève de la psychanalyse, je ne franchirai pas le pas. Enfin, la force d'une œuvre est son universalité et le fait de "romancer" la chose ne l'édulcore pas, je ne sais pas où vous avez été cherché ça, mais la rend plus accessible. L'un des plus grands drames de l'histoire est la Shoah et les survivants qui ont témoigné ont souvent utilisé la fiction (ce qui ne veut pas dire le mensonge, mais le roman, une forme narrative très spécifique) pour raconter. La fiction sert à donner vie aux personnages, l'autobiographie est autocentrée et donc il faut "fictionner" pour lui donner son caractère universel.
FF

Publié le 08 Février 2019

Auteur ? Ecrivain ? C'est je trouve la vraie question. Quand devient-on "écrivain" ? Est-ce la même progression qu'entre "artiste peintre" et "peintre" ?

Publié le 08 Février 2019

Définition du Larousse : 1 - Personne qui est à l'origine d'une chose, responsable d'un acte (on dit bien : il est l'auteur de mes jours). 2 - Création d'une œuvre littéraire, artistique, etc...Depuis que j'ai rédigé mon autobiographie (plus un témoignage) je me considère comme auteure, mais pas comme une écrivaine. A mon humble avis, ce terme désigne un métier lorsque l'auteur est reconnu pas ses pairs en tant que tel. Et, même si mes écrits restaient dans mes fichiers, je serais auteure car responsable de cet acte. Un peintre du dimanche qui garde ses toiles dans un atelier est un auteur. Parfois, après sa mort, on crie au génie ;-)

Publié le 08 Février 2019

@Filippo Fuchs, pour le pompier, je n'ai fait que reprendre l'exemple donné par Anne dans son article. Je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous dites que les autobiographies ne sont qu'interprétation et masque la vérité ! et que l'auteur tente d'attirer à lui compassion, ou autre sentiment ! Vous savez, les autobiographies qui relatent des maltraitances, (viols, inceste, violence ou autre abus dans l'enfance) ou tout autre récit de vie, retracent la stricte vérité, à un détail prés que c'est justement l'auteur qui en a la souvenance précise vu que ces blessures sont inscrites en lui pour toujours ! Le souci, c'est que bien souvent, l'auteur sous le coup de la loi du silence, doit modifier les prénoms, les lieux, les identités pour ne pas tomber sous le joug de la loi qui bizarrement comme souvent protège les bourreaux bien plus que les victimes. Alors, on écrit des romans édulcorés qui deviennent des fictions... c'est aussi une façon de se protéger. Les véritables autobiographies sincères existent ! Bien à vous. Thalia

Publié le 08 Février 2019

Les récits autobiographiques masquent souvent la réalité. Ils ne sont que l’interprétation de choses que l’esprit de l’auteur tente de restituer tant bien que mal, parfois avec sincérité et parfois en voulant avoir le beau rôle (afin d’attirer la compassion, l’empathie ou autre sentiment). Parfois encore, ils peuvent avoir valeur de témoignage historique, mais alors le livre n’est qu’une pierre à un édifice très lourd qui est celui de l’HISTOIRE.
Lorsque les acteurs du récit n’apparaissent pas dans leur véritable identité, que l’auteur change un peu de leur aspect physique et de leur caractère afin qu’ils ne soient pas reconnus, cela n’est pas grave, mais de fait l’œuvre devient fiction.
Les véritables autobiographies sincères, SELON MOI, n’existent pas. Céline mentait dans ses textes autobiographiques, Simenon mentait, etc.
C’est un goût personnel, mais je préfère toujours des romans dans lesquels il y a une part d’autobiographie comme Les Allumettes suédoises, Le Petit Chose, La gloire de mon père, Poil de carotte, Bandini, Claudine à l’école ou encore Vipère au poing, et dont on sait qu’il y a l’enrobage du roman. D’ailleurs, le roman sert exactement à cela : restituer UNE vérité et non LA vérité.
Quant à savoir si cela fait de quelqu’un un auteur, c’est comme pour tout et l’exemple du pompier pris par Thalia est correct.
Comme TOUT, ou presque, est art (même les mathématiques) — l’homme dès la préhistoire ayant cherché à exercer son art alors qu’il n’y avait aucune reconnaissance à l’époque, aucun critique, aucun marché de l’art —, n’importe qui écrivant une autobiographie fait une œuvre d’art. Ensuite… il y a les arts majeurs et les arts mineurs et dans ceux-là, des croûtes, des navets, des gribouillis et parfois des œuvres honorables et exceptionnellement des chefs-d’œuvre.
Enfin, les définitions du CNRTL me font penser au Cercle des poètes disparus lorsque le professeur John Keating fait arracher aux élèves les premières pages de leur livre : « Comprendre la poésie par le professeur J. Evans Pritchard, professeur agrégé. » Sans doute s’agit-il d’une définition académique de l’auteur, indispensable pour le droit, mais pas plus, et dont nous pouvons, nous aussi, arracher la page.
FF

Publié le 08 Février 2019

@Anne Mélahel, merci pour votre article, auquel je pourrais pour ma part apporter une réponse à la question : OUI une autobiographie bien écrite, emplie d'émotions fait de la personne qui l'a écrit un auteur ! Déposer ses maux sur des pages blanches qui viennent s'enrichir de nos parcours de vie reste un exercice d'écrivain au même titre qu'écrire un roman, une nouvelle ou autre. Coucher son vécu et ses tripes est une épreuve et peu importe quelle en est la cause première ! et OUI un pompier bénévole est un pompier ! La valeur de nos récits réside dans notre passion à écrire, dans ce que nous donnons de notre coeur au lecteur, avec travail et persévérance et même avec nos fautes d'orthographe, lol ! Si nous n'écrivons que pour l'aspect purement vénal, où est le sublime, l'Amour ? Les lecteurs adorent les témoignages de vie, car ils sont au plus prés d'eux, bien souvent de leurs propres souffrances, alors OUI il est nécessaire de témoigner !! Par contre, je ne suis pas entièrement d'accord avec le fait que se sont les lecteurs qui font de nous des auteurs, car alors se pose la question qui pourrait faire l'objet d'un article intéressant : Nous auteurs, devons-nous nous adapter aux lecteurs quitte à en perdre de notre authenticité ? Et du coup pourquoi écrivons-nous ? Merci Anne et bon continuation dans tous vos projets ! Thalia

Publié le 08 Février 2019
hx

@Anne Mélahel
Je vous avoue n'avoir aucune réponse à la question que vous posez dans le titre de votre article, toutefois je récuse votre assertion selon laquelle ce sont les lecteurs qui font d'un livre une oeuvre artistique. Cela dit, et sans vouloir paraître chercher la petite bête, le mot "amour" est masculin au singulier et féminin au pluriel, comme "délice" et "orgue". Inutile de me remercier, je n'y suis pour rien...

Publié le 08 Février 2019