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Le 21 mai 2019

Aux lecteurs de lire entre les lignes...

Constance Dufort prône la modération. Ecriture et lecture peuvent et doivent être alternativement souffrance et joie, gravité et légèreté, drame ou humour. Comme la vie. Ce qui importe, c'est d'être dans la justesse de son moment, lorsqu’on écrit et lorsqu’on lit.
Ecriture : équilibre entre gravité et légèretéEcriture : équilibre entre gravité et légèreté

L’écrivain et philosophe roumain Emile Cioran disait « Un livre doit remuer des plaies, en provoquer même. Un livre doit être un danger ».
Vous retrouvez-vous comme auteur dans cette situation ou cet état d’esprit ? 

Faut-il se mettre en danger pour écrire un bon texte ?

Je ne me retrouve que partiellement dans cette citation : l’écriture peut être une mise en danger pour l’auteur, certes. Remuer des plaies, en provoquer de nouvelles, aller chercher au plus profond de l’écrivain ses failles … mais est-ce obligatoire pour accoucher d’un bon texte ?
Je ne le crois pas. La joie, la plénitude et la sérénité peuvent être les moteurs d’une écriture tout aussi riche et intéressante. Il y a parfois de la complaisance à plonger dans ses propres parts sombres et douloureuses. Ecrire dans la légèreté demande un véritable effort de mise à distance de soi et d’humilité. 

La lecture est-elle systématiquement une mise en danger ?

Quant au lecteur, doit-il forcément se mettre en danger pour profiter de sa lecture ? Doit-il toujours aller au bout de lui-même ? Passer au niveau supérieur, comme dirait Takeshi Kovacs dans Altered Carbon ?
Je ne le crois pas non plus. La lecture peut être une mise en danger mais elle peut aussi être un moment de lâcher-prise et de douceur dans un monde insécurisant. 

En un mot, mieux vaut être dans la justesse de son moment, lorsqu’on écrit et lorsqu’on lit. Torturé ou acidulé, profond ou léger, un texte en dit toujours long sur son auteur.
Il suffit au lecteur de lire entre les lignes. 

Constance Dufort

La lecture est plus qu'un danger. Preuve a l'appui ici :
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Publié le 29 Mai 2019

@Constance Dufort, je suis d'accord avec vous, nul besoin de souffrir pour raconter de belles histoires, nul besoin de souffrir pour lire de belles histoires. Il est bon quelquefois de se laisser aller à au lâcher-prise, à la légèreté et la douceur de vivre, d'écrire, de lire, d'aimer. Ce sont nos instants de vies difficiles, nos passés douloureux, et nos peurs de l'avenir qui peuvent nous amener à la question de la mise en danger et je pense qu'elle nous est nécessaire pour justement exorciser la douleur. Puis, le jour se lève, les rayons du soleil sèchent les larmes et réchauffent les coeurs, la vie reprend ses droits, l'amour poudre les joues d'une rosée souriante...Belle soirée Thalia

Publié le 26 Mai 2019

@Constance Dufort
Entièrement d'accord avec vous qu'il est plus facile d'émouvoir en évoquant nos douleurs qu'en partageant nos joies.
Quand à la question de la mise en danger, un auteur, livrant ses sentiments par écrit prend incomparablement plus de risque que celui qui, pour vivre heureux vit bien planqué...
Merci de votre intéressant témoignage
Domi Montesinos auteur de "Mamilou en short..."

Publié le 25 Mai 2019

@Constance Dufort, j'ai beaucoup appréciè votre billet, que je trouve très juste. Pour écrire un bon texte, je pense qu'effectivement il n'est pas obligatoire de se mettre en danger. Dans le monde incertain d'aujourd'hui et insécurisant, le voyage et le rêve peuvent apaiser des souffrances, des douleurs à celui qui lit, qui cherche à guérir. J'ai bien aimé votre remarque "La lecture peut être une mise en danger mais elle peut aussi être un moment de lâcher-prise et de douceur dans un monde insécurisant", qui résume mon état d'esprit du moment. Merci pour ce partage. Amicalement. Cristina

Publié le 21 Mai 2019

Merci pour ce billet, Constance, qui change de ceux parfois plus partisans et (ou) égocentrés avec lesquels j'ai un peu de mal, je l'avoue. J'adhère à votre vision plus large et non limitative de l'écriture et de la lecture. Deux droits à la singularité, à la différence. Deux espaces de liberté devenus trop rares pour ne pas les défendre avec détermination. Amicalement, Michèle
PS : J'ai noté que vous n'avez plus rien en ligne ici, chez MBS. Allez-vous revenir prochainement ?

Publié le 21 Mai 2019