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Le 04 fév 2020

Roman d'amour, roman de Science fiction , roman d'anticipation : Tout auteur est visionnaire (2/3)

Tout écrivain, secrètement, perçoit ou croit percevoir la réalité des choses, une réalité qu’on ne voit pas dans l'immédiat, que les autres ne peuvent discerner ; L’artiste ou le littérateur est maître des destins et rend compte de ses perceptions dans son œuvre. Il écrit le futur : celui de l'instant, du lendemain ou du siècle à venir.
Fini les livres...Fini les livres...

L’intuition est la capacité prédictive du romancier

 

Pour l'écrivain, le roman n’est pas seulement un exercice littéraire, mais l'élaboration matérielle d'une vision. Cette vision prend place dans l’espace d’un roman, un espace d'ordre formel et esthétique qui forme un tout ;  L’artiste ou le littérateur, en rendant sa perception de la vérité dans son œuvre, recherche et s'approche sans fin d’une vérité absolue, la sienne. Mais parfois celle ci se vérifie. 
Quelque soit le genre littéraire, ses personnages et leur environnement sont en devenir, il les manipule ou les subit.

Fahrenheit 451 ou la vision d’une culture unique. Une littérature predictive qui s’inscrit dans une logique immédiate 

Dans sa dystopie, Ray bradbury décrit dans un futur proche l’interdiction des livres. Une pensée unique, orientée érigée comme un dogme. La lecture est interdite et le pays est unifié, standardisé.
C'est une réflexion sur le totalitarisme et la pensée unique qui est argumentée. Une réferénce à l’URSS, maintenant à la Chine et à toute forme de régime autoritaire. Ce texte garde toute son actualité , (même si les méthodes d'endoctrinement sont parfois plus complexes : brouillage de l’information par une surinformation manipulée.)

Ce texte n’est pas particulièrement visionnaire, il est la transposition dans un monde fictif d’une réalité d’hier, réelle aujourd’hui, dominante demain. 
Il utilise des procédés romanesques pour dénoncer des caractéristiques de la Société qui prennent aujourd’hui une acuité dérangeante. La violence est absente pour ceux qui ne s’opposent pas au régime. Mais aucun débat n'est accepté, aucune argumentation. Et les évidences acceptées hier (fruit des expertises, du cumul de savoir) sont réfutées. Et c’est là, la particularité de ses écrits. La dictature tranquille peut s'installer sans débat.

Même si une forme de dictature s'installe aujourd'hui par la manipulation des réseaux sociaux, cela ne retire en rien au talent de vision de son auteur, à la qualité de sa littérature, et à l’habileté avec laquelle il le traite.

 

 

 

Une petite bière pour le retour

Arthur C. Clarke : l’auteur projette le concept de tourisme dans l’espace. Science fiction dans une fiction anticipative ? La lune n'était pas encore conquise.

Arthur Clarke, a écrit  "2001 : l'Odyssée de l'espace". Il a souvent prédit les inventions d'aujourd'hui.
Dans "Les Gouffres de la Lune", paru en 62, la lune est annexée par les humains. Les riches y prennent des vacances : une fiction qui a vu le jour. Puisque Dennis Tito, millionnaire américain, plus de 50 ans après la parution du livre s'est fait connaitre pour avoir été le premier "touriste de l'espace". 
Il manquait peu d'éléments à l'auteur pour reconstituer le puzzle et bâtir un futur. Un futur logique construit à partir de bons indices dont les conséquences sont génialement sur-interprétés.

« Stand on Zanzibar ». L’auteur, John Brunner, pourrait presque paraître ringard tant son univers ressemble à notre petit monde d’aujourd’hui. Il décrit en 1970 une vie proche de la nôtre aujourd'hui. Un spécialiste de la futurologie ?

C'est un monde de terroristes dont certains ont pour projet de détruire New york. Homosexualité et bisexualité sont une évolution des mœurs naturelles, le mariage est en voie de disparition pour donner place à l’union libre, l’Afrique meurt, les télévisions sont mondiales via les satellites, la Grande Bretagne fait cavalier seul et n’intègre pas l’Europe, le "Viagra" (sans en porter le nom) fait des merveilles, on regarde des films dans les avions…Le bonheur.

 

Un écrivain n’est visionnaire que si sa litterature s’incarne dans la réalité,  sinon c’est un simple "auteur"de Science fiction.

La science fiction, elle, est selon "Le Larousse" un genre littéraire qui invente, des sociétés, des mondes et des êtres situés dans des espaces-temps fictifs ou futurs. Cela implique par la même,dans la plupart des cas, des technologies, des sciences, et des situations radicalement différentes, éloignées de nos quotidiens. Elle ne s’appuie donc pas nécessairement sur des observations de Société, et ne s’inspire pas systématiquement des technologies établies mais de la pure imagination des hommes.
Les romans d'anticipation procèdent de la même démarche. Mais en prenant comme référence des postulats tangibles, prééxistants dans la Société d'aujourd'hui pour les faire évoluer et les transformer dans le temps.
La littérature d'anticipation a-t’elle un beau futur? L'actualité littéraire la porte, avec une série de livres qui projettent notre monde dans le futur proche, sous des formes variées. Le but ? interpeller les temps présents par effet de miroir, comme Houellebeq par exemple. 

Quoiqu'il en soit, c'est un territoire profondément romanesque.

 

12 CommentairesAjouter un commentaire

@ Benoit Otis: Pas mal l'histoire du dentier et pourquoi pas des oreilles de couleur différente , quand on voit ce que la mode produit dans quelques années on ne sera pas loin de la réalité.

Publié le 12 Mars 2020

@EZALI Péguy
Je vous assure que j'avais bien lu.

Publié le 10 Février 2020

@porphyre, vous n'avez même pas effleuré les préoccupations exprimées dans mon commentaire. Je crois savoir que tout ce que vous dites là, peut s'apprendre aussi sur mon MBS, à travers les auteurs que nous sommes. Là n'est pas le problème ! C'est exactement de votre Manière trop pédagogique et autoritaire de donner les Conseils que je dénonce ! Avec les auteurs adultes, apprenons à utiliser l'approche de l'apprentissage des adultes : andragogie. Exemple : J'ai bien aimé le message de votre nouvelle et le rythme de votre style. Seulement, je vous suggère qu'il y a quelques erreurs d'orthographe et de grammaire à revoir. De même, je vous proposerais d'utiliser le passé composé au lieu du passé simple, pour simplifier... Je vous prie de relire mon commentaire.

Publié le 10 Février 2020

@EZALI Péguy
Que tous les auteurs ne soient pas sortis d'une école de langue, comme vous dites, la lecture de nombre de textes proposés sur MBS le démontrent volontiers. Toutefois, l’apprentissage de la langue (vocabulaire, grammaire, syntaxe, etc) peut parfaitement se dérouler ailleurs que dans ces prétendues écoles de langue (quelles sont-elles, d'ailleurs, ces écoles de langue ?), c'est avant tout une affaire d'intérêt et de volonté, et peut-être vous paraîtrai-je farfelu en prétendant que, lorsqu'on se pique d'écrire, la moindre des choses est de commencer par respecter les règles de la langue et, donc, de les connaître et de les apprendre. Il n'y a pas besoin de sortir de polytechnique pour y parvenir, il suffit de se donner le temps de s'y intéresser. Sinon, de quoi parle-t-on ?

Publié le 10 Février 2020

AIDER LES AUTEURS À S'AMÉLIORER SUR MBS, PAR LA PÉDAGOGIE OU PAR L'ANDRAGOGIE?

Lorsqu'après plus de 30 ans de vie d'écrivain ou "d'écrivailleur", j'ai découvert ce site de MonBestSeller, je me suis dit que j'avais raté une chance énorme d'être un grand Écrivain et d'avoir des "Bests sellers".

Mais, depuis deux ans environ que je suis devenu auteur sur ce site, j'ai dit n'avoir rien perdu et même, peut-être que j'allais arrêter d'écrire depuis si c'était le cas.

Selon moi, Aider les auteurs à améliorer leurs textes n'est pas une occasion pédagogique à des "profs" de langue française ou autres experts en langue, de déverser leur colère sur des adultes qui ont leur perception de soi et veulent apprendre de leurs expériences. Mais, exactement comme en classe avec des enfants, on lit : "votre texte est émaillé de fautes", " je ne me retrouve pas du tout dans votre style", "votre style me déroute", "les temps de votre texte sont dépassés...", etc. Ce sont là des exemples.

Je souhaiterais, que le message du texte soit prioritaire et capital pour la notation, car majoritairement les auteurs ici, ne sont pas sortis d'une école de langue mais ils ont sûrement un message à transmettre à l'humanité. Il faut plutôt utiliser une approche andragogique pour aider les auteurs à améliorer leurs textes. Qu'on ne tue donc pas dans l'œuf des talents qui sommeillent en nous. Beaucoup auraient sûrement déposer leur plume à cause de cette pédagogie scolaire et autoritaire.

Péguy.

Publié le 10 Février 2020

N'ayant jamais lu, dans ma jeunesse, d'ouvrages de science-fiction, je comprends maintenant que le domaine des sciences m'était fermé. Et c'est dommage, car je nourris depuis toujours une appétence pour lui. Sans doute m'aurait-il fallu croiser une Colette Bacro plus tôt. Aaargh ! la vie est mal faite...

Publié le 08 Février 2020

@Colette Bacro,
Chère Colette.
Comme l'affirmait Freud : LA CONSCIENCE ET L'INCONSCIENT sont les configurations de l'âme Humaine. Ton commentaire nous permettrait d'ajouter qu'ils configurent également notre esprit, notre façon de penser. Et sur ce point; tu as parfaitement raison ! Même si je m'en défends, toutes nos lectures nous façonnent, nous enrichissent... Alors oui, sous cet angle je te rejoins.

Concernant le deus ex machina ! Je ne suis pas tout à fait d’accord. Beaucoup d'inventions sont "ex nihilo", les VRAIES, pas les améliorations ou miniaturisations de ce qui existe déjà, ou qui se baseraient sur des récits de scribouillards de génies.Encore que, cela reviendrait à reconnaître qu'il existe des scribouillards plus intelligents que ceux qui maîtrisent les sciences et les technologies Pourtant, j'en ai connu des INVENTEURS qui sont partis d'un rêve (eh oui, il faut bien un début) et ont consacré leur vie jusqu'à la réalisation du premier prototype. Donc, toutes les étapes de A à Z.
/n
Et puis "deus ex machina", c'est presque une injure, puisque dans le langage courant, l'expression s'applique aussi à un élément qui arrive par surprise et qui résout une situation bloquée jusque-là. Ce qui n'a rien avoir avec le processus de l'invention, et s’apparenterait plus au bricoleur de dernière minute... Le Plombier quoi !
Amicalement.

Publié le 07 Février 2020

@lamish,

Le lecteur est libre de son propre jugement, et l'auteur de ses écrits, dites-vous. Encore heureux !
/n
Et ce n'était pas mon propos. Ni le fait de savoir qui est le plus apte ou pas.
/n
Ce que je ne partage pas, c'est le fait de voir dans de nombreux récits, un caractère visionnaire. Dans ce cas, il faudrait intégrer tous les écrits anciens, comme ceux des Mayas, des Hindous... qui ont mentionné des objets volants, des astronautes venus d'autres planètes, des guerres apocalyptiques... et ce avant même que la notion de roman existe. Alors : OUI tous les écrits prennent, un jour ou l'autre, un caractère visionnaire. On peut donc percevoir de l'anticipation dans n’importe-quel écrit.
/n
Et c'est bien mon propos. Ainsi, le pékin lambda peut imaginer n'importe quel avenir, au hasard. Et il y aura toujours une personne qui lui trouvera un don de prémonition, même si ses écrits ne sont qu’approchants. Alors que le scientifique, LUI, imagine, invente, crée et SURTOUT RÉALISE l'objet de ses visions. Là, on peut dire qu'il est visionnaire. NON ?? Souvent, il y consacre tout une vie... sans jamais avoir ouvert un roman de science-fiction.

Publié le 07 Février 2020

@Benoît Otis, des dentiers multicolores... Voilà qui suppose que l'humain ait été capable de se défaire d'un jugement esthétique profondément ancré, mais comme je nourris de grands espoirs sur ses capacités à le faire, pourquoi pas ;-) ? @Colette Bacro, tout comme vous, je crains les clivages et, tout comme vous, que le roman d’amour soit cité m’a fait sourire. Je l’ai accueilli comme un clin d’œil de la part de l’auteur de cette tribune, car certains romans d’amour ne rendent-ils pas confiant en un avenir meilleur ;-) ? @Kroussar, à mes yeux, le problème n’est pas savoir qui de qui est plus apte ou pas. Encore moins de ne voir le monde qu’à travers le prisme de nos expériences personnelles. S’il me semble évident que l’auteur est libre d’écrire et maître de ses écrits (dans le sens très souhaitable où il les assume ainsi que leurs conséquences), le lecteur, lui, est également libre de le lire, de l’apprécier ou non, de l’écouter et de relayer son message, si message il y a. Libre également de voir un visionnaire en lui quand d’autres ne verront que le fruit d’une réflexion à laquelle ils adhèrent ou non, appelée à coïncider ou pas avec un futur plus ou moins proche. Parallèlement, certains scientifiques voient leurs recherches relayées, déviées, exploitées à des fins dignes des plus grands scénarios catastrophe. Certains n’ont d’autre choix que de mettre leur intelligence au service de puissances prêtes à sacrifier des millions de vie humaines pour satisfaire leur besoin de domination, de « grandeur ». Et nous dans tout ça, pauvres pions nous sommes, que deviendrions-nous sans la voix de grands penseurs humanistes et éclairés ? J’ai souvent l’impression qu’écrivains et scientifiques rivalisent dans leur capacité de projection, d’anticipation, sauf que, quand les uns font travailler leur imagination librement, les autres sont trop souvent appelés à vivre une concurrence féroce, à subir autorité et obligation de résultat. Ce qui compte, dans le fond, c’est l’intention. Bonne, elle nous laisse entrevoir un avenir meilleur. Mauvaise, un avenir encore plus cauchemardesque. Bonne journée à tous. Amicalement, Michèle

Publié le 07 Février 2020

@Colette Bacro,
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Bonjour Colette. Voilà le débat est lancé. Et je vais expliquer ma position.
1) l'évidence que les scientifiques ont été nourris, ados, par les auteurs de science-fiction, n'est pas si ÉVIDENTE que cela ! Peu d'ingénieurs de mon école ont été bercé par les romans de science-fiction. Moi-même je ne les affectionne pas. Et cela ne m'a pas empêché de déposer plusieurs brevets, de même pour mes camarades.
/n
2) Tant de grands scientifiques étaient aussi des auteurs ! Oui, je le concède. Mais si tu regardes bien ils sont devenus auteurs sur leurs vieux jours, ou du moins après avoir acquis une certaine expérience. Et non l'inverse.
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3) c'est la porosité entre ces deux pôles et leur complémentarité qui font les grands hommes et les grandes découvertes. OUI ! Mais quid de l’œuf et de la poule ? Tout grand savant écrit, ne serait-ce que pour partager ses découvertes, ses expériences, sa biographie, ses remords. C'est normal, puisque qu'avant de réaliser il faut concevoir, donc imaginer et écrire.
/n
Rassure-toi, je ne prends pas la mouche, c'est juste un débat d'idées qui devrait être fort intéressant. Car je ne mets pas de barrières entre les scientifiques et les écrivains ! SEULEMENT, je ne reconnais pas l'écrivain littéraire et sans bagage scientifique comme moteur de l'évolution technologique. C'est mon point de vue, basé sur une longue vie industrielle et techniques dans le milieu spatiale et aéronautique...
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Par contre, les romans peuvent faire évoluer les mœurs, la prise de conscience, les coutumes, la philosophie... et sont des vecteurs de transmission du savoir et des connaissances.
Amicalement Jean-Claude

Publié le 05 Février 2020

Décidément monBestSeller voudrait nous imposer, plutôt nous faire croire, que les écrivains sont des visionnaires !
/n
Au risque que mon commentaire soit jugé "excessif", comme ce fut le cas pour le précédent article, je pense que l’ego de l'écrivain, surdimensionné autant qu'il soit, ne fait pas de lui un visionnaire. Au mieux, une personne qui a eu la chance que d’autres CRÉENT, INVENTENT, RÉALISENT ce qu'il a maladroitement imaginé.
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Car ce sont les scientifiques, les ingénieurs, et parfois les chercheurs, qui à force de chercher trouvent, qui construisent notre 21e siècle, et son lot d'innovations.
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Et cette communauté ne s'est jamais inspirée des romanciers, c'est l'inverse ! Les romanciers, les plus malins, se sont renseignés et ont extrapolé un monde nouveau. Les scientifiques et leurs mentors ont CRÉÉ un futur possible en prenant beaucoup de risques, souvent financiers et humains. L'écrivain n'a jamais pris aucun risque, sauf celui du ridicule et d'être désavoué.
Il est souvent demandé à un dirigeant de haut niveau de faire preuve de « vision », de telle sorte que les décisions prises le soient en fonction de ce qui va arriver, dans une anticipation de ce qui apparaît toujours imprévisible à la majorité des gens, et non de ce qui est seulement avéré aujourd’hui. Ce sont les grands hommes qui font avancer le monde pas les écrivains. Noircir des centaines de pages pour écrire un roman, ne fait pas avancer la science, ni ta technologie.
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Quant aux abominations que l'homme est capable de faire, il n'attend pas qu'un romancier lui dicte sa conduite. L'imagination humaine, pour le mal, est sans limite et sa volonté à tout régenter le conduit immanquablement aux pires exactions.
Voilà, le débat est lancé ! À vous de tirer sur le pianiste. Cordialement Jean-Claude.

Publié le 05 Février 2020

Un visionnaire se base presque toujours sur les tendances du présent. Certaines modes, par contre, sont parfois imprévisibles. Lors de l'avènement du CD de musique, personne n'aurait pu prédire que le disque vényle reviendrait à la mode. Et pourtant . . .
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Je tente une prévision : d'ici dix ans, nous verrons apparaître une nouvelle mode : des dentiers en couleurs, multicolor même. Pour remplacer la dent en or de mon oncle Albert.

Publié le 05 Février 2020