Roman de Science fiction, romans visionnaires, romans futuristes et Fantasy (1/3)

Actualité
Du 14 Jan 2020
au 14 Jan 2020
Parfois les rêves des romanciers s’incarnent, quelques jours, quelques décennies, voire un ou deux siècles plus tard dans la réalité. Qu’en penser ? Comment distinguer un roman d’anticipation, d’un roman de science-fiction, d’un roman prémonitoire. Les auteurs réalisent ils eux mêmes ce qu’ils écrivent, ou leur plume est elle guidée par autre chose. Serait-ce un phénomène ?
Le naufrage du Titan en 1898, quinze ans avant celui du TitanicLe naufrage du Titan en 1898, quinze ans avant celui du Titanic

Robertson un auteur prémonitoire, une littérature prémonitoire

1898, l’écrivain américain Morgan Robertson lance son roman "The Wreck of the Titan" : (Le naufrage du Titan). La similitude avec les faits qui prennent place 15 ans plus tard avec le Titanic est pour le moins saisissante.

Robertson, dans un récit passionné, conte la traversée d’un paquebot. "Le Titan", conçu pour défier des records de taille, de confort et de vitesse, fait naufrage dans l’Atlantique Nord… après être entré en collision avec un iceberg. Ce naufrage est un drame et des dizaines de passagers meurent dans les eaux glacées faute de canots de sauvetage. Il en ressort une certaine morale, sur l’orgueil humain, la certitude de l’élite que l’impossible ne peut se produire, et le mépris des trouble-fête prônant la prudence au départ du bateau.

Dans les faits, le mois est la même : le mois d’Avril, le Titan est qualifié d’insubmersible comme le Titanic, la longueur des deux paquebots sont du même ordre, leurs vitesses identiques, et le choc avec l’iceberg de même nature. Le manque de canots de sauvetage sur les deux navires sera à la source de la même tragédie.
Quand Robertson est interrogé sur ces coïncidences il dit simplement « Je sais de quoi je parle, c’est tout. ». D’aucuns expliquent alors ces similitudes par l’expertise et la qualité de la documentation de l’auteur dans ce domaine maritime, mais d’autres y voient une vision prémonitoire consciente ou inconsciente de l'écrivain..

 Léonard de Vinci : visionnaire, auteur de Science fiction ou chercheur scientifique ?

Plus concret et sans doute moins troublant, les machines volantes de Léonard de Vinci ont fait l’objet d’un livre rédigé en écriture  miroir (spéculaire), étudiant le vol des oiseaux. En 1505, il donne naissance à des sortes de prototypes dessinés.

L’absence d’énergie devait guider l’inventeur vers la reproduction des vols planés des oiseaux.
On peut se dire qu’il s’agit là d’une recherche scientifique fondamentale, utopique presque. Mais le fond philosophique en est troublant : rendre réel le plus vieux rêve du monde de l’homme : voler.
Il aura fallu attendre près de trois siècles pour que ce rêve devienne réalité.

 

Kafka écrit Hitler avant l’heure. Comme des mémoires du futur

 Dans "La colonie pénitentiaire", dans les premiers mois de la guerre mondiale, Kafka décrit l’horreur des camps de concentration et d’extermination, comme un prophète de mauvaise augure. Il décrit même les essais médicaux sur les humains dignes du Docteur Carl Clauberg .

La dimension troublante de ces écrits vient du fait qu’elles sont rédigées à la façon de mémoires.
Comment peut-on décrire une histoire qui sera bientôt vécue ?
La littérature peut elle être liée à la prophétie ou est-ce la simple compréhension de son temps ? Kafka pourrait plutôt être une sorte d’interprète et amplificateur de tendances à partir d’un simple constat : la montée du totalitarisme en Allemagne, plutôt qu’un devin prophétique du nazisme. Kafka disait que son travail consistait à être une horloge en avance sur son temps, et non pas d' écrire son temps. Si cette définition de la bonne littérature est critiquable, il l’a, lui, appliqué avec génie pour la sienne.

Jules Verne : de la Science fiction devenue simple Science

Visionnaire de génie au19e siècle, Jules Verne a écrit de nombreuses œuvres d’anticipation. Celles ci révèlent des technologies qui existent aujourd’hui : l'énergie solaire, les missiles guidés, les sous- marins électriques ou qui font l’objet de recherche (l'eau de mer comme combustible)

 

 

Jules Verne a apporté à la littérature deux premiers grands romans astronomiques cent ans avant la conquête de la lune. « De la Terre à la Lune (1865) et Autour de la Lune(1870).
C’est le souci de la dimension scientifique qui en fait aussi l’intérêt, même si les scientifiques en dénoncent les faiblesses. 

Alors, intuition géniale, vision parfaite d’une chronologie inévitable, ou simple imagination d’un auteur créatif. ?

Quoiqu’il en soit la lune est déflorée. La conquête spatiale reprend. Et les sous-marins pullulent dans les océans.

 

 

 

 

Dans un roman intitulé "Et l'Homme créa Dieu",  Herbert imagine des mondes où tout est contrôlable à distance

Tout comme aujourd'hui Domotique et tablettes sont les manifestations concrètes de ces récits aujourd'hui . Elles sont au coeur de ce roman visionnaire. L’interconnexion des appareils et des objets rappelle l'intelligence artificielle. Dans le roman, ces technologies dépassent leurs détenteurs et finalement les esclavagisent. On préssent déjà que cette fiction n'en n'est plus une.

 

Edward Bellamy : Une science fiction militante et pragmatique avec cartes de crédit, visiophone et égalité salariale 

En 1888, Edward Bellamy publie son roman : " Cent ans après ou l'an 2000". Ce qui trouble, c’est que le héros est un héros du 19 eme siècle, il est né en 1857 et a toujours vécu dans son siècle.
Doté de jumelles qui font voir l’avenir, Edward Bellamy invente avant l’heure, les cartes de crédit, le téléphone par image mais aussi l’ idée d'égalité salariale entre hommes et femmes. Thèse d'autant plus loufoque à cette époque que peu de femmes travaillaient en percevant des salaires.

En trois épisodes, monBestSeller brosse quelques grands repères de la Science fiction en littérature. Plus encore que d’en admirer les ressorts et la portée, nous essaierons d’en éclairer les origines et la signification. Serieusement mais pas trop : nous sommes sur monBestSeller.
 
Rendez-vous dans quinze jours pour poursuivre cette saga...

 

20 CommentairesAjouter un commentaire

J'apprécie particulièrement cet article sur le monde des visionnaires... Notre réalité, limitée par nos sens acquis et développés au terme d'une évolution chaotique, nous as conduit jusqu'à la philosophie. Je pense avec tendresse, à Nikola Tesla, inventeur, visionnaire, et humaniste. L'homme était profondément attaché à l'expérience et ses applications pour le bien-être des humains. J'ai écrit un roman, sans grand succès sur le site et mal perçu par les éditeurs : "Viracocha, ou la diagonale du temps". Trop complexe, trop d'informations, sur des mondes parallèles qui semblent hors de portée. Pourtant, les équipes de chercheurs connus ou méconnus font avancer l'humanité : lentement, mais surement...
Paul Boissier

Publié le 22 Février 2020

En ouvrant mon navigateur ce matin, ce lien présent sur la page d'accueil : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/insolite/le-11-septembre-le-coronavirus-et-la-présidence-trump-ces-15-fois-où-les-dessins-animés-ont-prédit-lavenir/ar-BBZteIK?ocid=spartandhp
Alors coïncidence ou prémonition :)

Publié le 30 Janvier 2020

Merci pour ces précisions.interessantes. Sans doute sont-elles excessives, mais les récits donnent un grand espace d'interprétation ...leur richesse vient de leur ambiguïté.
1) un bon n'est il pas un credit ?
2) qu'il y ait eu une nouvelle précédant le roman ne retire rien à la dimension prémonitoire ou au faisceau de coïncidences inouïes, c'est dans ce cas la nouvelle qui était prémonitoire.(L'environnement et le documentation sont d'ailleurs des ingrédients de l'anticipation, le plus souvent)
3) Quand à la colonie pénitentiaire. A lire et à relire : la recherche de la machine à tuer idéale et... inhumaine. Question d'angle.

Publié le 28 Janvier 2020

Au risque de me répéter et afin de répondre à monBestSeller permettez-moi de pointer les erreurs :
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1) Kafka n'a JAMAIS écrit quoi que ce soit sur l’horreur des camps de concentration et d’extermination de façon prémonitoire, et encore moins dans cette nouvelle de 1914... l'interprétation de "La colonie pénitentiaire" faite par certaines personnes ne correspond pas à ce qui est écrit dans la nouvelle.
/n
2) Dans son roman "Cent ans après ou l'An 2000", Edward Bellamy n'a JAMAIS parlé de carte de crédit, mais de carte d’approvisionnement (comparable à celle que les français utilisèrent sous l'occupation Allemande) puisque dans son récit la monnaie fiduciaire n'avait plus cours. De plus, il utilise le téléphone pour retransmettre des concerts, une sorte de Radiodiffusion avant l'heure, mais SANS IMAGES... En fait, l’auteur américain a pensé une réalité qui ne ressemble en rien à la nôtre, ni à celle de l'an 2000
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3) Morgan Robertson, fils du capitaine de navire Andrew Robertson, avait des connaissances solides sur le milieu maritime. De plus, il s'est inspiré d'une nouvelle écrite par W.T. Stead, parue dans la Pall Mall Gazette, en 1886, qui évoquait un naufrage dans des conditions similaires. Cette nouvelle était intitulée « How the Mail Steamer went down in Mid Atlantic by a Survivor» (« Comment le paquebot postal sombra au milieu de l'Atlantique, par un survivant »). L'objectif de cette publication était de sensibiliser les armateurs sur le nombre trop réduits de canots de sauvetage sur les paquebots de son époque et l'absence de procédure d'évacuation... Comble de l'ironie : W.T. Stead périt dans le naufrage du Titanic, le 15 avril 1912.
/n
Bref, il est aisé de dire que des écrits sont prémonitoires, surtout a posteriori... Espérant que ma maigre contribution puisse apporter la lumière sur les décalages entre le romancé et la réalité.

Publié le 26 Janvier 2020

@Catarina Viti oui mais il faudrait que ce soit la planète des singes, a minima
@L.A. Di Paolo. Ravi d'apprendre qu'il ya quelques erreurs. Mais ce qui intéresse les lecteurs , c'est de savoir lesquelles ? sinon, on reste toujours aussi ignorants. Mais il est vrai que le débat sauve l'article :-)). C'est 2020 , Bonne année.

Publié le 24 Janvier 2020

Piano, piano, nous arrivons au paradoxe du singe savant. "Théorème selon lequel un singe qui tape indéfiniment et au hasard sur le clavier d’une machine à écrire pourra « presque sûrement » écrire un texte donné".

Publié le 19 Janvier 2020

Si même l'article présenté a quelques erreurs, pour ma part, je suis heureux de le lire car je trouve le sujet intéressant, et la discussion qui en a suivi encore plus, car elle démontre les questions que nombre d'entre nous avons , et démontre aussi que beaucoup ont encore l'esprit suffisamment critique pour questionner ce qui leur est présenté.

Par ailleurs, quant à la question de savoir si certains auteurs sont clairvoyants, je ne le crois pas, moi-même, et je crois plutôt, comme le suggère @Michel T, qu'il ne s'agit que de coïncidences, coïncidences qui peuvent aussi être aidées par les développements courants dans les mondes de la science, de la politique, de la sociologie, etc, mais pas forcément non plus. Et puis, ces analogies, ces coïncidences, ne sont pas parfaites, et elles sont parfois même très faibles, mais on les interprète comme on veut. Moi-même, je me trouve souvent devant ces phénomènes de coïncidence incroyables. En effet, presque chaque fois que j'invente un nouveau nom pour un de mes personnages, je suis surpris de découvrir que le nom existe déjà. Et je suis absolument certain de ne l'avoir jamais lu ni vu nulle part. Essayez vous-mêmes: inventez un nom et cherchez-le sur Internet. Vous le trouverez probablement, sinon que comme nom de personne, peut-être comme nom de ville ou village, ou nom de band rock, nom de produit quelconque ou encore nom de groupe social. Quand cela m'est arrivé pour la douzième fois, j'ai décidé d'en parler avec un collègue statisticien qui m'a répondu qu'avec près de 7.5 milliards d'humains, il est hautement probable que quelqu'un d'autre ait déjà pensé aux mêmes mots que moi (quelle qu'en soit le motif), que quelqu'un ait imaginé ce qui se passera demain ou dans cent ans, non pas parce qu'ils sont clairvoyants, mais parce qu'avec tant de gens qui passent leur temps à imaginer, il est hautement probable que l'une de ces personnes tombe dessus ce qui sera, et la probabilité est encore plus grande si ces personnes qui imaginent sont conscientes de ce qui se passe dans le monde présent et sont au courant des questions que se posent les chercheurs de tout ordre. Alors, faites l'exercice. Inventez un nom de personnage pour un roman fantasy par exemple, et puis voyez s'il n'existe pas déjà.

Publié le 18 Janvier 2020

Un article qui fait pas mal réfléchir. Bien sur plusieurs auteurs ont décrit le futur sans le savoir et ce n'est peu ètre pas un hasard. Il faut bien se dire que l'esprit voyage et nos pensées aussi et elles alimentent l'inconscient collectif en permanence qui façonne notre avenir. Il ne serait pas idiot de penser que certains auteurs aient puisé leur inspiration de cet inconscient collectif qui n'est autre que notre futur qui est en train de se construire. Plus il y a de personnes qui pensent la mème chose et plus celles-ci auront toutes les chances de prendre forme dans l'avenir. Certaines personnes ont la faculté de se connecter et de prédire mais rien n'est figé tout se transforme ne permanence.

Publié le 18 Janvier 2020

Donc, nous sommes tous d'accord pour reconnaître certaines coïncidences et exclure la prémonition.
L'intelligence humaine n'ayant pas de limite, il est facile de tout imaginer. Comme le dit Philippe : la présence de l'homme sur terre, environ 1 chance sur combien de milliards ? Et la présence de la femme ??? Une chance sur des centaines de milliards. Il a suffi que l'homme s’endorme quelques minutes, pour qu'un Génie lui pique une côte.... vous connaissez la suite. Si ce n'est pas de l'imagination ! Cela y ressemble beaucoup. .

Publié le 16 Janvier 2020

@Michel T
Vous avez raison. Il ne faut jamais dire jamais, tellement de choses improbables se sont produites. Rien que la présence humaine sur terre : 1 chance sur combien de milliards ? Je crois que les auteurs vont travailler dans peu de temps sur la longévité de la vie. L'homme bicentenaire, c'est la future révolution qui est en marche.

Publié le 15 Janvier 2020

@De Vos Philippe on en est encore très loin je l'avoue. J'ai pris votre exemple parce que c'est si improbable que personne n'ose y croire, et pourtant il y a des prémices. Ce que je voulais dire c'est que ce qui semble irréalisable maintenant sera peut être possible dans 50, cent ans, ou plus. On est passé par bien des étapes avant de certifier que la terre est bien ronde, et malgré les preuves, encore aujourd'hui, il y en a toujours pour affirmer que la terre est bien plate :)

Publié le 15 Janvier 2020

@Michel T
Quant à moi, je parlais de téléportation de l'humain. La téléportation signifie déstructurer un être vivant et le restructurer dans un autre lieu (je crois !). N'importe lequel d'entre nous est plus complexe que le plus complexe ordinateur ou même la plus complexe salle d'ordinateurs. Et à part la littérature fantastique ou fantasy, il me paraît oser dire qu'un jour les Chinois parviendront à cela parce qu'ils parviennent à faire quelque chose des photons. Il y a loin de la coupe aux lèvres. Mais je ne crois pas non plus à des auteurs visionnaires qui connaîtraient l'avenir avant les autres. Il suffit de regarder les récits de science fiction. Si nous parlons de vie sur les autres planètes, on ne fait que partir de notre propre monde pour le décliner sur une autre planète. Des sociétés qui ressemblent aux nôtres, en mieux, en moins bien, en pire… La base de travail du «visionnaire» est celle qui est à sa portée, son propre monde. Et il décline tout cela en utopie, dystopie, uchronie etc.

Publié le 15 Janvier 2020

Je ne crois pas à cette littérature prémonitoire, désolé de casser le rêve :) L'imagination de l'homme est sans limite, c'est ce qui lui a permis d'inventer le meilleur qui nous facilite la vie de tous les jours, mais aussi le pire comme les armes.
L'écrivain que l'on qualifie de " doué de prémonition " ne fait que reprendre les rêves humains : savoir voler, aller dans l'espace, faire des bateaux de plus en plus puissants, des machines plus complexes, se téléporter...
Au fur et à mesure que la science avance, de nouvelles possibilités s'offrent à nous.
Ainsi on ne peut pas dire que la téléportation n'existera pas puisqu'on y est déjà. Pas encore avec un objet ou une matière complexe, mais avec des photons. Les Chinois l'ont déjà réalisé.
Et puis il ne faut pas oublier que sur les millions de romans qui existent, il est toujours possible qu'une histoire se réalise. Il ne faut pas alors parler de prémonition, mais plutôt de coïncidence.

Publié le 15 Janvier 2020

Merci à tous pour cet enthousiasme. je me permettrai de réutiliser certains de vos points dans la suite
@Romain Valberg. C'est bien sûr tout l'épice de la chose : on n'est visionnaire qu'à la date ou ce qu'on écrit se produit

Publié le 15 Janvier 2020

@Colette Bacro
Vous avez raison, Colette, il ne faut pas négliger la part de rêve qui est le propre de la fiction, du roman. Pour le reste, il est toujours dangereux d'omettre quelques étapes dans les démonstrations : thèse, antithèse, synthèse, conclusion. Passer de la thèse à la conclusion est périlleux.
En vérité, il existe plus de livres de SF, fantastique ou fantasy qui ne se concrétisent pas dans la réalité : l'homme invisible (hors fond vert des TV), la machine à explorer le temps, la planète des singes, la mouche (la téléportation) etc. Je mettrais un petit billet sur le fait que toutes ces choses n'arriveront pas… mais j'aime bien ! comme vous dites, c'est notre part de rêve.

Publié le 15 Janvier 2020

Dans « Le loup et l’agneau », de Jean de La Fontaine, l’important n’est pas le premier vers :
« La loi du plus fort est toujours la meilleure »…
Mais le second :
« Nous l’allons montrer tout à l’heure ».
Tout est dit ! Lorsque l’on a décidé de démontrer quelque chose, tous les prétextes sont bons et on écarte tous les faits qui peuvent contrarier la démonstration. Le loup voulait bouffer l’agneau, il le fait sans autre forme de procès. C’est la tendance de bien des gens de partir d’une conclusion et d’y aller directement en écartant tout élément qui vient compromettre sa démonstration.
J’anticipe sûrement sur les articles prochains, mais au moment des attentats du World Trade Center, il y eut des journaux télévisés qui ont cherché à démontrer que la bande dessinée avait annoncé la chose. Notez bien que nous avons fait de même avec Victor Hugo et son « Notre Dame » il y a peu : Hugo avait « vu » l’incendie avant l’heure !
Pour les tours jumelles, je laisse les gens se faire leur propre jugement : y avait-il prédiction ?
http://www.topito.com/top-des-premonitions-sur-le-11-septembre-2001

Publié le 15 Janvier 2020

Article intéressant qui tend à démontrer que les plus grands mythes naissent d’une interprétation suggestive dont les humains sont souvent friands. Ainsi, après le naufrage du Titanic, on peut lire le roman de Robertson en glanant les points communs, en ignorant les divergences, en oubliant que les grandes connaissances de l’auteur lui permirent d’anticiper sur un drame, tout simplement. On peut considérer les inventions de Léonard de Vinci en éclipsant des collaborations, des influences qu’il a su sublimer par son génie artistique, en occultant la prouesse d’Eilmer de Malmesbury (qui a réussi à planer sur 250m au XIème siècle, quand-même ;-) ! ), en refusant d’admettre que, bien que curieux, très instruit et polyvalent, il était plus doué que précurseur. On peut affirmer que Kafka était visionnaire lorsqu’il explorait le sadomasochisme, que Jules Verne aussi, lorsque son imagination débridée s’exprimait, tout comme celle d’Herbert dans « Et l’homme créa un dieu » (dont la vision surréaliste se confirmera dans « Dune ») ou encore Bellamy lorsqu’il décrivit un idéal sociétal partiellement relayé depuis.
Pour ma part, et bien que peu amatrice de science-fiction, je vois dans ce genre l’expression d’imaginations foisonnantes, parfois associées à des réflexions plus ou moins poussées et abouties, qui peuvent fortuitement coïncider avec le futur. Lorsque je l’aborde malgré mes réticences, j’aime décrypter les métaphores, comprendre la symbolique de l’œuvre. Ce qui m’aiguille sur les intentions, les motivations de l’auteur, m’intéresse plus que l’histoire elle-même, d’ailleurs.
Merci pour cet article et belle journée à tous. Amicalement, Michèle

Publié le 15 Janvier 2020

@Colette Bacro,

Je ne prend pas la mouche : JE PRÉCISE, et votre commentaire méritait de l'être, à mon sens....

Ni voyez aucune attaque à votre personne. Je ne me le permettrais pas.

Publié le 15 Janvier 2020

@Colette Bacro,
/n
"Le scientifique, qui a le nez dans le guidon, ne voit que les conséquences pratiques de ses inventions"
/n
Chère Colette, vous formulez là, une étrange affirmation. Le propre du scientifique est d'inventer un système, une machine, une méthode... Donc de concevoir l’objet longtemps avant même qu'il soit créé. C'est le principe de la conception (Design en Anglais). Cela revient à rêver, imaginer, c'est-à-dire concevoir ce qui n'est pas. Donc le propre d'un scientifique c'est d'être INGÉNIEUX afin d'INVENTER ce qui n'existe pas encore, en maîtrisant toutes les conséquences pratiques de ses inventions. Mais il prend le risque de les voir détourner. C'est peut-être là son erreur..
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Morgan Robertson, Jules Vernes, Leonardo da Vinci, étaient tous ingénieux. Néanmoins, ils ont pu s'inspirer de livres très anciens, écrits bien avant notre ère, qui donnaient déjà des descriptions de machines volantes ou sous-marines. Dont les pires scénarios catastrophiques ou extraordinaires y étaient contés.
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Quant à Kafka,l'interprétation de sa nouvelle "La colonie pénitentiaire" donnée dans cette tribune est, à mon sens, totalement à côté de la plaque, puisqu'il ne fut pas possible d'en faire une interprétation correct, ni logique. Et, surtout, Kafka n'a JAMAIS écrit quoi que ce soit sur l’horreur des camps de concentration et d’extermination de façon prémonitoire, et encore moins dans cette nouvelle de 1914...
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Ce qui nuit le plus à Kafka, c'est le mauvais goût des interprétations stéréotypées. On cherche à mettre le texte (malgré lui) dans le contexte qui nous plaît. Et si Franz ne voulait rien dénoncer, rien ironiser, juste nous produire une nouvelle magnifique comme lui-même aime les lire. Sans autre motif. En bref, cette nouvelle parle d'un système imposé, qui s'avère violent , les gens savent qu'il est inhumain et ne peuvent le changer car il y a toujours des zélateurs qui peuvent le défendre et qu'il est là depuis toujours... Rien de neuf sous l'horizon de la bêtise humaine ..
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De même, dans "Cent ans après ou l'An 2000", Edward Bellamy n'a JAMAIS parlé de carte de crédit, mais de carte d’approvisionnement (comparable à celle que les français utilisèrent sous l'occupation Allemande) puisque la monnaie fiduciaire n'avait plus cours.De plus, il utilise le téléphone pour retransmettre des concerts, une sorte de Radiodiffusion avant l'heure, mais SANS IMAGES... En fait, l’auteur américain a pensé une réalité qui ne ressemble en rien à la nôtre. Il était loin d’avoir imaginé ce qui caractérise nos sociétés actuelles : les innombrables prouesses techniques et scientifiques qui se succèdent et se dépassent en permanence, dans une course au progrès effrénée et sans bornes.
/n
Comme quoi, l'auteur de cette tribune n'est pas a une approximation près, pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. En espérant que les deux prochaines soient plus vraisemblables que celle-ci.

Publié le 15 Janvier 2020

Oui, super article, bravo, tout à fait d'accord avec Colette Bacro. Je suis curieux de savoir quels seront les prochains épisodes, car une chose est de reconnaître à posteriori des récits visionnaires, et vous en donnez ici de bons exemples, une autre est de savoir reconnaitre si des récits d'aujourd'hui sont de fiction ou d'anticipation. J'entendais l'autre jour une chronique à la radio sur notre attitude vis à vis de la responsabilité écologique d'aujourd'hui par rapport à il y a 30 ans (tri, glyphosate... pour ne citer que 2 ex), et demandant ce qui serait jugé inacceptable dans 30 ans par les générations futures ? (rouler en 4x4 ? arroser en plein été ?...) ? Comme disait Pierre Dac, il est difficile de prévoir, surtout quand il s'agit de l'avenir !

Publié le 14 Janvier 2020