Les tourments d’une maman

Interview
Le 20 nov 2020
Voilà une petite leçon de morale qu'il convient de placer définitivement dans un coin de son esprit. Ce qui paraît parfois violent chez les autres, nous le contrôlons rarement nous mêmes. Sage réflexion pour éviter une fessée dans une autre vie. La réponse de Caroline Courtin à l'appel à l'écriture de monBestSeller : "Ce jour là, je ne me suis pas reconnu".
La gifle : Aussi douloureux de la donner que de la recevoirLa gifle : aussi douloureux de la donner que de la recevoir

Mes oreilles saignaient mentalement. J’avais beau lui parler calmement, essayer de l’apaiser, rien n’y faisait. Et plus j’essayais et plus je sentais monter en moi la colère et l’exaspération.

Je me revois lever la main. Elle est partie toute seule. Et mon fils qui pleurait et qui était dans une tempête émotionnelle que lui-même ne pouvait pas contrôler, que ce soit avant ou après.

« Tu n’as pas le droit de me taper maman ! » me lança-t-il en pleurant de plus belle.

Il avait raison. C’est ce que je n’arrêtais pas de lui répéter.

Pourtant… moi qui participe à des ateliers parents depuis plusieurs années, qui me rend à des conférences sur les neurosciences et sur comment éduquer ses enfants sans violence…

En éducation non violente, on nous déculpabilise, on nous dit bien que les dérapages, ça peut arriver mais qu’il faut en parler après à son enfant. Oui je le sais, nous sommes des êtres humains, nous avons le droit à l’erreur, droit de se tromper. C’est ce que je répète d’ailleurs souvent à mon fils de 7 ans. Et pourtant, cela ne m’a pas empêché de culpabiliser.

Lorsque cette sensation revient, je me force à taper sur les murs ou à sortir me calmer. Plus jamais cette culpabilité. J’ai appris de mon erreur. Je ne veux pas lui faire du mal et regretter après.

Oui, j’ai giflé mon fils. Certes, pas fort. Et alors ?

Je m’identifie à cette magnifique chanson de Linda LEMAY « J’ai battu ma fille » alors que je ne devrais pas. Et je ne veux plus, hors de question.

Je le sais et j’en suis persuadée, elle n’est pas là la solution. Taper son enfant n’apporte rien de bon. Ça soulage uniquement le parent sur le coup. Et l’enfant apprend que la solution des adultes pour régler les problèmes avec les autres, c’est de taper. Qu’apprendrais-je à mon enfant en faisant cela ?

Je sais que certains diront que ce n’est pas grave, qu’ils ont vécu cela et qu’ils n’en sont pas mort. Certes. Mais quels sont les répercussions psychologiques derrière tout ça ?

Je sais que mon enfant ne m’en tiendra pas rigueur. Car un enfant, comme un chien d’ailleurs, aime inconditionnellement. Quel que soit ce qu’on peut lui faire subir. Doit-on pour autant jouer de notre pouvoir sur eux et en profiter ? Je ne pense pas.

Oui, d’accord pour les dérapages de temps en temps mais, comme les enfants, nous devons apprendre de nos erreurs et surtout, ne pas trouver ça « normal ».

Tous les parents (et non-parents aussi) savent qu’un enfant peu très vite nous faire sortir de nos gonds.

Mais posons-nous la question de pourquoi ?

Pourquoi lorsque mon enfant fait ça, cela m’énerve, MOI et pas le parent d’à côté ? Parce que ça nous renvoie à notre histoire, ce que l’on a vécu étant enfant. Consciemment ou inconsciemment. Des choses que l’on a oubliées ou d’autres que l’on aimerait oublier.

Le problème ce n’était pas lui à ce moment-là, c’était moi. Je n’ai pas su gérer mon émotion, pas su me contrôler ou trouver un moyen de me calmer. Alors que c’est moi l’adulte. C’est moi qui suis sensé lui apprendre ce genre de choses.

On oublie trop souvent comment nous nous sentions étant enfant. Alors préservons précieusement notre âme d’enfant.

Car, ce jour-là, je ne me suis pas reconnue, j’étais hors de moi.

Livre de l’auteur sur monbestseller.com : le tueur du campus

 

 

@Caroline COURTIN J'y suis allée fort, Caroline, excusez-moi. Je me doute bien que cette faute n'est pas volontaire... Il ne manquerait plus que ça :-)! Je fais des fautes aussi, vous savez. Nous en faisons tous. Mais à partir du moment où l'on se fait lire par d'autres sur un site comme MBS, il n'est pas inutile de se relire plusieurs fois en prenant le soin de laisser reposer son texte, l'idéal étant de faire appel à un tiers qui le lira avec un oeil neuf.
Pour le reste, non, le sujet de l'éducation n'est pas tabou. Simplement que pour moi, il y a un océan entre éducation non violente, petite baffe circonstancielle et violences quotidiennes subies par certains enfants... Je ne connais personne capable de banaliser ce que vivent ces derniers. Pour ma part, ça me donne des envies de meurtre ;-). Bonne fin de journée. Amicalement, Michèle

Publié le 24 Novembre 2020

Bonjour,
En effet, excusez-moi pour la faute d'orthographe. "Un enfant peut" C'est une erreur de frappe ajoutée également à un manque de relecture (pourtant, je me suis relue mais elle est passée au travers).
Désolée de vous avoir offusquée @lamish.
Non, mon fils ne développera sûrement pas un traumatisme, c'est sûr. Je voulais juste interpeller sur la banalisation de la violence. Non, "taper" ce n'est pas rien...
Et je tiens à préciser également que l'éducation non-violente, ce n'est faire de nos enfants des "enfants roi". Loin de là. C'est une éducation qui prône les limites. Sans elles, l'enfant ne peut pas s'épanouir correctement.
@la miss 8888888888: je n'ai aucune idée de ce que pouvait contenir votre commentaire.
Je savais qu'en parlant d'éducation, je touchais à un sujet tabou... Ne vous sentez pas visés. C'est un texte qui parle de mon expérience personnelle.

Publié le 23 Novembre 2020

@monBestSeller
Mon commentaire supprimé... Mon Dieu, ai-je donc si tant tellement choqué votre sens des convenances ?... M'en fous, j'ai de grands auteurs à mes côtés, Swift par exemple... Et vous, qui avez-vous pour défendre votre pusillanimité ?

Publié le 22 Novembre 2020

Il ne faut pas tomber dans les travers inverses, sous peine d'en faire des despotes.

Publié le 21 Novembre 2020

"savent qu’un enfant peu très vite"... Je veux bien ne pas être regardante... mais de grâce : "peut", "un enfant peut" !... Bon, fin de la parenthèse… Votre contribution interpelle, une fois de plus, sur ce sentiment de culpabilité ressenti par tout parent amené à craquer... "Que celui d’entre vous qui n'a jamais péché lance la première pierre" pouvons-nous lire dans un des bouquins les plus connus au monde ;-). Outre le fait que je doute que votre fils développe un traumatisme suite à une petite baffe, il en comprendra la signification un jour ou l'autre, Caroline, c'est sûr ;-). Merci et bonne soirée. Amicalement, Michèle

Publié le 20 Novembre 2020