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Le 29 mai 2026

Canal+, Grasset : idéologie et liberté économique

Chacun revendique sa liberté de choisir... à condition que...
Maxime Saada, PDG de Canal + est-il maître à bord ?Maxime Saada, PDG de Canal + est-il maître à bord ?

Procès idéologique ou procès d'intention ?

Depuis plusieurs années, Vincent Bolloré est devenu, pour beaucoup, l'objet d’un affrontement idéologique. Après les polémiques autour de CNews, du Journal du Dimanche ou d’Europe 1, ce sont désormais Canal+ et les Éditions Grasset qui sont accusés d’être les instruments d’une « offensive culturelle conservatrice ».
Dans le cinéma comme dans l’édition, des tribunes dénoncent « l’emprise » de Bolloré sur la création. Des réalisateurs reprochent à Canal+ une influence idéologique supposée sur le cinéma français. Des écrivains quittent Grasset en expliquant ne plus vouloir être publiés dans une maison indirectement contrôlée par Vivendi.

Mais un fait demeure : jusqu’à présent, aucune preuve claire de censure éditoriale systématique n’a été établie.

Canal+ continue de financer des films extrêmement variés, souvent réalisés par des auteurs politiquement opposés à Bolloré. La chaîne demeure même le premier financeur du cinéma français. Quant à Grasset, aucun livre n’a été interdit, retiré ou réécrit pour des raisons idéologiques depuis l'arrivée des nouveaux propriétaires.
Le procès intenté à Bolloré semble donc moins porter sur des actes objectivement constatés que sur une crainte : celle qu’un propriétaire conservateur puisse exercer demain une influence culturelle disproportionnée.
Autrement dit, ce qui dérange n’est peut-être pas tant la censure que le déplacement virtuel vers une idéologie.

 Liberté artistique ou liberté économique ?

Une contradiction apparaît alors dans le discours d’une partie du monde culturel.
D’un côté, les artistes revendiquent, à juste titre leur indépendance absolue. Ils refusent qu’un actionnaire, un diffuseur ou un éditeur puisse orienter leur travail. Mais, de l’autre, certains semblent considérer que les entreprises culturelles auraient malgré tout l’obligation morale de financer, publier ou diffuser des artistes qui les détractent publiquement.

La question devient alors fondamentale : un patron est-il obligé de travailler avec des personnes avec lesquelles il ne souhaite pas collaborer ?

Dans n’importe quel autre secteur économique, la réponse paraît évidente. Une entreprise choisit ses partenaires, ses fournisseurs, ses salariés ou ses prestataires selon sa stratégie, ses intérêts ou sa ligne éditoriale. Pourquoi le secteur culturel échapperait-il à cette règle élémentaire de liberté contractuelle ?

Lorsque Maxime Saada affirme ne plus vouloir travailler avec des signataires l’accusant de « crypto-fascisme », il exprime aussi une logique simple, impulsive : aucune entreprise privée n’est tenue de financer ceux qui la combattent publiquement.

De même, les écrivains qui quittent Grasset exercent eux-mêmes une liberté économique. Ils sont libres de partir ailleurs. Rien ne les oblige à publier chez un éditeur qu’ils désapprouvent.
Mais cette liberté ne vaudrait-elle pas aussi dans l’autre sens : un éditeur reste libre de définir sa ligne, ses priorités et ses collaborations.

La véritable question n’est donc pas celle de la liberté artistique, déjà garantie par la pluralité des maisons d’édition et des producteurs.
La vraie question est celle de l’acceptation, ou non, de la liberté économique lorsqu’elle produit des orientations idéologiques différentes de celles qui sont dominantes.

Culture : quel rôle pour le secteur privé ?

Cette affaire révèle surtout une ambiguïté française : on considère encore la culture non comme une activité économique pouvant s'épanouir librement, mais comme une mission publique.

Or Canal+ n’est pas le ministère de la Culture. Grasset n’est pas une administration. Ce sont des entreprises privées, soumises à des impératifs de rentabilité, de stratégie et d’identité éditoriale.
Le paradoxe est frappant : une partie du monde culturel accepte parfaitement la diversité idéologique tant qu’elle demeure dans un cadre progressiste, mais s’inquiète immédiatement lorsqu’un acteur privé conservateur acquiert de l’influence.
Comme si la neutralité n’était exigée que des uns.

Pourtant, le pluralisme culturel ne signifie pas que chaque entreprise doive représenter équitablement toutes les sensibilités politiques. Le pluralisme naît précisément de la coexistence d’acteurs différents, avec des lignes différentes et des visions différentes.

Exiger d’une entreprise culturelle privée une neutralité absolue reviendrait finalement à transformer toute culture en service public permanent.

La vraie liberté, n'est-ce pas de financer selon ses convictions, dans le respect du droit ?

La véritable liberté culturelle n’est pas l’obligation faite à un acteur privé de financer tout le monde indistinctement. La vraie liberté, c’est la possibilité pour chacun de créer, produire, éditer, diffuser ou financer selon ses convictions, dans le respect du droit.

Un écrivain est libre de quitter Grasset. Un réalisateur est libre de ne pas travailler avec Canal+. Mais Bolloré ne serait pas libre d’investir dans les médias qu’il souhaite, tant qu’il respecte les lois en vigueur ?
Si l’on considère qu’aucun propriétaire privé ne doit pouvoir imprimer une orientation culturelle à ses entreprises, alors il faut aller jusqu’au bout du raisonnement : il faudrait nationaliser la culture et confier sa direction à l’État.
Autrement dit, remplacer le marché par le service public.

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19 CommentairesAjouter un commentaire

@Michel Laurent
Vous avez raison, ne nous égarons pas. Peu importe que vous ayez écrit ou pas qu'avoir un beau-père africain soit un certificat de bonne conduite.
Le sujet principal, et de départ, était de savoir si « race » et « ethnie » sont de quasi synonymes ou, du moins, si le second vient remplacer le premier devenu politiquement incorrect.
Il se pourrait même que nous soyons d'accord.
Enterrons donc la hache de guerre. Mon but n'était pas de vous prêter des propos malveillants, mais de veiller à ce qu'on ne m'en prête pas. Je connais la rouerie (pas la vôtre) des belles âmes et des ratiocineurs FLl qui hurlent "no passaran" d'une petite voix aigrelette dans leur salon Camif alors qu'ils auraient fait dans leur froc en 40... J'aurais probalement plus résisté qu'eux, car je suis un peu givré... j'ai fait qq gardes à vue pour outrage et rebellion qd j'étais jeune, con et de gauche... L'essentiel étant de le reconnaître. "Errare humanun est perserverare diabolicum"
Bien à vous.

Publié le 02 Juin 2026

@AMOURS et LITTERATURE

J’ai écrit : « Votre argumentation est fascinante : elle commence par un certificat de bonnes fréquentations (“j’ai un beau-père africain”). »

D’après vous, j’aurais écrit : « Avoir un beau-père et des enfants de différentes origines ethniques serait davantage un certificat de bonnes fréquentations que s'ils eussent été d'origine française. »

Où avez-vous vu que je parlais « d’avoir des enfants de différentes origines ethniques » ? Où avez-vous lu que je faisais la moindre comparaison avec ce qu’il en serait si vous aviez eu des enfants d’origine française ?

Nulle part. Tout simplement parce que je n’ai écrit ni l’un ni l’autre.

Vous ne répondez donc pas à mes propos : vous les remplacez par les vôtres. Vous introduisez dans la discussion des éléments que je n’ai jamais évoqués, puis vous me prêtez les conclusions qui en découlent afin de pouvoir les réfuter. Ce procédé a un nom : fabriquer un argument imaginaire pour éviter de répondre à l’argument réel.

Mon observation était pourtant très simple : invoquer un beau-père africain pour se prémunir d’une critique n’est pas un argument, mais un certificat de respectabilité censé dispenser de démontrer ce qui est affirmé. Je ne portais aucun jugement sur votre famille, encore moins sur l’origine de vos enfants.

Ce glissement est révélateur. Lorsqu’on ne répond plus aux mots écrits mais à des intentions supposées, on cesse de débattre pour entrer dans le procès d’intention. Et lorsqu’on éprouve le besoin de faire dire à son contradicteur ce qu’il n’a jamais dit, c’est que la réponse aux arguments réellement formulés s’annonce plus difficile que la réfutation de ceux qu’on a soi-même inventés.

Publié le 02 Juin 2026

@Michel Laurent
1) Vous dites (me concernant): "Avoir un beau-père et des enfants de différentes origines ethniques est un cerificat de bonnes fréquentions"... Davantage que s'ils eussent été d'origine française ? Je vous laisse cette appréciation.
2) Existe-t-il chez vous, un non-dit concernant "les repas de famille" et les métaphores alimentaires qui reviennent souvent dans vos propost sans que l'on sache s'il cache un trauma familial, une blessure d'enfance ? Ce serait intéressant que vous développiez, c'est un thème récurrent de la littérature, qui n'est que le grand déversoir de nos petites souffrances... N'y voyez aucune ironie, c'est en fouillant dans nos lapsus, nos tics de langage, nos souvenirs, qu'on produit des écrits touchants, surprenants et sincères... Il faut cependant fendre l'armure, ce qui, quand on a un statut social valorisant (prof, médecin...) n'est pas évident. Hubris et talent ne vont pas forcément de pair. Take it easy, cela me concerne aussi...
3) Votre bouquet final (tjrs me concernant): "Vous dites vous placer dans le temps long de l’histoire, c'est une ambition respectable, encore faut-il éviter d’y voyager avec des concepts du XIXᵉ siècle et une boussole qui a perdu le Nord". Ca sent l'agument d'autorité à plein nez. J'ai cru comprendre que vous êtiez médecin, un tropisme ?

Bien à vous.

Publié le 02 Juin 2026

@AMOURS et LITTERATURE

Votre argumentation est fascinante : elle commence par un certificat de bonnes fréquentations (« j’ai un beau-père africain »), poursuit par une théorie du complot linguistique où les « wokes » auraient secrètement remplacé un mot par un autre, puis s’achève par Wikipédia cité comme autorité suprême de l’histoire des concepts. On attendait la sociologie, on a finalement eu droit à un dîner de famille, une chasse aux sorcières lexicales et une capture d’écran de Wikipédia.

Quant à l’idée que l’ethnie serait simplement la race repeinte en plus discret, elle a surtout l’avantage de dispenser d’ouvrir un manuel d’anthropologie publié après 1950. C’est pratique : quand la recherche contredit la conviction, il suffit de décréter que la recherche est « woke ».

Vous dites vous placer dans le temps long de l’histoire. C’est une ambition respectable. Encore faut-il éviter d’y voyager avec des concepts du XIXᵉ siècle et une boussole qui a perdu le Nord.

Publié le 02 Juin 2026

Très intéressante, cette discussion sociolinguistique. Le terme "ethnie" procéderait donc du grand remplacement du vocabulaire et ne serait qu'une version clean, clanique, chic, pour bobo-woke propres sur eux* ?
Il est évident que le terme "race" est devenu détestable, même si, en anglais, il est toujours utilisé. par l'administration et la presse sans susciter de querelle.
Il est vrai que l'Europe a beaucoup joué avec le démon des races, notamment les pangermanistes, et qu'il était nécessaire de le remplacer par un mot à connotation plus neutre, débarassé de ses scories...
Petit paradoxe : la gauche, qui a traditionnellement été une fervente colonisatrice — Blum, Ferry disaient en substance: « il faut aider les races inférieures à s'élever et rejoindre la civilisation » — réinvente aujourd'hui le concept de race qu'elle prétendait nier, hier. Comment protéger les pandas blancs, jaunes ou noirs si l'on dit qu'ils n'existent pas ?
Au final, cher @Michel Laurent, et merci d'avoir pu débattre de ce point si particulier qui touche à la langue et donc à la littérature, il n'y aurait entre les mots "race et ethnie" pas davantage de différence qu'entre un pain au chocolat et une chocolatine... Juste une question d'idéologie et de mode.

*PS : Lénine disait "Changez le mot, vous leur ferez avaler ce que vous voulez..."

Publié le 02 Juin 2026

@Michel Laurent

1) J'entends bien que les notions d'ethnies et de races sont contestables et haissables. Mais ce n''est pas le sujet, juste leur définition. Pour éviter aux mauvais esprit de se la jouer défenseur de la conscience universelle, je dois dire que j'ai deux enfants juifs, une fille marocaine et un beau-père africain, le meilleur homme du monde. Donc pour les leçons d''universalisme, il faudra repasser.

2) L'emploi du mot éthnie est un cas typique de détournement du vocabulaire. La pensée woke à laquelle vous adhérez à l'insu de votre plein gré, ayant aboli la notion re race, qui a conduit au drame effroyable de la shoah et à l'abominable traite, ayant besoin de cette notion pour créer une discrimination positive, lui a substitué le terme d'ethnie, "plus clean", en tentant de lui conférer un sens purement culturel. Or le grec nous renvoie bien au sens premier du terme.

3) Pour info in wiki : "La notion d'« ethnie » a longtemps été le pendant sociologique de la notion de « race ». Alfred Rosenberg, idéologue du parti nazi définit, dans ses livres tels Le Mythe du vingtième siècle, l'« ethnicité » (en allemand Volkstum) comme un « organisme » quasi-biologique, « produit par la sélection naturelle » parmi les humains, ce qui ne correspond à aucune réalité génétique, biologique, historique, linguistique ou sociologique, mais a servi à définir, dans la doctrine nazie, des « peuples supérieurs » (auxquels cette supériorité proclamée conférait le « droit » d'agrandir leur « espace vital » au détriment d'autres peuples) et des « peuples inférieurs » (dont le statut ainsi arbitrairement défini « légitimait » l'asservissement et/ou l'extermination)."

4) Vous comprendrez que passionné d''histoire et de sociologie, je ne me place pas dans l'instant idéologique-immédiat pour définir un mot, mais dans celui plus long de la culture et de l'histoire qui transcende les clivages idéologiques et les aléas tragiques de l'histoire...

Bien à vous.

Publié le 01 Juin 2026

@AMOURS et LITTERATURE

Votre raisonnement a le mérite de la fluidité : les faits, les concepts et les conclusions y circulent librement, sans être retenus par les barrières sans doute excessives de la logique. Logique et sémantique, chez vous y’a comme un hic !

Pour votre gouverne, sachez qu’une race est censée regrouper des êtres selon des caractéristiques biologiques héréditaires. Or, la génétique moderne a montré que les différences entre groupes humains sont trop faibles et trop continues pour fonder des races biologiques distinctes. Il n’y a donc qu’une seule et unique race humaine.

Une ethnie désigne, elle, un groupe humain défini par une histoire, une culture, une langue, des traditions ou un sentiment d’appartenance communs. C’est une notion culturelle et sociale, et rien n’empêche donc de distinguer différentes ethnies humaines.

Publié le 01 Juin 2026

@Michel Laurent
1) Les historiens ne sont pas là pour définir, dénoncer ou combattre l'extr droite, même si, malheureusement, l'histoire est dévoyée par la gauche et le mouvement woke à des fins politiques. Normal, ils sont globalement incultes (les idéologues de gauche, pas les historiens).
2) Petite anomalie sémantique : L'ethnie, que vous définissez à part, est un synonyme de race.
3) La gauche affectionne les boucs émissaires : les riches, les hommes (blancs), les chrétiens, les Occidentaux... C'est même son pain quotidien.
4) Pour le reste, l'extrême gauche est hors sol : la géographie, l'histoire (sauf à usage de propagande) lui sont indifférentes. La droite s'enracine davantage dans un sol, une culture, une histoire...
5) Je ne comprends rien à votre histoire de "végétarisme" (?) VS le bifteck-frites, qui ne fait pas avancer le schmilblick.
6) l'extr droite n'existe que dans la réthorique verbeuse de LFl. Le programme du RN est celui du RPR des années 1990, une droite sociale. Éric Zem est plus à droite, mais il est démocrate et parlementariste, donc républicain. Pour vous faire plaisir, il doit bien y avoir quelques centaines d'imbéciles fascistes en France, disons autant que d'unijambistes alcooliques...
7) Voici une définition moins raci4le du fachisme qui devrait vous plaire, mm si elle rhabille l'extr gauche pour l'hiver :
_ le culte du chef (la méluche...)
_ le refus de la démocratie (Bakaly: on ne respectera le choix des urnes que si on gagne.)
_ le recours à la violence de rue (Raph Arnaud et ses milices fachistes qui assassinent des gamins de 15 ans)
_ l'antisémitisme (Rima Machin).

Une pensée pour la petite Lola, pour Samuel Paty et les centaines, voire milliers de victimes des attentats terroristes... "Dieu se rit de ceux qui chérissent les causes des effets qu'ils abhorrent..."
Bien à vous.

Publié le 01 Juin 2026

@Michel Laurent
Merci pour votre commentaire apparemment bien argumenté et structuré, je prendrai le temps d'y répondre, même si j'ai l'impression qu'il s'inscrit dans le prêt à penser ambiant...

Publié le 01 Juin 2026

@AMOURS et LITTERATURE

Quel curieux propos ! Je vous cite : « l'extrême droite n'existe pas en France. Elle est d'ailleurs structurellement et idéologiquement impossible puisque la France n'est pas une race, mais une culture... »  

Quelle confusion sémantique ! Un courant politique ne disparaît pas parce qu’on refuse de le nommer. Depuis plus d’un siècle, les historiens identifient sous le vocable d’extrême droite des mouvements caractérisés par le nationalisme exclusif, l’autoritarisme, la désignation de boucs émissaires ou la remise en cause de certains principes libéraux et démocratiques. Que la France soit une culture et non une race ne change rien à l’affaire : l’extrême droite n’a jamais reposé sur le seul critère racial. Elle s’est aussi définie par l’ethnie, la religion, l’origine, la nationalité ou la conception d’une identité nationale jugée menacée. L’existence d’une culture française n’empêche donc nullement l’existence de mouvements politiques d’extrême droite.

Le raisonnement est d’ailleurs étrange : ce serait comme affirmer que le végétarisme est impossible dans un pays où l’on mange de la viande, ou que les tempêtes n’existent pas parce que le climat est tempéré. On part d’une définition arbitraire, puis on déclare que la réalité doit s’y conformer.

Poussons votre « logique » jusqu’au bout. Puisque la France est une culture, l’extrême droite serait impossible. Dès lors, l’extrême gauche devrait l’être aussi, puisque la France est également une géographie, une administration, une gastronomie et un championnat de football. À ce compte-là, il n’existerait plus aucun extrême, seulement des Français discutant paisiblement autour d'un plateau de fromages. Les polémiques deviendraient des concours de dictée, et les militants les plus radicaux se contenteraient de menacer leurs adversaires d’un accord imparfait du subjonctif.

Joli tour de bonneteau où la réalité disparaît sous un chapeau lexical.

Publié le 01 Juin 2026

@aj.michel
LE GRAND THEATRE...
A colporter de fausses vérités, nous vivons sur un énorme mensonge qui perdure et s'amplifie.
Sartre faisait valider ses pièces de théâtre (les Mouches, Huis clos) par la censure allemande (Otto Abetz) et n'a jamais résisté...
Il faut dire que la gauche a globalement collaboré. Déat, Doriot, Laval étaient au départ des hommes de la gauche socialiste, communiste et radicale. Alors que la da droite, même l'Action française, a globalement résisté et rejoint les forces de Londres er de l'ombre...
Après avoir pactisé en 40 avec les nazis, les communistes français ont (enfin) pris le maquis parce que l'Allemagne a envahi l'URSS. Celle de la France ne les concernait pas....
Pour couper court à un fantasme qui envahit même la littérature, l'extrème droite n'existe pas en France. Elle est d'ailleurs structurellement et idéologiquement impossible puisque la France n'est pas une race, mais une culture...
Il n'existe aucune trace historique de fascisme ou de dictature d'état en France, contrairement à de nombreux pays, comme l'Allemagne; l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'URSS, l'Argentine, le Chili...
Le général Boulanger a fait "flop" et Pétain n'est qu'une émanation d'une armée d'occupation étrangère.
Cependant, concernant la culture, il existe/ait une situation de monopole, de dictature intellectuelle. Depuis le général de Gaulle et Malraux, la culture a été abandonnée à la gauche. Une situation de monoculture qui a provoqué l'effondrement du système scolaire, littéraire et culturel par un travail de sape et de déconstruction des valeurs et des identités...

Comprenne qui voudra, le monde ne s'arrêtera pas pour autant de tourner et l'histoire de s'accomplir... Nous ne sommes que les spectateurs de ce grand théâtre d'ombres...

Publié le 31 Mai 2026

Il est compliqué d’avoir une opinion honnête sur des événements médiatisés, aussi je ne puis qu’avoir un avis global.
Concernant Cnews ainsi que le journal du dimanche, il y a une dérive certaine. Cependant elle intègre dans un mouvement brownien que l’on remarque depuis des décennies. En effet, du temps de Sartre et de ses amis, les attaques étaient incessantes contre la droite ainsi que la bourgeoisie. Mai 68 en a représenté l’exaltation.
D’un autre côté, la droite s’en était prise au système soviétique d’une manière pratiquement maniaque.
Le facteur commun est que ces griefs représentaient une sorte de transfert obsessionnel sur autrui.
D’une manière générale, les listes noires n’ont pas d’existence physique. Cela tient peut-être au fait que ceci constitue une preuve de culpabilité. Le thème de la liste noire a pris une ampleur dans les suites du film, la liste noire de Hollywood.
Par contre, en fonction des idéologies, des personnes sont interdites de droit de cité. Certains, pour se valoriser, disent qu’ils sont sur une liste noire.
Pour ce qui est de la Fronde contre le milliardaire ou bien contre la maison d’édition cités, je demeure dubitatif.
Les fanfaronnades de ces écrivains, en haut d’un tapis rouge du Festival de Cannes, ne représentent qu’un coup d’éclat médiatisé. En tout cas, aucun rapport avec le courage que l’on connaît chez les anciens. Qui, eux, avec courage et sacrifice, défendaient de vraies et de grandes causes. Jaurès, Zola, Hugo, Flora Tristan. Si, effectivement, certains sont sincères dans leur démarche et dans la noblesse de leur cause, pour d'autres, ce n'est que paillettes.

Publié le 31 Mai 2026

@Fan de Cortex
Vous pouvez demander à la CNIL l’effacement de vos données et la mise de votre compte à zéro, mais il n'est pas correct de rendre opaque une conversation sur un forum en supprimant des propos d'une banalité ordinaire...
PS : SVP, ne nous prenez pas pour des neuneus... tt le monde sait que vous êtes le "Cortex-retour-au-texte", qui par un étrange dédoublement de personnalité, se mire dans ses écrits, comme Narcisse dans l'eau du puits.

@Michel laurent
La richesse capitaliste est relative et provisoire, d'autant qu'il y a des patrons de gauche, du centre et de droite... Le véritable danger est le totalitarisme d'état. Inamovible, prétendument impartial et désintéressé (Cf la gabegie Radio France), il prétend agir au nom du peuple, mais est généralement noyauté par un groupe social (oligarchie bobos en France), voire ethnique, culturel ou religieux (Cf militaires arabophones VS berbères en Algérie...)

Publié le 31 Mai 2026

Le raisonnement présenté ici repose sur une confusion entre liberté individuelle et pouvoir économique. Personne ne conteste qu’un entrepreneur soit libre d’investir son argent comme il l’entend (dans le respect de la loi). La question est ailleurs : lorsqu’un acteur dispose d’une puissance financière lui permettant de contrôler une part importante des médias, de l’édition ou de l’audiovisuel, son influence dépasse largement le cadre de sa liberté personnelle.

La liberté culturelle ne consiste pas seulement à permettre à chacun d’exprimer ses convictions ; elle suppose aussi l’existence d’un véritable pluralisme des voix. Or la concentration des moyens de diffusion entre quelques mains peut réduire ce pluralisme, même sans aucune infraction à la loi.

L’argument selon lequel toute critique de cette situation conduirait nécessairement à la nationalisation de la culture relève d’un faux dilemme. Entre le monopole privé et le contrôle étatique existe une troisième voie : celle de règles garantissant la diversité des acteurs, limitant les concentrations excessives et protégeant l’indépendance éditoriale. C’est d’ailleurs le principe retenu par la plupart des démocraties libérales.

La liberté n’est pas seulement le droit du plus puissant à agir selon ses préférences ; elle est aussi la garantie que personne ne puisse, par sa seule puissance économique, réduire l’espace de liberté des autres. Défendre le pluralisme culturel, ce n’est pas combattre la liberté, c’est chercher à la rendre effective pour tous.

Publié le 31 Mai 2026

@RENCONTRES...

Parler à la place de Cortex m'a semblé déplacé.
Et j'ai jugé votre éclairage pertinent sur le sujet du talent.
Mais il est inélégant de votre part de ne pas respecter mon droit de suppression.

Publié le 31 Mai 2026

Vous avez écrit un bon article et votre avis est sensé. Je voudrais ajouté que Grasset était très mal géré et les écrivains qui critiquent Bolloré sont politiquement engagés. Pour obtenir la mort sociale de quelqu'un, on l'accuse de fascisme. Bientôt ce sera un compliment. @Sylvie de Tauriac

Publié le 31 Mai 2026

(@Fan de Cortex : Je trouve pas très "fair play" d'avoir effacé votre commentaire que je recopie ci-dessous pour plus de clarté pour les lecteurs...)

@Fan de Cortex
Le talent est évidemment une notion discutable et aléatoire. Il est certain qu'il faut être dans l'air du temps. Le bon livre au bon moment...
Il est une réalité catastrophique qui est que presque plus personne ne lit, si ce ne sont les blockbusters labelisés par l'establishment des Maisons d'Editions dont l'objectif est de faire du beur et le buzz. La France est un pays qui compte plus d'écrivains que de lecteurs. Effet boomerang des baby-boomers qui ont profité de l'ascenseur social avant le cataclysme culturel et la descente aux enfers des réseaux asociaux..
Est-il permis d'ajouter que la littérature actuelle manque d'âme. Il n'est pas exclu qu'une nouvelle génération d'écrivains cachés dans leurs greniers, les forêts ou au fond des bars, écrivent, comme Rimbaud et Verlaine, des choses touchantes, sincères, hallucinantes...
Nous faisons partie des "has been" de la littérature et je n'aurai pas l'audace de citer mes polars historiques, géopoltiques ou pychologiques qui, selon ceux qui lisent, sont bien écrits et intéressants. Mais qui ici, si ce n'est le sympathique et cultivé @Michel Canal et quelques autres, les a lus ou les lira ?
***
Verbatim Fan de Cortex :
@RENCONTRES..

"Et s'ils ont du talent, ils vendront." écrivez-vous.
Quel(le) optimisme ou naïveté !
Il y a des auteurs talentueux qui ne vendent rien ou/et qui ne sont pas édités. Soit parce qu’ils ne savent pas (se) vendre ou parce qu’ils sont refusés de partout.
Prenez l'exemple de Cortex : en février dernier, envoi à 30 maisons d'édition d’un recueil de 70 nouvelles (ces maisons acceptaient l’envoi par mail)
Aucune réponse, sauf celle d’une maison prestigieuse qui lui a dit que son recueil passerait en commission de lecture à telle date, et qu'après cette date, sans nouvelles de leur part, il faudrait considérer le manuscrit comme rejeté. Apprécions la procédure... on fait miroiter une belle proposition avant de la retirer sans aucune explication. Ce qui s'est passé.
On peut considérer – sans trop se tromper - que Cortex a un certain talent, et pourtant ses manuscrits restent des manuscrits.
Moralité : le talent ne suffit pas dans ce monde.
À propos de Cortex, publication demain 1er juin du mensuel nº3 : "Souvenez-vous de Cortex", avec 3 nouvelles sur le thème du délire.

Publié le 31 Mai 2026

Publié le 31 Mai 2026

Excellent article, tout est dit... Bravo !
Si les pétitionnaires grincheux qui vivent plus de subsides qu'ils n'écrivent et ne vendent, veulent publier, il y a 3000 maisons d'éditions en France. Ils peuvent aussi créer leur propre maison d'édifion ou publier à compte d'auteur. Grasset ne leur appartient pas...
S'ils ont du talent, ils vendront. J.K. Rolling auteur de la saga Harry Potter a été refusée vingt-deux fois avant d'être l'auteur la plus lue dans le monde....
@lephilosophe à ma connaissance, le fantasme ou la pratique des listes noires, c'est surtout de gauche. Tintin a été" black listé", le Club des cinq, "rewrité", Agatha Christie modifiée par l'idéologie woke, comme des centaines d'auteurs. Sans parler de l'auto-censure qui rend la plupart des nouveaux romans insipides et fait qu'ils ne se vendent plus...
Ce n'est pas Bolloré qui est responsable des méventes du cercle des petits écrivains rois, car le cœur du sujet est là, c'est leur absence de talent...

Publié le 31 Mai 2026

Au minimum la menace de "liste noire" est d'une extrême maladresse !

Publié le 30 Mai 2026