Lettres à mon éditeur

341 pages de Marion Desjardins
Lettres à mon éditeur Marion Desjardins
Synopsis

L'écriture est-elle une drogue qu'il faudrait interdire ? Devrait-on, comme sur les paquets de cigarettes, indiquer qu'écrire nuit à la santé ou qu'écrire tue ? C'est bien ce que pense cet auteur désavoué par son éditeur et qui lui adresse ces lettres qui sont, pour lui, l'occasion de revenir sur leur histoire commune mais aussi sur la sienne propre. L'occasion d'essayer de comprendre comment il a pu en arriver là. Un règlement de comptes ? Non plutôt une déclaration d'amour à la littérature.

720 lectures depuis la publication le 13 Juin 2019

Les statistiques du livre

  180 Classement
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  -6 Progression
  4.9 / 5 Notation
  17 Bibliothèque
 

Ce livre est noté par

8 commentaires , 8 notes Ajouter un commentaire
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5
@Marion Desjardins bonjour Je vous ai lue avec un réel soulagement et une résignation intense de voir que je n'étais pas seule. Mon parcours est différent car j’ai été éditée par un petit éditeur contrairement à vous et quand vous écrivez à @Catarina Viti que vous auriez dû passer par un petit éditeur, n’en croyez rien. J’ai été surprise tout d’abord qu’il prenne mon manuscrit sans en changer une ligne, j’avais tout de même bien conscience de ne pas être Zola ou Gary. Mais bon je me suis dit qu’il n’en avait pas les moyens. Ensuite il s’est vanté d’avoir un réseau de distribution et un service commercial, je n’en ai jamais vu la couleur. Il a fait un « lancement » de mon roman, c’est à dire une soirée de présentation à laquelle étaient invités des journalistes qui visiblement ne sont pas venus, par contre lui en a profité pour présenter le roman qu’il venait d’écrire. Sic. J’ai essayé de promouvoir mon livre dans des librairies voyant qu’il ne faisait rien mais comme je ne suis pas commerciale je vous laisse imaginer la suite. Bref au bout d’un an j’ai commencé à m’inquiéter de savoir combien j’avais vendu d’exemplaires. Je ne l’ai jamais su et si j’en ai vendu je n’ai jamais été payée. Il a fini par déposer le bilan cet été c'est la meilleure nouvelle que j’ai eue de sa part et j’espère récupérer mes droits sur Makhila qu’a vrai dire je ne peux plus voir en peinture ;), je l'ai pris en grippe. Votre récit très bien écrit et bien mené me confirme qu’il n’y a aucun espoir d’être lu en étant édité si l’on est pas déjà connu. Je ne veux qu’etre lue, provoquer des émotions à mes lecteurs, c’est tout ce que je demande. Sur un site comme celui-ci nos ouvrages sont beaucoup mieux traités que sur une étagère poussiéreuse de librairie ou au pilon chez un éditeur quel qu’il soit grand ou petit. Merci pour cette lecture, je me suis régalée et j’ai frémi à l’évocation des dîners. Quelle horreur.
Publié le 16 Septembre 2019

@kroussar
D'abord merci d'avoir pris la peine de me lire et merci pour cette superbe critique. Décidément, je ne regrette pas d'avoir mis mon livre en lecture sur MonBestSeller. Tous ces retours font un bien fou et sont la confirmation qu'en effet, il ne faut pas lâcher. En dépit de tous les moments de doute. Comme je le dis plus bas, j'ai quand même trouvé une solution pour exister, c'est de publier et republier tous mes romans sur Amazon. A présent, ils existent et sont disponibles. C'est un gros investissement de temps quand même de faire le travail d'un éditeur, mais on y arrive. Mes romans pilonnés par Gallimard ont donc retrouvé une seconde vie ! Quant à proposer quelques uns de mes autres romans sur ce site, pourquoi pas. J'aime bien ce principe de gratuité.
Amicalement
Marion

Publié le 04 Août 2019
5
@Marion Desjardins, Chère Marion, comme vous je n'ai rien lâché. Vous avez su nous embarquer dans une incroyable histoire, un roman dont l’authenticité force le respect. Votre plume est tour à tour, emportée, lyrique, exigeante, pleine d’humour et tellement vraie, comme un coup de fouet. C'est aussi une belle leçon d’humilité ! Vous qui avez connu les joies, les peines et les affres de l’écrivain face aux éditeurs : exaltation, plaisir, doute, angoisse, trahison, déconvenue. Mais l'incompétence de ce sieur Antoine est telle que l'on a envie de lui mettre des claques avec vous. Par malchance, vous avez publié vos deux premiers romans pendant la période où sa suffisance devait compenser son inexpérience... Alors, après toutes ces années, vous avez bien raison de venir (revenir !) sur monBestSeller ! Car ici, votre roman aura une durée de vie supérieure à celle d'une mouche. (Je vous cite ) et non pas une espérance de vie très brève ; beaucoup d'efforts pour n'exister que quelques semaines ! N'est-ce pas absurde ?... Merci encore pour ce partage hors du commun, et ce bon moment de lecture. Ce qui est certain c'est qu’après vous avoir lu, je me sens moins bête qu'avant !!! En espérant que vous nous ferez découvrir d'autres romans, pour notre plus grande joie et, surtout, pour faire revivre vos anciens manuscrits...
Publié le 29 Juillet 2019

"Lettres à mon éditeur" est le "Livre le +" du 12 juillet. Retrouvez l’article qui vous donnera envie de le lire : https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/11413-lire-e.... N'oubliez pas de laisser un commentaire à l'auteur, c’est pour cela qu’elle a publié son roman épistolaire sur monBestSeller.

Publié le 12 Juillet 2019

@brice Epédrague
Merci à vous pour cette critique. Contente que ce témoignage vous ait plu que je suis heureuse de pouvoir partager.
Marion

Publié le 05 Juillet 2019
4
Oui, quel témoignage ! Vous l’abordez avec élégance, discrétion, j’ai trouvé. Mes enfants diraient "même pas mal" ! Même pas mal ? ça doit quand même être des moments tant exaltants que flippants, ces moments où l’on envoie son cher manuscrit et que l’on attend non seulement une réponse, mais un espoir. Merci de ce partage.
Publié le 04 Juillet 2019

@chiara Catalina
Merci, vraiment, c'est très agréable tous ces retours super positifs. Et vous avez bien raison, il faut continuer. L'avantage de ne pas avoir de succès, c'est qu'on ne peut pas avoir la grosse tête et que l'on continue à écrire avec une très grande liberté, sans pression...
Bon courage à vous et bonne écriture.
Marion

Publié le 20 Juin 2019

@lamish
C'est moi qui vous remercie. Je ne regrette pas d'avoir partagé mon texte sur MBS. Sachez que ce cher A. a effectivement lu à l'état de manuscrit ces Lettres. Puisqu'il me l'a signalé quand il m'a écrit pour me dire qu'il acceptait de me restituer mes droits d'auteur. Sans aucun autre commentaire. Comment mon manuscrit lui est-il parvenu ? Par l'entremise d'un éditeur à qui je l'ai envoyé sans aucun doute. Pour dire que d'abord c'est un petit milieu et ensuite qu'il est très drôle de se dire que les manuscrits sont rarement lus par les éditeurs auxquels on les envoie mais que cette fois le mien a été lu par un éditeur auquel je ne ne l'ai pas envoyé.
Trouver un éditeur ? J'en ai fait un peu mon deuil. En revanche j'ai réédité tous mes romans sur Amazon et donc ils existent. Et le plus important, c'est de continuer à écrire...
Marion

Publié le 20 Juin 2019

Eva Verna
Une histoire triste ? Pas vraiment. Je me suis aussi beaucoup amusée en écrivant ces lettres...
Merci pour votre lecture et bonne chance à vous.

Publié le 20 Juin 2019
5
Marion, dire que ce texte est fort est une atténuation de la réalité. J'ai souffert avec vous, espéré avec vous, aussi fort que vous... J'ai eu peur pour vous, aussi. Que de sentiments divers, complexes, éprouvés en vous lisant. Vous m'avez transportée dans les profondeurs de l'espoir et du désespoir. Ici, vous êtes lue, avec des yeux grands ouverts. Tout comme le coeur. Ici, c'est le monde des mots qui parlent et sont entendus. Vous n'avez pas terminé votre route, les lignes sont encore à tracer, pour vous, pour nous. Merci pour ce moment intense, qui nous rappelle qu'écrire est un impératif. Vital. Ecrire, encore et toujours, parce que c'est l'essence, la quintessence, le moteur, la sève qui coule dans nos veines et fait rouler la vie. Avec quelques soubresauts, saccades, secousses, sans doute, mais avancer, juste avancer. Et c'est bien ce que vous faites... Chiara.
Publié le 20 Juin 2019
5
En dehors d’une plume experte que l’on sent peaufinée par les années de pratique tant elle va à l’essentiel, en dehors d’un rythme si plaisant que l’on s’y abandonne avec aisance, vous savez créer un rapport de proximité avec votre lecteur. Un rapprochement qui n’a rien d’imposé. Rien d’une intrusion ni d’un viol. Un rapprochement qui s’opère en douceur. Résultat ? Je ne vous ai pas résisté, bien sûr... Après m’être un peu impatientée (tout comme Monsieur A., je l’espère, s’il vous a lu), je me suis enthousiasmée, j’ai espéré, douté, regretté, souffert, vécu vos dualités, tant vos ressentis m’étaient devenus accessibles. Accessibles au point de gommer les divergences. C’est justement là que je salue votre talent. Il faut beaucoup de sincérité pour obtenir cet effet. Beaucoup d’objectivité et de travail sur soi aussi. Je vous souhaite une rencontre prochaine avec un éditeur, plus modeste peut-être, mais une rencontre certainement plus humaine et enrichissante que celle vécue avec un de ces géants intimidants de l’édition. J’espère aussi que Monsieur A. se fera moucher avec finesse et élégance la prochaine fois qu’il sera tenté de « boire une bière en Suisse ». Mais tout de même, quel dommage de ne pas bénéficier ne serait-ce que d’un joker pour pouvoir revenir en arrière ;-) ! Merci infiniment d’avoir choisi notre communauté d’auteurs. Merci pour ce partage dont je me suis délectée. Amicalement, Michèle
Publié le 20 Juin 2019
5
C'est comme une histoire d'amour, ou une histoire de haine. Un couple auteur/ éditeur, c'est une vie, un mariage, un divorce, une vie terne, des scènes, des espoirs, désespoirs... Vous en rendez compte ainsi. Et l'intérêt de votre histoire d'amour, c'est que vous l'avez vécu . Ce n'est pas un espoir déçu, c'est une histoire triste.
Publié le 18 Juin 2019

@Catarina Viti
Vous avez parfaitement raison, une maison d'édition est une entreprise. A part quelques exceptions, elles veulent avant tout faire du business et vendre. Et de plus en plus. Autrefois, des maisons comme Gallimard avaient un autre rapport à l'auteur. Ce dernier avait le temps de faire son oeuvre, peu importait si le succès n'était pas immédiat. En l'accueillant dans la Maison, on lui faisait confiance et on faisait confiance au temps justement. Cette période est bien révolue. Après quatre romans, si nous n'avez pas "trouvé votre lectorat" selon l'expression consacrée, on vous vire tout simplement, en refusant les manuscrits que vous proposez en vous laissant entendre qu'ils ne sont pas à la hauteur des précédents. Mais il est vrai aussi que j'ai vraiment joué de malchance en ayant pour directeur de collection un être aussi peu généreux et d'une très grande légèreté. Si Jacques Réda, ce poète qui s'est occupé de moi au début, était resté chez Gallimard, je suis sûre que mon parcours aurait été différent.
Il reste néanmoins que tout ça est d'une grande violence à laquelle personnellement je n'étais pas préparée. Depuis ce livre, je me sens tout à fait libérée. Je crois qu'il est important aussi de raconter comment ça se passe dans ces maisons mythiques. Pour ma part, je regrette de ne pas avoir commencé ma carrière d'auteur chez un tout petit éditeur qui m'aurait bichonnée et qui aurait cru en moi.
Mais bon, en réalité, j'ai peu de regrets. Je n'aurais pas écrit les livres suivants qui, en ayant perdu confiance en moi, m'ont demandé sans doute plus de travail. Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est que mes livres existent. J'ai récupéré mes droits de chez Gallimard et j'ai tout réédité sur Amazon. Je viens de sortir en même temps deux nouveaux romans. J'en mettrai un autre en lecture sans doute sur ce site mais pas tout de suite.
Donc vous écrivez vous-même et je vais vous lire à mon tour. Merci en tout cas d'avoir pris la peine d'écrire ce long commentaire. Bonne chance à vous aussi et ne lâchez rien !

Publié le 17 Juin 2019
5
Ce n’est pas par hasard qu’on se retrouve édité par le célèbre Gallimard. Beaucoup d’appelés et très peu d’élus (5000 manuscrits reçus mensuellement ?). Vous, vous avez été éditée. Rien d’étonnant : votre écriture est ferme, élégante, sobre et précise. Pas un seul tremblement, aucun faux pas. Des phrases découpées au rasoir, pesées et posées à leur juste place. L’art de la digression, du fondu-enchaîné. Une grande maîtrise du verbe, un style salvateur. Au-delà de la forme exquise du texte, une partie du fond m’a grandement interrogée. (Je veux parler des relations avec votre maison d’édition, l’autre étant, à mes yeux, les rapports de l’écrivain à l’écriture.) Je ne vais relever que les points principaux : Le manque d’attitude collaborative : je suis étonnée d’apprendre qu’un auteur puisse être ainsi « livré à lui-même ». Tout l’intérêt de travailler avec un éditeur réside justement dans l’idée d’une collaboration fructueuse. Une collaboration « gagnant-gagnant » où toutes les étapes, de la réalisation à la diffusion du livre, sont travaillées ensemble. Où l’on communique régulièrement, parfois chaque jour, sur l’élaboration du manuscrit en cours, où l’on se rencontre pour en parler, où l’éditeur joue effectivement un rôle de mentor, d’accoucheur. (je parle par expérience). La légèreté : l’anecdote concernant le titre de votre ouvrage m’a carrément sidérée. Il est parfois délicat de trouver un titre, mais quand le cas se présente, le moins qu’on puisse envisager est une réunion de travail ! Quant à la validation d’un titre, elle ne se fait qu’après une recherche poussée dans les moteurs de recherche du catalogue des éditeurs. Le manque de clarté : tous les invendus finissent par être passés au pilon. C’est une règle de fonctionnement qui devrait être mentionnée au contrat. Si ce n’est pas le cas, l’auteur est informé par lettre de la date du pilonnage et de la possibilité que lui offre l’éditeur de se porter acquéreur de tout ou partie du stock à prix réduit. En bref, je me félicite de n’avoir aucun texte digne d’être présenté à votre éditeur ! Mais cela me conduit à quelques réflexions à propos de l’idée que nous nous faisons, nous auteurs, de l’édition. Être édité n’est pas l’aboutissement d’un processus, ce n’est qu’une étape. « L’éditeur est un businessman comme les autres », une maison d’édition est une entreprise. Quand nous passons le seuil d’une maison d’édition, nous devons changer notre perception : notre livre n’est plus « notre bébé » ou un truc dans le genre, mais un « produit culturel ». Il est clair qu’après avoir passé des années à travailler sur un manuscrit, nous avons de facto perdu une grande part de notre objectivité, coincé que nous sommes dans notre « espace rêveur ». C’est pour cela que je me demande de plus en plus si nous sommes bien les personnes les mieux placées pour présider aux destinées de nos livres ou si nous ne devrions pas recourir, comme cela se pratique dans d’autres pays, aux services d’un agent littéraire. En tout cas, grand bravo pour ce livre, merci pour ce partage et surtout bonne chance dans l’autoédition.
Publié le 17 Juin 2019

@hubertletiers

Merci pour cette critique superbement étayée. Cela fait du bien. Ce livre en tout cas n'a pas du tout plu aux éditeurs à en juger par les retours parfois agressifs que j'ai pu recevoir. Mais je n'ignorais pas qu'en écrivant "Lettres à mon éditeur", je me tirais une balle dans le pied. Etonnamment ce livre m'a fait beaucoup de bien et depuis je marche justement d'un pas plus allègre...
J'ai vu que vous écriviez et je vais vous lire dès que j'aurais un moment.
Merci encore
Marion

Publié le 15 Juin 2019
5
Avec une écriture calme et caressante, les mots défilent, parfaits, ourlés, mélodieux, et pourtant d’une redoutable efficacité. De quoi s’agit-il ? De la réalité de l’écrivain(e) et de la manière dont cette réalité peut lui échapper, face aux vérités en trompe l’œil d’un monde éditorial versatile. Mais pas que... Ce livre évoque également, sans tabous ni complaisance, les vrais ressorts de l’écriture, avec aussi ce qu’elle a d'irrépressible et parfois d’incontrôlable. Autant de ressorts qu’une machine éditoriale veut contraindre et calibrer, au point de parfois confondre essentiel et qualité des contenus, avec attrait du contenant… Au kaléidoscope des ressentis, dans ce que l’auteure appelle « la french étiquette », tout y passe : exaltation, plaisir, doute, angoisse, trahison, déconvenue, indifférence "salvatrice" ... Jusqu’à ce livre, cette « lettre à son éditeur » offerte à mBS… Un bien beau roman pour entretenir, comment dit-elle, déjà ?... « La flamme de l’écrivain inconnu ». Merci pour ce superbe partage.
Publié le 15 Juin 2019