Lettres à mon éditeur

341 pages de Marion Desjardins
Lettres à mon éditeur Marion Desjardins
Synopsis

L'écriture est-elle une drogue qu'il faudrait interdire ? Devrait-on, comme sur les paquets de cigarettes, indiquer qu'écrire nuit à la santé ou qu'écrire tue ? C'est bien ce que pense cet auteur désavoué par son éditeur et qui lui adresse ces lettres qui sont, pour lui, l'occasion de revenir sur leur histoire commune mais aussi sur la sienne propre. L'occasion d'essayer de comprendre comment il a pu en arriver là. Un règlement de comptes ? Non plutôt une déclaration d'amour à la littérature.

358 lectures depuis la publication le 13 Juin 2019

Les statistiques du livre

  88 Classement
  217 Lectures
  -14 Progression
  4.8 / 5 Notation
  12 Bibliothèque
 

Ce livre est noté par

7 commentaires , 6 notes Ajouter un commentaire
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"Lettres à mon éditeur" est le "Livre le +" du 12 juillet. Retrouvez l’article qui vous donnera envie de le lire : https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/11413-lire-e.... N'oubliez pas de laisser un commentaire à l'auteur, c’est pour cela qu’elle a publié son roman épistolaire sur monBestSeller.

Publié le 12 Juillet 2019

@brice Epédrague
Merci à vous pour cette critique. Contente que ce témoignage vous ait plu que je suis heureuse de pouvoir partager.
Marion

Publié le 05 Juillet 2019
4
Oui, quel témoignage ! Vous l’abordez avec élégance, discrétion, j’ai trouvé. Mes enfants diraient "même pas mal" ! Même pas mal ? ça doit quand même être des moments tant exaltants que flippants, ces moments où l’on envoie son cher manuscrit et que l’on attend non seulement une réponse, mais un espoir. Merci de ce partage.
Publié le 04 Juillet 2019

@chiara Catalina
Merci, vraiment, c'est très agréable tous ces retours super positifs. Et vous avez bien raison, il faut continuer. L'avantage de ne pas avoir de succès, c'est qu'on ne peut pas avoir la grosse tête et que l'on continue à écrire avec une très grande liberté, sans pression...
Bon courage à vous et bonne écriture.
Marion

Publié le 20 Juin 2019

@lamish
C'est moi qui vous remercie. Je ne regrette pas d'avoir partagé mon texte sur MBS. Sachez que ce cher A. a effectivement lu à l'état de manuscrit ces Lettres. Puisqu'il me l'a signalé quand il m'a écrit pour me dire qu'il acceptait de me restituer mes droits d'auteur. Sans aucun autre commentaire. Comment mon manuscrit lui est-il parvenu ? Par l'entremise d'un éditeur à qui je l'ai envoyé sans aucun doute. Pour dire que d'abord c'est un petit milieu et ensuite qu'il est très drôle de se dire que les manuscrits sont rarement lus par les éditeurs auxquels on les envoie mais que cette fois le mien a été lu par un éditeur auquel je ne ne l'ai pas envoyé.
Trouver un éditeur ? J'en ai fait un peu mon deuil. En revanche j'ai réédité tous mes romans sur Amazon et donc ils existent. Et le plus important, c'est de continuer à écrire...
Marion

Publié le 20 Juin 2019

Eva Verna
Une histoire triste ? Pas vraiment. Je me suis aussi beaucoup amusée en écrivant ces lettres...
Merci pour votre lecture et bonne chance à vous.

Publié le 20 Juin 2019
5
Marion, dire que ce texte est fort est une atténuation de la réalité. J'ai souffert avec vous, espéré avec vous, aussi fort que vous... J'ai eu peur pour vous, aussi. Que de sentiments divers, complexes, éprouvés en vous lisant. Vous m'avez transportée dans les profondeurs de l'espoir et du désespoir. Ici, vous êtes lue, avec des yeux grands ouverts. Tout comme le coeur. Ici, c'est le monde des mots qui parlent et sont entendus. Vous n'avez pas terminé votre route, les lignes sont encore à tracer, pour vous, pour nous. Merci pour ce moment intense, qui nous rappelle qu'écrire est un impératif. Vital. Ecrire, encore et toujours, parce que c'est l'essence, la quintessence, le moteur, la sève qui coule dans nos veines et fait rouler la vie. Avec quelques soubresauts, saccades, secousses, sans doute, mais avancer, juste avancer. Et c'est bien ce que vous faites... Chiara.
Publié le 20 Juin 2019
5
En dehors d’une plume experte que l’on sent peaufinée par les années de pratique tant elle va à l’essentiel, en dehors d’un rythme si plaisant que l’on s’y abandonne avec aisance, vous savez créer un rapport de proximité avec votre lecteur. Un rapprochement qui n’a rien d’imposé. Rien d’une intrusion ni d’un viol. Un rapprochement qui s’opère en douceur. Résultat ? Je ne vous ai pas résisté, bien sûr... Après m’être un peu impatientée (tout comme Monsieur A., je l’espère, s’il vous a lu), je me suis enthousiasmée, j’ai espéré, douté, regretté, souffert, vécu vos dualités, tant vos ressentis m’étaient devenus accessibles. Accessibles au point de gommer les divergences. C’est justement là que je salue votre talent. Il faut beaucoup de sincérité pour obtenir cet effet. Beaucoup d’objectivité et de travail sur soi aussi. Je vous souhaite une rencontre prochaine avec un éditeur, plus modeste peut-être, mais une rencontre certainement plus humaine et enrichissante que celle vécue avec un de ces géants intimidants de l’édition. J’espère aussi que Monsieur A. se fera moucher avec finesse et élégance la prochaine fois qu’il sera tenté de « boire une bière en Suisse ». Mais tout de même, quel dommage de ne pas bénéficier ne serait-ce que d’un joker pour pouvoir revenir en arrière ;-) ! Merci infiniment d’avoir choisi notre communauté d’auteurs. Merci pour ce partage dont je me suis délectée. Amicalement, Michèle
Publié le 20 Juin 2019
5
C'est comme une histoire d'amour, ou une histoire de haine. Un couple auteur/ éditeur, c'est une vie, un mariage, un divorce, une vie terne, des scènes, des espoirs, désespoirs... Vous en rendez compte ainsi. Et l'intérêt de votre histoire d'amour, c'est que vous l'avez vécu . Ce n'est pas un espoir déçu, c'est une histoire triste.
Publié le 18 Juin 2019

@Catarina Viti
Vous avez parfaitement raison, une maison d'édition est une entreprise. A part quelques exceptions, elles veulent avant tout faire du business et vendre. Et de plus en plus. Autrefois, des maisons comme Gallimard avaient un autre rapport à l'auteur. Ce dernier avait le temps de faire son oeuvre, peu importait si le succès n'était pas immédiat. En l'accueillant dans la Maison, on lui faisait confiance et on faisait confiance au temps justement. Cette période est bien révolue. Après quatre romans, si nous n'avez pas "trouvé votre lectorat" selon l'expression consacrée, on vous vire tout simplement, en refusant les manuscrits que vous proposez en vous laissant entendre qu'ils ne sont pas à la hauteur des précédents. Mais il est vrai aussi que j'ai vraiment joué de malchance en ayant pour directeur de collection un être aussi peu généreux et d'une très grande légèreté. Si Jacques Réda, ce poète qui s'est occupé de moi au début, était resté chez Gallimard, je suis sûre que mon parcours aurait été différent.
Il reste néanmoins que tout ça est d'une grande violence à laquelle personnellement je n'étais pas préparée. Depuis ce livre, je me sens tout à fait libérée. Je crois qu'il est important aussi de raconter comment ça se passe dans ces maisons mythiques. Pour ma part, je regrette de ne pas avoir commencé ma carrière d'auteur chez un tout petit éditeur qui m'aurait bichonnée et qui aurait cru en moi.
Mais bon, en réalité, j'ai peu de regrets. Je n'aurais pas écrit les livres suivants qui, en ayant perdu confiance en moi, m'ont demandé sans doute plus de travail. Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est que mes livres existent. J'ai récupéré mes droits de chez Gallimard et j'ai tout réédité sur Amazon. Je viens de sortir en même temps deux nouveaux romans. J'en mettrai un autre en lecture sans doute sur ce site mais pas tout de suite.
Donc vous écrivez vous-même et je vais vous lire à mon tour. Merci en tout cas d'avoir pris la peine d'écrire ce long commentaire. Bonne chance à vous aussi et ne lâchez rien !

Publié le 17 Juin 2019
5
Ce n’est pas par hasard qu’on se retrouve édité par le célèbre Gallimard. Beaucoup d’appelés et très peu d’élus (5000 manuscrits reçus mensuellement ?). Vous, vous avez été éditée. Rien d’étonnant : votre écriture est ferme, élégante, sobre et précise. Pas un seul tremblement, aucun faux pas. Des phrases découpées au rasoir, pesées et posées à leur juste place. L’art de la digression, du fondu-enchaîné. Une grande maîtrise du verbe, un style salvateur. Au-delà de la forme exquise du texte, une partie du fond m’a grandement interrogée. (Je veux parler des relations avec votre maison d’édition, l’autre étant, à mes yeux, les rapports de l’écrivain à l’écriture.) Je ne vais relever que les points principaux : Le manque d’attitude collaborative : je suis étonnée d’apprendre qu’un auteur puisse être ainsi « livré à lui-même ». Tout l’intérêt de travailler avec un éditeur réside justement dans l’idée d’une collaboration fructueuse. Une collaboration « gagnant-gagnant » où toutes les étapes, de la réalisation à la diffusion du livre, sont travaillées ensemble. Où l’on communique régulièrement, parfois chaque jour, sur l’élaboration du manuscrit en cours, où l’on se rencontre pour en parler, où l’éditeur joue effectivement un rôle de mentor, d’accoucheur. (je parle par expérience). La légèreté : l’anecdote concernant le titre de votre ouvrage m’a carrément sidérée. Il est parfois délicat de trouver un titre, mais quand le cas se présente, le moins qu’on puisse envisager est une réunion de travail ! Quant à la validation d’un titre, elle ne se fait qu’après une recherche poussée dans les moteurs de recherche du catalogue des éditeurs. Le manque de clarté : tous les invendus finissent par être passés au pilon. C’est une règle de fonctionnement qui devrait être mentionnée au contrat. Si ce n’est pas le cas, l’auteur est informé par lettre de la date du pilonnage et de la possibilité que lui offre l’éditeur de se porter acquéreur de tout ou partie du stock à prix réduit. En bref, je me félicite de n’avoir aucun texte digne d’être présenté à votre éditeur ! Mais cela me conduit à quelques réflexions à propos de l’idée que nous nous faisons, nous auteurs, de l’édition. Être édité n’est pas l’aboutissement d’un processus, ce n’est qu’une étape. « L’éditeur est un businessman comme les autres », une maison d’édition est une entreprise. Quand nous passons le seuil d’une maison d’édition, nous devons changer notre perception : notre livre n’est plus « notre bébé » ou un truc dans le genre, mais un « produit culturel ». Il est clair qu’après avoir passé des années à travailler sur un manuscrit, nous avons de facto perdu une grande part de notre objectivité, coincé que nous sommes dans notre « espace rêveur ». C’est pour cela que je me demande de plus en plus si nous sommes bien les personnes les mieux placées pour présider aux destinées de nos livres ou si nous ne devrions pas recourir, comme cela se pratique dans d’autres pays, aux services d’un agent littéraire. En tout cas, grand bravo pour ce livre, merci pour ce partage et surtout bonne chance dans l’autoédition.
Publié le 17 Juin 2019

@hubertletiers

Merci pour cette critique superbement étayée. Cela fait du bien. Ce livre en tout cas n'a pas du tout plu aux éditeurs à en juger par les retours parfois agressifs que j'ai pu recevoir. Mais je n'ignorais pas qu'en écrivant "Lettres à mon éditeur", je me tirais une balle dans le pied. Etonnamment ce livre m'a fait beaucoup de bien et depuis je marche justement d'un pas plus allègre...
J'ai vu que vous écriviez et je vais vous lire dès que j'aurais un moment.
Merci encore
Marion

Publié le 15 Juin 2019
5
Avec une écriture calme et caressante, les mots défilent, parfaits, ourlés, mélodieux, et pourtant d’une redoutable efficacité. De quoi s’agit-il ? De la réalité de l’écrivain(e) et de la manière dont cette réalité peut lui échapper, face aux vérités en trompe l’œil d’un monde éditorial versatile. Mais pas que... Ce livre évoque également, sans tabous ni complaisance, les vrais ressorts de l’écriture, avec aussi ce qu’elle a d'irrépressible et parfois d’incontrôlable. Autant de ressorts qu’une machine éditoriale veut contraindre et calibrer, au point de parfois confondre essentiel et qualité des contenus, avec attrait du contenant… Au kaléidoscope des ressentis, dans ce que l’auteure appelle « la french étiquette », tout y passe : exaltation, plaisir, doute, angoisse, trahison, déconvenue, indifférence "salvatrice" ... Jusqu’à ce livre, cette « lettre à son éditeur » offerte à mBS… Un bien beau roman pour entretenir, comment dit-elle, déjà ?... « La flamme de l’écrivain inconnu ». Merci pour ce superbe partage.
Publié le 15 Juin 2019