Un grand merci pour ton retour uni à de jolis cœurs. Tu as même pris un peu d'avance sur un des objectifs du « roman » : la progression des rapports d'Anaïs avec les habitants.
Je vis dans un village sans commerce, il s'agit d'une création de fiction. J'espère qu’à terme, chacun pourra aborder ce village comme un personnage à part entière, comme un symbole aussi. J’aimerais qu'il puisse tout autant représenter une petite ville, une rue, un quartier, une entreprise…
Je te souhaite un beau dimanche. Bises et à très bientôt @alain.lamoliatte
***
Bonjour,
Et un grand merci pour votre retour exhaustif, et aussi pour m'avoir lue @JOHANNELLE.
C'est drôle, d'habitude c'est plutôt mon écriture qui « dérange » votre lecture, comme quoi, je propose quelque chose de différent — même si toujours orienté sur mes recherches.
Je pourrais expliquer mes choix, mais je pense que ça serait inutile, car la vérité de vos ressentis est réelle. Vous êtes restée à l'extérieur de ce petit univers, ma manière de raconter vous a laissée en dehors, ça arrive.
J'aurais préféré que vous passiez un agréable moment, mais si déjà l'écriture vous a plu, je le prends comme un compliment ! Très belle journée à vous et encore merci.
***
Je profite de ce commentaire pour publier ici un lien vers l'avis de Bruno, qui a quitté mBS : https://www.instagram.com/p/DTtN3dwDfqc/?img_index=1
Lecture intéressante ainsi que les idées, écriture impeccable. En revanche, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire : à mon goût (et c'est perso !) , l'écriture est si théorique, descriptive que tout reste en surface. Il y manque de la consistance, une épaisseur, cette dimension où le lecteur vit des émotions naturellement, au gré de la lecture, sans pour autant qu'elles soient formulées.
Il peut très bien ne pas y avoir de dialogues... Ceci étant, alors qu'au début du texte, il y a une série de portraits (bien travailles); voilà des échanges oraux mais un peu tard.... et comme les acteurs du texte ne sont pas rentrés dans la dynamique de l'histoire, ces derniers ne se sont pas imprimés émotionnellement. Bon, c'est mon avis et vous avez de bonnes critiques... !!!!!
Bonjour Vanessa. Ton récit est magnifique. Tu nous dépeins un village authentique. Les descriptions sont chirurgicales, tu n’embellis pas, tu ne forces pas le trait, non tu visualises. Et puis la progression des tes rapports avec "eux" est tendre, cynique, crue, vivante quoi. Franchement c'est un morceau de vie, la vie d'un village comme il en existe beaucoup. Merci pour ce moment de patrimoine (je stéphaneberne).
Amitiés, Alain.
J’ai lu, par hasard et en diagonale, la diagonale de la France, dans le grand silence du site que bcp ont déserté… Je ne m'adresse pas spécialement à l’auteure, qui choisit ses lecteurs, et je n’attends pas de réponse.
J’ai lu parce qu’il s’agit de littérature et que la littérature appartient à tous, à partir du moment où on la publie et republie... J’exerce mon droit à la parole, qui est l’une des dernières libertés — même si vous avez souvent fait le choix de l’obstruer...
Sur le fond, cette histoire me fait penser à" Fenêtre sur cour", et au "Locataire" de Polanski, avec ce sentiment que tout ce que l’on observe, espionne, dissèque, c’est essentiellement notre cerveau, notre vision du monde qui se pose sur les sujets et les choses. Un regard sur des souris de laboratoire, où l’on voit ce que l’on cherche...
Misère et solitude : un trou perdu peuplé de péquenots aigris, misogynes et forcément racistes... Il est urgent d'afficher son capital moral...
Et, au milieu des méchants, figure christique absolue, une petite viet-namienne qui ne pipe pas un mot de français. La perfection, la pureté, forcément...
Question village, chacun est libre d’aller et de vivre là où il veut, mais il existe un paradoxe : rechercher la solitude et, du fait du nombre restreint d'habitants, être au coeur du dispositif, des rumeurs, des ragots... Moins il y a de monde, plus on existe. Ce n'est que dans la foule, ou en ville, qu’on est seul. La campagne est une illusion de solitude, un besoin vital d’exister, d’être considéré, fut-ce à travers les commérages...
En sachant aussi que le fait d’écrire est un acte d’élévation, sinon de courage : crier dans la nuit, dire son mal de vivre…
Et puisque seul mon amour pour la littérature m'autorise ces quelques réflexions, je ne me prononcerai pas sur le style pour ne pas provoquer de tsunami, et je vous remercie de ne pas me répondre.
Floriana, me voilà rassurée !
C'est drôle, j'ai commencé à travailler la suite depuis ton commentaire, et il y a plus de dialogues que dans mes souvenirs (ou de phrases citées). J'en ai même rajouté un petit, dans un interlude en cours d'écriture.
Il y aura donc, quelque part dans ce Village, blotti en loucedé dans certaines phrases, l'ombre fantasque de @Floriana Vélasquez —ajoutée aux ombres sérieuses, joueuses, joyeuses ou ténébreuses d’autres auteurs éclairants et/ou inspirants d’mBS.
Belle soirée à toi !!
Un grand merci pour vos trois jolis cœurs et votre commentaire.
Ça me fait plaisir que vous ayez mis en évidence ma volonté de décrire « la fille du banc » par commérages uniquement.
Vous confirmez, en outre, ce que d'autres m'ont dit et que je n'avais pas réalisé, parce que c’était naturel : des portraits sans complaisance. Et peut-être justement que je ne l'ai pas remarqué, car il n'y a aucun jugement de ma part, sur les uns ou les autres. Je suis très contente que vous insistiez sur ce non-jugement, car l’inverse dénaturerait les âmes et gâcherait le texte et ses objectifs.
Encore merci pour le partage de votre regard et de vos analyses (et pour ce bouquet de compliments !).
@Jo Comédie 3
Merci
Parmi tous ces commentaires, avis subjectifs et conseils plus ou moins judicieux, l'auteur(e) gardera toujours son libre arbitre et surtout le dernier mot. Les choix qu'on fait (en tant qu'artistes ou pas) sont certes difficiles, sauf s'ils sont parfaitement assumés. Et je pense que Vanessa sait très bien ce qu'elle veut et ce qu'elle fait.
@Vanessa Michel
Je comprends parfaitement !
Les chroniques c'est parfait ! ça marche bien avec la mosaïque que tu proposes. J'adore cette structure fragmentée, qui laisse au lecteur le soin de recomposer une sorte d'unité, qui finalement restera une illusion.
Ne me remercie pas ! C'est toujours un plaisir de te lire !
Bises
Voici, Vanessa, un texte d’une rare subtilité, avec un regard à la fois acéré et profondément humain. Le surnom de la narratrice, la fille du banc, — cette femme qui s’assoit sur les bancs municipaux pour y respirer l’air de ce qui pourrait vivre là — dit déjà beaucoup : une présence discrète, observatrice, certainement en retrait, qui refuse le rôle assigné de confidente ou de psy improvisée. Étrangère au village, ou du moins perçue comme telle, elle devient peu à peu un personnage façonné par les rumeurs : hautaine, pas causante, « peintre, écrivaine », mais dont personne n’a jamais rien lu. Et si elle « se la pétait » ? La force du livre est précisément là : l’autrice choisit de se laisser définir par ces commérages, sans jamais les corriger frontalement, adoptant une posture narrative subtile, en léger surplomb, d’une grande élégance.
Le roman dresse sans complaisance le portrait de certains villageois, révélant leur étroitesse d’esprit, leur méfiance instinctive envers ce qui leur échappe. Les figures croisées — comme Béatrice, éditrice lesbienne, mal dans sa peau, ni accablée ni rendue aimable — sont traitées avec une lucidité parfois cruelle mais jamais gratuite. De la même manière, le regard porté sur les écolos/bobos devenus artisans d’art ou tatoueurs, perçus comme des corps étrangers à la vie paysanne, met en lumière une forme sourde de rejet, presque une angoisse du « grand remplacement » rural. Là aussi, il n’y a aucun jugement de la part de l’auteur, elle ne fait que mettre des mots sur ce que disent et pensent les autochtones. Par la finesse de sa narration, Vanessa démontre à quel point ces critiques sont souvent vides de substance, révélant surtout l’incommunicabilité profonde entre deux mondes — bobos et paysans — qui se regardent sans jamais vraiment se voir.
Le texte est porté par une langue précise, inventive, traversée de trouvailles délicieuses — comme ces « couleurs Derrick », palette mastic et terne qui dit tout d’un paysage et d’un état d’âme. Le ton est singulier, original, jamais démonstratif, et la lecture se révèle d’un grand plaisir. "Un village" est un livre fin, mordant et sensible, qui observe sans juger, et qui, sous son apparente distance, touche juste. Un ouvrage (en construction) qui confirme une voix d’autrice forte, libre, et profondément contemporaine.
C'est bien ce que j'ai lu : une chronique/peinture. Un état des lieux saisi à un moment particulier qui se veut universel. C'est dans ce sens que réside le bel intérêt de ce travail. Bonne continuation ! @Vanessa Michel
Je comprends les aspirations de Floriana. Il s'agirait par contre d'un travail différent.
Ce que j'aime avec l'article de Catarina (https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/24025-avez-vous-vraiment-ecrit-un-roman) c'est que préciser que je suis dans des chroniques enlève l'attente, justement, d'une intrigue romanesque.
J'ajoute que le On, ou le passage sur les a priori (portraits généraux des bobos par exemple…) sont des contractions d'échanges entre les gens.
C'est difficile, le dialogue, difficile, les portraits, ne pas en faire trop surtout. J'enlève beaucoup, j'enlève sans arrêt. Je veux être juste, ne pas caricaturer.
Je propose en plus vaste ce que je travaille sur mes nouvelles, il s'agit de l'essence de ma production, elle ne peut pas bouger (c'est ce qui m'anime et ce que j'aime et ce que je recherche).
Merci de votre passage (et je réfléchis pour la proposition furtive !)
Et tout d'abord un grand merci pour ton retour détaillé — et de m'avoir lue.
Je ne propose pas un roman, mais des chroniques (merci à l’article de Catarina qui m’a permis de clarifier cela !). Il n'y aura qu'à peine plus d'intrigues ou de dialogues (qu’un autre lecteur m’a conseillés aussi) à l’avenir.
Pourquoi ? Parce que ça ne m'intéresse pas. Hihihi... Je ne suis pas sur un Clochemerle ou sur du roman du tout. Je travaille sur les portraits (les apparences, les a priori) et surtout sur la langue — je l'espère, sur la beauté des mots. Trop de dialogues m’éloigneraient, je pense, de ma veine naturaliste, et risqueraient de mimer et de rendre folklorique des personnages plutôt simples.
En plus, d’après moi, comme les gens disent souvent l’inverse de ce qu’ils sont, leur phrasé est loin de les définir et encore plus loin de les incarner véritablement — sauf si on les romance, justement. J'ai l'impression que le dialogue du Bambou est lu d'une manière différente parce que les portraits ont été peints avant.
Après, c’est une question de subjectivité, tu as raison, et de goût personnel. Mes trois dernières lectures : « Inceste » de Nin, « Le Très-Bas » de Bobin et là je suis plongée dans le journal de Gide... Dialogues et intrigues y sont totalement absents, et ça me va très bien.
Bon, alors, tu attends la suite, ce qui est positif, mais je ne te conseille pas forcément de la découvrir (travaux en cours !), parce qu’il n’y aura vraisemblablement pas ce qui t'apporte le sel et le piment de tes lectures, ce vent de folie aussi.
Grosses bises et à bientôt, autour d'une toile ou d'un roman, ici ou ailleurs ;-)
Belle soirée à toi @Floriana Vélasquez
Je trouve votre commentaire très juste, pourtant des dialogues fournis ne m'ont pas manqué. Ils étaient déjà là avec les éléments de description, la mise en situation des acteurs. Établir des conversations entre les personnages entraîne le risque de les caricaturer ou de remettre en cause le fragile équilibre entre la fille du banc et la galerie des portraits. De faire avaler le propos, le sujet qui est une peinture de la vie villageoise. Même chose avec une intrigue, car l'intrigue c'est cette humanité en mouvement ou en arrêt. Mais je comprends qu'il puisse en aller autrement avec un autre lecteur. Difficile choix pour Vanessa Michel. @Floriana Vélasquez
Fragments de vie, instantanés pris sur le vif, portraits à grands traits des gens, des lieux, des bancs... une esquisse de village, et l'héroïne en creux, qui se laisse définir par les commérages. Que serait un village sans les commérages ?
Le patchwork s'assemble peu à peu, les morceaux forment un grand champ multicolore vu d'avion, un tableau à travers une vitrine.
Pourquoi j'ai la sensation de rester à l'extérieur ?
Le manque de dialogue peut-être ? Tu écrit parfaitement leurs mots et leurs pensées mais on aimerait entendre leur voix, leur langue, leur accent à ces gens.
Que serait un village sans la langue du terroir ? Le phrasé singulier qui défini chaque personnage et l'incarne mieux qu'une description.
Le manque d'intrigue surement ! Tu as posé le décor, le contexte et les protagonistes et on attends la suite.
Voilà ce que j'ai envie de te dire, avec le regard subjectif qui est le mien...
Et aussi que je me suis régalé de ces 50 pages.
J'attends la suite
Bises
Merci, quoi qu'il en soit, d'avoir pris le temps de me répondre. Cela dit, je ne comprends que pouic à vos histoires de flagellations. Je n'ai jamais oeuvré dans le sado-maso... Mais saluez, voulez-vous, de ma part votre libre arbitre et votre subjectivité.
Un immense et chaleureux merci pour ce retour complet.
Ça me rassure, et c'est inestimable, parce que cette version 7 (la 8 si on compte le manuscrit de 2019) n'aurait pas abouti sur une huitième — vraiment !
Les interludes de la fille du banc sont la nouveauté, je pense que c'est peut-être le liant qui manquait, même s’il ne m’arrange pas (on comprend pourquoi ;-). Si vous avez lu d'un trait, c'est un soulagement incroyable pour moi. Dur, dur de mettre chacun, les dialogues, une histoire...
Je vais donc poursuivre (un peu plus) sereinement sur ce modèle tout le travail qu'il me reste à faire.
[J'enlèverai cela (...)].
Je suis contente pour les parenthèses - Pierre, qui m'en faisait beaucoup le reproche, ne m'en a pas parlé suite à cette lecture, je croisais les doigts. J'espère avoir trouvé l'équilibre.
Je vais laisser poser, reposer ces pages, m’atteler à la suite.. Que c'est long !!
Quant à être plus cruelle, je peux les voir tels qu'ils sont, ça a toujours été le cas, mais j'ai mon caractère. J'aime les gens - même ceux qui me font suer. On ne se refait pas !
Encore merci à vous, et belle journée Mister @Jo Comédie 3
P.S.: Au fait @Jo Comédie, j'ai bien noté et réfléchirai à la proposition de remplacement furtive. Merci !
Vous me permettrez sans doute d'ouvrir une parenthèse utile — du moins pour moi. Après m'être fait dénigrer et insulter depuis des mois, parce que j'aime l'écriture et les nouvelles de Cortex, j'avais décidé de me rendre le respect auquel vous avez apparemment estimé que je n’avais pas droit, en ne vous répondant plus.
Je fais une exception, car vous me parlez de mon texte.
J’ai bien compris que vos a priori me voyaient comme une fille superficielle, qui prend la pose. Ils vous regardent, mais mes parenthèses ont une raison — et même plusieurs.
J’ai deux marottes, disais-je il y a peu sur les Cagoles ! : les portraits et la poésie. Au départ, les chapitres étaient lancés par des monologues intérieurs. Ils me permettaient d’offrir une autre vision d’un personnage (comme je travaille sur les a priori, les rumeurs…). La fille du banc n’avait qu’un monologue, l’écriture de son journal, et on comprenait que les parenthèses, un peu partout ailleurs, venaient d’elle.
J’ai beaucoup de monde dans ce village (je pense que j’ai publié ici 1/8 ème du manuscrit environ).
J’en suis à la version 7. J’ai jeté tous les monologues pour faire les interludes d’Anaïs, qui n’étaient dans aucune version précédente. J’ai enlevé des parenthèses, pas mal, mais j’ai tenu à en conserver aussi.
Nous ne serons pas d’accord, parce que vous voyez (votre vision naturellement est valable, objectivement bien plus que la mienne !), la parenthèse d’un point de vue de la syntaxe, disons. Je l'aborde d’un point de vue émotionnel, c’est le grain de sel de la fille du banc, que je souhaite ériger en aparté. Et comme l’aparté : il chuchote (c’est le terme exact pour moi !) en se voyant énormément. C'est donc intentionnel (petit rappel, à l’intention des a priori qui pensent que je crée par stupidité, persuadée — du haut de ma bêtise — de me donner un genre).
Pour terminer, parlant de coquetterie, n'en est-ce pas de votre part de dire que, parce que je ne me suis jamais flagellée lorsque vous avez pointé une de mes « erreurs » (auriez-vous préféré que je me flagelle ? ça n'est pas mon style) je n’ai pas pris / ne prends pas en compte vos avis. Sincèrement (question rhétorique), depuis que nous avons discuté de l'Ennui, il y a des mois, vous trouvez que mon écriture, ma syntaxe, mes ponctuations n'ont pas bougé d'un iota ? Prétendre le contraire serait être aveugle — ou de mauvaise foi.
J'utilise tous les avis sincères. Pas nécessairement sur un texte que je viens de publier, car ça m’est compliqué, mais toujours, cela me sert et me fait progresser pour la suite.
J’utilise tous les avis sincères, mais je ne suis pas forcément d’accord, ou complètement d’accord. Je ne crois pas au dogme, mais beaucoup au libre arbitre et à la subjectivité.
@Vanessa Michel
M. Cortex me fait penser au Kaa du "Livre de la jungle". Céderez-vous à sa tentative d'hypnotisme ?... Vu l'indigence de sa prose, je ne suis pas certaine qu'il soit le meilleur juge de celle des autres.
De toute façon, il n'est pas ici question de mes textes, mais du vôtre...
@Jo Comédie 3
Alors, M. Cortex, encore en train de parler de vous à la troisième personne ?
Aussi réel que vraisemblable. On est dedans, à marcher sur la Grand-Rue, saluer de la manière qu'on peut ces enracinés, croiser ces personnages qui sont sans doute les mêmes ailleurs, ou ces bobos qui réinventent le monde sans en changer un gramme. Et on se demande si ces portraits ne sont pas ceux de la nature humaine, une comédie mesquine, tragique. Tout cela est bien rendu et se lit d'un trait, avec les confidences de la fille du banc qui sont comme ces arcs-en-ciel suivis du bout des doigts. Merci, vous m'avez fait voyager, et en même temps retrouver une réalité que je connais.
Rendre public ce texte vous expose à une vengeance éternelle qui prendra racine dans la terre et imprégnera les murs d'une détestation incompressible contre l’envahisseur qui met des mots sur les tares-és de cette vie villageoise. Car la noirceur des âmes, plutôt inoffensive mais insupportable, l'emporte sur la beauté / l'indifférence de la Nature ou les quelques remarques enchantées sur l'école ou l'église. Mais l'art n'a pas de prix, et ce texte est bon. Il mérite bien quelques mauvais regards. Bonne continuation, et soyez même plus cruelle. Tant qu'à faire, soyez la fille du banc qui regarde le spectacle d'un air amusé et chafouin : quand donc cette humanité fera preuve d'amour.
Quant aux parenthèses qui émaillent le texte, je les aime bien. C'est comme un chuchotement à l'oreille du lecteur.
Amusant de constater qu'elles sont dénoncées par celui-là même qui en abuse et les étire d'une longueur interminable (ennuyant le lecteur et l'empêchant de se couler dans le texte).
(Jo Comédie ne note pas les textes, Jo Comédie est un rebelle à toute forme d'évaluation)
Il y a nombre de belles phrases, et il y en a nombre qui vacillent sur leurs jambes. Et puis il y a ces parenthèses, ces trop nombreuses parenthèses, préjudiciables parce qu'elles font figure de simagrées, d'affèteries. Une phrase littéraire, c'est aussi un équilibre. Là, l'équilibre est rompu, car, inévitablement, le regard du lecteur est attiré par ces coquetteries, au détriment du reste. Le flux est rompu, la narration claudique. Ainsi, lorsque vous écrivez par exemple "les talents de mime et de drôlerie (irrésistibles) de Louis de Funès", en quoi est-ce si important d'insister de cette manière ? Qu'est-ce que cela ajoute au tableau que vous êtes en train de peindre ? Qu'est-ce que cela révèle, qu'il était indispensable de savoir ?
Bon, je sais que vous ne m'écouterez pas, que vous continuerez de n'en faire qu'à votre tête. Mais, peut-être, posez-vous quand même la question de savoir si votre tête ne serait pas en train de vous faire prendre des vessies pour des lanternes...
Publié le 17 Janvier 2026
Vanessa Michel
Biographie
Peintre & écrivaine.
Thèmes de recherche : poésie, lumière, émotions, beauté & subjectivité.
Ce livre est noté par
Cher Alain,
Un grand merci pour ton retour uni à de jolis cœurs. Tu as même pris un peu d'avance sur un des objectifs du « roman » : la progression des rapports d'Anaïs avec les habitants.
Je vis dans un village sans commerce, il s'agit d'une création de fiction. J'espère qu’à terme, chacun pourra aborder ce village comme un personnage à part entière, comme un symbole aussi. J’aimerais qu'il puisse tout autant représenter une petite ville, une rue, un quartier, une entreprise…
Je te souhaite un beau dimanche. Bises et à très bientôt @alain.lamoliatte
***
Bonjour,
Et un grand merci pour votre retour exhaustif, et aussi pour m'avoir lue @JOHANNELLE.
C'est drôle, d'habitude c'est plutôt mon écriture qui « dérange » votre lecture, comme quoi, je propose quelque chose de différent — même si toujours orienté sur mes recherches.
Je pourrais expliquer mes choix, mais je pense que ça serait inutile, car la vérité de vos ressentis est réelle. Vous êtes restée à l'extérieur de ce petit univers, ma manière de raconter vous a laissée en dehors, ça arrive.
J'aurais préféré que vous passiez un agréable moment, mais si déjà l'écriture vous a plu, je le prends comme un compliment ! Très belle journée à vous et encore merci.
***
Je profite de ce commentaire pour publier ici un lien vers l'avis de Bruno, qui a quitté mBS : https://www.instagram.com/p/DTtN3dwDfqc/?img_index=1
Lecture intéressante ainsi que les idées, écriture impeccable. En revanche, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire : à mon goût (et c'est perso !) , l'écriture est si théorique, descriptive que tout reste en surface. Il y manque de la consistance, une épaisseur, cette dimension où le lecteur vit des émotions naturellement, au gré de la lecture, sans pour autant qu'elles soient formulées.
Il peut très bien ne pas y avoir de dialogues... Ceci étant, alors qu'au début du texte, il y a une série de portraits (bien travailles); voilà des échanges oraux mais un peu tard.... et comme les acteurs du texte ne sont pas rentrés dans la dynamique de l'histoire, ces derniers ne se sont pas imprimés émotionnellement. Bon, c'est mon avis et vous avez de bonnes critiques... !!!!!
J’ai lu, par hasard et en diagonale, la diagonale de la France, dans le grand silence du site que bcp ont déserté… Je ne m'adresse pas spécialement à l’auteure, qui choisit ses lecteurs, et je n’attends pas de réponse.
J’ai lu parce qu’il s’agit de littérature et que la littérature appartient à tous, à partir du moment où on la publie et republie... J’exerce mon droit à la parole, qui est l’une des dernières libertés — même si vous avez souvent fait le choix de l’obstruer...
Sur le fond, cette histoire me fait penser à" Fenêtre sur cour", et au "Locataire" de Polanski, avec ce sentiment que tout ce que l’on observe, espionne, dissèque, c’est essentiellement notre cerveau, notre vision du monde qui se pose sur les sujets et les choses. Un regard sur des souris de laboratoire, où l’on voit ce que l’on cherche...
Misère et solitude : un trou perdu peuplé de péquenots aigris, misogynes et forcément racistes... Il est urgent d'afficher son capital moral...
Et, au milieu des méchants, figure christique absolue, une petite viet-namienne qui ne pipe pas un mot de français. La perfection, la pureté, forcément...
Question village, chacun est libre d’aller et de vivre là où il veut, mais il existe un paradoxe : rechercher la solitude et, du fait du nombre restreint d'habitants, être au coeur du dispositif, des rumeurs, des ragots... Moins il y a de monde, plus on existe. Ce n'est que dans la foule, ou en ville, qu’on est seul. La campagne est une illusion de solitude, un besoin vital d’exister, d’être considéré, fut-ce à travers les commérages...
En sachant aussi que le fait d’écrire est un acte d’élévation, sinon de courage : crier dans la nuit, dire son mal de vivre…
Et puisque seul mon amour pour la littérature m'autorise ces quelques réflexions, je ne me prononcerai pas sur le style pour ne pas provoquer de tsunami, et je vous remercie de ne pas me répondre.
Floriana, me voilà rassurée !
C'est drôle, j'ai commencé à travailler la suite depuis ton commentaire, et il y a plus de dialogues que dans mes souvenirs (ou de phrases citées). J'en ai même rajouté un petit, dans un interlude en cours d'écriture.
Il y aura donc, quelque part dans ce Village, blotti en loucedé dans certaines phrases, l'ombre fantasque de @Floriana Vélasquez —ajoutée aux ombres sérieuses, joueuses, joyeuses ou ténébreuses d’autres auteurs éclairants et/ou inspirants d’mBS.
Belle soirée à toi !!
Cher Michel,
Un grand merci pour vos trois jolis cœurs et votre commentaire.
Ça me fait plaisir que vous ayez mis en évidence ma volonté de décrire « la fille du banc » par commérages uniquement.
Vous confirmez, en outre, ce que d'autres m'ont dit et que je n'avais pas réalisé, parce que c’était naturel : des portraits sans complaisance. Et peut-être justement que je ne l'ai pas remarqué, car il n'y a aucun jugement de ma part, sur les uns ou les autres. Je suis très contente que vous insistiez sur ce non-jugement, car l’inverse dénaturerait les âmes et gâcherait le texte et ses objectifs.
Encore merci pour le partage de votre regard et de vos analyses (et pour ce bouquet de compliments !).
Très belle soirée à vous @Michel Laurent
@Jo Comédie 3
Merci
Parmi tous ces commentaires, avis subjectifs et conseils plus ou moins judicieux, l'auteur(e) gardera toujours son libre arbitre et surtout le dernier mot. Les choix qu'on fait (en tant qu'artistes ou pas) sont certes difficiles, sauf s'ils sont parfaitement assumés. Et je pense que Vanessa sait très bien ce qu'elle veut et ce qu'elle fait.
@Vanessa Michel
Je comprends parfaitement !
Les chroniques c'est parfait ! ça marche bien avec la mosaïque que tu proposes. J'adore cette structure fragmentée, qui laisse au lecteur le soin de recomposer une sorte d'unité, qui finalement restera une illusion.
Ne me remercie pas ! C'est toujours un plaisir de te lire !
Bises
Voici, Vanessa, un texte d’une rare subtilité, avec un regard à la fois acéré et profondément humain. Le surnom de la narratrice, la fille du banc, — cette femme qui s’assoit sur les bancs municipaux pour y respirer l’air de ce qui pourrait vivre là — dit déjà beaucoup : une présence discrète, observatrice, certainement en retrait, qui refuse le rôle assigné de confidente ou de psy improvisée. Étrangère au village, ou du moins perçue comme telle, elle devient peu à peu un personnage façonné par les rumeurs : hautaine, pas causante, « peintre, écrivaine », mais dont personne n’a jamais rien lu. Et si elle « se la pétait » ? La force du livre est précisément là : l’autrice choisit de se laisser définir par ces commérages, sans jamais les corriger frontalement, adoptant une posture narrative subtile, en léger surplomb, d’une grande élégance.
Le roman dresse sans complaisance le portrait de certains villageois, révélant leur étroitesse d’esprit, leur méfiance instinctive envers ce qui leur échappe. Les figures croisées — comme Béatrice, éditrice lesbienne, mal dans sa peau, ni accablée ni rendue aimable — sont traitées avec une lucidité parfois cruelle mais jamais gratuite. De la même manière, le regard porté sur les écolos/bobos devenus artisans d’art ou tatoueurs, perçus comme des corps étrangers à la vie paysanne, met en lumière une forme sourde de rejet, presque une angoisse du « grand remplacement » rural. Là aussi, il n’y a aucun jugement de la part de l’auteur, elle ne fait que mettre des mots sur ce que disent et pensent les autochtones. Par la finesse de sa narration, Vanessa démontre à quel point ces critiques sont souvent vides de substance, révélant surtout l’incommunicabilité profonde entre deux mondes — bobos et paysans — qui se regardent sans jamais vraiment se voir.
Le texte est porté par une langue précise, inventive, traversée de trouvailles délicieuses — comme ces « couleurs Derrick », palette mastic et terne qui dit tout d’un paysage et d’un état d’âme. Le ton est singulier, original, jamais démonstratif, et la lecture se révèle d’un grand plaisir. "Un village" est un livre fin, mordant et sensible, qui observe sans juger, et qui, sous son apparente distance, touche juste. Un ouvrage (en construction) qui confirme une voix d’autrice forte, libre, et profondément contemporaine.
@Jo Comédie 3, merci et bon week-end à vous.
C'est bien ce que j'ai lu : une chronique/peinture. Un état des lieux saisi à un moment particulier qui se veut universel. C'est dans ce sens que réside le bel intérêt de ce travail. Bonne continuation ! @Vanessa Michel
Je découvre votre commentaire @Jo Comédie 3
Je comprends les aspirations de Floriana. Il s'agirait par contre d'un travail différent.
Ce que j'aime avec l'article de Catarina (https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/24025-avez-vous-vraiment-ecrit-un-roman) c'est que préciser que je suis dans des chroniques enlève l'attente, justement, d'une intrigue romanesque.
J'ajoute que le On, ou le passage sur les a priori (portraits généraux des bobos par exemple…) sont des contractions d'échanges entre les gens.
C'est difficile, le dialogue, difficile, les portraits, ne pas en faire trop surtout. J'enlève beaucoup, j'enlève sans arrêt. Je veux être juste, ne pas caricaturer.
Je propose en plus vaste ce que je travaille sur mes nouvelles, il s'agit de l'essence de ma production, elle ne peut pas bouger (c'est ce qui m'anime et ce que j'aime et ce que je recherche).
Merci de votre passage (et je réfléchis pour la proposition furtive !)
Coucou Floriana,
Et tout d'abord un grand merci pour ton retour détaillé — et de m'avoir lue.
Je ne propose pas un roman, mais des chroniques (merci à l’article de Catarina qui m’a permis de clarifier cela !). Il n'y aura qu'à peine plus d'intrigues ou de dialogues (qu’un autre lecteur m’a conseillés aussi) à l’avenir.
Pourquoi ? Parce que ça ne m'intéresse pas. Hihihi... Je ne suis pas sur un Clochemerle ou sur du roman du tout. Je travaille sur les portraits (les apparences, les a priori) et surtout sur la langue — je l'espère, sur la beauté des mots. Trop de dialogues m’éloigneraient, je pense, de ma veine naturaliste, et risqueraient de mimer et de rendre folklorique des personnages plutôt simples.
En plus, d’après moi, comme les gens disent souvent l’inverse de ce qu’ils sont, leur phrasé est loin de les définir et encore plus loin de les incarner véritablement — sauf si on les romance, justement. J'ai l'impression que le dialogue du Bambou est lu d'une manière différente parce que les portraits ont été peints avant.
Après, c’est une question de subjectivité, tu as raison, et de goût personnel. Mes trois dernières lectures : « Inceste » de Nin, « Le Très-Bas » de Bobin et là je suis plongée dans le journal de Gide... Dialogues et intrigues y sont totalement absents, et ça me va très bien.
Bon, alors, tu attends la suite, ce qui est positif, mais je ne te conseille pas forcément de la découvrir (travaux en cours !), parce qu’il n’y aura vraisemblablement pas ce qui t'apporte le sel et le piment de tes lectures, ce vent de folie aussi.
Grosses bises et à bientôt, autour d'une toile ou d'un roman, ici ou ailleurs ;-)
Belle soirée à toi @Floriana Vélasquez
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Je n'y manquerai pas, @Jézabel Foutredieu.
Je trouve votre commentaire très juste, pourtant des dialogues fournis ne m'ont pas manqué. Ils étaient déjà là avec les éléments de description, la mise en situation des acteurs. Établir des conversations entre les personnages entraîne le risque de les caricaturer ou de remettre en cause le fragile équilibre entre la fille du banc et la galerie des portraits. De faire avaler le propos, le sujet qui est une peinture de la vie villageoise. Même chose avec une intrigue, car l'intrigue c'est cette humanité en mouvement ou en arrêt. Mais je comprends qu'il puisse en aller autrement avec un autre lecteur. Difficile choix pour Vanessa Michel. @Floriana Vélasquez
Hello @Vanessa Michel
Fragments de vie, instantanés pris sur le vif, portraits à grands traits des gens, des lieux, des bancs... une esquisse de village, et l'héroïne en creux, qui se laisse définir par les commérages. Que serait un village sans les commérages ?
Le patchwork s'assemble peu à peu, les morceaux forment un grand champ multicolore vu d'avion, un tableau à travers une vitrine.
Pourquoi j'ai la sensation de rester à l'extérieur ?
Le manque de dialogue peut-être ? Tu écrit parfaitement leurs mots et leurs pensées mais on aimerait entendre leur voix, leur langue, leur accent à ces gens.
Que serait un village sans la langue du terroir ? Le phrasé singulier qui défini chaque personnage et l'incarne mieux qu'une description.
Le manque d'intrigue surement ! Tu as posé le décor, le contexte et les protagonistes et on attends la suite.
Voilà ce que j'ai envie de te dire, avec le regard subjectif qui est le mien...
Et aussi que je me suis régalé de ces 50 pages.
J'attends la suite
Bises
Merci, quoi qu'il en soit, d'avoir pris le temps de me répondre. Cela dit, je ne comprends que pouic à vos histoires de flagellations. Je n'ai jamais oeuvré dans le sado-maso... Mais saluez, voulez-vous, de ma part votre libre arbitre et votre subjectivité.
Cher Jo,
Un immense et chaleureux merci pour ce retour complet.
Ça me rassure, et c'est inestimable, parce que cette version 7 (la 8 si on compte le manuscrit de 2019) n'aurait pas abouti sur une huitième — vraiment !
Les interludes de la fille du banc sont la nouveauté, je pense que c'est peut-être le liant qui manquait, même s’il ne m’arrange pas (on comprend pourquoi ;-). Si vous avez lu d'un trait, c'est un soulagement incroyable pour moi. Dur, dur de mettre chacun, les dialogues, une histoire...
Je vais donc poursuivre (un peu plus) sereinement sur ce modèle tout le travail qu'il me reste à faire.
[J'enlèverai cela (...)].
Je suis contente pour les parenthèses - Pierre, qui m'en faisait beaucoup le reproche, ne m'en a pas parlé suite à cette lecture, je croisais les doigts. J'espère avoir trouvé l'équilibre.
Je vais laisser poser, reposer ces pages, m’atteler à la suite.. Que c'est long !!
Quant à être plus cruelle, je peux les voir tels qu'ils sont, ça a toujours été le cas, mais j'ai mon caractère. J'aime les gens - même ceux qui me font suer. On ne se refait pas !
Encore merci à vous, et belle journée Mister @Jo Comédie 3
P.S.: Au fait @Jo Comédie, j'ai bien noté et réfléchirai à la proposition de remplacement furtive. Merci !
@Jézabel Foutredieu
Vous me permettrez sans doute d'ouvrir une parenthèse utile — du moins pour moi. Après m'être fait dénigrer et insulter depuis des mois, parce que j'aime l'écriture et les nouvelles de Cortex, j'avais décidé de me rendre le respect auquel vous avez apparemment estimé que je n’avais pas droit, en ne vous répondant plus.
Je fais une exception, car vous me parlez de mon texte.
J’ai bien compris que vos a priori me voyaient comme une fille superficielle, qui prend la pose. Ils vous regardent, mais mes parenthèses ont une raison — et même plusieurs.
J’ai deux marottes, disais-je il y a peu sur les Cagoles ! : les portraits et la poésie. Au départ, les chapitres étaient lancés par des monologues intérieurs. Ils me permettaient d’offrir une autre vision d’un personnage (comme je travaille sur les a priori, les rumeurs…). La fille du banc n’avait qu’un monologue, l’écriture de son journal, et on comprenait que les parenthèses, un peu partout ailleurs, venaient d’elle.
J’ai beaucoup de monde dans ce village (je pense que j’ai publié ici 1/8 ème du manuscrit environ).
J’en suis à la version 7. J’ai jeté tous les monologues pour faire les interludes d’Anaïs, qui n’étaient dans aucune version précédente. J’ai enlevé des parenthèses, pas mal, mais j’ai tenu à en conserver aussi.
Nous ne serons pas d’accord, parce que vous voyez (votre vision naturellement est valable, objectivement bien plus que la mienne !), la parenthèse d’un point de vue de la syntaxe, disons. Je l'aborde d’un point de vue émotionnel, c’est le grain de sel de la fille du banc, que je souhaite ériger en aparté. Et comme l’aparté : il chuchote (c’est le terme exact pour moi !) en se voyant énormément. C'est donc intentionnel (petit rappel, à l’intention des a priori qui pensent que je crée par stupidité, persuadée — du haut de ma bêtise — de me donner un genre).
Pour terminer, parlant de coquetterie, n'en est-ce pas de votre part de dire que, parce que je ne me suis jamais flagellée lorsque vous avez pointé une de mes « erreurs » (auriez-vous préféré que je me flagelle ? ça n'est pas mon style) je n’ai pas pris / ne prends pas en compte vos avis. Sincèrement (question rhétorique), depuis que nous avons discuté de l'Ennui, il y a des mois, vous trouvez que mon écriture, ma syntaxe, mes ponctuations n'ont pas bougé d'un iota ? Prétendre le contraire serait être aveugle — ou de mauvaise foi.
J'utilise tous les avis sincères. Pas nécessairement sur un texte que je viens de publier, car ça m’est compliqué, mais toujours, cela me sert et me fait progresser pour la suite.
J’utilise tous les avis sincères, mais je ne suis pas forcément d’accord, ou complètement d’accord. Je ne crois pas au dogme, mais beaucoup au libre arbitre et à la subjectivité.
@Vanessa Michel
M. Cortex me fait penser au Kaa du "Livre de la jungle". Céderez-vous à sa tentative d'hypnotisme ?... Vu l'indigence de sa prose, je ne suis pas certaine qu'il soit le meilleur juge de celle des autres.
De toute façon, il n'est pas ici question de mes textes, mais du vôtre...
@Jo Comédie 3
Alors, M. Cortex, encore en train de parler de vous à la troisième personne ?
@Vanessa Michel
Aussi réel que vraisemblable. On est dedans, à marcher sur la Grand-Rue, saluer de la manière qu'on peut ces enracinés, croiser ces personnages qui sont sans doute les mêmes ailleurs, ou ces bobos qui réinventent le monde sans en changer un gramme. Et on se demande si ces portraits ne sont pas ceux de la nature humaine, une comédie mesquine, tragique. Tout cela est bien rendu et se lit d'un trait, avec les confidences de la fille du banc qui sont comme ces arcs-en-ciel suivis du bout des doigts. Merci, vous m'avez fait voyager, et en même temps retrouver une réalité que je connais.
Rendre public ce texte vous expose à une vengeance éternelle qui prendra racine dans la terre et imprégnera les murs d'une détestation incompressible contre l’envahisseur qui met des mots sur les tares-és de cette vie villageoise. Car la noirceur des âmes, plutôt inoffensive mais insupportable, l'emporte sur la beauté / l'indifférence de la Nature ou les quelques remarques enchantées sur l'école ou l'église. Mais l'art n'a pas de prix, et ce texte est bon. Il mérite bien quelques mauvais regards. Bonne continuation, et soyez même plus cruelle. Tant qu'à faire, soyez la fille du banc qui regarde le spectacle d'un air amusé et chafouin : quand donc cette humanité fera preuve d'amour.
Quant aux parenthèses qui émaillent le texte, je les aime bien. C'est comme un chuchotement à l'oreille du lecteur.
Amusant de constater qu'elles sont dénoncées par celui-là même qui en abuse et les étire d'une longueur interminable (ennuyant le lecteur et l'empêchant de se couler dans le texte).
(Jo Comédie ne note pas les textes, Jo Comédie est un rebelle à toute forme d'évaluation)
Il y a nombre de belles phrases, et il y en a nombre qui vacillent sur leurs jambes. Et puis il y a ces parenthèses, ces trop nombreuses parenthèses, préjudiciables parce qu'elles font figure de simagrées, d'affèteries. Une phrase littéraire, c'est aussi un équilibre. Là, l'équilibre est rompu, car, inévitablement, le regard du lecteur est attiré par ces coquetteries, au détriment du reste. Le flux est rompu, la narration claudique. Ainsi, lorsque vous écrivez par exemple "les talents de mime et de drôlerie (irrésistibles) de Louis de Funès", en quoi est-ce si important d'insister de cette manière ? Qu'est-ce que cela ajoute au tableau que vous êtes en train de peindre ? Qu'est-ce que cela révèle, qu'il était indispensable de savoir ?
Bon, je sais que vous ne m'écouterez pas, que vous continuerez de n'en faire qu'à votre tête. Mais, peut-être, posez-vous quand même la question de savoir si votre tête ne serait pas en train de vous faire prendre des vessies pour des lanternes...