Dans cette nouvelle où se percutent réseaux sociaux et élégance d’antan, une Lady à la fois érudite et caustique (bien connue des lecteurs de MBS) initie sa petite-fille à l’art de répondre avec esprit plutôt qu’avec un # vengeur ou un emoji venimeux. En exhumant lettres et poèmes d’une ancêtre courtisée par Pétrarque, elle lui montre qu’on peut remettre un admirateur à sa place avec grâce et panache. Une courte histoire pétillante, couronnée par le prix de l’Année Sévigné, et signée à quatre mains par deux plumes de talents ;-) Parthemise33 et Galodarsac.
Ce livre est noté par
@Fernand Fallou
Cher Monsieur FF,
Wesh‑wesh,
La modernité et l’ancien ne s’opposent nullement : ils se complètent à merveille, un peu comme des tennis portés avec un manteau d’époque. Les mots changent, les tournures se débraillent, mais les situations, elles, restent constantes.
Ainsi, à la Cour de Louis XIV, une demoiselle aurait susurré avec une grâce assassine :
« Monsieur, je vous saurais gré de cesser de m’importuner avec vos assiduités intempestives. »
Tandis que Brittany du Val‑Fourré, plus directe, réglerait l’affaire en trois syllabes :
« Cass’‑toi, pauv’ boloss. »
Le style diffère, certes. Le sens, lui, ne bouge pas d’un iota.
Merci Bisous Merci pour vos hommages, que j'accepte avec plaisir
@tous Je me permets une petite parenthèse, puisqu'il est évoqué le cas de J.Rudel et de sa comtesse. Je ne peux qu'encourager les lecteurs à découvrir "La princesse lointaine" d'Edmond Rostand, qui narre le voyage du poète mourant vers son inaccessible aimée, en alexandrins magnifiques quoique souvent incorrects et plus proches du néoclassique (mais on a l'habitude avec Rostand). On y retrouve par endroits le panache et la douleur de Cyrano, à d'autres le souffle épique de l'Aiglon, et cette œuvre est injustement méconnue.
À (re)découvrir d'urgence !
@ Zoé Florent
Chère Michèle, Savoir que cette petite friandise littéraire t’a offert un plaisir renouvelé est, en soi, un cadeau précieux. Je suis heureuse que notre duo ait su t’emporter ainsi.
Jaufré Rudel et sa comtesse de Tripoli, Dante et Béatrice, Pétrarque et Laure… Sérieux, ces poètes avaient-ils peur de l’intimité ? L’amor de lonh, c’est magnifique, mais ça sent quand même un peu l’évitement stratégique. Enfin, tant que ça nous inspire des chefs-d’oeuvre, on ne va pas se plaindre.
Notre troubadour appréciera certainement ta mention spéciale. Quant à ta remarque sur ce mélange de classicisme et de contemporanéité, elle me touche particulièrement. Je sens que je vais me prendre pour une demi-déesse de la littérature pendant une bonne semaine.
Merci, bisous, merci encore pour tes compliments et très bonne soirée à toi
@Vanessa Michel
Je suis heureuse que vous ayez accueilli ce texte à quatre mains comme un éclat de joie. Votre message est un vrai rayon de lune. Il donne envie de continuer à créer, à partager, à tisser ces petits instants d’amitiés précieux entre lecteurs et auteurs.
Merci, Bisous Merci pour ce commentaire chaleureux et les petits cœurs qui l'accompagnent. Je vous souhaite également une très bonne soirée, douce et inspirée.
@Galodarsac
Bonsoir Patrick,
N’ai pas d’inquiétude, dans quelques mois, cette chère Apollonia, délaissant la pédagogie active, pourrait revenir et faire le bonheur (et la richesse) des pompes funèbres du Loir-et-Cher, et tout cela sans faire d’manières.
C’était très « sport » de ta part d’accepter de prêter ta plume à cette nouvelle en y offrant ce sonnet « à la mode de Pétrarque ». Ta contribution apporte une profondeur et une musicalité qui enrichissent l’ensemble. C’était un vrai plaisir de mêler nos voix dans ce petit exercice littéraire. Alors, comme il n’y a vraiment aucun mal à se faire du bien, levons nos verres de Pucino (le Prosecco semble-t-il n’est apparu qu’au XVIe siècle) à la rencontre de l’élégance et de la finesse ;-)
Merci Bisous Merci pour cette escapade littéraire
@Bahloul
Bonsoir, Votre commentaire, si généreux, me touche d’autant plus que vous avez saisi, avec justesse, l’esprit de cette nouvelle. Je tenais à ce dialogue entre l’instantané des réseaux et la lenteur précieuse des lettres anciennes, à cette transmission un peu espiègle, un peu érudite, entre une Lady caustique et une adolescente (trop sérieuse, comme tous les ados) qui découvre un autre rapport au monde.
Galodarsac, mon complice littéraire dans cette affaire, a apporté cette superbe touche poétique qui s’accorde si bien avec ce dialogue intemporel.
Merci Bisous Merci pour ce retour lumineux.
@Parthemise33 Je viens de relire, pour le plaisir, cet échange épistolaire médiéval. Apollonia, pour une fois, ne virevolte pas au milieu d'un chapelet de cadavres mais montre son grand cœur et sa glorieuse lignée à sa petite-fille noyée dans la superficialité du temps présent.
Élégance et finesse sont au rendez-vous, tant dans la prose que dans les vers (eh oui, y'a pas de mal à se faire du bien :)
Merci pour ce partage
Patrick
@ Michel Laurent 2
Gasp ! Quelle éloquence ! Vous avez raison, Pétrarque était un immense poète, et son lyrisme nous a beaucoup inspirés, Galodarsac et bibi. Mais… savez-vous ce que répondraient les supportrices de Laure ? Je m’efface et leur donne la parole : « Alors déjà, wesh wesh, votre sang sur la lune, calmez-vous, les keums, parce que là on vous voit tous en train de faire des théories sur sa life. Redescendez : c’est pas votre storyline, ok. La meuf pouvait pas dire : “Attends deux secondes, je divorce, je reviens, je vais liker tes sonnets.” C’était pas Les Marseillais au XIVᵉ siècle, c’était la vraie vie médiévale, avec zéro marge de manœuvre. Et votre thread d’exposé public, là…? Mais faites-le, wesh, faites vos bails. Elle s’en ballek, tranquille, en regardant le drama de loin. Parce que franchement, si y’a un bolosse dans l’histoire, c’est pas elle. C’est ce gars trop cool mais trop en roue libre, qui a écrit 200 textes pour zéro réponse et qui a continué comme si c’était normal. ». Et hop ! Merci Bisous Merci pour ce commentaire trop stylé
@Parthemise33
Qu’on songe à ce malheureux Pétrarque qui, à peine sorti de la fraîcheur de sa jeunesse, consacra à Laure une ferveur sans bornes. Vingt années durant, il prodigua à cette figure adorée un tribut inlassable de vers, de sonnets, de madrigaux et d’élans lyriques, édifiant pour elle un temple de mots où il demeura seul à prier. Mais la dame, retranchée derrière les remparts d’un mariage allégué, demeura inflexible, jusqu’à s’évanouir du monde — si tant est qu’elle y eût jamais pleinement habité.
Aussi, moi, humble artisan de phrases et modeste assembleur de songes, ne puis-je m’empêcher de soupçonner que ce pauvre Pétrarque fut, durant toutes ces années, l’innocente victime d’un mirage savamment entretenu. C’est pourquoi je souhaiterais, dans un esprit résolument moderne, lui rendre l’hommage qu’il mérite enfin, en énonçant des vérités d’ombre qu’il sied encore de murmurer, au pied de mon HLM :
Nan mais sérieux là, Laure elle a dead ça pendant 20 piges
Le gars il spam des sonnets H24, il est en mode full love et elle ?
Elle répond même pas, elle ghost IRL carrément. Genre “mariée” ouais ouais, l’excuse éclatée… Frérot Pétrarque il s’est fait matrixer de ouf. 200 textes pour zéro retour, même pas un vu.
Moi j’te dis, c’était du scam affectif lourd. Laure elle mérite un thread d’exposé public hein.
@A.P. Gounon
Chère Anne, Peut-être plus qu’avant (et encore ce n’est pas certain) nous manquons cruellement de recul sur les événements. Les réseaux sociaux, avec leur réflexe pavlovien de réaction immédiate, ont amplifié le phénomène. C’est fascinant de constater que certains prennent le mors aux dents à une vitesse dépassant celle de la lumière, alors qu’ils devraient tourner sept fois ce qui leur tient de cerveau dans leur crane, avant d’éclater syntaxe et grammaire dans un # foireux. Je n’ai rien contre l’éviscération (au sens figuré bien sûr. Pas question d’encourager les serial killers sévissant sur Netflix) de mon prochain, mais j’aimerais qu’elle se pratique avec un minimum de classe et de distinction. Du panache, toujours du panache ! Si notre texte peut aider… ce serait merveilleux. Merci Bisous Merci pour ton commentaire élogieux : tu seras donc la marraine fée du petit, à qui tu offres déjà une médaille gravée de trois cœurs
Bonsoir @alain.lamoliatte Je ne sais pas si les jeunes (et les moins jeunes d’ailleurs, ne tombons pas dans l’âgisme primaire) qui se promènent à Fontaine de Vaucluse savent encore que ce site inspirant a abrité les méditations de Pétrarque. Ce qui inspire nos contemporains c’est surtout un selfie devant le gouffre d’où jaillit la source. Ils contemplent leur reflet dans l’écran, pas la profondeur du gouffre ni celle des vers. Je suis reconnaissante à @Galodarsac d’avoir accepté de participer à cette aventure littéraire. Du paradis des poètes, Pétrarque a certainement applaudit sa performance. Merci Bisous Merci pour votre commentaire escorté de sa farandole de petits cœurs.