Actualité
Le 08 aoû 2014

Mr Ebook en Californie : l’indépendance aurait un bel avenir…

Ex déçu de l’édition classique, Mark Coker s’est rebiffé et a créé en 2008 la plateforme d’auto publication Smashwords. Militant de l’indépendance dès la première heure, il observe le marché du ebook à la loupe. Preuve d’une révolution littéraire déjà bien avancée, les ebooks indépendants génèreraient le même revenu mais trois fois plus de lecteurs ! Des infos comme ça, ça vaut le détour. Et d’autant plus que ce qui se passe outre-Atlantique ne tarde jamais à arriver chez nous…
Les auteurs indépendants défendent leurs droits sur SmashwordsLes auteurs indépendants défendent leurs droits sur Smashwords

Rêve californien ? En 2020, l'ebook indépendant devrait occuper 50 % du marché du livre numérique.

C’est ce qu’affirmait Mark Coker en mars dernier, étude et analyse à l’appui. En juillet, il réitère et scrute ses lecteurs. Son étude s’appuie sur près de 25 millions $ de ventes d'ebooks sur différentes plateformes. La sienne évidemment, mais aussi iBookstore, B&N, et des sites de lecture en streaming comme Oyter et Scribd. 

Les ebooks indépendants génèrent le même revenu mais trois fois plus de lecteurs !

Vendus entre 2,99 $ et 3,99 $, les ebooks d’auteurs indépendants rapportent autant que ceux publiés via éditeurs qui sont le plus souvent autour de 7,99 $ voire plus. Les indépendants génèreraient donc une popularité bien plus grande avec un lectorat de deux à trois fois plus important !

Le lecteur en veut pour son argent : petit prix, mais surtout gros livre !

Les 70 livres les plus lus sur Smashwords sont en majorité des romans de près de 96 000 mots. Soit dit en passant, c’est la moitié des 180 000 qui feraient un bon roman selon Stephen King dans Écriture, mémoires d'un métier !

Il en veut aussi pour son plaisir : il aime les séries.

Les romans en plusieurs tomes sont ceux qui se vendent le mieux. La palme revient donc aux séries composées des livres les plus longs. Les trilogies, qui ont aussi largement fait leurs preuves en édition papier, seraient-elles le format idéal ?

La gratuité n’a rien à voir avec la qualité. Et elle fait vendre !

Démarrer avec un premier titre gratuit serait un gage de succès puisque les auteurs de séries engendreraient plus de bénéfices que ceux qui font payer dès le premier volume. Et pour Mark Coker, d’embrayer aussi sec : « Pour les rétifs à l'idée de proposer leurs ouvrages gratuitement sur Smashwords - de peur que cela dévalue leurs livres - voilà le coup de pied aux fesses qui leur prouve qu'il faut tenter. » 

« Les auteurs traditionnels d'ebook souffrent de prix trop hauts et de royalties trop basses »

C’est la conclusion de Mark Coker qui ajoute « Tant que la lecture continuera sa transition vers le numérique, la situation d'auteur indépendant sera de plus en plus attractive. »

En France, le numérique modifie les habitudes des lecteurs et des auteurs.

Dans une moindre mesure (pour l’instant !). Différentes études disent que les ebooks donneraient aux lecteurs plus d’appétit, qu’ils séduiraient majoritairement des femmes appréciant surtout les romans policiers et sentimentaux. Le portrait robot du lecteur s’arrête là.
Plus de 6 Français sur 10 sont prêts à publier sur Internet, et pour une grande majorité, même si le livre est édité en papier. C’est dire si les esprits évoluent vite.
Près de 8 sur 10 croient au net comme vecteur de succès et de découverte même pour un auteur inconnu (sondage Ifop - monBestSeller.com février 2014).

On le voit, l’avènement du numérique et ses développements dans l’autoédition révolutionnent l’écrit, la lecture et surtout l’organisation traditionnelle éditeur-auteur-lecteur. L’auteur, souvent frustré dispose aujourd’hui de tous les outils pour produire bien, avec de bonnes conditions. Il commence à maîtriser les principes pour  porter son livre à la connaissance de nombreux lecteurs (réseaux sociaux et communauté, concours, gratuité..).
Reste une inconnue, le talent ou la capacité à séduire ses lecteurs. Et là, il n’y a pas de recette, il n’y a qu’un verdict, celui des lecteurs.

Isabelle de Gueltzl monBestSeller

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Le gratuit est et reste un outil marketing (il n'est pas l'unique outil). Je l'utilise pour ma série Lacan et la boîte de mouchoirs et je constate que cela fonctionne. Je propose la séance 1 - SAISON 1 gratuitement par période et j'obtiens des ventes sur la série Saison 1. C'est de l'ordre de 10% de retombées en France, et de 40% sur le marché américain. Il n'y a pas de règles préétablies et chacun doit essayer. Ce qui marche pour un auteur ne marche pas forcement pour un autre. À chacun d'innover. Ce qui marche sur le marché américain ne marche pas automatiquement sur le marché Francophone. La visibilité est importante. Un livre vu est un livre lu. Bonne chance à tous.
Publié le 12 Août 2014
Personnellement j'ai fait le "grand saut" Smashwords depuis un an et j'avoue être surpris par les résultats. J'y ai publié une série de nouvelles (policier/SF) au rythme d'une par mois de septembre à juin et le nombre de téléchargements est surprenant. Pas énorme en sois (quelques centaines par titre) mais pour un genre aussi particulier, publié en français sur une plate forme américaine, je trouve que c'est pas mal (d'autant plus que je n'ai pas suivi les conseils de Smashwords jusqu'au bout puisque je suis totalement absent des réseaux sociaux et ne fais aucune publicité). Bien sûr, je ne sais pas si cela pourra être transformé en ventes de livre lorsque je déciderai de publier des romans (issus de la même série, pour commencer). Mais pour l'instant j'estime l'expérience positive et je vais continuer. De toute façon les éditeurs français (papier ou numérique) n'ont que faire de ma production, alors elle est toujours mieux sur le net que dans mon disque dur :-)
Publié le 11 Août 2014
Le gratuit souffre en effet des multiples tares qui lui sont (tres souvent a tort) pretees et que vous avez enumerees. Alors certains ont pu penser, avec justesse, que donner a lire gratuitement le premier livre d'une serie pourrait booster les ventes des numeros suivants. Mais meme ca semble bien loin. Et puis il suffit parfois de suivre les forums des journaux quand un article parait a propos du prix des ebooks. Meme des prix comme 2 euros pour un roman complet semblent bien trop eleves pour beaucoup qui des lors n'hesitent pas a justifier le piratage, ou bien cette habitude qui consiste a acheter un ebook, a le lire et a demander a etre rembourse puisque vous avez 7 jours pour demander ce remboursement. Il serait interessant d'avoir l'opinion des auteurs de MBS qui ont des ebooks sur Amazon ou autre, et qui ont ete telecharges plusieurs milliers de fois. Est-ce que cela a entraine une hausse de leurs ventes? D'ailleurs on ne compte plus le nombre d'ebooks a 0.99 euros, c'est a dire pratiquement gratuits. Est-ce que cela conduit a des ventes consequentes? Pas pour moi, en tous cas... :)
Publié le 11 Août 2014
Si je lis bien Robert Dorazi, de là à conseiller d'éviter le gratuit il n'y aurait qu'un pas, non ? Il y a certes quelques problèmes qui se posent. Tout d'abord, le téléchargeur n'est souvent pas bon lecteur, mais: il amasse sans raison. Le respect de l'auteur il s'en fiche, il n'y a rien à attendre de lui, pas même merci. Moins le téléchargement réclame d'efforts, plus l'auteur peut voir son oeuvre se "diffuser"... en vain. Avec, en conséquence, un impact quasi nul sur les ventes des autres livres (le cas échéant). Dévalorisation du gratuit par son accès trop direct, en somme. Et dédain du payant ensuite, parce qu'il ne s'obtient pas en claquant des doigts. On en est venu à estimer que ce qui est gratuit n'a aucun mérite. C'est bien entendu faux. Mais les préjugés idiots sont tenaces. Et l'attitude mesquine des (gra)pilleurs de lectures gratuites n'a pas fini de décevoir...
Publié le 10 Août 2014
Ca fait quelques annees maintenant que le fait de donner un livre gratuit n'entraine aucune augmentation des ventes d'autres livres. Je frequente les forums d'Amazon (anglo-americain et Francais) et la constatation est assez generale. Le gratuit a pu entrainer une augmentation limite des ventes mais c'est du passe. Aujourd'hui un livre propose gratuitement ca devient aussi evident/naturel que le lever du soleil. tout est du gratuitement. Les lecteurs qui telechargent gratuitement sont rarement ceux qui achetent. Ils telechargent gratuitement, point. Encore une fois, pour pouvoir vraiment faire un chiffre d'affaire visible grace aux ebooks, il faut publier des dizaines d'ebooks. Il y aura toujours quelques exceptions, mais la encore quand je surfe sur le forum amazon, il n'est pas rare de lire que tel ou tel auteur auto edite vend 50-100 livres par jour, mais qu'il a 10 livres sur la plateforme. Ceci pour le marche anglo-saxon, c'est a dire pres de 400 millions de lecteurs potentiels! En France, avec un marche 5 ou 6 fois plus petit, vous comprenez bien que vendre 50-100 livres par jour est beaucoup plus difficile, sauf a avoir 50 livres en place.
Publié le 08 Août 2014
la gratuité ou les petits prix sur le Net permet aux lecteurs de choisir à moindre coût, dès lors il ne prend pas un grand risque. Et avec un choix judicieux il se régale. Quant à la gratuité d'un premier roman j'y crois. Le jour ou l'auteur publie un deuxième livre, ceux qui ont aimé le premier l'achèterons d'autant s'il n'est pas cher.
Publié le 08 Août 2014