Conseil
25 oct 2013

Envoyer son manuscrit aux maisons d’édition : les principes à respecter

Quand on est auteur et que l’on souhaite envoyer son manuscrit aux maisons d’édition, on ne sait souvent pas comment s’y prendre. On aimerait être lu attentivement et pour cela, quelques principes sont à respecter. Clémence Borin, conseillère littéraire, vous fait profiter de son expérience dans le monde de l’édition et vous livre quelques secrets pour obtenir l’écoute attentive que votre manuscrit mérite. Deux points essentiels à soigner : la présentation et la lettre d'accompagnement de votre manuscrit.
Envoyer son manuscrit aux maisons d’édition : les principes à respecterEnvoyer son manuscrit aux maisons d’édition : les principes à respecter

 

1. Les règles de mise en page de votre livre

Clarté, lisibilité, confort de lecture doivent être les maîtres mots !
Ce qu’il faut savoir : si vous envoyez votre manuscrit à une grosse maison d’édition, ce n’est pas l’éditeur lui-même qui le lira mais un lecteur professionnel.
Ces lecteurs sont rémunérés au manuscrit traité. Face à la quantité impressionnante de manuscrits reçus, leur jugement est implacable. Bien présenter et mettre en page votre manuscrit est donc essentiel.
 

Conseils clés

  • Un manuscrit tapé que l'on appelle tapuscrit. Les textes écrits à la main ne sont pas lus.
  • Sans aucune faute d’orthographe
  • Un interligne de 1,5 au moins
  • Une police de taille 12 ou 14
  • Un tapuscrit paginé et relié.
  • Un format A4 convient parfaitement. Le format livre ou BAT (bon à tirer) ne sont pas nécessaires.
  • Laisser des marges correctes pour que le lecteur puisse annoter le texte si besoin est.
  • Bien inscrire votre nom sur la couverture ! (avec si vous le souhaitez, votre adresse)

Voilà. SI vous avez bien respecté les règles de mise en page, vous avez évité le premier écueil de la présentation. Il vous faut maintenant rédiger la lettre qui accompagnera votre tapuscrit !

2. La lettre d’accompagnement de votre manuscrit

C’est LA lettre de motivation de votre livre. Envoyez votre texte sans lettre d’accompagnement, c’est un peu comme envoyer son CV sans motiver sa candidature.

Votre lettre doit comporter

  • Le titre de votre livre, votre adresse, votre numéro de téléphone et votre adresse mail (même si la plupart des échanges se déroule par voie postale)
  • 2 lignes pour vous présenter. Attention, cela n’est nécessaire que si vous pouvez revendiquer d’autres livres déjà édités ou si vous avez une expérience personnelle ou professionnelle en rapport avec le thème développé dans votre livre.
  • 2 lignes pour expliquer pourquoi vous avez choisi cette maison d’édition en particulier. La plupart des auteurs envoient leurs manuscrits en masse aux maisons d’édition sans prendre le temps de comprendre les lignes éditoriales des maisons auxquelles ils s’adressent. C’est une démarche totalement inefficace. Vous devez pouvoir justifier le fait d’envoyer votre texte à cette maison d’édition en particulier et non à une autre. Montrez que vous connaissez bien la maison à laquelle vous vous adressez et que vous ne l’avez pas choisie de manière anodine.
  • 2 lignes pour présenter votre texte. Il ne s’agit pas d’en faire un résumé exhaustif car aucun lecteur n’a envie de poursuivre une lecture s’il connait déjà tous les rebondissements et l'issue du récit. Vous devez donc trouver la phrase de lancement qui donnera au lecteur cette première impression si importante, quelque chose comme une atmosphère, l’envie d’entamer la lecture de votre texte. Ce qui ne vous empêchera pas de joindre un synopsis de votre ouvrage dans lequel l'éditeur trouvera toutes les raisons de lire votre manuscrit (voir le point 3 de cet article).
  • 2 lignes pour remercier. Un lecteur sera toujours plus content d’aborder une lecture si son travail est considéré et valorisé.
  • N’oubliez pas de faire court. Une page devrait suffire amplement.

Telles sont les règles de présentation d’une bonne lettre d’accompagnement pour votre manuscrit, mais les règles peuvent et doivent être dépassées. Ce que cherchent les éditeurs, c’est avant tout l’originalité.
Sachez vous démarquer ! Affirmez, dès la lettre, votre singularité, votre regard d’auteur ! La seule règle donc en la matière est qu’il n’y en a aucune !

« Sortir du lot est la règle ultime »

nous a confié Clémence Borin. Alors n’hésitez pas à laisser parler votre créativité. (Clémence Borin est conseillère littéraire chez Accompagnement littéraire).

3. Le synopsis (ou résumé) de votre livre : un plus à soigner pour augmenter vos chances d'être lu

De plus en plus d'éditeurs demandent que votre manuscrit soit accompagné d’un synopsis, (que l'on appelle aussi "résumé" mais dont le rôle n'est pas de dérouler toute l'histoire, ses rebondissements et jusqu'à l'issue du récit). Et s'ils ne le demandent pas explicitement, c'est un atout qu'ils apprécient et qui augmentent vos chances d'être lu. Car, vous le savez, ils reçoivent un très grand nombre de manuscrits chaque jour. Ils ne les lisent pas tous en entier et font un premier tri.
Alors, si vous n'avez pas un parrain influent, un nom d’écrivain connu, plusieurs ouvrages déjà édités, il vous faut d’autres arguments pour retenir son attention avant même d'avoir lu vos 250 pages ou plus : un sujet, original certes, mais aussi qui corresponde à sa ligne éditoriale et entre dans l’une de ses collections et qui a, évidemment, un potentiel commercial ; une histoire, des personnages, une intrigue et un récit bien construits...
C'est ce que votre synopsis va lui permettre de repérer et si le ressenti de l'éditeur est positif à ce stade, vous aurez bien plus de chances que votre manuscrit soit sur la pile de ceux à lire.
Que raconter de votre livre ? Et comment le raconter ? Vous trouverez dans cet article 10 conseils clés et la bonne méthode pour rédiger un synopsis performant pour un éditeur et mettre toutes les chances d'être lu de votre côté.

Je suis toujours un peu embete quand je lis ces fameux conseils pour envoyer un manuscript. D'abord parce que ce sont toujours les memes et que j'imagine mal 99% des postulants envoyer un manuscript ecrit sur du papier bleu a la plume d'oie avec une faute a chaque mot... Bien sur que la majorite des manuscripts sont tapes en times ou plutot en courrier, minimum 12, avec 2 interlignes et une marge correcte. Bien sur qu'il reste des fautes mais que MS word permet une premiere correction presque automatique. Est-ce que ca va changer significativement le resultat? La reponse est non. Dans 99.9% le manuscript sera a peine parcouru (dans les maisons d'editions qui sont assez riches pour avoir un comite de lecture) avant d'etre mis de cote. Ca ce n'est pas une lubie, c'est tout simplement vrai comme en temoigne le nombre de "premier" roman publie (extremement faible ou absent pour beaucoup de "grandes maisons") par des maisons d'editions de taille correcte. Mais surtout, ayant vecu plusieurs annees au RU et aux USA, et la litterature anglo-saxone n'ayant rien a envier a la litterature francaise en qualite ou en quantite, je sais qu'un ecrivain envoie rarement un manuscript a un editeur puisqu'il faut pratiquement toujours passer par un agent d'abord. Mais surtout je sais que les agents (ou meme les rares editeurs qui acceptent les envois spontanes) ne demandent la plupart du temps que les 50 premieres pages ou les 3 ou 4 premiers chapitres d'un livre. L'idee, tres juste au demerant, etant que si on ne trouve pas vraiment d'interet aux 50 premieres pages, il y a fort a parier que les 50 suivantes ne seront pas meilleures. Or en France si vous ecrivez un roman qui tient sur 300 pages dactylographiees, il faut envoyer les 300 pages ou rien. Du coup ca coute seulement plus cher en timbre, ca gache du papier, et ca donne l'impression assez desagreable que les editeurs en question esperent que ceux qui veulent les innonder avec leurs ecrits y regarderont a deux fois avant de depenser 10 euros en timbre a chaque fois...
Publié le 25 Février 2014
Si vous voulez vous amuser avec les usages, le blog " Langue sauce piquante" des correcteurs du Monde est assez cocasse.
Publié le 26 Octobre 2013
Envoyer un tapuscrit sans aucune faute d'orthographe, c'est peut-être trop demander. On doit les éviter autant que possible, mais... on ne va pas quand même prendre tout leur travail aux correcteurs. Ou alors c'est une demande des éditeurs parce qu'ils ont décidé de s'en passer (parfois, on peut se poser la question). Certains demandent aussi que les pages soient calibrées à 1500 signes pour avoir au premier coup d’œil une idée du volume du texte (ce qui n'est pas difficile à réaliser en jouant avec les marges). Ensuite, un texte en corps 12 ou 14, s'il utilise des polices sans empattement du genre Arial, je vous assure, après quelques pages on n'en peut plus et la migraine approche. Et j'ajouterai qu'un irrespect de la typographie de base (notamment l'utilisation de - pour les dialogues au lieu du bon cadratin — pour les dialogues, la négligence des espaces insécables, une absence de justification du texte, des paragraphes indistincts les uns des autres...) peut contribuer à très vite faire atterrir votre tapuscrit dans la corbeille à papier. Il faut être le plus lisible possible, soigner ses apparences fait partie du jeu de la séduction; à qualités littéraires égales, celui qui présentera le mieux aura malgré tout un avantage.
Publié le 25 Octobre 2013
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