Interview
Le 21 nov 2019

Inspiration : fuir la réalité de peur qu'elle ne vous rejoigne

En littérature, l'imagination est parfois loin des sources du quotidien parce qu'il faut emmener les lecteurs loin, plus loin
L'inspiration ? c'est l'étage au dessusL'inspiration ? c'est l'étage au dessus

Rien n’est plus dangereux que quelqu’un qui prend des notes. Sur tout, tout le temps, à la moindre pensée, au simple soupir de son voisin dans le métro.

La réalité apporte son lot d’incongruités, de sourires et de désespoir. Il suffit simplement d’ouvrir les yeux, de regarder autour de soi : les histoires ne manquent pas. Chacun y va de sa petite anecdote, de sa petite ou grande mésaventure, tentant d’en rire ou de trouver de l’empathie. 

Je crois que la réalité est la seule chose à fuir. Pour remédier à sa vacuité et le plus souvent son absurdité, je la retranscris en y glissant mes fantasmes, mes désirs, tout en essayant d’en rire et d’emmener mes lecteurs dans un gai désespoir, parce que rien n’est jamais si grave. 

Julien Druinaud

@Benoît Otis, je comprends la réaction de répulsion à l'idée de changer ou de s'imaginer avoir le droit de changer les valeurs d'une autre culture. Mais je pense qu'avec un peu de recul, on s'aperçoit que ce désir de changer l'autre n'est ni criminel ni blasphémateur. Du moment que nous parlons, nous avons pour objet de changer l'autre parce que ce faire nous est biologiquement utile, même lorsque nous croyons simplement partager une information dans le pur désir de partager: par example, si je dis à ma soeur que j'ai bien aimé le dernier film de X, cela peut sembler non intéressé, mais en vérité, je le fais (même si je n'en suis pas conscient) parce que j'aimerais bien lui faire aller voir ce même film, car cela m'avantagerait d'une manière que "mes instints" comprennent, même si je ne le réalise ou ne l'admets consciemment. La pulsion de tenter de changer l'autre est biologique, et elle est utile, voire même nécessaire. Il est vrai que parce qu'une chose est naturelle elle n'est pas nécessairement bonne (les amanites sont toxiques et les pathogènes tuent, etc., etc.), mais lorsque vous dites "Par quelle autorité...", l'autorité est celle que nous donne la nature et donc notre espèce d'aller vers l'autre pour lui montrer une autre façon de faire, si nous pensons que celle-ci peut lui être utile, peu importe si l'autre est mon frère, mon voisin, mon concitoyen ou un humain vivant de l'autre côté de la Terre. Bien-sûr, il ne faut pas forcer un changement (à moins qu'il soit question de droits humains). Mais partager une autre façon de voir le monde ou de faire les choses est tout à fait humain et bon. vous avez tout à fait raison de dire qu'il nous servir de notre raison, car avec elle, nous pouvons espérer changer certaines réalités qui nous briment. Mais pour cela, il faut partager ce que notre raison nous enseigne, et le partage porte en lui la possibilité du changement (déclaré ou non).

Publié le 29 Novembre 2019

@Julien Druinaud, merci pour ce petit morceau qui porte tant et qui me mène à pousser plus loin le sujet même s'il s'éloigne un peu de vos intentions. Je me demande, par exemple, comme peut-être @jbtanpi, si nous pouvons vraiment échapper à la réalité. En effet, tout ce que nous imaginons (même sous les effets de la méditation, d'hallucinogènes, ou de toute autre méthode de déconnexion de la réalité temporelle comme les bains de privation sensorielle), tout ce que nous imaginons dérive des expériences qui ont leur source dans cet univers qui nous entoure et dont nous faisons partie, expériences qui s'imagent par des procédés neurochimiques d'un corps ancré dans ce même univers. On peut choisir, our être inspîré, d'installer un nez là ou devrait se trouver l'orteil, et de réarranger d'une façon ou d'une autre ce que nous connaissons de même que ce que nous imaginons ne pas connaitre (et donc inventons), mais à la fin, ce n'est que cela: réarrangement (conscient ou inconscient) dans le but de nous évader ou de trouver une autre, une meilleure façon de faire. Cela dit, même s'il est vrai qu'en utilisant des matériaux préexistants, il est possible de créer mieux, nous sommes tout de même limités par les lois dudit univers dans lequel nous vivons. Je crois que pour vraiment nous déconnecter de la présente réalité et offrir à nos confrères et consoeurs une solution vraiment nouvelle, il faudrait que nous puissions nous transporter dans un autre univers, y comprendre quelque chose de totalement nouveau, et pouvoir ensuite ramener ce savoir chez nous pour l'y partager et nous lancer dans une nouvelle, et peut-être plus heureuse, direction.

Publié le 29 Novembre 2019

@Julien Druinaud: Le métro qu'es ce que c'est un endroit ou les gens se croisent et se pressent sans se connaitre ou l'esprit plonge dans cette ambiance . Au hasard d'un regard ou d'un simple sourire rare . Des yeux qui se promènent suivit de pensées furtives ,une légère angoisse , une immerssion presque intemporelle toujours trop longue jusqu'à entendre la sonnerie de la porte , sortir reprendre le flot et continuer son voyage. Puis montez les marches sentir l'air frais , le conscient refait surface et respire.

Publié le 28 Novembre 2019

Observer les passagers dans le métro nous renvoie au vide, à la solitude souvent ressentie dans ce contexte, à notre propre mal de vivre selon nos sentiments du moment. Pourtant, à observer les autres, je dirais que la réalité est débordante, exubérante, étouffante, au point que je serais volontiers tentée d'y opérer des coupes franches, parfois, et si j'étais dotée de tels pouvoirs. Mais un regard, un sourire, suffisent à relancer un être un souffrance. C'est le pouvoir dont nous sommes tous dotés. Aussi je me demande pourquoi nous en usons avec tant de parcimonie. A mes yeux, la réalité est présente dans chaque écrit, même le plus futuriste, même le plus fantasque, car c'est toujours elle, à la base, qui stimule l'auteur. Pour s'en délester, pour s'en évader, pour l'arranger à sa sauce pessimiste, alarmiste, romantique, positive... Autant de cas de figure que de singularités humaines. Merci pour cette brève tribune qui, finalement, s'avère assez essentialiste ;-). Amicalement, Michèle

Publié le 23 Novembre 2019

Le métro ? Qu'est-ce que c'est ?

Publié le 23 Novembre 2019

@Julien Druinaud
Fuir la réalité... Hélas, elle nous rattrape toujours, même, et peut-être surtout quand on écrit.
C'est une compagne bien jalouse. Et si nous dansions avec elle ?

Publié le 22 Novembre 2019

@Julien Druinaud : «Je crois que la réalité est la seule chose à fuir» ~WOW~ Toute ma vie durant, je me suis buté constamment à la dimension irrationnelle de l'être humain. Mais, toujours je me devais de la respecter et de l'accepter, car ce serait se renier soi-même puisqu'elle fait partie de notre vie de tous les jours. Et par quelle Autorité m'accorderais-je le droit de juger et de vouloir changer les valeurs d'autres personnes, même si elles émanent de l'aspect spécifiquement émotionnel de l'être? Par quelle Autorité aussi m'accorderais-je le droit d'essayer de changer les mentalités et les cultures? Une chose est sûre toutefois. C'est bien évident que nous sommes des êtres de sensibilité et d'émotions, mais nous, humains, possédons aussi cette grande capacité de rationaliser notre pensée, nos perceptions et motivations émotionnelles. Alors, pourquoi ne pas s'en servir?

Publié le 21 Novembre 2019