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Du 01 avr 2021
au 01 avr 2021

L'écriture inclusive : un débat politique ou un débat académique ?

L'écriture inclusive fait débat. Même si les raisons qui lui ont donné naissance sont défendables. Sa dimension idéologique et revendicative nuit sans doute à ses objectifs premiers. Les amoureux des traditions et de la grammaire se sentent agressés. Et quoi dire de ces lettres et textes administratifs ou l'on bute à chaque phrase sur des "." des "i "des "e" des "s" jusqu'à perdre le sens de ce que l'on nous communique. Un point complet sur le sujet par Michel Canal, engagé et documenté. On peut être d'accord ou pas...
Ecriture inclusive : débat idéologique, académique, politique ?Ecriture inclusive : débat idéologique, académique, politique ?

Une fièvre identitaire gagnerait la France. Indigénistes, déboulonneurs de statues, gauche racialiste, féministes, propagent des idéologies qui se répandent dans l'enseignement depuis l'enseignement supérieur jusqu'à l'école primaire.

L'écriture inclusive,  dont l'objectif est de mettre un terme à la hiérarchisation des sexes, de faire en sorte que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin au pluriel, mais que les deux sexes soient mis sur le même pied d’égalité, est l'une d'entre elles.

La circulaire ministérielle de novembre 2017 était pourtant claire.

Tout en valorisant la féminisation quand elle était justifiée, elle demandait « ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive ». Cependant, des administrations universitaires et municipales la bafouent dans un coup de force administratif permanent. Que signifie un usage militant qui déconstruit les savoirs, complexifie les pratiques, s’affranchit des faits scientifiques, s’impose par la propagande et exclut les locuteurs en difficulté au nom de l’idéologie ?

Valeurs actuelles / société - 25 février 2021 titrait : A Sciences Po, les étudiants privilégiant l’écriture inclusive seraient favorisés.

Sciences Po touché par une nouvelle affaire embarrassante ? Durant ces deux dernières années, les étudiants y ayant recours auraient été gratifiés d’un demi-point bonus.

 Selon les informations du Figaro, l’institut d’études politiques favoriserait l’écriture inclusive et demanderait aux étudiants passant des partiels dans des cours de sociologie d’y avoir recours. Le Figaro dit avoir eu accès aux copies d’élèves qui dénoncent ces faits.

« Pénalisés » s’ils n’utilisent pas l’écriture inclusive ! 

Sur le document que nos confrères ont pu consulter, il est bien indiqué que ne pas utiliser l’écriture inclusive n’est pas pénalisant ; en revanche « un demi-point bonus sera attribué à celles et ceux qui tenteront de l’utiliser ». Il est ensuite expliqué comment utiliser le point média. Appelé aussi « point milieu », il doit permettre à un mot d’être lisible tant au masculin qu’au féminin. Par exemple, « étudiant » devient « étudiant·e·s » et « professeur » devient « professeur·e·s ».

Mais la version des étudiants est toute autre que celle de la consigne officielle, puisque selon certains, un enseignant donnant le cours magistral sur « les grandes questions de la sociologie au prisme du genre », aurait indiqué aux élèves qu’ils seraient « pénalisés » s’ils n’utilisaient pas l’écriture inclusive. La mesure ayant provoqué un tel émoi dans la communauté étudiante, l’enseignant serait revenu sur sa décision et aurait donc décidé d’instaurer le système du bonus, rapporte Le Figaro.

Le sujet n'est pas nouveau. J'avais publié ici-même, le 12 juin 2018, une tribune que monBestSeller avait titrée : Que penser de l'écriture inclusive ? Les mots ont ils un sexe ? Le sujet avait fait débat chez nos auteurs, tant cette "lubie" des défenseurs de la féminisation des noms gagne du terrain sur un plan plus idéologique que grammatical, conduisant parfois à l'absurde.

L'idée que toutes les caractéristiques purement linguistiques relèvent du sexisme est défendue (et peut-être initiée) par Marina Yaguello, linguiste et professeur émérite à l'Université Paris VII.

Pour Jean-Joseph Julaud, l'auteur de : Le français correct pour les nuls, la guerre du sexe des mots serait un faux débat, un débat "d'usages" et non de sexe, le féminin l'emportant souvent, ce qu'il justifie par une liste de noms épicènes communs aux hommes et aux femmes.

Ecriture incluqsive : « Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement (…). Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. »

Pour Jean-François Revel, philosophe, écrivain, journaliste et académicien, qui disait tout haut ce que bon nombre pensaient tout bas dans un article paru le 11 juillet 1998 (gouvernement Jospin) dans Le Point, intitulé : Le sexe des mots, la querelle découle de ce fait très simple qu'il n'existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l'allemand. Il en résulte que des féminins et des masculins sont « purement grammaticaux, nullement sexuels ». Leur genre n'a rien à voir avec le sexe de la personne qu'ils concernent. Homme, d'ailleurs, s'emploie tantôt en valeur neutre quand il signifie l'espèce humaine, tantôt en valeur masculine, quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d'une incompétence qui condamne à l'embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. « Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille. De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. »

Certains mots sont précédés d'articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu'à l'autre. On dit : « Madame de Sévigné est un grand écrivain » et « Rémy de Gourmont est une plume brillante ». On dit « le garde des Sceaux », même quand c'est une femme, et « la sentinelle », qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont sémantiquement neutres. Certains substantifs se féminisent tout naturellement : « une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse » et d’autres pas : « une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d'honneur » contreviennent soit à la clarté, soit à l'esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l'antiféminisme. Un ambassadeur est « un ambassadeur », même quand c'est une femme. Il est aussi « une excellence », même quand c'est un homme.

L’usage est le maître suprême : « Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement (…). Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. »

L'Etat n'a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire

L'Etat n'a aucune légitimité pour décider du vocabulaire (il fait mention aux grades, fonctions, métiers et titres féminisés, parfois de manière absurde) et de la grammaire (il fait mention à l'écriture inclusive). La société française a progressé vers l'égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique.

Les coupables de cette honte croient s'amnistier (ils en ont l'habitude) en torturant la grammaire. Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer les femmes. »

A propos de l'écriture inclusive, l'Académie française s'était fendue à ce sujet, lors de sa séance du 26 octobre 2017, d'un communiqué court mais pugnace (publié dans Le Monde / Opinions du 13 décembre) qui ne laissait aucune place à l'ambiguïté : « La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »

Son Secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d'Encausse, refuse de féminiser son titre.

Ma conclusion avait été la suivante : « Je serais tenté de dire que l’écriture inclusive et la féminisation des mots violentent la langue et témoignent surtout d’un manque de clarté de la pensée. »

*

Je reprends le sujet parce qu'il s'inscrit désormais dans un ensemble plus vaste qui fait débat, suite à l'intention annoncée par la ministre de l'Enseignement supérieur de la Recherche et de l'Innovation, Frédérique Vidal, face à Jean-Pierre Elkabbach sur CNews, de commander une enquête sur le prétendu phénomène idéologique « d'islamo-gauchisme » dans les facultés françaises.

Sa déclaration fait suite à ce que Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, avait dénoncé au micro d'Europe 1 le 22 octobre 2020 : un « islamo-gauchisme » qui « fait des ravages à l’université ». Et à la tribune de soutien publiée dans Le Monde le 31 octobre par une centaine d’universitaires (auxquels se sont ajoutés cent-cinquante-huit nouveaux signataires). En conclusion, ils demandaient à la ministre Frédérique Vidal « de mettre en place des mesures de détection des dérives islamistes à l’université, de prendre clairement position contre les idéologies qui les sous-tendent, et d’engager nos universités dans ce combat pour la laïcité et la République ».

Ces idéologies qui entendent "décoloniser" les sciences humaines en luttant contre les oppressions coloniales, capitalistes et patriarcales, ont progressé en silence sans que leur soient jamais opposées des contradictions fortes et structurées.

Auparavant, une tribune collective rédigée par Yana Grinshpun - Sorbonne Nouvelle, Franck Neveu - Sorbonne Université, François Rastier - CNRS, Jean Szlamowicz - Université de Bourgogne et signée par 28 linguistes, publiée le 18/09/2020 dans Marianne titrait : Une "écriture excluante" qui "s’impose par la propagande". Bien que favorables à la féminisation de la langue mais estimant l'écriture inclusive profondément problématique, ils listaient les défauts de l'écriture inclusive.

Présentée par ses promoteurs comme un progrès social, l’écriture inclusive n'a paradoxalement guère été abordée sur le plan scientifique, la linguistique se tenant en retrait des débats médiatiques. Derrière le souci d'une représentation équitable des femmes et des hommes dans le discours, l’inclusivisme désire imposer des pratiques relevant d’un militantisme ostentatoire sans autre effet social que de produire des clivages inédits. Rappelons une évidence : la langue est à tout le monde.

Les défauts de l'écriture inclusive

Les inclusivistes partent du postulat suivant : la langue aurait été "masculinisée" par des grammairiens durant des siècles et il faudrait donc remédier à l’"invisibilisation" de la femme dans la langue. C’est une conception inédite de l’histoire des langues supposant une langue originelle "pure" que la gent masculine aurait pervertie, comme si les langues étaient sciemment élaborées par les locuteurs. Quant à l"invisibilisation", c’est au mieux une métaphore mais certainement pas un fait objectif ni un concept scientifique.

Si la féminisation est bien une évolution légitime et naturelle de la langue, elle n’est pas un principe directeur des langues.

La langue n’a pu être ni masculinisée, ni féminisée sur décision d’un groupe de grammairiens, car elle n’est pas une création de grammairiens — ni de grammairiennes. Ce ne sont pas les recommandations institutionnelles qui créent la langue, mais l’usage des locuteurs. L’exemple unique et tant cité de la règle d’accord : « le masculin l’emporte sur le féminin » ne prétend posséder aucune pertinence sociale. C’est du reste une formulation fort rare, si ce n’est mythique, puisqu’on ne la trouve dans aucun manuel contemporain, ni même chez Bescherelle en 1835. Les mots féminin et masculin n’ont évidemment pas le même sens appliqués au sexe ou à la grammaire : trouver un quelconque privilège social dans l’accord des adjectifs est une simple vue de l’esprit.

Si la féminisation est bien une évolution légitime et naturelle de la langue, elle n’est pas un principe directeur des langues. En effet, la langue française permet toujours de désigner le sexe des personnes et ce n’est pas uniquement une affaire de lexique, mais aussi de déterminants et de pronoms (Ex. : Elle est médecin). Par ailleurs, un nom de genre grammatical masculin peut désigner un être de sexe biologique féminin (Ex. : Ma fille est un vrai génie des maths) et inversement (Ex. : C’est Jules, la vraie victime de l’accident). On peut même dire "un aigle femelle" ou "une grenouille mâle"...

Ecriture inclusive : une écriture excluante.

La langue n’est pas une liste de mots dénués de contexte et d’intentions, renvoyant à des essences. Aucune langue n'est fondée sur une correspondance sexuelle stricte. Autrement, le sens des mots serait déterminé par la nature de ce qu’ils désignent, ce qui est faux. Si c’était le cas, toutes les langues du monde auraient le même système lexical pour désigner les humains. Or, la langue n’a pas pour principe de fonctionnement de désigner le sexe des êtres : dire à une enfant « Tu es un vrai tyran » ne réfère pas à son sexe, mais à son comportement, indépendant du genre du mot.

Les formes masculines du français prolongent à la fois le masculin (librum) et le neutre (templum) du latin, et font donc fonction de genre "neutre", c’est-à-dire par défaut, ce qui explique qu’il intervienne dans l’accord par résolution (Ex. : la fille et le garçon sont partis), comme indéfini (Ex. : ils ont encore augmenté les impôts), impersonnel (Ex. : il pleut), ou neutre (Ex. : c’est beau). Il n’y a là aucune domination symbolique ou socialement interprétable. Quand on commande un lapin aux pruneaux, on ne dit pas « un.e lapin.e aux pruneaux ».

La langue a ses fonctionnements propres qui ne dépendent pas de revendications identitaires individuelles.

La langue a ses fonctionnements propres qui ne dépendent pas de revendications identitaires individuelles. Elle ne détermine pas la pensée — sinon tous les francophones auraient les mêmes pensées, croyances et représentations. Si la langue exerçait un pouvoir "sexiste", on se demande comment Simone de Beauvoir a pu être féministe en écrivant en français "patriarcal". L’évidence montre que l’on peut exprimer toutes les pensées et les idéologies les plus antithétiques dans la même langue.

Ces formes fabriquées ne relèvent d’aucune logique étymologique et posent des problèmes considérables de découpages et d’accords.

En français, l’orthographe est d’une grande complexité, avec ses digraphes (eu, ain, an), ses homophones (eau, au, o), ses lettres muettes, etc. Mais des normes permettent l’apprentissage en combinant phonétique et morphologie. Or, les pratiques inclusives ne tiennent pas compte de la construction des mots : « tou.t.e.s travailleu.r.se.s » créent des racines qui n’existent pas (tou-, travailleu-). Ces formes fabriquées ne relèvent d’aucune logique étymologique et posent des problèmes considérables de découpages et d’accords.

En effet, les réformes orthographiques ont normalement des objectifs d’harmonisation et de simplification. L’écriture inclusive va à l’encontre de cette logique pratique et communicationnelle en opacifiant l’écriture. En réservant la maîtrise de cette écriture à une caste de spécialistes, la complexification de l’orthographe a des effets d’exclusion sociale. Tous ceux qui apprennent différemment l’écriture inclusive les exclut : qu’ils souffrent de cécité, de dysphasie, de dyslexie, de dyspraxie, de dysgraphie, ou d’autres troubles, seront d’autant plus fragilisés par une graphie aux normes aléatoires.

Tous les systèmes d’écriture connus ont pour vocation d’être oralisés. Or, il est impossible de lire l’écriture inclusive : « cher.e.s » ne se prononce pas. Le décalage graphie / phonie ne repose plus sur des conventions d’écriture, mais sur des règles morales que les programmes de synthèse vocale ne peuvent traiter et qui rendent les textes inaccessibles aux malvoyants.

L’écriture inclusive pose des problèmes à tous ceux qui ont des difficultés d’apprentissage.

On constate chez ceux qui la pratiquent des emplois chaotiques qui ne permettent pas de produire une norme cohérente. Outre la prolifération de formes anarchiques (Ex. : Chere.s collègu.e.s, Cher.e.s collègue.s, etc.), l’écriture inclusive est rarement systématique : après de premières lignes "inclusives", la suite est souvent en français commun... Si des universitaires militants ne sont pas capables d’appliquer leurs propres préceptes, qui peut le faire ?

L’écriture inclusive, à rebours de la logique grammaticale, remet aussi radicalement en question l’usage du pluriel, qui est véritablement inclusif puisqu’il regroupe.

En prétendant annuler l’opposition de genre, on ne fait que la systématiser : l’écriture nouvelle aurait nécessairement un effet renforcé d’opposition des filles et des garçons, créant une exclusion réciproque et aggravant les difficultés d’apprentissage dans les petites classes.

Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à tous ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral.

L’usage est certes roi, mais que signifie un usage militant qui déconstruit les savoirs, complexifie les pratiques, s’affranchit des faits scientifiques, s’impose par la propagande et exclut les locuteurs en difficulté au nom de l’idéologie ?

En conclusion, je partage l'avis du très célèbre linguiste et lexicographe Alain Rey qui, revenant sur les controverses autour de la place du féminin dans le français, exprimait (Le Monde / Opinions du 23 novembre 2017) : « Faire changer une langue, c’est un sacré travail ! C’est l’usage qui a raison. »

Et vous, auteurs monBestSelleriens, qu'en pensez-vous ?

Michel Canal

 

 

 

 

26 CommentairesAjouter un commentaire

@Michel CANAL
La plupart des erreurs sont volontaires, ouf !
Le mot soldate n’existe pas, par exemple.
Mais si on veut simplifier l'orthographe, on s'enfonce dans le brouillard !

Publié le 12 Avril 2021

Merci @Phillechat pour votre apport... mais vous prendrez la mesure des difficultés pour se risquer à tenter l'écriture inclusive au nombre d'erreurs et de fautes pour un si petit texte.

Publié le 11 Avril 2021

Un petit Gainsbourg inclusif :

Allons enfant·e·s de la patrie
La·le jour·née de gloire est arrivée
Contre nous de la tyrannie
La bannière sanglante est levée

Aux armes et caetera

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldat·e·s
Iels viennent jusque dans nos bra·sse·s
Égorger nos fil·le·s nos compagn·on·e·s

Aux armes et caetera

Publié le 11 Avril 2021

@lamish, je crois que la preuve est faite de l'absurdité de cette dérive qui a bien failli s'imposer par la volonté d'une minorité.
J'ai encore lu tout à l'heure l'intervention d'un député évoquant la Proposition de loi nº 3922 du 23 février 2021 portant interdiction de l’usage de l’écriture inclusive pour les personnes morales en charge d’une mission de service public, laquelle mentionne dans l'exposé des motifs :
« Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est juste. Les chemins qu’il emprunte sont parfois déroutants et interrogent. C’est ainsi que certains ont fait le choix personnel et militant de modifier l’orthographe et la grammaire de notre langue pour parvenir à cet objectif. Ainsi, on découvre au hasard de publications parfois officielles des mots nouveaux, « iels » pour « ils/elles », "toustes" pour "tous/toutes", "celleux" pour "celles/ceux", «"Cher·e·s lecteur·rice·s déterminé·e·s"… Les règles d’accord n’existeraient‑elles plus ? Devons‑nous penser que la modification des règles d’usage de la langue française littéraire serait le moyen de parvenir à cette égalité, que nous appelons tous de nos vœux ? »
Et dans son article 2 :
« Depuis quelques années, les militants de l’écriture dite "inclusive" usent de tous les moyens pour imposer à la société leur vision très personnelle et en rien majoritaire. Ainsi, des personnes morales en charge d’une mission de service public se font parfois les relais de cette orthographe et de cette grammaire dans des documents officiels à destination des usagers. In fine, l’écriture "inclusive" contribue à brouiller la nature même des messages adressés…
La proposition de loi a donc pour objectif d’interdire dans les documents administratifs (rapports, études, comptes rendus, procès‑verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, avis, décisions, courriers électroniques envoyés aux usagers, publications officielles sur internet…)… ».
Si tout le monde s'y met, ce ne sera que le souvenir d'une passade... mais restons vigilants tout de même.
Merci Michèle pour ton passage (tu te rends compte, ce que ça aurait induit si j'avais écrit pour ton re-passage... bien que ça ne soit pas faux !).

Publié le 09 Avril 2021

@Michel Canal Quelle horreur ! J'ai jeté l'éponge à la quatrième ligne ;-) ! Bravo pour l'exercice ! Belle démonstration de l'absurdité, de l'inélégance de l'écriture inclusive. Bises et bonne fin de journée, Michèle

Publié le 09 Avril 2021

Au moment où on fête les 200 ans de la naissance de Baudelaire, imaginez le désastre si nous laissions se diffuser l'écriture « inclusive ».
À tous ceux qui ont aimé, et aiment encore, lire et réciter les plus belles œuvres de notre patrimoine culturel, qui ont fait le rayonnement de la France dans le monde entier, voici ce que serait la magnifique métaphore du poète (Les fleurs du mal - L'albatros) convertie en écriture « inclusive ».
L’·La albatros
Souvent, pour s’amuser, les femmes·hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oise.aux.lles des mers,
Qui suivent, indolent·e·s compagn·es·ons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils·elles déposé·e·s sur les planches,
Que ces rois·reines de l’azur, maladroit·e·s et honteu·ses·x,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux·elles.
Ce·tte voyageu·r·se ailé·e, comme il·elle est gauche et veule !
Lui·Elle, naguère si be·au·lle, qu’il·elle est comique et laid·e !
L’un·e agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le·a Poète·sse est semblable au·à la prince·sse des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’arch·er·ère ;
Exilé·e sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant·e l’empêchent de marcher.

J'en ai la nausée ! Et vous ? Voyez la différence avec le texte "normal" !

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les goufres amers.
À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'inirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Publié le 09 Avril 2021

Après une semaine de mise en ligne, je pense pouvoir pousser un "ouf" de soulagement !
Les auteurs publiés sur monBestSeller ne sont apparemment pas des adeptes de cette dérive idéologique qui au prétexte de vouloir servir la cause des femmes, les ridiculisaient encore plus que la féminisation forcée de certaines fonctions.
Le débat n'est cependant pas clos. Il peut toujours s'enrichir.

Publié le 08 Avril 2021

Merci @Youssouf Marius Abdoulaye, pour votre apport. C'est bien observé, et vous avez raison de souligner la difficulté que génèrerait une propagation de l'écriture inclusive à l'extérieur de la France.
Mais je crois que l'indignation et l'opposition sont telles qu'elle sera vite rangée au placard de l'oubli.
Il me semble que tout a été dit et suffisamment explicité pour en dénoncer l'idéologie inopportune.
Oui, le combat féministe est déplacé de manière stupide et contre-productif.
La raison et le bon sens finissent toujours par l'emporter. Soyez rassuré !

Publié le 08 Avril 2021

Belle tribune agréable que j'ai dégustée avec appétit.
Il y a de cela plusieurs années dans une discussion, ma mère se désolait du fait que la présence d'un nourrisson mâle dans une foule féminine oblige à l'emploie du masculin: "ils arrivent", par exemple, juste à cause d'un petit garçonnet...
Mais attendez, je croyais qu'on avait pas trop de problèmes lorsque, coincé, on met juste les étudiant(e)s, mes ami(e)s...Ne peut-on pas se contenter de ces parenthèses quand cela est nécessaire? Oui, on nous dira que ce n'est pas assez, qu'il faut que "ça sorte", que ça sonne.
Comme vous le souligner, on déplace le terrain du combat féministe là où on devrait simplement circuler, parce qu'il n'y a rien à voir. Que dira-t-on d'un violeur qui, dans un texte, remplira ses lignes des "point-milieux" un peu partout? Je crois qu'on veut juste distraire nos honorables dames, le combat féministe, l'inclusion, l'égalité ont leur champ de bataille dans l'esprit, dans les mentalités, et pourquoi pas, l'égalité de chance, de salaire...Laissez la littérature à ses propres problèmes, qui ne manquent d'ailleurs pas.
Aussi, merci vraiment de rappeler que gouvernement ne peut pas décider derechef de d'imposer des règles grammaticales, car en outre, le français n'est plus qu'aux Français, alors je ne sais pas, quand et comment les nouvelles règles (s'il arrive qu'on les impose) parviendront à entrer dans les pratiques courantes des usagers hors-France?
Désolé, je pense (pour répondre à votre question) qu'il faut laisser déjà la langue de Molière dans sa complexité actuelle, ne la défigurez pas!

Publié le 07 Avril 2021

Merci @Laure Avedian pour votre remarque judicieuse qui illustre bien la difficulté qu'auraient les utilisateurs de l'écriture inclusive à la respecter dans un texte qui dépasse une ou deux phrases.
On notera d'ailleurs la période de la loi que vous mentionnez (2 août 2013) : présidence F. Hollande, gouvernement J.-M. Ayrault / 2, Najat Vallaud-Belkacem ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement, Marylise Lebranchu ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Anne-Marie Escoffier ministre déléguée à la Décentralisation auprès de la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique... et j'ajouterai Cécile Duflot ministre de l'Egalité des territoires et du logement.
N'oublions pas que c'est en janvier 2013 que le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) entre les femmes et les hommes a été créé, suite à la mission confiée par Najat Vallaud-Belkacem à Danielle Bousquet (militante féministe) pour remplacer l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, et qu'elle en a été la première présidente.
Il aura fallu attendre octobre 2017 pour que le 1er ministre Edouard Philippe mette un coup d'arrêt à cette dérive administrative.

Publié le 05 Avril 2021

Merci @Michel Canal pour cette tribune très documentée. Je ne résiste pas à retranscrire ici un passage que je viens de lire sur un site du gouvernement, à la page retraçant la chronologie des dispositifs en faveur de l'égalité homme-femme :
"Loi n° 2013-702 du 2 août 2013 relative à l’élection des sénateurs. Le scrutin de liste est de nouveau appliqué dans les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, ce qui représente environ 73% des sièges. De plus, dans les communes de plus de 1 000 habitant-e-s, les conseils municipaux élisent un certain nombre de délégués qui iront siéger au collège électoral qui élit les sénateurs. Désormais, les listes devront être composées alternativement d’un candidat de chaque sexe."
Alors comme ça, les femmes peuvent être habitant-e-s, mais pas sénateur-trice-s ni candidat-e ?
Étonnant, vous ne trouvez pas ?
Allez, soyons optimiste, ayons confiance en l'usage ! Bientôt il balayera cette absurdité...

Publié le 05 Avril 2021

@Saint-Bleyras, c'est une bonne question, car je m'étais rendu compte que j'avais oublié de remercier l'équipe de @monBestSeller pour le choix de l'illustration (et plus particulièrement la personne à l'origine du graphisme). Grâce à vous, c'est fait.
Peut-être mBS vous répondra plus précisément sur ce choix qui m'a beaucoup plu et qui illustre parfaitement la tribune sur l'écriture inclusive.
Cordialement. MC

Publié le 05 Avril 2021

@Michel Canal
Bonjour,
=
C'est qui sur l'illustration ? @MaelysF ?
=
Cordialement, et merci !

Publié le 05 Avril 2021

@galodarsac, ravi de constater, cher Léon, que l'inspiration créatrice ne vous a pas quitté... et merci infiniment pour ce sonnet moquant admirablement les pluriels de l'écriture inclusive.
Je découvre un poète... un vrai, un talentueux. Il me reste à savourer vos poèmes sous toutes les formes de rimes.
Très cordialement. MC

Publié le 04 Avril 2021

Sonnet exclusif

Pour complaire aux puissants, faut-il être inclusif.ve.s ?
Les grands prêtres du Bien, qui nous auront bénis
Ou maudits aussi bien selon tous nos écrits,
Nous planteront leurs crocs, leurs griffes agressif.ve.s !

Combien résisteront, proses et vers chétif.ve.s,
À la vague montante de débilité
Qui pour tuer la langue et sa grande beauté
Impose ses diktats et façons abusif.ve.s ?

Car en tuant la langue avec l'identité,
Dans leur monde insipide de stupidité
Ils croient bâtir un monde, une cité nouve.au.elle.

Refusons, gens de plume, cette ignoble loi !
Nos phrases et nos mots sont si vifs et si be.au.x.elle.s
Qu'elles écraseront l'infâme, sur ma foi !

Bravo @Michel CANAL pour ce bel article qui montre, je m'en réjouis, que la vague montante du crétinisme pseudo-progressiste ne s'imposera pas si facilement !

- LGA

Publié le 03 Avril 2021

Cher @Boris Phillips, ton commentaire (dont je te remercie pour sa pertinence et ton humour) et ma tribune tombent comme on dit "à point nommé" : j'ai reçu "hier" une pétition émanant de S.O.S Education. Et que dit-elle ?
Chère amie, Cher ami,
Faites barrage à l'écriture inclusive en signant notre grande pétition dès maintenant :
NON à l’enseignement de l’écriture inclusive à nos enfants !
NON aux manuels et leçons qui utilisent l’écriture inclusive !
NON à l’usage de l’écriture inclusive à l’École !
Pourquoi votre mobilisation est-elle si importante ?
Le sujet est revenu dans l'actualité tout récemment... mais l'écriture inclusive a déjà fait parler d’elle il y a 4 ans !
En 2017, les éditions Hatier créent le scandale en publiant le premier manuel de primaire en écriture inclusive.
Ex. du manuel Hatier :
Les agriculteur.rice.s au fil du temps ; Les artisan.e.s au fil du temps ; Les savant.e.s au fil du temps ; Les puissant.e.s au fil du temps...
Le 26 octobre 2017, l’Académie française prend position dans une déclaration citée aujourd’hui comme référence.
Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde.
Qu'en est-il aujourd'hui de la déclaration de l'Académie française et de la circulaire du 1er ministre du 26 octobre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au J.O. de la République française ?
4 ans plus tard, le sujet revient sur le devant de la scène, car l'écriture inclusive a infiltré de nombreux secteurs :
— documents publics des mairies, messages publicitaires des marques, ligne éditoriale revendiquée de certains médias ;
— ses protagonistes cherchent à imposer l'idéologie de la domination du masculin sur le féminin dans la langue française et présentent l'écriture inclusive comme moyen de rétablissement de l'égalité homme-femme dans et par le texte ;
— depuis 2013, une nouvelle administration en est le fer de lance : le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) entre les femmes et les hommes ;
— des agences de communication en font même leurs choux gras, proposant des formations à l'écriture inclusive et des conseils de communication et de management aux structures publiques, aux dirigeants d'entreprises...
Des députés montent au créneau pour qu'une loi acte l'interdiction de l'écriture inclusive dans les documents publics et sa diffusion par des titulaires de l'autorité publique, dont les enseignants.
Nous devons faire interdire l'écriture inclusive à l'Ecole !

Publié le 03 Avril 2021

@Michel CANAL, @Kroussar,@Catarina Viti, @lamish,@Hubert LETIERS, @Christian Vial... ainsi que toutes celles et ceux à venir.
A chacune de mes participations aux tribunes, j'ai un peu l'impression d'arriver comme les carabiniers d'Offenbach. Un peu moins cette fois-ci puisque je m'étais déjà prononcé à propos de la féminisation à outrance et de l'orthographe inclusive dans celle parue le 12 juin 2018... et mon opinion n'a guère changé depuis !
Comme à ton habitude, mon cher ami Michel, ta communication est remarquablement documentée et argumentée ; je vais juste me permettre d'y apporter l'éclairage de quelques anecdotes relevant de mon goût immodéré pour la facétie, voire la pitrerie. Quoi que...
Lors de ma lointaine période "grognard de l’Éducation Nationale", qualificatif se voulant péjoratif et dû à certain.e.s andouilles - c'est juste de la provocation -, j'ai été amené à côtoyer plusieurs chefs d'établissement. Un de ceux-ci était une harpie particulièrement chatouilleuse et virulente sur le chapitre "féminisme à tout crin". Chaque fois que nos rapports aussi hiérarchiques que professionnels me portaient à l'apostropher d'un, fort respectueux, "Madame le Principal", j'étais vertement remis en place d'un "Monsieur A***, on dit 'madame LA Principale' !" Ce à quoi je rétorquai invariablement "Madame le Principal, j'utilise la langue française telle qu'elle me fut enseignée et, tant que l'Académie française n'aura pas entériné le changement auquel vous faites allusion, m'en tiendrai à cette pratique" Là, j'avais droit à un regard en forme de "peloton d’exécution" assorti d'un méprisant "Vous êtes un réactionnaire !" Ne voulant pas être en reste, je lui dédiai alors mon plus désarmant sourire en le ponctuant calmement d'une réplique qui mettait fin à la conversation "Certes, Madame le Principal, et... je tire d'ailleurs une certaine fierté du fait de considérer que la fonction prime le sexe !" Bref, dois-je vous avouer que, durant mes quatre années de purgatoire au fin fond de l'Oise rurale, mes emplois du temps eurent à pâtir de mon amour de la belle langue comme de mon sens de l'humour ?
Il se trouve aussi que j’entretiens une correspondance amicale avec quelques de mes anciens élèves - de ces collégiennes et collégiens qui faisaient partie des "Sections Européennes" aujourd'hui supprimées pour cause "d'élitisme" - Une, enseignant dans le Supérieur, m'a récemment écrit "Je ne supporte pas que mes étudiants m'appelle Madame la Professeure" Je lui ai simplement répondu "Tu sais, ça pourrait être pire s'ils s’adressaient à toi en disant 'Madame la Professeuse'... là, cela porterait à confusion !"... ma répartie l'a beaucoup fait rire.
Quant à l'orthographe inclusive, j'ai - il y a deux ou trois ans - posé la question à une de mes jeunes cousines institutrice. Sa réponse a été sans appel "On a déjà assez de mal à leur faire comprendre les règles grammaticales sans avoir besoin de leur embrouiller plus la tête, à nos élèves !"
Conclusion de ce long et fastidieux discours : la féminisation systématique de la langue de Molière comme la mise en application irraisonnée de l'orthographe inclusive ne sont en rien une évolution. Plutôt des facteurs d'abâtardissement et de nivellement répondant à des volontés idéologiques dont la finalité m'échappe... enfin presque !
Amicalement et avec humour.
Philippe.

Publié le 03 Avril 2021

@Hubert LETIERS, @Christian Vial, heureux de vous compter, comme ceux qui s'étaient déjà manifestés, parmi les défenseurs de notre langue, non adeptes de l'écriture inclusive et de tous les inconvénients qu'elle sous-tend.
Attendons la suite... L'écriture inclusive aura-t-elle des adeptes chez nos auteurs ?

Publié le 02 Avril 2021

L’écriture inclusive, c’est simple, je ne la supporte pas, dès que je la croise, PAF, STOP ! Remarquez, plus le temps passe, moins je supporte de choses dans cette société de [BIP] ! Et en ce moment je suis très en forme... C’est comme News Letters ; click and collect et toutes les moutonneries qui vont avec, je ne supporte pas ! Si l’on m’avait dit qu’un jour un guguss comme moi, sur les chantiers à seize ans, donc sans études, s’insurgerait contre ces fumisteries, le monde à l’envers… Et maintenant au tour du solfège ! Mais le solfège, je ne le connais pas et pourtant je sais très bien lire les notes… Et Louis 14 ! Bonne mine la France dans peu de temps. Bref, je suis un vieux [BIP] et j’ai tort. Mon compteur avance, le départ sera moins difficile.

Publié le 01 Avril 2021

Quand l'hystérie égalitaire et normative s’en prend à l’écriture, on peut vite sombrer dans d’absolus délires, à la fois culturels et sociétaux.
Ajoutons à ce projet de réforme celui des actuelles élucubrations en matière de simplification orthographique, cela ça au mépris des racines grecques et latines du vocabulaire français, le tout ensemencé d’anglicismes de plus en plus prégnants… Ah, oui-oui ! le français revendique plein pot son statut de langue socialement vivante.
La France ne devient-elle pas le pays précurseur de toutes les complexités ?... Un autre domaine dans lequel aucun autre pays ne la suit.
Soyons clairs. Je n’ai rien contre cet article, plutôt complet et référencé de nombreuses sources, et qui conclut intelligemment en rappelant que l’évolution d’une langue est directement liée à celle de son usage. Lequel ne peut se réduire à celui d’un outil de propagande.
Le vrai problème d’inégalité homme-femme ne relève en rien d’une question de sémantique, mais bien d’un état d’esprit délétère au sein du gratin de la chaîne alimentaire.
Cela dit, que Sciences Po plébiscite l’écriture inclusive n’a rien de surprenant. En effet, qu’attendre d’autre d’une institution universitaire dans laquelle on enseigne surtout l’art de constituer des réseaux d’influences. Le jour où cette institution se battra vraiment pour le bien de la langue française… on aura probablement déjà tous appris le chinois.
Et ce n'est pas Sciences Po qui va apprendre à quiconque comment rédiger un bon roman...

Publié le 01 Avril 2021

C'est formidable, cette tribune aussitôt mise en ligne, aussitôt commentée... et sur un sujet qui aurait pu être polémique, le monde des auteurs monbestselleriens semble partager le fait que l'écriture inclusive, si elle persistait à se développer, deviendrait un "casse-tête".
Il est vrai que nous ne comptons pas dans nos auteurs des féministes connues pour leur position radicale.
Merci à vous tous (le masculin l'emporte sur le féminin au pluriel) qui avez été les premiers (idem) à faire part de votre opinion.
Ça n'a peut-être l'air de rien, mais le monde de l'écriture a subi une secousse qui appelle à la vigilance. Faisons en sorte qu'elle ne se transforme pas en un séisme dévastateur.

Publié le 01 Avril 2021

@Michel CANAL Bonjour, Michel. C'est sourire aux lèvres que je viens de relire les commentaires reçus sur ta tribune écrite sur le même thème en juin 2018 (https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/9500-que-penser-de-lecriture-inclusive-les-mots-ont-ils-un-sexe). De nombreux comptes ayant disparu depuis, certaines réponses rencontrent le vide, mais c'est amusant de constater que le débat est beaucoup plus apaisé, voire ignoré par une grande majorité, trois ans plus tard.
Mon opinion étant toujours la même, je fais le copier-coller de mon premier commentaire : "Excellente tribune, Michel. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie diminuée d'être maître d'œuvre, promoteur, et j'en passe, pas plus que je n'ai pu me sentir mieux considérée dans le cas inverse. A dire vrai, je m'en suis toujours foutu comme de ma première chemise, l’essentiel étant de mettre un nom sur une fonction. J'ai horreur de ces débats qui tendent à éloigner des vraies attitudes sexistes dont peuvent encore souffrir certains êtres de nos jours. C'est du noyage de poisson. Pour le reste, il est indiscutable que, affublés de terminaisons féminines, certains mots perdent leur musique. Et en ce qui concerne l'écriture inclusive, je suis d'accord avec nos académiciens. C'est du grand n'importe quoi, et si.........."
Depuis, si le soufflé est retombé, les divergences d'opinion sur le sujet ne font qu'alimenter des guéguerres intestines où la contradiction systématique fait la chasse à l'objectivité.
Quoi qu'il en soit, merci infiniment pour cette tribune traitée avec le soin particulier auquel tu nous as habitués, et surtout, avec une ouverture d'esprit très appréciable ;-).
Bises et bonne journée, Michèle

Publié le 01 Avril 2021

@monbestseller... ben, quoi ??? comme chaque jour.

Publié le 01 Avril 2021

@catarina Viti
Vous avez avalé une encyclopédie hier, relu tout Descartes avant hier et parcouru Nostradamus la semaine dernière Catarina ? :-))

Publié le 01 Avril 2021

Ce que j'en pense ?
Eh bien, cette question marginale trouve sa place dans un cadre beaucoup plus vaste : celui de déconcentration des pouvoirs -de tous les pouvoirs, même les plus minuscules sur les questions les plus anodines. Nous sommes au début de l'ère du multilatéralisme, installés dans un processus de parcellisation du pouvoir (suite logique de la pensée systémique et complexe chère à Edgard (entre autre) et à laquelle personne ne comprend que dalle, mais s'en gargarise.
Une source de réflexion intéressante pour se projeter à 20 ans, le think tank Futuribles, nous permet d'imaginer les répercussions du pouvoir partagé en une multitude d'acteurs qui participent directement et indirectement à la vie des peuples. Un joyeux bordel dont nous voyons les prémices à travers la question de l'écriture inclusive.

Publié le 01 Avril 2021

Ce que j'en pense ?
Je suis entièrement d'accord sur le fait que les mots n'ont pas de sexe : car leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent. J'avais déjà cité, ici, le très bel article rédigé en 1999, de l'académicien Jean-François Revel sur la féminisation des mots. Un article qui mérite d'être lu en entier :
/n
https://chezrevel.net/le-sexe-des-mots/
/n
PS : vingt ans plus tard, on marche sur la tête... La France est devenue folle.
Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

Publié le 01 Avril 2021