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Le 12 juin 2018

Que penser de l'écriture inclusive ? Les mots ont ils un sexe ?

Quel auteur n'a pas été confronté au doute sur l'orthographe d'un mot, depuis qu'une tendance de féminiser les fonctions tend à s'imposer ? Michel Canal passe en revue quelques positions clés de spécialistes qui nous laisse divisé.e.s.
Les règles de grammaire sont elles idéologiques ?Les règles de grammaire sont elles idéologiques ?

 

 

Les défenseurs de la féminisation des noms gagnent du terrain sur un plan plus idéologique que grammatical

Marina Yaguello, linguiste et professeur émérite à l'Université Paris VII, est connue pour avoir publié, en 1978, le premier livre en français sur la langue française et le sexisme : Les Mots et les femmes. Dans ce livre, elle fait le tour de toutes les caractéristiques purement linguistiques qui relèvent du sexisme.
En faveur de la féminisation, elle a montré combien le refus de celle-ci a en réalité un caractère idéologique participant à la production des statuts différenciés des hommes et des femmes dans la société. Avec la nouvelle édition d'un livre paru en 1989 sous le titre « Le sexe des mots », devenu en 2014 « Les mots ont un sexe », elle relançait le débat. Relevé dans la préface : « Bien que la grammaire soit a priori indifférente à l'idéologie, l'usage subit l'influence des mentalités et des représentations sociales.(…) nombre de formes féminines violemment condamnées par l'Académie française et les locuteurs les plus conservateurs ont bien progressé dans l'acceptabilité. Des emplois comme la ministre, la garde des Sceaux, la chancelière, la maire, la députée, ou même l'auteure et l'écrivaine, sont devenus courants. (…) Cette évolution (…) a été largement soutenue et impulsée par des autorités étatiques (notamment sous des gouvernements de gauche) et confortée par la presse. »

Le point de vue de l’auteur de « Le français correct pour les nuls » : un faux débat. Le féminin l'emporte souvent. C'est un débat d'"usages" et non pas de sexe.

Dans la collection « Pour les Nuls », Jean-Joseph Julaud dresse une liste de noms épicènes (communs aux hommes et aux femmes). Certains n'ont pas de féminin ; d’autres, moins nombreux, n’ont pas de masculin.
>> Noms épicènes n’ayant pas de féminin : agresseur, apôtre, artilleur, assassin, auteur, bandit, bourreau, brigand, censeur, charlatan, escroc, défenseur, déserteur, diplomate, géomètre, gourmet, imposteur, imprimeur, individu, ingénieur, juge, juré, maçon, mécène, médecin, menuisier, monarque, oiseleur, oppresseur, otage, paria, pilote, plombier, prédécesseur, professeur, reporter, sauveur, successeur, témoin, tyran, vainqueur...
>> Noms épicènes n’ayant pas de masculin : bête, brute, canaille, crapule, dupe, fripouille, sentinelle, vedette, victime... Le point de vue d’un philosophe, écrivain et journaliste, académicien.

Dans la langue française, l'absence du genre "neutre" nous condamne à choisir arbitrairement un genre, pense Jean-François Revel

Dans un article paru le 11 juillet 1998 dans Le Point (il y a donc presque 20 ans), intitulé « Le sexe des mots », Jean-François Revel dit tout haut ce que bon nombre pensent tout bas. La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu'il n'existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l'allemand. Il en résulte qu’en français, des féminins et des masculins sont « purement grammaticaux, nullement sexuels ».

Leur genre n'a rien à voir avec le sexe de la personne qu'ils concernent. Homme, d'ailleurs, s'emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l'espèce humaine, tantôt en valeur masculine, quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d'une incompétence qui condamne à l'embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Exemples : « Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille. De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. »

Certains mots sont précédés d'articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu'à l'autre. On dit : « Madame de Sévigné est un grand écrivain » et « Rémy de Gourmont est une plume brillante ». On dit « le garde des Sceaux », même quand c'est une femme, et « la sentinelle », qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont sémantiquement neutres. Certains substantifs se féminisent tout naturellement, et d’autres pas. Exemples : « une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse ». Mais « une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d'honneur » contrevient soit à la clarté, soit à l'esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l'antiféminisme. « Un ambassadeur » est un ambassadeur, même quand c'est une femme. Il est aussi « une excellence », même quand c'est un homme. L’usage est le maître suprême : « Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement (…). Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. »

L'Etat n'a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l'abus de pouvoir quand il utilise l'école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse. « Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d'abord à ce qu'on l'enseigne en classe, ensuite à ce que l'audiovisuel public, placé sous sa coupe, n'accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l'égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique.

Les coupables de cette honte croient s'amnistier (ils en ont l'habitude) en torturant la grammaire. Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer les femmes. »

L'écriture inclusive est elle une solution ?

« Défenseur·e·s » et « détracteur·e·s » s’écharpent sur cet épineux sujet. Mais de quoi est-il vraiment question ? L’objectif de l’écriture inclusive, défendue depuis des années par les courants féministes, est de combattre les stéréotypes sexistes en remaniant l’orthographe. L’écriture inclusive repose sur trois principes :
– Accorder les grades/fonctions/métiers/titres en fonction du genre. On écrira ainsi « une autrice, une pompière, une maire ».
– Au pluriel, le masculin ne l’emporte plus sur le féminin mais inclut les deux sexes grâce à l’utilisation du point médian. On écrira ainsi « les électeur·rice·s, les citoyen·ne·s ».
– Eviter d’employer les mots « homme » et « femme » et préférer les termes plus universels comme « les droits humains » au lieu des « droits de l’homme ».
En mars 2017, l’éditeur Hatier a décidé de publier un manuel à destination des CE2 en employant cette nouvelle méthode qui consiste à féminiser les mots en plaçant, entre des points-milieu, la terminaison du féminin. L’idée, afin de mettre un terme à la hiérarchisation des sexes, est de faire en sorte que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin au pluriel, mais que les deux sexes soient mis sur le même pied d’égalité.
Le point de vue de l'Académie française à propos de l'écriture inclusive L’honorable Compagnie s'est fendue d'une déclaration à ce sujet lors de sa séance du 26 octobre 2017 : « La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.
On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »

En conclusion, je serais tenté de dire que l’écriture inclusive et la féminisation des mots violentent la langue et témoignent surtout d’un manque de clarté de la pensée.
Amis auteurs, à vous de choisir si vous pouvez féminiser un mot pour l'accorder au genre.

 

Michel Canal

30 CommentairesAjouter un commentaire

Je ne sais si mon commentaire sera le dernier de ce débat d'idées, ou si à la faveur du week-end, propice à la lecture, d'autres viendront apporter leur contribution, je m'estime satisfait des échanges, parfois assez vifs mais toujours courtois.
Il était prévisible que le sujet opposerait partisans de la féminisation des mots, de l'écriture inclusive, des accords de proximité, et récalcitrants qui considèrent que ces changements sont le fait d'une minorité militante qui s'y prend parfois maladroitement ou de manière clivante pour essayer de les imposer.
S'il est vrai, parce que législateurs, religieux, philosophes, écrivains et même savants s’étaient acharnés à démontrer la condition subordonnée de la femme, que les femmes ont été dans l’obligation de revendiquer leurs droits au sein de la société, de lutter pour les obtenir, que l’égalité entre les deux sexes qui devrait être la règle n’est pas totalement ni uniformément acquise, la féminisation des mots et l'écriture inclusive sont-elles un moyen efficient pour la renforcer ?
La langue a évolué au fil des siècles. Elle évoluera encore, mais elle ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle.
Je relève avec plaisir l'évolution de @VAY Céline, d'abord emportée par sa détermination à aller au fond des choses, comme en témoignent certains échanges avec @lamish et avec @Pantinois, puis très conciliante et constructive dans ses derniers commentaires.
Pour celles et ceux qui ne l'auraient pas lue, je signale une chronique très intéressante de Céline sur son blog, consacrée à l'évolution de l'émancipation de la femme depuis 1791.
J'en donne le lien : https://vibrationschroniquedelivreswordpresscom.wordpress.com/
car ce document brosse la chronologie des initiatives avortées et des combats que les femmes ont dû mener sur une période de plus de deux siècles pour sortir de leur condition subordonnée.
Merci lamish pour ton dernier commentaire soulignant la complicité d'auteurs qui nous lie, Céline et moi, à laquelle tu es associée (avec d'autres). Elle est due aux vertus des échanges entre auteurs sur cette plate-forme monBestSeller.
Si ça doit être le mot de la fin, merci encore à toutes celles et à tous ceux qui ont enrichi le débat sur ce sujet polémique.

Publié le 15 Juin 2018

@VAY Céline @Michel CANAL, vos échanges révèlent ces belles complicités, fruit d'un amitié née ici, qui sont vôtres... Eh bien vous savez quoi ? Je suis vachement contente... et émue :). Bisous à vous deux.

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL,
Je t'avoue avoir été très contente d'avoir trouvé ces articles. Je les ai trouvés très sains : c'est par le mérite, l'effort que l'on acquiert un statut, pas par l'affirmation d'un genre sexué.Voilà des femmes qui ont compris que leurs qualités en tant qu'individU étaient le meilleur des arguments. Je demande le titre parce que je prouve que j'en suis capable. Il ne m'est pas dû parce que sinon je pleure si je l'ai pas car le monde il est méchant avec moi. Ouf! Bises

Publié le 15 Juin 2018

Eh bien @VAY Céline, voilà un commentaire qui me plaît ! Tes citations sont opportunes et pertinentes, abondant dans le sens de la stupidité à vouloir modifier des usages qui avaient des fondements et leur raison d'être : Audrey Jougla et Hafida Fais Iskrane (qui sont des femmes) nous fournissent des arguments que tous les sages apprécieront :
Audrey Jougla (prof de philo, militante antispéciste) : « Je préfère me dire écrivain plutôt qu’écrivaine, auteur plutôt qu’auteure ou autrice... Il existe un déficit de prestige, quand on parle d’écrivaine plutôt qu’écrivain... C’est dommage de se priver du prestige du mot masculin... cette masculinisation n’est pas du tout imposée par les hommes. C’est tout l’inverse, elle nous permet de conquérir des univers masculins. Gagner l’égalité, c’est s’approprier les métiers au masculin... réclamer l’égalité en revendiquant le féminin, c’est admettre de ne pas l’être. »
Hafida Fais Iskrane (biologiste et naturopathe) : « Je ne suis pas persuadée que le bénéfice de la féminisation soit réel pour les femmes, je crains même que cela nous desserve encore... le titre de “professeur” sera toujours plus recherché et valorisé, que celui de “professeure”... »
Merci pour ce partage. Je t'embrasse... et ces bises sont méritées !

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL
Les vrais combats sont ailleurs... Hum. On menace l'équilibre masculin rien qu'en brandissant le spectre de la féminisation des mots. Un test excellent d'ailleurs. Quel homme serait assez fou pour avouer contester une loi visant la reconnaissance de la violence dans le couple ? Une nouvelle définition du harcèlement sexuel? Sur de tels sujets, l'unanimité se fera. Mais sur de petits sujets anodins comme celui que tu as proposé... Alors là on peut se défouler, des petites phrases assassines d'ici de là. Cela ne porte pas à conséquences, on ne touche à aucun droit fondamental. Alors pourquoi relever? Tu cites un homme, Jean-François Revel pour conclure : par démagogie, les coupables ont, en torturant la grammaire, voulu faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer la cause des femmes. Les vrais combats en leur faveur sont certainement à mener ailleurs.C'est facile ! Que signifie réellement cette féminisation du langage ? Rien? Je vais citer deux femmes : Audrey Jougla est une jeune prof de philo de 32 ans, militante antispéciste, fondatrice de l’association Animal Testing contre l’expérimentation animale, avec deux livres à son actif. «Systématiquement, on me présente comme auteure, voire écrivaine. Cela part sans doute d’une bonne intention, mais ça me dérange. Je préfère me dire écrivain plutôt qu’écrivaine, auteur plutôt qu’auteure ou autrice. Je trouve que ces deux fonctions au féminin manquent d’autorité, sans compter qu’autrice m’écorche les oreilles. Il existe un déficit de prestige, quand on parle d’écrivaine plutôt qu’écrivain. Écrivaine s’apparente à conteuse. C’est dommage de se priver du prestige du mot masculin. C’est plus victorieux d’utiliser.»

Audrey Jougla poursuit même: «Pour moi, cette masculinisation n’est pas du tout imposée par les hommes. C’est tout l’inverse, elle nous permet de conquérir des univers masculins. Gagner l’égalité, c’est s’approprier les métiers au masculin, c’est être appelée auteur! Car réclamer l’égalité en revendiquant le féminin, c’est admettre de ne pas l’être. Ce n’est pas un point de vue très répandu, surtout dans le milieu antispéciste dans lequel j’évolue, où les militants pratiquent l’écriture inclusive. Mais moi, je résiste, dans mon association, tout est au masculin.»

Hafida Faes Iskrane, biologiste et naturopathe, est également dubitative:

«Je ne suis pas persuadée que le bénéfice de la féminisation soit réel pour les femmes, je crains même que cela nous desserve encore. Dans une société dans laquelle les femmes restent discriminées à l’emploi et à l’accès à certaines fonctions, le titre de “professeur” sera toujours plus recherché et valorisé, que celui de “professeure”. Plutôt que de travailler à imposer une égalité de représentation, dans la lignée de la discrimination positive, qui ne fait que renforcer les préjugés de genre, imposons un travail de fond aussi bien chez les hommes que chez les femmes.»

C'est édifiant comme analyse, non? Je t'embrasse. @lamish, mon sourire n'a pas disparu, mais pour la présentation de mon dernier livre, sur un sujet sérieux, la contamination des denrées alimentaires, j'ai enlevé la photo de mémère à son chien. :)

Publié le 15 Juin 2018

@Michel CANAL
Cet article aura au moins eu le mérite de susciter la discussion et la réflexion ! Merci à vous.

Publié le 15 Juin 2018

Eh bien, mes ami.e.s, il suffit que je m'absente quelques heures, et c'est la panique à bord ? Je plaisante, bien sûr. Dans ce débat que je salue, preuve qu'il était nécessaire, chacune ou chacun (ou pour @anne-laure.julien qui préfèrera chacun.ne ou encore chacune.un), si j'exclue tout ce qui est hors sujet et amalgames excessifs, a apporté des éléments à prendre en considération.
Je vous avais fourni des arguments dans mon commentaire posté tard dans la nuit du 12 au 13 (le premier inscrit à la date du 13) : « Pour le linguiste Alain Bentolila, une langue ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle. » C'était une réalité hier. Le sera-t-elle aujourd'hui et demain ? Et j'avais conclu par : « ... soyons raisonnables. N'entretenons pas une guerre des sexes pour des mots, dans laquelle il n'y aurait pas de vainqueurs, mais seulement des maux, ceux des perdants et des perdantes. »
Mon amie @VAY Céline a "dégainé" la première en me faisant remarquer que je m'exposais au courroux divin, celui des féministes qui revendiquent sur tous les fronts pour chercher à changer les mentalités, lourdes d'un héritage difficile... que cela passe par des futilités, comme l'écriture inclusive. Elle a écrit dans d'autres commentaires (du 14) : « ... simple évidence : être une femme n'est rien d'autre qu'être un élément des deux composants sexués de la race humaine. Les deux sont complémentaires dans leurs différences, les lois de l'évolution l'ont voulu ainsi. » Puis : « L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités. Ce qui est intéressant, c'est de voir si vraiment elle participera à quelque chose... il suffirait d'apprendre dès son plus jeune âge que le masculin ne l'emporte pas sur le féminin pour que tout rentre dans l'ordre. »
@lamish, connue pour son empathie, sa clairvoyance et la pertinence de ses commentaires, a réagi : « ... Je crains qu'à jouer les frustrées, certaines femmes obtiennent le contraire de ce qu'elles revendiquent... il ne faut pas beaucoup de psychologie et simplement un peu de bon sens pour deviner où risquent de nous mener les excès. » Puis : « Considérer la féminisation du langage comme une avancée, une aide dans l'affirmation de soi... Bof... Il n'y a vraiment qu'en France que l'on est capable de débattre sur ce genre d'aberration !... Et quelle énergie gaspillée... qui serait tellement plus utile à défendre les cas où les lois contre la discrimination ne sont pas appliquées... »
Réponse de @Pantinois à Céline (sur l'écriture inclusive) : « Je retourne le compliment : elle agite certains esprits calmes. » Puis : On commence avec un texte sur la féminisation des mots... Très vite, on dérive vers l'écriture inclusive. Aussitôt s'enchaîne la réflexion sur les femmes battues. »
Les propos de @Cristina Leg sont sensés : « ... je considère que cette écriture inclusive n'a pas sa place dans la littérature... à pousser le bouchon trop loin, le risque serait de creuser encore plus le fossé entre l'homme et la femme. »
Il semble que @anne-laure.julien soit pour l'écriture inclusive et l'accord de proximité. Ses arguments sont recevables : « ... ce n'est peut-être pas très décoratif en littérature. Mais pour le journalisme, ça permet d'être plus précis. » Ses exemples sont pertinents, citant "les danseurs de l'Opéra" où les filles sont plus nombreuses que les garçons, afin d'écrire "les danseur.se.s" ou "les danseuses" en utilisant l'accord de proximité, et sa démonstration que notre langue est sexiste avec un panel de mots dont la connotation assortie n'est effectivement pas en faveur de la femme. J'aime sa conclusion : « Alors l'écriture inclusive, si ça ne sert pas à écrire de la littérature, ça pourrait servir à réfléchir. »
@Pantinois, qui ne peut être soupçonné de sexisme, a réagi avec pertinence à l'argumentation d'Anne-Laure. Je retiens : « Le texte d'origine était sur la féminisation des mots et je suis d'accord pour écrire "auteure"... Le combat sur l'écriture inclusive est d'arrière garde... »
Merci à celles que je n'avais pas remerciées précédemment : @VAY Céline, @Cristina Leg et @anne-laure.julien, d'avoir contribué à déterminer que certaines modifications touchant à notre langue ne sont pas faciles à admettre. Souhaitons que le bon sens l'emportera toujours sur les raisons obscures, parfois politiciennes ou idéologiques et leurs excès qu'une minorité du "microcosme parisien" tente d'imposer.
Je m'inspirerai de Jean-François Revel pour conclure : par démagogie, les coupables ont, en torturant la grammaire, voulu faire avancer le féminin faute d'avoir fait avancer la cause des femmes. Les vrais combats en leur faveur sont certainement à mener ailleurs.

Publié le 15 Juin 2018

@VAY Céline, une amie auteure, répondant à un ami auteur, a écrit cette phrase que j'ai notée, tant j'avais apprécié sa justesse :"si l'être humain doit comprendre les différences entre un homme et une femme pour se construire harmonieusement, il ne peut pas le faire comme une victime du sexe opposé." Oui, je sais, je te chine, puisque cette phrase est de toi ;)... Et voilà que tu nous prives de ton joli sourire, à présent ;)... Tu budes ;) ? Bisous et bonne nuit.

Publié le 15 Juin 2018

@Pantinois
Si dérive il peut y avoir, c'est uniquement sur le but de la mesure. Un régime totalitaire, une émasculation parce que l'on introduit une féminisation des mots et l'écriture inclusive ? Je ne sais pas qui va le plus loin que l'autre dans l'agitation. Le débat est vain. Nos générations vont s'éteindre, laissant la place à une jeunesse que l'on aura formatée à l'école d'une manière différente. Juste une jeunesse qui ne verra plus comme nous. Et nous n'en saurons rien.

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline
Merci de votre réponse. Mais… d'abord, prenez en compte que dans la langue française, c'est ainsi, le neutre est aussi le masculin ! Le neutre existe dans certaines langues, mais pas chez nous, sauf à admettre ce que je viens d'écrire.
Pour le reste :
On commence avec un texte sur la féminisation des mots ou certains mots. Très vite, on dérive vers l’écriture inclusive. Aussitôt s’enchaine la réflexion sur les femmes battues.
C’est ainsi que procèdent les régimes totalitaires : un mot pousse l’autre et on finit une démonstration à l’extrême. Et pourquoi pas couper les couilles de ces pauvres hommes !!!!!
@anne-laure.julien : ma mère était une excellente cuisinière, ce n’était pas un meuble. Quant au mot « chauffeuse », allons-y, supprimons-le ou supprimons le sens… mais alors, le mot « pute » que vous évoquez existera encore. Qu’est-ce qu’on en fait ? On le jette aussi ? Vraiment, à force de vouloir démontrer quelque chose, on finit toujours par tomber dans l’absurde. Le texte d’origine était sur la féminisation des mots et je suis d’accord pour écrire « auteure » pour une femme (que je préfère à « autrice », très laid). Le combat sur l’écriture inclusive est d’arrière garde. D’ailleurs, pour le démontrer anne-laure julien a besoin de tomber dans la caricature : « c'est parce que dans le coin en bas à gauche, écrasé par le nuage de tutus blancs, il y a un garçon. »
Les femmes doivent combattre avant tout pour leur droit à l’avortement qui est souvent remis en cause. Elles doivent porter plainte contre les butors qui les frappent. Porter plainte contre le viol conjugal. Porter plainte contre les mariages forcés et dissimulés en mariages culturels, voire cultuels. Porter plainte contre l’excision. Elles doivent se battre pour l’égalité salariale.
C’est bien parce que ces grands combats sont difficiles que certaines passent par cette voie stupide de l’écriture inclusive. Faute de grives, on mange des merles…
Dans tous ces combats difficiles, comme Michel Canal, les femmes me trouveront toujours à leur côté. (et je l’ai déjà formulé, notamment dans Page 24 [pub pour même]).
Philippe

Publié le 14 Juin 2018

@Pantinois,
En voilà une remarque pertinente ! A-t-on parlé d'agression ? Non, juste de l'esprit d'une mesure. Est-ce être un esprit agité que de se demander "tiens, pourquoi une telle mesure?" Apparemment oui, si on est une femme. Je n'ai pas la science infuse. A la base, il s'agissait d'éviter d'enseigner à l'école que le masculin l'emporte sur le féminin. Je suppose que certaines personnes à la formation adéquate se sont penchées sur ce paradigme. Cela ne dérange personne que l'on compléxifie, rajoute des suffixes à outrance pour compenser une pauvreté de langage, mais si on décide d'introduire du féminin dans une phrase, alors là on crie à l'hérésie. Môsieur est une chose fragile, il ne faut pas le tourmenter... Môsieur n'aura plus sa place. Pour une question de précision de langage ? Mais ne passerait - on pas notre temps à ménager la susceptibilité de Môsieur ? Un comble ! Soit la mesure est efficace, et dans les années à venir on peut constater son impact sur la jeune génération (car il s'agit de cela et non des vieux barbons), soit elle ne l'est pas et il faudra en rire... ou pas. Car, à systématiquement critiquer chaque fois qu'on essaie quelque chose pour venir à bout de ce fléau qu'est la violence faite aux femmes, aux petites filles, aux adolescentes, qui suppose un enseignement dès l'enfance, on découragera les bonnes volontés. A juste raison. Le respect que l'on peut légitiment attendre des uns et des autres, passe par la compréhension et non le jugement. Au moins essayons de comprendre l'implication d'une mesure avant de la rejeter. Ou de taxer ses défenseurs de féministe avec tout son cortège de qualificatifs généralement associés. Voilà pourquoi on n'avance pas . Ou mal. Ceci dit, je comprends tout à fait votre remarque. Elle est pertinente. Seulement, elle ne tient pas compte de l'esprit de la mesure et c'est cela que je déplore.

Publié le 14 Juin 2018

Que faut-il penser de l'écriture inclusive?
Certes ce n'est peut-être pas très décoratif en littérature. Mais pour le journalisme, ça permet d'être plus précis. Si une photo est titrée "les danseurs de l'Opéra", c'est parce que dans le coin en bas à gauche, écrasé par le nuage de tutus blancs, il y a un garçon. Si on traduit la une de Time Magazine par "les briseurs de silence" alors que la photo ne présente que des femmes, c'est parce qu'un homme a déclaré avoir été victime d'agression sexuelle. Est-il si ridicule dans ce cas d'écrire "les danseur.se.s" ou "les briseur.se.s"? C'est vrai qu'il suffirait d'écrire "les danseuses et les danseurs" ou "les briseuses et briseurs", mais c'est peut-être trop long...
Ou alors, on pourrait le tenter à la majorité absolue: "les danseuses de l'Opéra" quand il n'y a que 2 ou 3 garçons, "les briseuses de silence" quand il n'y a que des femmes. Mais "danseuses" ça ne fait pas aussi sérieux et "briseuses"... si, si je vous ai entendu ricaner.
Oui, notre langue est sexiste. Un "cuisinier", c'est un chef, une "cuisinière", c'est un objet. Un "chauffeur", il conduit un camion, une "chauffeuse" quand ce n'est pas un fauteuil, c'est ... une pute. "Entraîneur", c'est un noble métier, "entraîneuse", c'est ... encore une pute.
Alors l'écriture inclusive, si ça ne sert pas à écrire de la littérature, ça pourrait servir à réfléchir.

Publié le 14 Juin 2018

@Michel Canal merci pour cet article très instructif. Je ne suis pas intervenue car je considère que cette écriture inclusive n'a pas sa place dans la littérature. Je n'ai jamais aimé les extrêmistes, et pour le coup les féministes qui se prétendent "victime" et avoir tous les droits. Quand j'entends : une femme porte plainte contre son producteur pour abus sexuel, alors qu'elle a accepté son invitation dans "sa chambre" ! On se demande qui a réellement provoqué un tel acte... Il y a des situations à éviter et aussi à ne pas provoquer. Je privilège les échanges harmonieux entre hommes et femmes sans pour cela pousser grand mère dans les orties ;-) A pousser le bouchon trop loin, le risque serait de creuser encore plus le fossé entre l'homme et la femme. Bon finalement, je suis intervenue quand même. Bien amicalement. Cristina

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, @lamish
"L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités."
Je retourne le compliment : elle agite certains esprits calmes.
Cordialement
Philippe
Ce divan et cette chaise sont à moitié brûlés.
Hum ! Quel crime ! Poussons le bouchon aussi loin que possible : ce divan et cette chaise sont à moitié brulé.e.s. C'est vrai que je me sens mieux ! Les femmes se sont senties sans doute agressées par ce simple "brulés" !

Publié le 14 Juin 2018

Ce que j'en pense ?
Bof !

Publié le 14 Juin 2018

@lamish,
Je comprends tes réticences. Tout dépend de tes convictions en matière de langage. Je cite Ferdinand de Saussure, père de la linguistique contemporaine, qui affirmait:

«Philosophes et linguistes se sont toujours accordés à reconnaître que sans le secours des signes nous serions incapables de distinguer deux idées d’une façon claire et constante. Prise en elle-même, la pensée est comme une nébuleuse où rien n’est nécessairement délimité.»

Il ajoutait aussi: « Il n’y a pas d’idées préétablies, et rien n’est distinct avant l’apparition de la langue». Autrement dit, en termes plus bibliques, «au commencement était le verbe».

J'aime bien cette façon de voir. Elle n'est pas forcément vraie : George Lakoff, l'un des tenants de la sémantique cognitive, et ancien élève de Noam Chomsky, soutient "que les mots prennent sens à partir des schémas mentaux sur lesquels ils sont greffés. Ce qui explique les métaphores ou encore la sensation de mot sur la langue: on a l'idée, pas le mot. En fait, les pensées passeraient plus par les images mentales que par le langage."

Il faut de tout pour faire un monde. L'écriture inclusive ne fait aucun mal, elle calme certains esprits agités. Ce qui est intéressant, c'est de voir si vraiment elle participera à quelque chose. Je trouve d'ailleurs cela fantastique comme idée : il suffirait d'apprendre dès son plus jeune âge que le masculin ne l'emporte pas sur le féminin pour que tout rentre dans l'ordre. Alors, optimisme démesuré ? Inconscience ? Foutage de g... ? Moi, j'ai envie d'attendre. Il y avait une pub qui disait : le bonheur, c'est simple comme un coup de fil. Et je me dis aussi qu'il y a des personnes compétentes qui se sont penchées sur la question. Dans que but ? Mais peut - être suis-je naïve, peut - être as-tu raison, tout cela, c'est pour détourner notre attention... Dans ce cas quelle désillusion ! Et je ne veux pas être désabusée. Bisous. Céline

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, drôle d'amalgame auquel j'ai vraiment du mal à adhérer. Considérer la féminisation du langage comme une avancée, une aide dans l'affirmation de soi... Bof... Il n'y a vraiment qu'en France que l'on est capable de débattre sur ce genre d'aberration ;) ! Et quelle énergie gaspillée, tandis qu'elle serait tellement plus utile à défendre les cas où les lois contre la discrimination ne sont pas appliquées, ou appliquées avec un laxisme qui fait trop souvent honte à notre appareil judiciaire... Mais j'oubliais qu'il faut du courage pour cela, alors que se titiller le nombril sur une terminaison est tellement plus facile... du pur racolage démagogique, à mes yeux ;) ! Quand à l'étudiante qui t'a traitée de vieille résignée, laisse couler. Nous avons tous été arrogants et parfois irrespectueux, à l'orée de nos vies adultes. "On ne peut pas plaire à tout le monde, chacun voit midi à sa porte..." nul n'échappe à ces proverbes basiques mais pleins de bon sens ;). Bisous, bisous. Michèle

Publié le 14 Juin 2018

@lamish,
Coucou Michèle, c'est tout comme tu dis.... ce qui a fini par me tourmenter, songeant à une remarque d'une jeune étudiante croisée sur ce site, qui m'avait traitée de vieille résignée. Pourquoi en est-on arrivé à solliciter une écriture inclusive ? Les femmes ne sont pas fautives, on ne peut systématiquement leur opposer l'image de la frustrée dès qu'elles essaient de rappeler qu'elles sont un genre à part entière. Il y a actuellement beaucoup de maladresses, je te rejoins dans l'idée d'une certaine liberté dans le comportement, car la séduction est nécessaire à l'espèce humaine, homme comme femme. Il faudra encore beaucoup de tâtonnements, de « bourdes », de mal-être avant d’arriver à cette simple évidence : être une femme ce n’est rien d’autre qu’être un élément des deux composants sexués de la race humaine. Les deux sont complémentaires dans leurs différences, les lois de l’évolution l’ont voulu ainsi. Je trouve pour ma part aberrant, incompréhensible, qu’il faille lutter pour demander d’être vu au-delà de son genre. Voilà pourquoi je soutiens cette démarche qui ne me plaît pas du tout, je ne trouve pas l’écriture inclusive jolie, elle ôte à la fluidité de la lecture : mais je refuse de me sentir coupable pour chaque loi prise en faveur des femmes. Aux hommes de se demander pourquoi on en arrive là, ce n’est pas à nous de culpabiliser. J’ai confié à Eric Chardon, auteur masculin, la réécriture de Bakélite, car je n’ai jamais pu défendre ce livre. Même en énonçant que l’émancipation féminine ne supposait pas l’absence de regard masculin, qu’élever ses enfants dans l’idée de l’individualisme n’était pas sain pour le devenir de l’humanité, je me suis fait traiter de « mal troussée » ! Alors évidemment, le mot a fusé dans mon esprit : quel c… Mais j’étais muselée. Mon statut de femme était d’office une preuve contre moi, je ne pouvais pas aller contre. Je suis tombée des nues ! Depuis, je me suis éloignée de tout ça, pour écrire d’autres choses. Rien n’est plus joli qu’une histoire d’amour, et tant qu’il s’en écrira, il y aura un espoir pour la race humaine. Le rôle sociétal du roman d’amour est immense, et c’est à lui que l’on doit faire confiance. Pour rappel, interdire aux États-Unis aux hommes d’être seuls avec une femme dans un ascenseur n’empêche pas l’écriture de « Cinquantes Nuances de Grey », alors je dirai qu’il vaut mieux laisser aux législateurs le soin de débattre de ce qu’il convient de faire pour protéger cet « art mineur », la femme. Mais évidemment, il ressort de tout cela une confusion immense dont l’esprit masculin aura du mal à se remettre et qu’on ne peut à la fois lui dire : je me silicone de partout pour te plaire et si jamais tu me regardes tu vas en prison, car c’est du harcèlement. L’écriture inclusive fait pour moi bien moins de mal que l’image féminine des « Anges de la téléréalité ». On ne peut cependant débattre que de ce qui n’a pas d’audience alors… Je t’embrasse. Céline

Publié le 14 Juin 2018

@VAY Céline, bonjour, ma belle. Tu écris : "...car mon indifférence est presqu'une injure à celles qui se battent pour que cessent la violence conjugale, les viols, le harcèlement sexuel, moral etc..." Je n'en suis pas si sûre... Moi j'en ai marre que l'on oppose les sexes, lorsqu'il est simplement question de justice et d'égalité sociale, de respect de l'humain, dans sa globalité. J'aurais plutôt tendance a trouver que ce genre de coupage de cheveux en huit éloigne des vrais problèmes. La souffrance, la douleur, l'injustice sont des mots féminins, mais cela se limite à leur genre. A force de stigmatiser les choses : femmes victimes, hommes agresseurs, je trouve que l'on creuse l'écart et que l'on insulte les victimes masculines, en les occultant, que l'on s'éloigne un peu plus des rapports harmonieux entre hommes et femmes, rapports que nous souhaitons toutes, en principe ;). Je crains qu'à jouer les frustrées, certaines femmes obtiennent le contraire de ce qu'elles revendiquent, voire qu'elles perdent leur crédibilité et, insidieusement, une partie de leurs acquis. Pour ma part, je ne suis pas prête à les cautionner. Je ne voudrais pas arriver au stade où un homme, avant de me séduire, perde toute sa spontanéité, de peur que son comportement soit interprété comme du harcèlement, et je peux d'ores et déjà entendre des amis qui s'interrogent. A quand l'angoisse de monter seul dans un ascenseur avec une femme, comme aux Etats-Unis ? Bref, il ne faut pas beaucoup de psychologie et simplement un peu de bon sens pour deviner où risquent de nous mener les excès. Bonne journée. Je t'embrasse. Michèle

Publié le 14 Juin 2018

@Michel CANAL
Très cher ami, alors te voilà qui t'expose au courroux divin ? Je parle de celui des féministes, qui, ne sachant comment s'y prendre, revendiquent sur tous les fronts, cherchant à changer les mentalités, lourdes d'un héritage difficile. Refus d'être englobées dans un genre pernicieux, l'homme, cherchant à se désolidariser, affirmer leur individualité... Marteler les esprits, obliger sans cesse à considérer que la femme est un genre qui ne se soumet pas à l'homme... Alors oui, cela passe par des futilités, comme l'écriture inclusive. Futilité en apparence, car cette petite voix qui crie assez, je veux exister moi, avec mon genre à part entière, sans être assimilée à un être si inférieur qu'il faut obliger aux lois sur la parité, et à tant de choses encore (cf certaines chartes signées sur la thématique de l'égalité homme - femme dans le milieu professionnel, qui passe par un ré-examen des textes), ne peut-elle être reconnue comme légitime à s'inclure dans un mode de communication? Tu vois, je serais plutôt comme beaucoup de femmes, à me dire quelle importance ! Et puis je me suis fait violence, car mon indifférence est presqu'une injure à celles qui se battent pour que cessent la violence conjugale, les viols, le harcèlement sexuel, moral etc... Je t'embrasse, reconnaissante pour ton fabuleux travail car il m'a obligée à réfléchir.

Publié le 13 Juin 2018

@Torralba, merci pour ce partage d'avis objectif sur ce problème qui, hélas tourne au ridicule. Vous avez cité le bon exemple avec l'épicène "omelette" qui ne peut avoir son équivalent masculin "omelet".
En y réfléchissant bien, ces féministes dans l'excès ne sont-elles pas dans « le perpétuel recommencement de l'Histoire » déjà évoqué par Thucydide au Ve siècle av. J.C. ? Un recommencement qui fit moquer les "Précieuses ridicules" par Molière il y a quelque 350 ans. Un recommencement qu'évoqua aussi Voltaire : « La comédie n'extirpe pas les ridicules, elle les refoule pour un temps et, en les refoulant, elle leur donne une force de retour qui se manifeste plus tard. »
Pardonnez-moi mesdames les féministes "ridicules" si je suis mauvaise langue à votre encontre. Ah zut ! Encore un mot épicène (langue) que l'on ne peut écrire au masculin. Je n'en suis pas marri pour autant ! Et ne croyez surtout pas que je suis sexiste, encore moins misogyne. Si vous en doutez, demandez à mon amie et complice @ VAY Céline, ou lisez la rétrospective de nos échanges, signalée supra sous le titre : « Le cercle vertueux du partage entre auteurs ». Femmes, je vous aime... comme le chantait si bien Julien Clerc.

Publié le 13 Juin 2018

@Michel CANAL

Merci pour cet article. Les mots ont-ils un sexe ? ou comment exagère t'on une idéologie basée sur une égalité entre hommes et femmes. Je ne me suis jamais sentie exclue en écrivant ou en me décrivant en tant qu'auteur. Je suis favorable à la complémentarité comme l'étymologie et l' étymon : tous deux co-construisent. A force de batailler, au nom de l'égalité, pour des "e" ... on risque d'en faire une omelette ! ou un omelet (voir homme laid) .... Je m'égare ... Vite un dictionnaire ! Bien amicalement. Claudine

Publié le 13 Juin 2018

Merci @Yves L, @Pantinois, @Gene - McBreth, @lamish, @FANNY DUMOND, pour vos avis qui ont enrichi le débat. Si madame la maire se substitue à mairesse, docteure à doctoresse, il n'y aura pas gourmette comme féminin de gourmet, ni poissonne comme féminin de poisson, bien qu'il y eût polissonne. Mais une cochonne n'a jamais été et ne sera pas le féminin de l'animal cochon dont le féminin est truie. De même le féminin de canard ne sera pas canarde, mais cane… et la liste pourrait être longue.
Quels sont les différents points de vue « officieux » et « officiels » sur l'écriture inclusive ?
— Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEFH) encourage l’utilisation de l’écriture inclusive. Il a publié en 2015 un guide pratique « pour une communication sans stéréotypes de sexe ».
— Début novembre 2017, plus de 300 professeurs — de tous les niveaux — ont signé une tribune dans laquelle ils expliquent « avoir cessé » ou s’apprêtent « à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule "Le masculin l’emporte sur le féminin" ». Ces enseignants déclarent qu’ils utiliseront désormais la règle de l’accord de proximité (qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui exprime le plus grand nombre). Exemple : « Un Français et mille Françaises sont enthousiasmées par l'accord de proximité ».
— Un peu plus tard, le 9 novembre, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, prend position et se déclare « favorable à féminiser le langage, à ne pas invisibiliser les femmes dans le langage », tout en disant ne pas être « pour l’obligation d’enseigner l’écriture inclusive à l’école ».
— Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, à l'instar de l’Académie française après son « son cri d’alarme » contre l’utilisation de ce type de graphie, s'est prononcé contre son usage.
— Afin de clore le débat, une circulaire du premier ministre (du 22 novembre 2017) a pour objet d’apporter une clarification après des initiatives dans certaines administrations, et à clore la polémique. Il n'y aura pas d'écriture inclusive dans les textes officiels : « Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme ». Elle précise les règles d’accords qui doivent s’appliquer dans les textes administratifs. Dans les textes réglementaires « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes ». En revanche, quand l’auteur d’un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient d’écrire « la ministre », « la secrétaire générale » et de féminiser la fonction en se référant au guide élaboré par le CNRS et l’Institut national de la langue française (Femme, j’écris ton nom…).
— Pour le linguiste Alain Bentolila, une langue ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle.
En conclusion, soyons raisonnables. N'entretenons pas une guerre des sexes pour des mots, dans laquelle il n'y aurait pas de vainqueurs, mais seulement des maux, ceux des perdants et des perdantes.

Publié le 13 Juin 2018

Et vlan ! Un décret de plus, une aberration de plus. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Belles réjouissances en perspective sur notre site ;-))) Merci Michel pour votre tribune à laquelle j'adhère. Cela n'a rien à voir avec l'écriture inclusive, mais j'ajouterais que j'ai lu que certains fabricants de vêtement pour nourrissons se sont glissés dans la brèche en confectionnant des vêtements unisexe. Nous ne verrons plus que des bambins en grenouillère aux couleurs neutres. Plus de jolies petites robes, plus de mignons petits nœuds dans les cheveux. C'est à pleurer ! Et ensuite pourquoi ne pas continuer sur la lancée jusqu'à l'âge adulte ?

Publié le 12 Juin 2018

@Michel CANAL, excellente tribune, Michel. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie diminuée d'être maître d'œuvre, promoteur, et j'en passe, pas plus que je n'ai pu me sentir mieux considérée dans le cas inverse. A dire vrai, je m'en suis toujours foutu comme de ma première chemise, l’essentiel étant de mettre un nom sur une fonction. J'ai horreur de ces débats qui tendent à éloigner des vraies attitudes sexistes dont peuvent encore souffrir certains êtres de nos jours. C'est du noyage de poisson. Pour le reste, il est indiscutable que, affublés de terminaisons féminines, certains mots perdent leur musique. Et en ce qui concerne l'écriture inclusive, je suis d'accord avec nos académiciens. C'est du grand n'importe quoi, et si, bien que ce soit peu probable, elle est adoptée, tu verras que les ultra-féministes sont capables d'exiger que la terminaison féminine devance la masculine, lorsque cela est possible, style : électrice-eur-s... Lorsque je lis les échanges enflammés entre auteurs sur ce sujet, j’avoue que j’hallucine ! @Kleber Labbé, excellent :) ! @Yves L, d'accord à 100%. @Pantinois, j'aimerais que ce soit le cas, et oui, tout comme vous, je suis surprise que le mot "mairesse" ne soit plus usité... Peut-être pour éviter le confusión avec l'ancienne signification : femme du maire ? Ici, en Espagne, pas d'équivoque on dit "alcaldesa" ou "esposa del alcalde" ;). @Gene - McBreth, de quoi vous occuper un bon moment :) ! A tous, bonne fin de journée. Amicalement. Michèle

Publié le 12 Juin 2018

Je voulais dire des choses, mais mon ami Pantinois m'a devancé. Il dit (il écrit) exactement tout haut ce que je pensais déjà très fort... Voilà, je retourne dans mon jardin, soliloquer sur la bêtise humaine...

Publié le 12 Juin 2018

@Michel CANAL
Tous les éléments sont sur la table. Comme il est dit dans Jurassik Park : la vie trouve toujours son chemin. C'est donc l'usage qui s'imposera… et comme l'usage passe d'abord par la parole, personne ne parle de manière inclusive ! Et de surcroit les jeunes écrivent en SMS et ont du mal avec les accords, alors c'est leur complexifier la tâche. Et quid des pauvres instits qui devront faire des dictées… comment les énoncer?
Bref, c'est pas gagné.
Dans vos énumérations : deux remarques. Au mot "maire", on usait souvent de "mairesse" au féminin, auparavant, qui a disparu avec la féminisation. Drôle!
Pour gourmet… il y a gourmette (non ! je blague !)
Cordialement

Publié le 12 Juin 2018

une interessante revue des prises de positions. On veut en faire un débat politique, ce qui fait en fait un sujet polémique..

Publié le 12 Juin 2018

Belle illustration de l'écriture inclusive @Kleber Labbé. Il est toujours aussi vrai qu'un bon schéma vaut mieux qu'un long discours. Le Canard enchaîné excelle d'ailleurs dans le genre. Merci pour votre commentaire.

Publié le 12 Juin 2018

Très bon article détaillé. Merci @Michel CANAL
Dans un dessin de presse, Lefred Thouron avait résumé la situation avec deux personnages.
Le premier demande : "En quoi consiste exactement cette orthographe inclusive?"
Le second répond : " On n'écrit plus : Bande de cons ! On écrit Bande de con.ne.s
Canard enchainé 18/10/2017

Publié le 12 Juin 2018