Léon, j’ai toujours apprécié ces « aimables contraintes » de la poésie classique qui forme un écrin lumineux dans lequel les mots, les métaphores, les symboles viennent s’insérer avec une expressivité accrue. Permettez-moi une anecdote personnelle : à une certaine époque, je faisais régulièrement du jogging le soir, dans les rues enténébrées de Montréal, même par vingt degrés Celsius sous zéro, et je scandais mes pas au rythme des vers admirables de François Villon, de Charles Baudelaire, d’Émile Nelligan ou d’Alphonse de Lamartine. C’étaient de purs moments d’enchantement!
Votre poème sur un roi déchu est digne des plus belles pages de Jean Racine. Ce dialogue aurait pu servir de prologue à quelque pièce tragique, entre l’espérance salvatrice d’Hérodiade et l’abdication nostalgique d’Hérode. Je m’imaginais, à la lecture de vos vers, sur une route de pèlerinage dans les Pyrénées, bien à l’abri des grands froids qui doivent parfois y régner. Je croyais entendre un troubadour nous conter le dit du Port de Cize, nous chanter la ballade des Veneurs, si judicieusement « émaillée » de « mots ressurgis » du passé, ou nous faire tressaillir de frayeur avec la légende de la Louve.
Vous maniez avec, art, avec finesse, avec bonheur, ballades, dizains, sonnets, rondeaux. Merci pour ce voyage exceptionnel dans vos Pyrénées! Je m’empresse de télécharger votre précédent livre, Avis tranchés en tête-à-tête, en cheminant ainsi à rebours le long de votre pèlerinage littéraire… qui semble, selon vos dires, s’égarer sur « un petit théâtre macabre à souhait »!
Publié le 03 Mai 2024