Conseil
06 oct 2015

Pourquoi et comment corriger son manuscrit ? Conseils clés

Quand l’auteur a enfin écrit le mot FIN, il n’est pas au bout de ses peines. Commence alors le travail de relecture. Un travail crucial car il va mettre en valeur son ouvrage. Qu’il s’agisse de l’envoyer à un éditeur ou de le publier lui-même pour se confronter à ses premiers lecteurs, l’auteur doit mettre toutes les chances de son côté. Et un livre, papier ou numérique, sans fautes de frappe, d’orthographe, de syntaxe et de ponctuation va permettre à ses lecteurs d’apprécier son travail à sa juste valeur. La correction est donc une étape essentielle pour séduire ses lecteurs.
Savoir corriger son livre pour séduire ses lecteursLe mot "fin" annonce le début de la relecture et des corrections...

Oui, il y a des fautes d’orthographe, même dans les livres édités !

Et ça fait désordre ! Pourtant ces livres édités sont relus par des correcteurs professionnels. On se souvient par exemple du livre de Valérie Trierweiler Merci pour ce moment : passé au peigne fin du Bescherelle... Ses huit fautes d’orthographe pourtant très basiques lui ont valu nombre de moqueries et ont suffi à le taxer de « relecture bâclée ».
Si des fautes peuvent échapper à la vigilance professionnelle de correcteurs, elles  échappent encore plus à l’auteur qui se relit lui-même pour la Xème fois et anticipe les mots plus qu’il ne les lit, à l’ami plein d’empathie qui lit votre livre avec son cœur plus qu’avec des lunettes de détective, au proche qui découvre votre manuscrit tout à la joie de la confiance que vous lui témoignez mais n’a pas le Bled et le Bescherelle à portée de main… Et tout le monde n’a pas non plus un ami prof de français !

Il n’y a pas de honte à faire des fautes d’orthographe. Les écrivains en font !

Les correspondances de Proust ou de Balzac témoignent qu’ils faisaient eux aussi des fautes. Dans une lettre à son éditeur, Cocteau l’avertissait également : « Ma main écrit ce que lui dicte mon œil, et non ce qu'elle devrait, si bien qu'il m'arrive souvent de faire des fautes, auxquelles il faut veiller. »
Plus récemment, Daniel Picouly y a même consacré un de ses livres La faute d'orthographe est ma langue maternelle (Albin Michel). Autre cancre célèbre devenu professeur de français et romancier, Daniel Pennac, l'auteur de Chagrin d'école (Gallimard). Erik Orsenna, académicien français, ne cache pas non plus ses doutes sur l’orthographe et dit consulter sans arrêt les dictionnaires qui trônent sur sa table de travail. Il paraît même que Molière (LA référence des amoureux de notre langue « de Molière » justement) écrivait « Le Misantrope » (oui oui sans « h » ! Pas de complexe donc.

Mais les éditeurs s’en irritent.

Même si les éditeurs le conçoivent et le savent, les fautes d’orthographe les agacent. Claire Delannoy, éditrice chez Albin Michel, confiait à un journaliste que lorsqu'elle reçoit le courrier d'un auteur inconnu disant par exemple « Je vous soumet ce manuscrit », elle ne peut s'empêcher d'être irritée et ajoutait « C'est comme s'ils voulaient construire une maison sans connaître les lois premières de l'architecture. »
L’orthographe, c’est donc encore plus crucial lorsque l’on est un auteur peu ou pas (encore) connu. Pensez-y avant d’envoyer votre manuscrit à un éditeur.

Et les lecteurs se crispent et ont une mauvaise image de l’auteur.

Le baromètre Voltaire 2015 révèle que les Français sont de plus en plus fâchés avec l’orthographe. Le niveau général a baissé depuis 2010 (plus chez les hommes que chez les femmes). Parmi les problèmes les plus récurrents : participes passés mal accordés, pluriel des noms composés, cédilles oubliées, différence entre futur et conditionnel, pluriel des chiffres. 36 % des sondés s'agacent par exemple de voir un participe passé mal accordé.
Et comme on tape à la vitesse de ses idées plutôt que de réfléchir à l’orthographe, les fautes s’accumulent et la relecture devient un exercice indispensable. Mais fastidieux, car l’auteur a vite fait de se replonger dans son récit, ses personnages… et d’oublier de veiller aux accords, à la ponctuation, aux accents et aux cédilles.

La qualité et la crédibilité de l’auteur passent aussi par l’exigence en matière d’orthographe, de syntaxe, de ponctuation.

Les lecteurs font rapidement l'amalgame entre la forme et le fond. Et à l’heure où l’auto édition n’est plus un gros mot, il est essentiel que l’auteur donne une image professionnelle dans le fond mais aussi dans la forme.
Votre livre est une œuvre littéraire, vos lecteurs potentiels aiment donc les mots et ils s’attachent à la syntaxe comme à l’orthographe et à la ponctuation. Ils auront du mal à profiter du plaisir de leur lecture s’ils sont arrêtés par des fautes d’orthographe qui leur sautent aux yeux, des tournures de phrases malhabiles qui les obligent à relire ou qui ne leur semblent pas naturelles, une ponctuation hasardeuse qui ne traduit pas exactement le rythme de votre récit, une accumulation de points d’exclamation à toutes les répliques, une profusion de points de suspension systématiques, des adverbes à toutes les phrases.
Une lecture agréable est une lecture fluide. Dès qu’il bute sur quelque chose, le lecteur perd de son plaisir, et l’auteur de sa crédibilité.

La ponctuation a ses subtilités. Attention aux erreurs typographiques.

Pourquoi, à qualité d’écriture égale, certains textes paraissent amateurs ? La ponctuation ! Quand elle est mal utilisée, elle a le pouvoir d’abîmer un texte, même très bon.
Alors, lorsque vous saisissez votre texte, respectez les règles typographiques.
Parmi les erreurs les plus fréquentes :
> Tout signe de ponctuation double (point d’interrogation, point d’exclamation, deux points, point virgule) doit avoir un espace avant et un espace après. Seuls les anglo-saxons n’appliquent pas cette règle pour les ? et !.
> Les guillemets sont réservés aux citations. Pour insister sur un mot, on le met en italique ou en gras.
> Les unités monétaires et de mesures prennent toujours un espace avant.
> Jamais de … après etc.
Le Lexique des règles typographiques de l’Imprimerie Nationale est une excellente référence pour bien maîtriser la saisie des textes et la gestion de la typographie.

Pourquoi ne voit-on plus ses fautes, les erreurs, les fautes de frappe, les coquilles ?

Parce qu’on a déjà relu X fois et que dans ce cas, le cerveau anticipe et ne relit pas vraiment.
Parce qu’on a fait des corrections, des copier-coller, un changement d’adjectif, préféré un sujet inversé… et du coup, il y a un mot en trop qui traîne, un mot répété, un accord non corrigé…

Comment faire quand on ne profite pas des correcteurs professionnels d’un éditeur ?

Pour que les petits défauts de forme n’empêchent pas vos lecteurs d’apprécier le fond, il n’y a pas de secret, il faut relire une fois, deux fois, trois fois…, « sept fois par sept personnes différentes » nous a confié une correctrice professionnelle.

5 conseils de correcteur professionnel 

1. Il faut imprimer votre manuscrit

Car à l’écran le cerveau et l’œil ne vont pas à la même allure. Pendant que le premier analyse un accord ou repère une faute, le deuxième est déjà au bout de la phrase. Sur le papier, on voit mieux, on peut annoter, souligner et y revenir ensuite, marquer un repère et prendre le temps de consulter un dictionnaire. Ensuite, bien sûr, il faut retranscrire les corrections à l’écran, ce qui peut être une nouvelle source de fautes. La vigilance est de mise !

2. Astuce : la relecture à l’envers

C’est un bon moyen de se libérer du récit, de sa chronologie, et de se concentrer sur l’orthographe. Procédez par plusieurs pages : prenez les cinq dernières, puis les cinq précédentes et ainsi de suite. Et faites l’exercice sur plusieurs jours car la fatigue diminue l’attention.

3. Prenez des crayons de couleurs, un Stabilo

Au moment de retranscrire vos corrections à l’écran, c’est le seul moyen de ne rater aucune virgule, aucun accent, aucune correction aussi minime et discrète soit-elle, même perdue au milieu d’une page. Votre cerveau à même ce pouvoir d’enregistrer les repères visuels et lorsque vous vous rappellerez que c’est quelque part en haut à droite, vous le retrouverez plus vite si c’est en rouge ou surligné.

4. Faites une relecture avec un logiciel de correction

Il n’a pas votre cerveau, mais il fera une première analyse de grammaire et d’orthographe et décèlera les fautes de frappe (selon votre exigence : correcteur d’orthographe installé sur votre ordinateur, services gratuits sur Internet : Cordial, Scribens…, logiciel comme Antidote). C’est une aide précieuse, mais cependant, on sait qu’aucun logiciel de correction n’est 100 % fiable. Il ne repèrera pas toutes les erreurs et n’interviendra pas sur les tournures de phrases maladroites. Ce n’est donc pas suffisant.

5. Faites relire par une personne qui ne connaît pas votre livre. Et s’il ne vous connaît pas, c’est encore mieux !

Un nouveau lecteur n’anticipe rien, il découvre. Et il est d’autant plus attentif. Si des fautes, des répétitions, des maladresses demeurent, il les repèrera plus facilement. Si vous lui donnez un crayon rouge, il saura qu’il peut corriger ou souligner. Vous jugerez ensuite de la pertinence de ses remarques et de ses corrections.

Qu’apporte un service de correction professionnel ?

1. C’est un œil extérieur, rompu à l’exercice de correction sous tous ses aspects

Il n’a pas de complaisance et ne juge pas le fond, sa seule motivation est l’excellence de son travail.
Il connaît parfaitement toutes les règles d’orthographe, de grammaire, de ponctuation et de typographie.
Il sait repérer les coquilles, quand employer des majuscules, accorder les temps des verbes, comment écrire les nombres et les mots composés, accorder les participes passés, utiliser la ponctuation.
Il a l’expertise pour mettre en évidence les maladresses (pléonasmes, solécismes, barbarismes, répétitions...) et suggérer des corrections pertinentes.

2. Les corrections sont visualisables directement sur le manuscrit en format Word.

Ce qui est nettement plus pratique et efficace que d’avoir d’un côté la version originale et de l’autre la version corrigée.
Pour visualiser les corrections et annotations, il suffit d’activer le mode « Suivi des modifications », très intuitif et très simple d’utilisation.

3. L’auteur peut accepter ou non les corrections suggérées une à une.

> D’un simple clic, vous acceptez chaque modification proposée. Mais vous pouvez aussi choisir de conserver votre version initiale, par exemple si vous avez choisi délibérément dans votre récit de modifier l’orthographe d’un mot.
> De la même manière, si plusieurs choix sont possibles pour un mot, une expression ou une phrase, ils apparaissent en couleur pour une visualisation immédiate et c’est vous qui choisissez la proposition qui vous convient.
> NB : Tout correcteur professionnel travaille avec un logiciel de correction car celui-ci fait 70 % du travail, mais son œil de lecteur et son expérience lui permettent d’être vigilant, pointu et de guider des options de correction qui sont logiques et adaptées à la nature du texte travaillé. Et ça, aucun logiciel ne peut le faire.

Le saviez-vous ?

monBestSeller propose en option à ses auteurs des services de relecture et d’aide à la réécriture.

En faisant appel au service de correction Pack Correcteur, vous offrirez un confort de lecture optimum et augmenterez vos chances de succès auprès des lecteurs.
Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez aussi recourir à un diagnostic de lecture personnalisé par une équipe de professionnels de l’édition dans le cadre du Pack Diagnostic.

Et vous, avez-vous déjà fait corriger votre manuscrit ? Quelle place accordez-vous à cette étape ?

Une bonne synthèse et quelques combines intéssantes... Je note celle de la lecture à l'envers qui permet d'éviter les automatismes. Il est clair que si je pouvais m'octroyer un budget "correction", je le ferais sans l'ombre d'une hésitation ;). Merci pour vos précieux conseils et belle journée à tous. Michèle

Publié le 07 Juin 2017

Merci pour cet article très instructif. L'orthographe, je ne la considère pas comme « la science des ânes », mais lorsque je suis prise dans le souffle de l'écriture et que rien ni personne n'est en mesure de m'arrêter, je dois bien l'avouer : elle est le cadet de mes soucis. J'écris au kilomètre et penser à l'orthographe serait un réel frein à mon inspiration. Mes professeurs me le reprochaient souvent. J'aurais pu avoir de bien meilleures notes si seulement j'avais fait moins de fautes. Cela dit, aujourd'hui je reste persuadée que publier un livre non exempt de fautes est irrespectueux vis-à-vis des lecteurs. Lorsque je mis en ligne mon récit Je suis une poupée gigogne sur une plate forme concurrente, une lectrice bien intentionnée me proposa de corriger mes fautes et notamment ma ponctuation. Ce fut une catastrophe. Elle n'était pas professionnelle et, même si son intention était louable, elle m'enfonça un peu plus dans le médiocrité orthographique. Ainsi, je ne saurais trop conseiller de faire appel soit à un professionnel, soit à une personne qui en a les compétences sous peine de perdre beaucoup de temps et d'énergie. Cela a un coût mais c'est un bon investissement car le livre se vendra certainement beaucoup mieux et l'auteur sera bien considéré.

Publié le 02 Juin 2017

Merci !

Publié le 04 Octobre 2016

Merci pour tous ces renseignements très utiles.

Publié le 02 Août 2016
A lire dans les actualités
Inscrivez-vous à la Newsletter